Un triptyque japonais de "fantaisies" délectables, mais... Défense et Illustration, pour l'essentiel, d'un cinéma "qui se mérite". Le premier récit est sans doute le plus familier pour un public lettré français - reprenant les codes du marivaudage, juste épicé à la sauce tokyoïte,,. Le deuxième est plus dépaysant, "Porte ouverte" sur l'érotisme nippon, et le troisiéme, entre paramnésie et "confusion des sentiments", le plus déconcertant. Ne pas baisser la garde, et s'abandonner à un rythme inhabituel. Le verbe y est maître (mais pas le verbeux). Qui aime les films bavards, et les "contes" (moraux) à la Rohmer appréciera ! Quant à la mise en scène, on aurait tort de la qualifier de "simpliste" - elle est juste épurée, et diablement efficace.
La puissance esthétique de ces « contes », tels qu’ils sont rangés dans un genre qui n’apparaît pourtant pas dans le titre originel, tient à l’idée que de la maîtrise formelle et narrative peut surgir le hasard, et que ce hasard accordé aux personnages, parce qu’aux acteurs qui les interprètent, et aux spectateurs qui les regardent stimule l’imagination. En effet, chacune des trois pièces offre aux deux autres une variation autour de thématiques communes et d’éléments de mise en scène, à l’instar du zoom dernier sur le visage du protagoniste ; pour autant, c’est au public qu’il revient d’assembler les pièces d’un puzzle qui ne se donne pas comme un vulgaire jeu de pistes. Si le professeur, fort d’un succès littéraire qui fait de lui un auteur médiatique, insiste sur l’intérêt de la lecture à voix haute à laquelle se livre son ancienne élève, il révèle à la fois la beauté de cette performance et l’unicité de la voix qu’elle laisse s’exprimer, porteuse d’un rapport singulier à l’œuvre et, plus largement, au monde.
Ryūsuke Hamaguchi cultive la longueur des plans qui deviennent des scènes voire des séquences entières, non par fantaisie auteuriste mais pour raccorder la fiction à deux illusions : celle de la conscience du temps qui passe, celle de l’authenticité de relations humaines qui naissent toujours du faux et du calcul. Nous ne sommes pas loin de la démarche pirate de Werner Herzog dans Family Romance, LLC. (2019) : recourir à des acteurs pour extraire de leur jeu parfait des impressions de vie vraie. La très belle photographie, que signe Yukiko Iioka, et l’intelligence des quelques symboles présents ici – pensons à cet escalator que ne cessent d’emprunter les deux étrangères pour suspendre le temps et revivre leur passé – achève de ranger Gūzen to sōzō parmi les grands films japonais de l’année 2022, dans un style différent du puissant portrait des classes sociales à Tokyo brossé par Anoko wa Kizoku (Yukiko Sode).
Effectivement une certaine lignée avec Rohmer pour ce cinéaste japonais atypique, bien loin de la tradition des Ozu ou Mizogushi. Ici on est dans le dialogue, très littéraire , pas d'action , beaucoup de plans fixe . Une sorte de marivaudage aussi, avec des sentiments amoureux qui se croisent , des triangles amoureux improbables. Mais rien de bien nouveau et surtout très long. Pas de grandes innovations , si ce n'est des situations qui ne se retournent pas comme on s'y attendait. Une réalisation bien fade, Rien d'exceptionnel et on ne s'explique l'engouement que suscite ce réalisateur .
Est il possible de faire un film plus ennuyeux ? Aucune émotion ne se dégage de ces dialogues verbeux entre acteurs inexpressifs. Comment peut on encenser cette ineptie ? J'ai perdu 2 heures de mon temps précieux à cause des critiques presse.
J'aime décidément l'intelligence, la finesse, la délicatesse, la subtilité de ce cinéaste qui sait capturer des émotions à priori indescriptibles. J'ai encore été touchée au plus profond. Il y a avec ses personnages, ses histoires, sa sensibilité, quelque chose qui raisonne très fort en moi. En plus ses films sont esthétiquement très réussis, des plans simples, mais structurés, comme ce qu'il raconte. Comment dire... Je suis sous le charme... J'ai hâte de voir le reste de son travail...
Trois histoires différentes avec un point commun : le hasard. Cette chose qui peut tout changer dans notre existence. Provoquer une rencontre, briser une amitié, créer une amitié, briser une histoire d’amour. La palette de sentiments, amoureux et amicaux est explorée à travers ces trois histoires inégales mais toujours justes. La première et la dernière sont les mieux réussies avec en prime pour la dernière une touche d’humour très maîtrisée. Un exercice de style périlleux mais réussi.
un film d'une nullité consternante , dès le début c'est mou, lent, gniengnient à mourir d'ennuie. un film pour suce boule sans poils comme la lecture du texte. Pourquoi ne pas tout de suite explique au public auquel il s'adresse ça éviterait de perdre du temps.
Contes du hasard et autres fantaisies. Toute la promotion de ce navet est fondée sur le fait qu'il s'agit du même metteur en scène japonais, dont personne ne se souvient du nom, qui a réalisé le multirécompensé "Drive my car" pourtant lui aussi exécrable. C'est un film à 3 sketches, un procédé que je n'apprécie pas trop, sketches que rien ne relie entre eux si ce n'est l'inintérêt des bavardages présentés, des histoires d'amour inutilement complexes avec des duos d'acteurs qui arrivent à parler en gros plans fixes pendant des dizaines de minutes, le plus long et le pire se passe dans un taxi pendant pas loin de la demi-heure inaugurale du film, du très mauvais théâtre filmé de deux heures au total. Pour une oreille non asiatique, la sonorité de la langue est anti-harmonieuse, ponctuée d'exclamations et d'essoufflements, loin de la modulation française ou même british et il n'y a strictement aucune image qui pourrait compenser ce naufrage. Même les japonais ne supportent plus les cérémonies du thé ou le théâtre Nô sur plusieurs heures et proposent des versions écourtées pour les étrangers comme pour eux-mêmes. Des "Contes" à dormir debout ou dans son fauteuil.
De film en film, Ryusuke Hamaguchi s'affirme comme l'un des plus grands cinéastes en activité.
Si cet opus est un peu moins complet et profond que son chef-d'oeuvre Drive my car, il met en exergue deux de ses qualités principales : une direction d'acteur de haut niveau, qui permet une exploration en profondeur des sentiments humains, et des talents de dialoguistes hors pair.
De contes, il y en a trois. Le premier est d'une facture assez classique (une femme raconte à son amie son coup de foudre pour celui qui s'avère être l'ex de son amie). Le second est vertigineux et constitue une approche de la libido (en particulier féminine) assez peu courante dans le cinéma japonais contemporain.
Le troisième, qui raconte les retrouvailles de deux femmes plusieurs dizaines d'année après leur lycée, est profondément émouvant. Dans cette dernière partie, Hamaguchi atteint des sommets en matière d'écriture : l'intrigue est surprenante, les fausses pistes nombreuses, les rebondissements psychologiques nombreux et la finesse d'interprétation atteint des sommets. C'est vraiment du grand art, d'autant plus que la mise en scène se met alors au diapason du scénario, multipliant les effets (symétries, transparences, angles) dans un huis clos d'une apparente simplicité. Magnifique.
Raffiné, subtil. Ces femmes m'émeuvent et leurs histoires m'emmènent vers des destins imprévus. Nous marchons sur une crête parfois sans le savoir. Sans imaginer nous retrouver sur un versant ou so opposé de la montagne.
Entre Hong San Soo et Rohmer..., ça peut vous plaire, il y a une analyse très subtile et pertinente des sentiments amoureux en tout genre un second conte très subtil,voire éthéré, et enfin entre deux anciennes amies qui se retrouve par hasard dans Toyko...J'ai tenu le choc pour les deux premiers et ait plus ou moins décroché au troisième conte (peut êtrre la longueur des contes en question ...C'est filmé sobrement, le rythme n'est pas très dynamique, on voit des gens qui se parlent, qui racontent leurs désirs, Faut savoir ce qu'on cherche, c'est un film patient, "cérébral", qui ravira certains spectateurs comme il ennuira d'autres....J'ai aimé sans plus, A vous de voir.....
Encore un bijou signé Hamaguchi. Ces trois contre brillent par des dialogues subtilement rohmériens et une mise en scène fluide, à la fois élégante et sobre. Un régal !
Ryusuke Hamaguchi, sur les pas de Marivaux, invente des jeux de l’amour et du hasard dans un contexte nippon contemporain. Petit théâtre de la magie amoureuse ou érotique, petit théâtre de la cruauté, de l’amertume ou de la mélancolie, petit théâtre du souvenir, de l’instant présent et de l’anticipation. L’expérience du sentiment amoureux ou du désir sexuel se conjugue ici à une expérience du temps, ce qui donne une étonnante amplitude narrative à ces courts récits, lesquels cultivent aussi bien l’intensité immédiate (la mise en relief de moments décisifs) que la profondeur temporelle (l’évocation de sentiments qui se sont inscrits dans la durée). C’est l’une des qualités d’écriture de ce film. Parmi les autres qualités : une mise en place rapide et précise des personnages et des drames, permettant d’arriver très vite au cœur de l’action. Hamaguchi y arrive et s’y déploie grâce au pouvoir des mots, quasi uniquement. Son verbe est d'une efficacité superbe, tellement narratif que, côté réalisation, quelques plans fixes suffisent, dans la plus grande simplicité. Le travail de l'image (numérique, assez moche) est clairement accessoire. Le film est ainsi tout à la gloire d’un verbe qui dit tout, empreint de force et de retenue émotionnelles, d’audace et de pudeur, de finesse et de nuance psychologiques, autant de qualités qui définissent de plus en plus la signature du cinéaste. Une très belle signature.