Falcon Lake
Note moyenne
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Jorik V

1 370 abonnés 1 952 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 19 octobre 2022
Pour un premier film, l’actrice et ancienne présentatrice Charlotte Le Bon frappe doux plutôt que fort mais de manière tout à fait juste et surtout prometteuse. Il est certain que « Falcon Lake » n’a rien d’une claque ni d’une excellente et incontournable surprise qui marquera l’année cinéma mais il développe un charme certain et indéniable tout comme il marque les débuts réussis d’une cinéaste en devenir. Forcément et comme dans beaucoup de premiers films, il y a des scories inhérentes aux débutants qui empêchent le film d’être totalement bon. On notera en premier lieu une narration un peu lâche qui entraîne des longueurs et des répétitions ou séquences inutiles. Le long-métrage aurait pu faire quinze à vingt minutes de moins avec un montage plus resserré et être davantage captivant. Ensuite, il y a un manque d’enjeux notable que ne supporte pas cette durée. Il n’y a pas de véritable histoire et de fil directeur dans cette chronique des premiers émois adolescents alors tout cela tourne parfois un peu en rond, surtout que ce type de sujet à déjà été vu mille fois ailleurs et parfois en mieux. Ces petites fautes de rythme, propres à un script très léger, sont minimes mais propres à de nombreux premiers films et ont souvent tendance à s’effacer au fur et à mesure de la filmographie de son auteur. « Falcon Lake » est un petit film, un véritable essai, et ces défauts lui donnent aussi son charme mais on retiendra surtout ses nombreuses et encourageantes qualités.

En premier lieu, Le Bon a su capter les particularités du monde adolescent à travers cette chronique d’un été vu par les yeux d’un jeune garçon de quatorze ans. Et plus précisément, les premiers émois amoureux et sexuels propres à cet âge. Et quoi de mieux que des vacances dans un chalet perdu près d’un lac au fin fond de la campagne québécoise avec comme colocataire de chambre, la fille plus âgée et très attirante d’une amie de ses parents... Tout est perçu du point de vue de cet adolescent, les parents restent à distance telles des ombres mal définies (ce qui est très raccord avec la psyché adolescente actuelle mais très dommage pour Monia Chokri dans un rôle ingrat). Mais c’est d’une justesse imparable dans les dialogues comme dans chacune des situations. Le jeune Jospeh Engel est parfait et nous fait ressentir aussi bien le désarroi de son personnage lors de situations où il est impuissant et où on lui gâche son moment avec celle qui le fait fantasmer tout comme son bonheur lors de certains instants fugaces mais intenses à cet âge. La scène de sexe entre les deux est une totale réussite, pudique et espiègle et jamais malaisante avec une mise en scène maligne et adroite. Bref, « Falcon Lake » est d’une justesse et d’une acuité indéniable quant à ce qu’éprouve et ressentent les jeunes adolescents lorsqu’il est question d’amour et de sexualité.

L’autre point fort du film de Charlotte Le Bon est sans conteste l’atmosphère qu’elle a su créer. Riche d’un contexte rural typique et isolé, elle se laisse aller une certaine poésie dans sa mise en scène, presque onirique, à la lisière du fantastique. Un ressenti alimenté par une pseudo légende de fantôme qui imprègne la pellicule durant tout le film. Entre le plan des deux jeunes adolescents marchant dans le noir et éclairés petit à petit par la lumière d’un lampadaire ou ces jeux avec un drap pour singer le fantôme, il y a vraiment une personnalisation dans sa réalisation qui donne une identité singulière à « Falcon Lake ». Le final est un peu prévisible mais envoûte également par sa façon d’être filmé, plein de la nostalgie et empli du cafard que représente la fin des vacances. Un premier essai donc plein de belles choses qui donnent envie de savoir ce que la cinéaste en herbe a d’autre sous le capot.

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traversay1

4 552 abonnés 5 502 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 7 octobre 2022
Falcon Lake, le premier long-métrage de Charlotte Le Bon, se déroule dans les Laurentides, au Québec. Un cadre séduisant pour une chronique sentimentale, à base d'eau et de fantômes, qui s'ingénie à installer une atmosphère humide et flottante mais qui privilégie la forme, certes chatoyante, à un véritable fond. On y aborde les rives du fantastique mais sans insister outre-mesure, sachant qu'il serait tout de même audacieux d'inviter David Lynch à la rescousse, en guise d'influence pour la cinéaste. Il y a quelque chose d'insaisissable dans l'air, voire d'indéfinissable, et l'ensemble reste parfaitement agréable à regarder. Les adultes n'ont pratiquement pas voix au chapitre, dans cette histoire de vacances et d'adolescence, ce qui représente un parti pris tout à fait recevable. Sans doute que l'impression laissée par Falcon Lake dépend de l'humeur du moment ou, pourquoi pas, de ses propres souvenirs de jeunesse, mais le film parait toutefois manquer de substance, à savoir un scénario plus épais et moins soumis aux caprices du vent sur l'onde. Quelles que soient les réserves qu'il est permis d'émettre sur la structure générale du film, la direction d'acteurs mérite sans conteste d'être louée, avec au premier plan (d'eau) l'interprétation des deux jeunes acteurs principaux, Sara Montpetit et Joseph Engel, épatants de naturel et pétris de charme.
Pigeon V.
Pigeon V.

3 abonnés 47 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 2 juillet 2022
Un petit bijou de tendresse, d’une grande beauté et d’une grande subtilité. Charlotte Le Bon signe un excellent premier film, filmé magnifiquement et porté par deux jeunes acteurs très talentueux.
Audrey L

831 abonnés 2 880 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mai 2022
Quinzaine des Réalisateurs : Quel beau premier film ! Charlotte Le Bon (oui, la dame de la Météo...) use de son expérience comme dessinatrice pour sortir du roman graphique original (Une soeur, de Bastien Vivès) toutes les plus belles images qu'on puisse rêver d'avoir sous les yeux. On s'est pris à repenser à quelques peintures impressionnistes devant ses plans de lacs poétisés, ses couchers de soleil reflétés sur les visages des enfants, sa musique douce venant baigner le tout dans une ambiance étrangement douce, nostalgique, pleine de tendresse pour son sujet. Ces deux enfants qui découvrent ensemble la puberté, les premiers jeux sensuels, mais encore un regard en arrière vers leur innocence pas tout à fait perdue : voici que la partie amoureuse se transforme plutôt en jeu à se faire peur, en racontars de fantômes les plus gamins qui soient, comme pour avoir encore le pouvoir de faire pause dans cet été ensoleillé qui les propulse trop vite dans la vie d'ados. Charlotte Le Bon a trouvé le bon ton pour traiter ce film "de fantômes", en évitant le gros film surnaturel qui tache et en lui préférant un pragmatisme auquel on aura cru jusqu'à la dernière seconde qui nous a tiré le tapis sous les pieds. On aime se ramasser, si c'est pour le bien d'un scénario réfléchi comme celui-ci. Un brin mou au démarrage, Falcon Lake, une fois lancé, ne s'arrête plus, et nous fait suivre ses deux adorables jeunes en pleine transition, voulant jouer aux grands mais regrettant leur confort d'avant, et nous renvoyant à nos propres images de jeunesse, à nos étés avec les copains et les amourettes qui allaient avec... On s'est tous un jour retrouvé dans cet entre-deux vicieux, et on s'en est souvenu avec douceur grâce à la tendresse infinie de Falcon Lake, sublimé par les images un brin poètes de Charlotte Le Bon.
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