Ce documentaire tourné en grande partie dans la banlieue nord, le long de la ligne du RER B, nous amène à la rencontre du quotidien des habitants de ces quartiers de béton. Il se termine dans la banlieue sud, verdoyante, avec une lecture de l’écrivain Pierre Bergounioux, et une improbable chasse à courre.
Film très statique, avec peu de dialogues, duquel se détache des personnalités attachantes, comme la sœur de la réalisatrice, infirmière libérale que l’on suit chez ses patients. Personnes âgées, isolées, fatiguées, abimées par la vie, le travail, pour lesquelles l’infirmière est un sourire dans la monotonie de la journée. Séquence pleine d’émotion, intelligence du cœur.
Jeunes, travailleur malien, aristo commémorant la mort de Louis XVI, évocation de la Shoah, enfants émerveillés par un feu d’artifice, la réalisatrice filme des visages, des émotions, des silences aussi, l’ennui, et les séquences composent un tableau de ce « Nous », complexe, multiple, qu’il importe de connaitre, et de faire connaitre, dans un geste cinématographique s’inspirant du travail de Pierre Bergounioux pour garder une mémoire des gens simples, modestes, où chacun a sa place.