Le premier long-métrage de fiction de Dénes Nagy, très expérimenté en matière de documentaires, revient sur l'un des aspects méconnus de la seconde guerre mondiale : la présence de troupes hongroises en Russie, entre 1941 et 1944, lesquelles, dans le cadre de l'alliance avec l'Allemagne, étaient chargées de traquer les partisans soviétiques. Dans un style sombre et économe de ses moyens, qui n'est pas sans rappeler le cinéma de son compatriote hongrois László Nemes, voire même celui de Béla Tarr, Nagy raconte un épisode à la fois banal et horrible, dans une forme austère, sans donner guère d'informations, et avec des dialogues réduits à l'essentiel. Dans des paysages désolés, avec une population civile affamée et asservie, alors que l'ennemi est invisible, le film concentre son attention, et la notre, sur le visage impavide d'un caporal hongrois âgé, plus spectateur impuissant qu'acteur, dont la fixité des traits traduit la tristesse insondable devant l'horreur et l'absurdité de la guerre et la disparition de toute humanité dans le comportement des décisionnaires. Le rythme lancinant et exigeant du film n'est guère du genre à susciter l'enthousiasme, même si ne pas montrer frontalement la violence est en soi une attitude louable, et il faut attendre ses dernières minutes et peut-être encore davantage l'après-projection pour le digérer et assimiler sa puissance rentrée.
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2,5
Publiée le 18 mars 2022
Entre 1941 et 1944, 100 000 soldats hongrois ont servi aux côtés de l'armée allemande avec pour mission de maintenir l'ordre dans l’Union soviétique, mais aussi de trouver les sympathisants soviétiques. István Semetka, chargé de les débusquer, se heurte à la résistance dissimulée des locaux et aux conditions difficiles. L'environnement sinistre entre les conditions et la pauvreté est comme un personnage à part entière. Dénes Nagy se focalise beaucoup là-dessus et peu sur l'impact psychologique de la guerre. "Natural Light" n'est pas un film très bavard et il ne se passe pas grand-chose. Je ne sais pas trop quoi penser de ce film que j'ai trouvé ni bon ni mauvais. La photographie est superbe, mais l'histoire manque de puissance. Je ne me suis pas ennuyé, mais je n'ai rien ressenti en regardant ce film.
En début de film, un encart nous apprend que durant la seconde Guerre mondial, 100 000 soldats hongrois au côté des forces occupantes allemandes avaient été chargés d’une double mission. Ils étaient responsables, d’une part, du maintien de l’ordre dans l’Union Soviétique et, d’autre part, trouver les sympathisants soviétiques ainsi que leurs soutiens. La caméra de Dénes Nagy emboîte donc le pas d’une petite troupe de soldats hongrois en terrains soviétiques. Le réalisateur suivra plus particulièrement les faits et gestes de Semetka (Ferenc Szabó). Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2023/01/11/natural-light/