Derniers Avis : Chronique d'une liaison passagère - Page 9
Chronique d'une liaison passagère
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Pascal F.
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4,0
Publiée le 4 décembre 2022
Un texte si bien écrit, si bien ciselé, si bien filmé sobrement, presque à la limte de l'austèrité. Le temps passe vite et les dialogues qui pourraient être écrits pour une pièce de théatre sont merveilleusement bien servis par les interprètes que sont Sandrine Kiberlain et Vincent Macaigne. Ce dernier dans son jeu pourrait bien être un acteur d'un film de Woody Allen.
En ce qui concerne les histoires d’amour au cinéma, tout semble avoir été raconté mille fois, et pourtant… Quand on tombe amoureux, il n’y a que toi et l’autre, le reste du monde semble ne plus exister, et Emmanuel Mouret a eu l’idée extrêmement judicieuse de focaliser son film sur les deux amants, littéralement… Il n’y aura, à une exception près, aucun second rôle, donnant véritablement l’impression de rentrer dans l’intimité de ces deux personnages, et ça fonctionne admirablement.
Alors oui, un film qui ne se consacrera quasiment qu’aux dialogues entre ses deux protagonistes, ça peut clairement faire peur, mais c’est sans compter l’immense qualité de son écriture et de ses interprètes. Waouh, quelle classe !!!
Sandrine Kiberlain est solaire comme jamais, Vincent Macaigne maladroit et extrêmement attachant (plus je le vois, plus je me dis que c’est un immense acteur : vous n’avez pas vu MÉDECIN DE NUIT ? foncez voir ce film !!!). L’alchimie fonctionne instantanément entre eux deux et on croit en leur histoire dès la première minute. On rit avec eux, on angoisse avec eux, on a des papillons dans le ventre avec eux, on a des doutes avec eux, on pleure avec eux. Ils jouent avec une justesse inouïe, leur passion est communicative.
La mise en scène de Mouret y est aussi pour beaucoup. Il laisse souvent ses plans durer pour laisser ses comédiens faire le reste, et ils nous touchent continuellement. Mais lorsque nos héros n’arriveront pas à exprimer ce qu’ils ressentent par la parole, c’est sa caméra qui prendra le relais, par un traveling ou un cadre bourré de sens.
Ça fait souvent penser aux heures de gloire de Woody Allen. Le film est d’une tendresse absolu, jamais mièvre, avec ces petits riens plein de poésie qui font la magie des nouveaux couples. Les dialogues sont savoureux, le film est souvent drôle mais aussi parfois très profond et arrivera à questionner régulièrement le spectateur, jusqu’à son dernier tiers qui m’a totalement emballé, mais que je préfère vous laisser découvrir.
J’ai été suspendu à leurs lèvres, avec cette sensation d’être dans un songe. Un très beau moment de cinéma. Une parenthèse enchantée, un petit bonbon sucré, un moment de cinéma plein de sensibilité qui fait un bien fou…
Au risque de surprendre, ce film m'a déçu car j'apprécie habituellement le travail d'Emmanuel Mouret. Je pense que le sujet convenait davantage à un roman qu'à un film. Les personnages n'ont pas besoin d'être incarnés à l'écran, d'autant que le choix de Vincent Macaigne ne me semble pas judicieux. On a du mal à croire à leur histoire au point qu'à un moment, on se demande ce que Charlotte a derrière la tête : A-t-elle imaginé un stratagème dont Simon serait la victime ? Pas du tout. Et le film de se dérouler sans surprise jusqu'à devenir ennuyeux de par sa banalité qu'un écrivain (de talent) eût transcendée mais que le réalisateur (pourtant talentueux en d'autres circonstances), n'a su éviter. A l'inverse de ce qui se pratique habituellement, il serait intéressant qu'une adaptation romanesque de ce film voit le jour.
Ce film est profondément ennuyeux. L'éloge de l'ensemble des critiques est difficile à comprendre. En particulier, la prestation de Vincent Macaigne apparaît très surévaluée. Son attitude d'ahuri décalé est sympathique au début mais finit pas lasser.
Je suis fan d'Emmanuel Mouret. Ses précédents films Mademoiselle de Joncquieres et Les choses qu'on dit, les choses qu'on fait m'ont convaincu qu'il était un expert du chassé-croisé amoureux. Je me suis donc laissé embarquer dans sa Chronique avec béatitude. Cela tombe bien, le film commence sur les chapeaux de roues avec deux inconnus qui se déclarent leur flamme. Sauf que c'est la chronique d'un adultère entre une femme entreprenante qui n'a pas froid aux yeux ( merveilleuse Sandrine Kiberlain ) et un homme marié, pataud, maladroit, peu sûr de lui qui se laisse emporter presque à contre-coeur dans l'aventure ( Vincent Macaigne, si peu sexy, mais parfait dans le rôle ). Ces deux-là ont décidé de laisser parler leurs épidermes, indépendamment des sentiments et des conventions sociales. Une exultation des corps qui cherche à s'affranchir des émotions du coeur. Un exercice somme toute périlleux, tant il est vrai qu'il est difficile de ne pas tomber amoureux dans des ébats intenses, ponctués d'échanges légers ou profonds où chacun se livre d'autant plus facilement que la relation est stipulée sans avenir. Une nouvelle fois, Mouret brille par l'éclat de ses dialogues. Nos deux bretteurs se font des confessions intimes où chacun, à tour de rôle, laisse des plumes. C'est une joie intense pour le spectateur qui se laisse séduire exclusivement par des mots, puisqu'aucune scène de sexe ne s'affiche. Mais Mouret ne s'arrête pas là pour dynamiter le couple classique. Il imagine ses deux lascars en quête d'expériences se lancer dans un plan à trois avec une autre jeune femme découverte sur un réseau social. Scabreux, est-on tenté de penser. Mais non, la chose paraît presque naturelle, le désir est exprimé avec une telle franchise, une telle transparence que l'incartade apparaît presque logique. La scène où les trois s'apprivoisent avant de passer à l'acte est formidable de drôlerie. Bien sûr, on ne joue pas avec le feu très longtemps, et le retour de flamme va être brutal. Vincent Macaigne, sorte de gros nounours sans grand charme, est absolument étonnant dans ce film. Il passe par toute la palette des émotions masculines face à une situation amoureuse qu'il subit plus qu'il ne la maîtrise : la crainte, l'hésitation, la vague de bonheur, la confiance, l'émotion, la résignation... Il est convaincant dans chaque étape, jusqu'à sa déclaration finale, très touchante. Le bonheur est-il une expérience recommandable quand il s'aventure sur des terrains qui le condamnent à être fugace ? Oui, répond sans hésitation Emmanuel Mouret qui nous dit qu'un coeur qui connait des grand huit est d'abord un coeur qui bat. Brillant !...
Un film plutôt agréable quant au scénario et qui tient ses promesses pendant un bon moment mais qui manque un peu de verve , et qui aurait gagné à être plus vif, plus enjoué pour en faire une vraie comédie ... Mon interrogation : pourquoi autant d'allusions explicites aux films de Woody Allen ( les visites de musée, les séances de cinéma, le film de Bergman en version originale ... même la gestuelle de Vincent Macaigne est parfois un vrai plagiat !) Au bout d 'un moment , c'est dommage , mais ce film ne supporte pas la comparaison d'avec "Manhattan" et "Annie Hall"
Ma notation est généreuse (par affection pour les deux acteurs principaux) car j'ai subi, mais alors, oui, vraiment subi ce film bavard, bavard et encore bavard de chez bavard. J'étais pourtant prévenu du risque que je prenais, n'ayant déjà pas pu tenir la distance devant son film précédent. Ça jacasse. Point. Sur le thème de la badinerie amoureuse au départ limitée à l'envie et la pratique sexuelle. On comprendra assez vite que ce n'est pas si simple, car les sentiments s'en mêleront. Pour le petit coup de modernité, le réalisateur rajoute sa pincée de sel avec une histoire à 3 (notre homme, sa maîtresse et une jeune femme), dont il en sortira, ça colle à l'air du temps, une histoire à 2 que je vous laisse découvrir. Et pour revenir à son cahier des charges initial d'une comédie sentimentale, il nous amènera sa conclusion "optimiste" que les coeurs doivent parler. Pouah, que tout ceci est tricoté à donf pour plaire à son public.
Ce film ne me laissera pas un souvenir impérissable. Beaucoup trop de dialogues a mon goût même si certains sont assez drôles. Elle : superficielle (mais pas tant que ça..) Lui : un nigaud... De jolies prise de vue. Une histoire d'amour ratée par manque de franchise.
Un joli film qui n'a pas la puissance des deux derniers films de Mouret. On reste un peu sur sa faim à vrai dire. Mouret est le seul réalisateur que je connaisse qui donne à boire à ses comédiens des infusions, des jus de tomate, qui leur fait écouter de la musique indienne et qui les fait rouler en saab. Il y a aussi la récurrence du thème de la femme plutôt jolie qui tombe amoureuse d'un droopy sans charisme. Ça me rassure quelque part sur mes chances avec le sexe féminin.
Quels points communs y a t-il entre « Chronique d’une liaison passagère », « les choses qu’on dit, les choses qu’on fait », Mademoiselle de Joncquière », et « l’ art d’aimer » entre autres films ? Tous ces films sont signés de la patte d’ Emmanuel Mouret. Un cinéaste bavard qui à chaque film nous propose d’ecouter les infinis battements de notre cœur. Cette variation incessante autour du désir nous emmène avec « chronique d’une liaison passagère » sur le chemin de l’adultère. Comme à l’accoutumé, le ton est léger, les dialogues savoureux, les personnages terriblement attachants ( Vincent Macaigne maladroit et drôle malgré lui est juste excellent). Le spectateur se délecte de ces grivoiseries dont on aurait tord de penser qu’elles ne sont que superficielles. En fait ce que nous disent les films d’Emmanuel Mouret c’est que l’amour est la chose la plus importante dans la vie.
Je voulais m'assurer que d'autres amateurs de Mouret avaient été déçus par ce dernier film, apparemment c'est le cas. Disons que ce film m'a fait croire que j'étais dans un mauvais jour, trop grognon et insensible... Alors qu'il n'est peut-être juste pas très réussi. Il est pourtant drôle, par moments, et touchant, par moment aussi, d'où les 3 étoiles. Mais le personnage de Simon est tout de même difficile à supporter (bien qu'interprété avec talent). On y voit bien un décalque des personnages ampoulés que jouait Emmanuel Mouret lui-même ; mais quand c'était lui, c'était drôle et touchant, là c'est agaçant. Je n'avais pas fait le lien, mais les décors spoiler: vides filmé à la fin ne sont pas inspirés par Woody Allen : ils en sont la copie ("Annie Hall") . Et pour une raison que je ne m'explique pas tout à fait, la séquence ne m'a pas touché. Aucune nostalgie des personnages ne s'est installée, alors que tout est fait pour. En bref, tout dans l'intention et la forme semble bien réglé, pourtant, mystère de l'art et de la création, quelque chose fait que pour beaucoup ce film n'est qu'à moitié réussi, voir raté. Pour d'autres, il est parfait : on peut donc supposer que cela tient aux acteurs, et aux idées. Pour finir, personne ne l'a relevé mais j'ai trouvé le mastering du SON épouvantable. La salle de cinéma était pourtant bien, les pubs elles avait un bon son. Dans le film, dès le début, un son étouffé, brouillon, un piano qui vrille les tympans... Bizarre. A vérifier avec d'autres conditions de visionnage.
Après l’excellent « Mademoiselle de Jonquières » (auquel le cinéaste fait une discrète allusion avec l’affiche des « Dames du bois de Boulogne », le film de Bresson adapté du même texte de Diderot) et « Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait », Emmanuel Mouret revient à la comédie. Les premières scènes sont réussies, et l’on rit des dialogues et des situations. Le thème de la relation dans laquelle ne doit pas apparaître le sentiment amoureux est savoureux ; il donne lieu au plan le plus expressif du film, le zoom sur Charlotte de dos lorsque le mot fatidique est prononcé, révélant ainsi la place centrale de cette question. Il est bien utilisé pour créer une sorte de complicité avec le spectateur. Mais à mon sens, le réalisateur en fait un peu trop, et en fait faire trop à Vincent Macaigne, dans le rôle de Simon, dont la volubilité, les blocages et les maladresses sont excessifs face à une Charlotte claire, nette et (trop) « cash ». Les deux rebondissements sont plutôt grossiers, et bien dans « l’air du temps ». On peut préférer, et c’est mon cas, ses comédies « d’avant », pleines de pétillance et d’humilité.
J'avais adoré les choses qu'on dit les choses qu'ont fait, car le rythme était lent mais il y'avait de la profondeur et plusieurs vies à explorer. Dans celui ci même si les jeux d'acteurs sont très bons , j'y ai trouvé des grosses longueurs (rare chez moi j'ai même regardé ma montre).