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Aulanius
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3,0
Publiée le 7 décembre 2022
Bon alors, pour moi c'est le genre de film qui est très dur à juger car il a un énorme potentiel qui n'est pas exploité à 100% et c'est vraiment dommage. Charlotte Lebon a des ressources mais pour moi c'est trop fébrile encore. Les deux jeunes acteurs sont hyper convaincants, rien à dire là dessus. La photographie est super, il a du talent de ce côté. L'environnement et l'ambiances sont à la fois pesants et attachants. Même au niveau de la bande son, y a du bon à retenir. Pour le reste, pas mal de choses qui me gêne comme les autres jeunes à l'américaine, c'est clairement en trop ici. Je trouve aussi dommage que l'on passe par la simplicité par moments. Et puis il faut avouer que le suspense n'est pas au rendez-vous et c'est un gros hic surtout dans le cas présent. Les autres personnages sont assez banals donc pas grand chose à ajouter. J'avais vu la bande annonce et ça avait l'air incroyable, je pense que j'en attendais trop en fait. En bref, "Falcon Lake" est plutôt réussi mais il y a des choses à revoir. 12/20.
J’aime bien ces ambiances un peu mystérieuses qui vous tiennent en haleine tout le long du film (grâce aussi à la bande son). Et tout le monde aura son interprétation sur l’épilogue. C’est tourné avec beaucoup de subtilité. Le ton est juste.
Bon d'accord c'est un premier film alors pour autant faut-il est aussi indulgent ? Déjà pour commencer même si on peut prendre ça comme une vision artistique, présenter un film de 2 heures en salle au format 4/3 est une très mauvaise idée voire un non respect du spectateur qui paye très (trop) cher sa place pour voir un grand écran amputé. Pour le reste on est bien dans le reflet de l'adolescence : ennui, ennui, et ennui. Ajoutez une histoire de fantôme de pacotille qui n'apporte rien à l'intrigue, enfin intrigue est bien grand mot. La présence des jeunes adultes autour des 2 protagonistes n'apporte rien. On est très loin de "close" ou de "call me by your name" films lents ou il se passe des choses, des émotions, des questionnements sur la sexualité et des images d'une grande beauté. Le Canada si beau par ses lacs et ses couleurs n'est même pas présent. Cela pourrait avoir été tourné au bord d'un lac quelconque dans la Creuse ou en Roumanie. Bref ce film aurait dû être réduit en format court métrage au vu du contenu de la narration et de sa photographie.
J'avais entendu le plus grand bien du premier film de Charlotte Le Bon, j'adore la BD dont il est adapté, j'aime les films sur l'adolescence... qu'est ce qui pouvait mal se passer ?
Et bien tout... absolument tout... c'est juste naze.
L'histoire est globalement la même que celle de la BD, on est en vacances, on a un pré-ado et une ado qui pourraient être frère et sœur, qui se mettent à se tourner autour de manière peu catholique. D'ailleurs tous les petits changements ne fonctionnent pas... Qui peut imaginer un seul instant mettre deux ados de 13 et 16 ans, de sexe différent, dans la même chambre ? Dans le film c'est normal, c'était prévu et personne ne se pose de question, alors que dans la BD, c'était imprévu, ce qui rend tout de suite la chose plus crédible. Mais la seule grosse différence plombe totalement le film. Charlotte Le Bon introduit un peu de surnaturel, le problème c'est que c'est tellement appuyé que forcément on sait que ça va avoir une importance et donc que la fin de la BD va être changée et comment elle va être changée. Subtilité zéro...
On est sur des rails, il n'y a pas de vie dans ce foutu film. Jamais à aucun moment elle ne laisse les personnages vivre leur vie et faire en sorte qu'on sente la tension monter entre eux au fur et à mesure. D'ailleurs elle échoue totalement à retranscrire cette tension naissance entre eux, parce que dans la BD, c'est du dessin, on peut faire ce qu'on veut, Vivès peut se permettre d'aller plus loin dans le dessin et d'être plus explicite... (on est d'accord que si tu montres au cinéma ce qu'il dessine ça ne peut pas fonctionner, ça sera juste malsain) Et donc se pose la question de comment tu peux faire ressentir ça, cette escalade érotique, sans jamais être explicite. Sauf que étant donné qu'il n'y a pas de vie, tous ces moments arrivent comme un cheveux dans la soupe et elle n'a pas spécialement d'idée de mise en scène pour les mettre en valeur.
Jamais Charlotte Le Bon ne va filmer leur relation se nouer à travers des choses un peu anodines, des conversations ou que sais-je... Non là on se retrouve avec uniquement les scènes clés pour l'intrigue, réduites à leur minimum et sans toute la vie qu'il y a autour. C'est pour ça que le film de Le Bon ne peut pas fonctionner, c'est pas vraiment crédible qu'une fille de 16 ans s'intéresse à un gars de 13 ans, il faut donc essayer de faire en sorte que le spectateur y croit à cette relation, créer un peu d'alchimie... Les montrer faire des trucs normaux... Les voir se rapprocher... Mais l'autre souci c'est qu'aucun personnage n'a réellement de personnalité... On sait juste que le héros a peur de l'eau et euhhh, c'est tout... (D'ailleurs je ne comprends pas comment ce film a pu être défendu par des féministes pourtant très portées sur la question de la représentation des femmes et tout le tralala, parce que la fille est dans cette BD un bout de viande et rien de plus.) En plus à aucun moment elle n'arrive à cerner ce que sont les angoisses adolescentes, la complexité de la relation avec le petit frère (qui est bien vite dégagé de l'intrigue). Il n'y a fondamentalement rien à se mettre sous la dent. Le film cavale à toute allure (et est sacrément chiant en passant) et ne laisse absolument pas le temps à tout ça de se développer, elle illustre juste. Elle veut montrer qu'ils s'aiment bien, alors elle les montre dans une scène digne de l'Attaque des Clones se faire des chatouilles dans les champs. C'est nul. C'est une scène purement fonctionnelle, elle n'a aucune émotion, tout ça est désincarné. Elle n'a aucune idée de cinéma, de comment par la mise en scène on peut faire passer une idée.
Bref, à part à de rares occasions (la scène où elle montre ses seins par exemple, mais rassurez-vous la morale est sauve) Le Bon se contente vraiment juste d'illustrer la BD avec des cadrages moins inspirés, un jeu d'acteur douteux et le tout en enlevant toute la finesse puisque tout a été haché pas du tout finement pour être le plus con possible.
Et donc je me pose vraiment des questions sur ceux qui ont aimé le film, l'ont-ils vraiment aimé pour des raisons cinématographiques, ou est-ce juste parce qu'ils auraient aimé avoir 13 ans et se faire draguer par une fille de 16 ans ? Parce que si jamais je ne peux que conseiller la BD, qui a l'avantage de ne pas être que ça, de l'amener correctement et de ne pas se complaire dans sa fin médiocre déjà vue mille fois.
Mais c'est là que c'est important de constater que la fidélité on s'en fout, la question c'est comment on adapte, comment on arrive à utiliser des procédés propres à son art pour raconter une histoire... Visiblement Le Bon ne s'est pas posée la question.
Bastien a treize ans. « Bientôt quatorze » ajoute-t-il dans le désir de se vieillir d’une année à cet âge charnière. Il vit en France et vient passer ses vacances dans une cabane perdue au fond des Laurentides au Québec. Ses parents et lui y retrouvent une amie et sa fille, Chloé, qui vient d’avoir seize ans. Entre les deux adolescents s’installe vite une complicité ambiguë.
Charlotte Le Bon, une actrice québécoise qu’on regrette de ne plus avoir vue depuis longtemps à l’écran, passe derrière la caméra pour son premier film. Elle s’est inspirée de "Une sœur", un roman graphique de Bastien Vivès (l’auteur de "Polina" qui avait déjà été adapté à l’écran), dont l’action se déroulait en Bretagne. Elle en transpose l’action dans les Laurentides où elle passa toutes ses vacances pendant son enfance. Elle y raconte, comme on en a déjà tant vu, le récit éculé d’une initiation amoureuse entre deux adolescents. Mais elle le fait avec une immense sensibilité.
Bastien et Chloé ont trois ans d’écart. Mais un monde le sépare. Lui entre dans l’adolescence ; elle est sur le point d’en sortir. Il ne se passe pas grand chose dans ce film qui ne quitte guère le petit chalet au fond des bois où les estivants se sont installés et le lac avoisinant où ils vont se rafraîchir. Pas grand chose jusqu’à son dénouement aussi surprenant que logique.
Plane au dessus de Falcon Lake une ombre menaçante. Une légende urbaine – ou plutôt forestière – voudrait qu’un fantôme qui s’y est jadis noyé hante ses berges. Cette légende a beaucoup impressionné Chloé qui, avec le goût, vaguement gothique, du paranormal qu’ont parfois les ados à cet âge, s’essaie à reconstituer, avec l’aide de Bastien, des scènes morbides et à les photographier.
Joseph Engel, que Louis Garrel avait déjà dirigé dans "L’Homme fidèle" et dans "La Croisade", interprète à la perfection la confusion des sentiments, la peur du sexe et son attrait, l’enthousiasme des premières fois et les déchirements qu’elles provoquent. La révélation Sara Montpetit lui donne la réplique.
Couronné par le prix Louis-Delluc du premier film, "Falcon Lake" malgré son apparente modestie fait souffler un vent frais dans le genre pourtant essoré du coming-of-age movie.
Une mise en scène réussie à l'ambiance campagnarde et onirique qui dépayse et marque à la fois. Les deux acteurs principaux sont une réussite avec une alchimie bien présente. Après le scénario est absent ne présentant que deux personnages à la découverte de leur premier émoi. Sans oublier un côté surnaturel qui laisse songeur.
Charmant et touchant. Utopique et dramatique. Falcon Lake est un film qui prend son temps, et malgré son rythme lent, on peut compter sur l’excellente Sara Montpetit pour être captivé. Une fin poétique qui laissera le spectateur aussi frustré qu’émerveillé devant la simplicité d’une histoire qui venait à peine de commencer.
Idée originale d'associer l'entrée dans la vie adulte et sexuelle avec la peur de l'inconnu. De beaux portraits mais l'action s'enlise, s'enlise indéfiniment sans rien apporter de plus.
Sublime chronique adolescente, avec une vraie personnalité et un charme indéniable. Charlotte le Bon a un talent certain de mise en scène et de directions d'acteurs : tous les enfants sont incroyablement bons. Coup de cœur !
Un magnifique premier film, extrêmement touchant, d’une finesse incroyable. L’adolescence est une période de la vie qu’il faut manier avec délicatesse pour ne pas tomber dans le teen-movie cliché et la réalisatrice a su en doser chaque facette tout en légèreté. On alterne entre poésie, rire, pudeur, larmes… Bravo aux scénaristes Charlotte Le Bon et François Choquet pour ce petit bijou. Une véritable ambiance est crée, un univers, des images sublimes, et des situations drôles et sincères. Le tout majestueusement interprété par Sara Montpetit et Joseph Engel.
Véritable coup de coeur, Falcon Lake est d'une beauté saisissante. Construit comme une fable adolescente, le film nous emporte et nous fait passer par toutes les émotions. L'écriture de son histoire et de ses personnages parvient à atteindre un niveau de justesse qui touche à la perfection. Le rire complice, la gêne adolescente, l'attirance contrariée... tout passe par la mise en scène signifiante et maîtrisée de Charlotte Le Bon
Ce premier film tout en délicatesse met en scène une romance adolescente, timide et voilée par la différence d'âge, par la maladresse des deux héros. Au-delà du récit d'apprentissage, Falcon Lake est aussi et surtout un film d'ambiance où le fantastique vient juste saupoudrer de poésie l'atmosphère et la photographie soignée (plus de détails : https://pamolico.wordpress.com/2022/12/06/falcon-lake-charlotte-le-bon/)
Un bijou de sensibilité sur le passage de l'enfance à l'adolescence. Des plans en clair-obscur magnifiques, une bande-son envoûtante qui accompagne superbement le propos. L'ambiance fait ressentir la tension si particulière qui accompagne cette période magique et difficile. A voir vite avant qu'il disparaisse des écrans !