Pauvres Créatures
Note moyenne
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774 critiques spectateurs

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ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 juin 2024
Un film majeur parfaitement abouti, probablement le meilleur de Yorgos Lanthimos . Tout y est, un scénario super bien construit, très astucieux, naviguant entre le fantastique (Doc Jeckyl M. Hyde) , l’anticipation, et l’analyse psycho-sociologique de la société contemporaine. Magnifique témoignage sur les risques encourus par notre civilisation, un humour féroce, parfois sarcastique. Il y a des décors absolument exceptionnels, on retrouve la magie d’un Fellini, ou de Burton, la reconstitution de Lisbonne est magnifique, coloré, créative, une vraie peinture. Le côté féministe aussi, l’éveil pour cette fillette, réincarnée à la vie, de jeune fille puis de femme, comme un raccourci de l’évolution des civilisations, sa découverte du plaisir, des scènes hilarantes sur ses orgasmes successifs. Beaucoup d’intelligence et de finesse. Une énorme performance pour Emma Stone, dans un rôle très difficile, Elle porte tout le poids du film sur ses épaules, dans des scènes souvent très dures. La partie à Paris dans ce lupanar à l’ancienne est absolument remarquable, iconoclaste, surréaliste, sur le fonds on retrouve le charme absolu et fascinant de « Belle de jour » de Buñuel , avec grand plaisir , et son surréalisme envoutant . Le final enfin, la vengeance, radicale, pleine de souffle et d’efficacité. Une immense réussite, un des plus beau film de ces dernières années , avec le « Babylone » de Chazelle .
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 janvier 2024
Yórgos Lánthimos adapte le roman du même nom d’Alasdair Gray, lui-même inspiré du célèbre conte fantastique de Mary Shelley. La créature de Frankenstein a maintes fois été exploitée sans que la tragédie humaine joue à armes égales avec l'environnement ténébreux du scientifique. Pourtant, il existe une approche plus solaire, qu’importe la direction artistique choisie. Le Frankenweenie de Tim Burton en témoigne, avec une infinie douceur. Mais ici, ce qui frappe au premier regard, c'est bien une esthétique qui rappelle justement les décors du cinéaste américain. D'autres y verront du Jean-Pierre Jeunet par-ci, du Terry Gilliam par-là, mais ce que Lánthimos bâtit de mieux dans son « cabinet de curiosités », c'est bien entendu dans l'écriture de son personnage principal. Tapotant des touches de piano avec ses mains et ses pieds, les réflexes de Bella nous intriguent suffisamment pour qu'on en sache plus sur son identité. Ce sera toute la problématique d'un voyage initiatique, telle Alice au pays des merveilles. Et ce pays, c'est bel notre monde, crasseux, cruel et belliqueux.

Savant mélange entre la créature de Frankenstein et Pinocchio, la marionnette de Gepetto, Bella Baxter est une enfant candide et capricieuse à ses débuts, mais lui avoir doté le corps d'une femme adulte lui laisse pourtant tout le loisir de vivre ses aventures dont elle rêvait depuis sa prison morbide à Londres. Cette fois-ci, finit les intrusions en cours d'autopsie, elle va devoir confronter l'humanité dans toutes ses contradictions et toutes ses déviances. Ce monde est un terrain de jeu qui propulse ainsi la jeune héroïne à se découvrir une humanité qu'elle termine de façonner à son image, pas celui de son père créateur (Willem Dafoe), dieu comme elle nous le rappelle avec insouciance. L’usage du fish-eye n’est plus un secret pour le cinéaste grec. Et il en tire de vibrantes sensations dans une exposition qui attend de trouver la bonne mise au point sur un monde sans saveur, sans chaleur, mais avec beaucoup de profondeur.

La relecture du personnage vaut bien évidemment le détour, non pas seulement parce qu'elle verse dans le féminisme, mais plutôt dans une approche ludique et provocatrice de notre société, remplie de conventions qui compriment les pulsions de la demoiselle. D'une cage dorée à une autre, c'est ainsi que les étapes de son voyage sont chapitrées. Mais il faudra patienter le temps d'une révolution colorée, le temps que Bella prenne son élan et nous surprenne de bout en bout. Simple et sans filtre, rien ne semble pouvoir arrêter cette créature jalousée par les hommes. Duncan Wedderburn (Mark Ruffalo) l'apprend à ses dépens. Quant aux autres énergumènes qui feront le zouave sur sa route, seuls ceux qui auront l'ouverture d'esprit et la tendresse nécessaires pour la soutenir auront une chance de rejoindre son cercle familial. Car oui, sans le savoir elle-même, sa trajectoire est circulaire et Bella est amenée à revenir à son point de départ pour affirmer ses changements et son indépendance. Nous pouvons clairement y voir le miroir du monde de Barbie, décrit par Greta Gerwig. Cependant, Lánthimos aboutit à une dissertation plus fournie et convaincante.

D'abord guidée par ses sens primaires, par le goût des bonnes choses, puis par ses pulsions sexuelles, ce qu'elle a acquis de ses rencontres, entre le magnifique et la déception, lui permet de marcher sans trembler, de mettre les mots sur ses pensées et de totalement reprendre le contrôle sur son corps. Et quoi de mieux que de la voir traverser un monde d’hommes qui considère le corps féminin comme sa chasse gardée. Et il y avait besoin d’une comédienne à la hauteur de cette irrésistible Bella. Emma Stone ne démérite en aucun cas les éloges sur son rôle atypique et qui porte les lettres de noblesse d'un cinéma qui se fait rare ces temps-ci. Pauvres créatures hérite également de somptueux costumes et d’un décor expressionniste très complexe si on prend le temps de savourer chaque détail. A côté de ça, le compositeur Jerskin Fendrix fait tout pour amplifier le vertige provoqué par cet esthétique incongru. Mais a fortiori, ces images demeurent gravées dans un récit visuel que Lánthimos orchestre avec brio.

Avec un pitch que l’on peut trouver dans des projets les plus kitschs (Tammy et le T-Rex), ce film parvient à ne pas sombrer dans le nanar. Après Canine, Mise à mort du cerf sacré, The Lobster et La Favorite, Yórgos Lánthimos nous invite à partir à la conquête du monde aux côtés de Bella, qui contemple de près, et avec une lucidité souvent hilarante, ces pauvres créatures piégées dans leurs propres désirs. Même si l’on peut regretter quelques longueurs dans son épilogue, nous ne pouvons que saluer cette note de tendresse qui boucle un voyage d’apprentissage et la renaissance d’une femme.
elriad

518 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 6 mars 2024
Une leçon de Cinéma ! Pour les yeux, les oreilles, l'esprit. Il y a des réalisateurs comme ça qui vous kidnappent le temps d'un métrage, vous envolent, vous envoûtent. le chilien Alejandro Jodorowsky, l'américain Tim Burton, le français jean-Pierre Jeunet, pour n'en citer que quelques uns. N'est-ce pas pour cela que le cinéma existe? être surpris, interpellé, fasciné, voire même choqué ? Je n'avais pas ressenti une telle émotion depuis le sublime film " Annette" de Léos Carax en 2021.
" Pauvres créatures" est d'une richesse incroyable, jubilatoire de bout en bout. Chaque plan est un tableau, jouant de noir et blanc ou de couleur, de plan grand angle ou d'effet Go-Pro. Chaque plan livre une idée, un parti pris, une situation improbable. Les acteurs sont incroyables et Emma Stone livre une interprétation remarquable. Récompensé du Lion d'or à Venise et nommé 11 fois aux Oscar, j'espère vraiment même si la concurrence est rude, que ce petit bijou fera partie des grands gagnants. un vrai coup de Cœur !!
legend13
legend13

289 abonnés 1 097 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 février 2024
Un film à l'atmosphère vraiment étrange, parfois même malaisante. Je ne dis pas ça péjorativement bien au contraire.

Car "Pauvres Créatures" s'avère être une œuvre fascinante et passionnante d'un bout à l'autre. Une épopée sans aucun tabou sur une femme en découverte de sois même.

Et le réalisateur s'appuie très clairement sur le talent de son actrice principale.
Emma Stone est juste somptueuse et bluffante. Tout comme ces camarades de casting qui sont juste parfait.

Bref, un moment de cinéma, certes, très étrange, mais globalement réussi. Je regrette juste l'importante quantité de scènes de sexe dont je ne suis pas vraiment friand.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 24 janvier 2024
Très attendu, Poor things s'avère surtout très convenu. Quiconque a vu la bande-annonce a en fait vu le film. Le formalisme et le baroque du cinéaste servent ici une histoire outrancière et univoque qui ne dit pas grand chose. Les décors sont d'une laideur rare et maints personnages sont assimilés à des monstres. Quantité de rebondissements sont complètement artificiels, comme si le cinéaste avait déterminé que le film durerait 2h20 et qu'il fallait remplir. Pour tout cela, Poor things ressemble énormément au lourdingue Babylon. Reconnaissons tout de même le talent d'Emma Stone qui au-delà de la caricature tire quelques moments de grâce de son personnage. Et saluons également les excellentes facéties de Mark Ruffalo qui trouve l'un de ses meilleurs rôles, totalement à contremploi. Reste à tordre le cou à l'idée saugrenue selon laquelle le film serait féministe... mais là on peut laisser à chacun le soin de se positionner...
gizmo129
gizmo129

133 abonnés 1 668 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2024
Pauvres créatures, au pluriel, il est important de le préciser, désignent les différents personnages masculins qui vont graviter autour de l'héroïne Emma Stone. Dans cette vision féministe et belle du mythe de Frankeinstein, Emma Stone joue une femme adulte avec un cerveau de nouveau né qui comme une éponge, va absorber tout ce qu'elle voit autour d'elle. On la découvre apprenant à jouer et parler sous le carcan de son père, puis bientôt marié à un homme dans un mariage arrangé, puis voyageant avec son amant jaloux, finalement aux prises d'hommes avides de sexe, encore entre les mains d'un bourgeois souhaitant la contrôler, bref, dans le rôle d'une femme actuelle. Pauvres créatures parle donc de l'émancipation des femmes, de l'apprentissage de la vie dans la société, de la politique, du bon gout, du sexe, de la torture, du syndicalisme, des religions, bref de tout ce qui fait notre monde. La vision candide de l'héroïne donne beaucoup d'humour à cette histoire et la performance incroyable de l'actrice donne un cachet sans nul autre pareil à ce film. Les deux acteurs qui l'accompagnent Willem Dafoe et Mark Ruffalo jouent très juste et l'univers visuel du film rend l'ensemble inoubliable.
crisane vegeta
crisane vegeta

17 abonnés 492 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 11 mars 2024
les décors sont superbes, la mis en scène excellente, mais je n'ai pas du tout accroché au film, pourquoi autant de sex, j'avais l'impression de voir emmanuelle sur M6 en fin de soirée.
Quel gâchis, je me suis ennuyé, l'impression que le film tourné en rond.
A éviter.
Michel C.

369 abonnés 1 798 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 janvier 2024
Voilà enfin une comédie fantastico-humoriste, qui joue sur tous les angles du genre, rappelant autant des films d'horreurs mêlés de fantastique et de fantaisie... Dans un rôle époustouflant ( Emma Stone ), Bella prend le pouvoir sur les hommes qu'elle va rencontrer après sa "renaissance" et au fur et à mesure de son éducation. Et c'est justement là, où c'est plaisant, car Bella est avide de connaissances et d'apprentissages, y compris sur le plan sexuel, un peu cru certes, mais acceptable dans son personnage "vierge" si on peut dire et ingénue. Sacrée performance pour Emma Stone et son créateur God ( Willem Dafoe) monstrueux à souhait. Un film sans filtre, de plus de deux heures pourtant, et qui passe trop vite.... Très belle surprise..... !!**
Vinz1
Vinz1

272 abonnés 2 825 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 13 mars 2024
Ce film est très bon car il est une sorte de conte initiatique, mixant habilement le mythe de Frankenstein à la sauce féminine, ainsi que « Bad boy Bubby », long-métrage australien méconnu narrant les mésaventures d’un adulte naïf de 35 ans qui sort pour la première fois de chez lui et découvre le monde sous toutes ses facettes. Bien joué (Emma Stone est formidable en ingénue qui apprend la vie et la philosophie, mais Mark Ruffalo en amant possessif et Willem Defoe en père protecteur, sont également excellents !), nanti de décors superbes (aussi bien ceux inspirés de l’époque victorienne que ceux empruntés à l’univers du steampunk), ce dernier film du réalisateur fou Yorgos Lanthimos peut s’avérer également drôle, mais aussi féministe grâce à son héroïne qui grandit tout au long du métrage et trace sa propre route en faisant fi des conventions et en assumant tous ses actes ! On en redemande des œuvres comme celles-ci complétement atypiques et irrévérencieuses qui sortent de l’ordinaire !
Bertie Quincampoix
Bertie Quincampoix

142 abonnés 2 053 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 avril 2024
Adaptation d’un roman de l’écrivain écossais Alasdair Gray, Pauvres créatures offre l’occasion à Yórgos Lánthimos d’exprimer toute la dimension baroque de son art. Il réalise ici une œuvre foisonnante, visuellement éblouissante, à l’aspect rétrofuturiste assumé, qui raconte le retour à la vie d’une femme par l’œuvre d’un savant fou (Willem Dafoe sacrément défiguré). Incarnée par l’extraordinaire Emma Stone, dans une « prestation à Oscar », elle fera l’expérience de spoiler: masculinités toxiques successives
(Mark Ruffalo, génial, Christopher Abbott, terrifiant), spoiler: d’autres plus douces
(Ramy Youssef, Jerrod Carmichael). Un film fou, qui ose beaucoup, qui est souvent très drôle (le cinéaste grec, connu pour son art du malaise, semble se détendre avec les années) et dont le focus prononcé spoiler: sur l’éveil sexuel de l’héroïne est de nature à déclencher moult polémiques.
Ce conte sur le conflit entre culture et nature, à l’aune de la (non) transmission des codes sociaux parvient à créer son propre univers de toutes pièces. C’est franchement réjouissant par les temps qui courent.
Beatrix Roz
Beatrix Roz

2 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 17 février 2024
Film porno sur grand écran, ni plus, ni moins.
Il n'y a aucun message, aucune portée intellectuelle ou philosophique même si cela veut s'en donner le genre (émancipation de la "femme enfant" par une vie de débauche...).
J'y suis allée pour les costumes, à la base, et quelle déception.
Le film consiste à mélanger tout ce qu'il y a de plus sadique, sale et déplorable sous des jolies décors et photographies.....
Tentative de sublimer le fond sale et pervers par un extérieur attirant ?
Il semblerait que ce soit le message de ce film à l'image de ce monde...
Là où il y a vingt ans, les films du dimanche soir étaient -18 ans et seulement le sexe de la femme était visible, là c'est open bar pour tous. Le malaise dans la salle était palpable.
Je regrette d'avoir perdu deux heures de ma vie pour tant de vacuité et de messages insidieux...
Marie1608
Marie1608

1 abonné 1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 22 janvier 2024
Tout ça pour rien !!! Alors que le scénario avait de beaux potentiels, ce film n'a aucun intérêt. Un seul mot pour le résumer : BEURK
Mihai Duma
Mihai Duma

3 abonnés 12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 20 janvier 2024
Un Frankenstein modern, cette fois ci au féminin, qui apprend notre monde avec sa cruauté, ses inégalités, ses iniquités et avec l'espoir d'aller en avant. La chance qu'il y a dans ce monde des travailleuses du sexe socialistes ! Et tout dans une esthétique baroque qui informe le réel.
Gilles Tonnel
Gilles Tonnel

1 abonné 1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 janvier 2024
Fiim sans un grand intérêt, pas de scénario comme dans tous les films de ce réalisateur, humour ennuyeux et beaucoup d'incohérences, des costumes et cadre qui ne servent rien. Alors qu'on s'attend d'en peu de profondeur dans les dialogues on a seulement vulgarité ans trop de sens.
Daniel Giraud
Daniel Giraud

9 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 22 janvier 2024
insupportable .première fois en 30 ans que je sors d'une séance. prétentieux. inutile .lourd .à vomir .il faudrait pouvoir en rire mais non .que du laid et de la bêtise .au ras des pâquerettes. Pierre Murât au masque le dit très bien .Heureusement ces sujets sont traités par d'autre de façon plus subtile.A fuir .ou à vomir
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