Avis : Contes du hasard et autres fantaisies - Page 5
Contes du hasard et autres fantaisies
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Nicolas S
54 abonnés
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4,0
Publiée le 10 mars 2026
Fondés sur un dispositif minimal qui ne laisse de place à chaque fois qu'à trois personnages et quelques plans fixes dans une relative unité de temps et de lieu, ces trois contes font montre de l'art rohmérien d'Hamaguchi pour écrire de beaux dialogues sur l'amour et faire exister des personnages complexes. Essentiellement par le dialogue, donc, le réalisateur japonais parvient à ménager des surprises, des changements de perspective, et même un certain suspense -- ce qui contraste évidemment avec l'économie de moyens qui caractérise l'ensemble, du scénario à la réalisation. Chacun des contes contient ainsi un retournement de situation inattendu, sans pour autant que cela ne paraisse forcé ou artificiel. On pense même à des haïkus finement ciselés qui, dans un même élan, réussiraient à faire coexister dans l'esprit du spectateur -- mais aussi, dans le premier conte, à l'écran -- ce qui est et ce qui aurait pu être. Voilà du grand cinéma, sans en avoir l'air.
J'avais apprécié Asako mais là non. Poser une caméra dans une voiture en plan fixe pendant dix minutes, au cinéma, c'est au-delà du supportable. La suite n'est pas mieux. C'est tout au plus du jeu d'acteurs qui aurait été aussi bien, mieux placé, sur une scène de théâtre. C'est lassant, ennuyeux au possible, sans intérêt, on n'a aucune compassion pour les petites peines de cœur de ces jeunes gens qui s'ennuient dans leur vie.
Un peu perdu par les deux premiers chapitres, le troisième est en revanche magnifique dans son scénario, subtil et très émouvant. L'interprétation des acteurs, autant le dire des actrices, qui sont très centrales dans les trois chapitres, est excellente et la réalisation de qualité. Nous donne à voir un Japon plus moderne, très occidentalisée malgré les quelques touches de poids des traditions qui persistent. Dans l'ensemble, on apprécie cette nouvelles oeuvre du réalisateur, qui n'égale pas les précédentes du fait de cette inégale répartition d'intérêt entre les trois parties.
Trois histoires distinctes mettant en scène un triangle amoureux, une tentative de séduction et une rencontre née d’un malentendu avec en point culminant pour chacune d’entre-elles un personnage féminin devant faire un choix. Tel est le projet du réalisateur japonais Ryūsuke Hamaguchi dont le regard dépouillé de tout artifice inutile dans sa mise en scène est révélateur de la notion de choix et de l’importance de rencontres inopinées. Une œuvre sensuelle et fortement attractive grâce au soin délicat apporté à la psychologie de chaque protagoniste croisé dans les différents récits.
Le réalisateur japonais Ryūsuke Hamaguchi poursuit sa lancée de nous offrir des pépites dramatiques avec les trois premiers d’une série de sept épisodes de “Contes du hasard et autres fantaisies”. Ces trois histoires intitulées “Magie ?”, “La porte ouverte” et “Encore une fois” ont pour thème commun les coïncidences. Dans la première Meiko raconte sa nouvelle rencontre fusionnelle à son amie, qui se rend compte qu’elle parle de son ex. Dans la seconde, un jeune homme convint une femme mariée de tendre un piège à un professeur de littérature, qui vient d’obtenir un prix pour son roman. Enfin dans le troisième épisode, une femme en croise une autre et pense retrouver l’amour de sa vie. Brillamment joués par les uns et les autres, “Contes du hasard et autres fantaisies” est un objet cinématographique maîtrisé. La mise en scène est simple et permet au spectateur de se concentrer et de ne jamais décrocher des dialogues écrits avec soin. C’est également un film libre, rares sont les longs métrages japonais à parler autant de sexe. Une très belle surprise. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com
Trois contes , bien distincts, à la façon dont Rohmer pratiquait, où le cinéaste japonais reprend moderato son penchant pour le théâtre là où le verbe se hisse avant le geste et le paraître. Paradoxale peut-être pour un art de l’image, mais Ryūsuke Hamaguchi excelle dans la provocation de ces rencontres fortuites entre femmes qui aiment le même homme ou qui pensent avoir vécu leur adolescence, ensemble. Un prétexte à une reconstruction comme on le rabâche si souvent aujourd’hui. Le réalisateur en fait une antienne sublimée dans le second conte « La porte ouverte ». Une ancienne élève lit à son professeur le passage d’un roman qu’il vient d’écrire. Une scène d’amour et d’érotisme aussi inattendue que magnifique , au rendu scénique inédit à ce jour me semble-t-il. Des premières paroles échangées à la conclusion , l’homme et la femme ne se touchent jamais … AVIS BONUS Un regard très personnel sur le film et son auteur, intéressant Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Film plutôt lent mais bien joué et aux histoires suffisamment originales pour captiver. Reste le soucis des films à sketches, c'est l'inégalité des histoires. Petite préférence pour le 1er des 3 contes.
Ryûsuke Hamaguchi découpe Wheel of fortune and fantasy en trois chapitres. Chaque segment décline un récit indépendant des autres. Il en va de même pour le casting convoqué, chaque histoire est animée par une poignée de comédiens et propre à chaque chapitre. Wheel of fortune and fantasy trouve son entière unité dans sa forme. Elle est identique à celle désormais reconnue du cinéaste japonais : de longs plans séquences composés simplement, une caméra entièrement orientée vers les protagonistes de la scène filmée, des mouvements d’appareil lents et mesurés. L’unité du film tient aussi à son casting, quasi exclusivement féminin. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/berlinale-2021/
Evidemment, puisqu'il s'agit de contes et de hasard, on pense parfois à Eric Rohmer, d'autant que les héroines de Ryūsuke Hamaguchi sont douées pour l'introspection, d'autant qu'elles sont belles et gracieuses. De fait le film n'est pas sans charme ni sensualité. Ce sont pour l'essentiel des sentiments au féminins qu'explorent Hamaguchi. Le cinéaste met en scène trois récits sans lien entre eux qui évoquent chacun un thème plus précis: l'amour, le désir et les regrets ou fantômes du passé. Le film se présente principalement sous l'apparence de conversations à deux où les personnages analysent eux-mêmes le trouble où ils sont, déplorent parfois de mauvais choix ou des attitudes regrettables. C'est film dialectique qui pourra indisposer les amateurs de mouvements ou d'action; il y passe cependant autant de sensibilté que d'acuité. Il le doit à la finesse et à la profondeur humaine de l'étude comme à la qualité de l'interprétation d'où émane une sincérité touchante. Les limites du film tiennent à son manque d'unité, inhérent aux films proposant des sujets distincts, c'est-à-dire ne permettant pas de "s'installer" dans une histoire.
C’était l’occasion pour moi d’accorder une nouvelle chance à Ryusuke Hamaguchi, dernière coqueluche de festival à provenir du Japon, après un ‘Drive my car’ aussi ambitieux, profond et déjà statufié par la critique que carrément pénible à suivre pour la majorité des spectateurs normalement constitués. Ces ‘contes du hasard’ ont d’ailleurs été élaborés par Hamaguchi parallèlement à son chef d’oeuvre au long cours, comme une sorte de récréation en quelque sorte. Il s’agit de trois moyens-métrages sentimentaux à la morale ambiguë, qui démarrent souvent d’un malentendu ou d’une coïncidence. Pour ne pas dénaturer la part d’intérêt dûe à la simple découverte de la configuration de chaque histoire, je ne parlerai que de la première, histoire que vous sachiez dans quoi vous mettez les pieds : un mannequin parle à sa maquilleuse et amie de l’homme qui la fait vibrer, Kazuaki, et de la précédente relation que ce derniers entretenait avec une femme qui l’a beaucoup fait souffrir par ses infidélités. La seconde comprend soudain que c’est sa propre relation avec Kazuaki dont son amie parle sans le savoir, ce qui ravive instantanément certains souvenirs et sentiments en elle. Le constat le plus évident qui s’impose est que, bien que les films japonais, spécialement les films japonais dramatiques, aient pour tradition de faire passer beaucoup de choses sans recourir au langage, ces Contes du hasard sont incroyablement verbeux. Je pense même n’avoir jamais vu des Japonais parler autant dans un film et Hamaguchi lui-même reconnaît l’influence du cinéma français de la Nouvelle Vague sur son travail et spécifiquement celle des films de Eric Rohmer. Je n’ai jamais vu de films de Rohmer mais j’ai rattaché ce que j’ai vu aux pratiques d’un des disciples les plus réputés de ce dernier, Emmanuel Mouret et ses marivaudages modernes. L’originalité et la singularité de ces courts récits sentimentaux m’a en tout cas rendu l’expérience beaucoup plus digeste que je ne me l’imaginais, mais il faut accepter l’idée d’un plan fixe ou d’une alternance champs-contrechamps d’une bonne demi-heure avec des gens qui bavardent.. Quoi qu’il en soit, ce n’était sans doute pas une très bonne idée de commencer l’exploration de la filmographie de Hamaguchi avec ‘Drive my car’.
On a trois histoires au Japon, légèrement érotiques ... mais les deux premières m'ont paru supérieures à la troisième. Les dialogues sont savoureux et le jeu des acteurs particulièrement bien soigné. Après, je ne vois pas bien le fil directeur ou le message, si ce n'est les relations humaines qui s'interconnectent et évoluent avec le temps, ce qui peut sembler large ! Mais même si on n'a pas des scènes d'envergure avec des décors époustouflants, et plutôt des endroits banals avec peu de personnages, encore une fois tout est dans le texte et pourrait faire guise de pièce de théâtre.
Je rejoins absolument les mauvaises critiques de ce film. C'est mortellement ennuyeux, sans intérêt, à l'exception du 2ème conte qui m'a semblé un peu plus intéressant. À mon avis, les bonnes critiques sont à mettre sur le compte d'un certain snobisme à systématiquement encenser les film asiatiques .
En s’autorisant une parabole littéraire, on peut dire qu’après son lent et long roman fleuve « Drive my car », Hamaguchi livre, dans un style assez comparable, un recueil de trois nouvelles. Trois contes. C ’est annoncé par la presse et par le titre en Français : ce film lorgne du côté d’Éric Rohmer. En effet. Par la place donnée au sentiment amoureux, par le ton de marivaudage, par la dimension morale, par le rôle prépondérant des dialogues, par la construction, et même par l’utilisation des intermèdes musicaux. Mais c’est quand même nettement moins bon que le film précèdent de l’auteur et que les contes moraux du réalisateur Français. Les trois histoires ne manquent pas d’intérêt, mais n’entretiennent pas le lien qui permettrait au film d’être une œuvre cohérente. On pourrait les voir séparément comme trois bons courts métrages. Bien sur les dialogues sont de qualité, mais pas assez pour faire « passer » des longs plans fixes ou champs-contrechamps manquant d’intensité, dans une réalisation assez plate. Pour en revenir à la parabole, le film relève peut-être plus de l’expression littéraire que de l’expression cinématographique. Grâce à un troisième conte qui marie originalité et finesse, le film laisse le souvenir d’un bon moment, sans plus, assez loin des qualificatifs comme « prodigieux » employés par une critique en manque de vraie création.
Le film est fondamentalement du sous-Rohmer ( la comparaison vient forcément à l'esprit), avec quelques dialogues érotiques en plus, en de rares occasions, et qui n'apportent rien. L'intérêt général est assez faible. Je l'ai vu jusqu'au bout pour travailler les dialogues japonais du quotidien, prononcés avec de bonnes intonations ( bon film pour leçon de langue).