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JÆSON
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2,0
Publiée le 26 juillet 2023
Suis-je le seul à ne pas avoir gobé l'entourloupe ? Si vous pensiez être tombé sur un cousin de Memories of Murder donnant à voir un tueur en série qualifié comme pouvant être "n'importe qui", n'allez surtout pas voir Limbo. La photographie est magnifique, certes, mais d'autres éléments viennent ternir l'image du film. Honnêtement, j'ai adhéré au récit jusqu'à la révélation sur l'identité du tueur. Ne vous attendez d'ailleurs pas à ce qu'il ait une once de développement, il est d'un terrible ennui. Il faut dire que Sinok des Goonies est même mieux construit. Notre mystérieux tueur n'a d'ailleurs qu'un seul mot en bouche: "Oka-san". Heureusement que j'ai appris le japonais à mes heures perdues, sans ça, j'aurai été submergé par la tonne de vocabulaire attribué au personnage d'origine japonaise, ce qui semble être un problème car, apparemment, les immigrés ramènent des détraqués. D'ailleurs j'ai pu voir au générique que l'équipe technique était composée de techniciens japonais, je crois ne jamais avoir vu un but contre son camp aussi mémorable que celui de Mandzukic en finale de coupe du monde 2018. Bref, alors que les personnages principaux ont un minimum de développement et de remises en question (ce que faisait déjà Bong Joon Ho avec Memories of Murder, par ailleurs), ce n'est pas le cas de l'antagoniste. C'est un méchant, c'est tout, et en plus le packaging au complet : violeur, sale, terré dans l'ombre, et bien sûr, cerise sur le gâteau, il est japonais. Comme je le disais précédemment, c'est un point important à souligner quant au propos du film. En réalité, la morale se cache derrière sa caractérisation. Quand est-ce que les Chinois et les Japonais arrêteront de se faire la guerre au cinéma ? Le film partait pourtant très bien, mais notre cher "Oka-san" tient à nous rappeler que l'immigration, c'est mal. Un SDF tueur en série, est-ce vraiment crédible ? Un film porté par tellement d'incohérences ainsi que des indices qui tombent comme un cheveux sur la soupe. On peut apercevoir l'intention du réalisateur de nous faire la morale sur la criminalité, la drogue et la prostitution en passant. Quel dommage pour ce film au grand potentiel, Limbo reste tout de même un film marquant.
Une claque, un chef d'oeuvre, le meilleur polar depuis Seven, la noirceur dans la poisse de Hongkong est sublimé par une photo en noir et blanc stupéfiante de beauté. Une violence inouïe au service d'un triller captivant de bout en bout. Un véritable sans faute dans la réalisation qui serait vraiment dommage de louper en salle. C'est très glauque tout en étant somptueux dans les choix artistiques. Les protagonistes sont parfaits et coup de chapeau pour l'interprète féminine principale incroyable de réalisme ainsi que tout les autres qui ne ménagent pas leur personne dans des performances impressionnantes de combats acharnés. SOI CHEANG et son casting BRAVO
Une grande œuvre a voir en salle. J’ai été impressionnée par le traitement des décors: Hong Kong de ses grands immeubles à ses petites rues, les parkings, les parcs, les déchèteries, dans la nuit, sous le vent ou la pluie. C’est une beauté plastique impressionnante que la salle de cinéma magnifie parfaitement. Le jeu des acteurs est aussi pour moi un grand point fort dans ce films qui reprend des poncifs connus pour les retravailler, les remodeler à son compte. Il nous livre en terrain narratif connu une histoire qui lui est propre en embarquant le spectateur avec lui. Seul défaut du film: le côté émotion est parfois un peu trop gros sabots à mon goût et une ou deux scènes manquent de subtilité à mon goût. Mais ce sont des défauts minimes!
Un patchwork de scènes pour un scénario policier très linéaire. Certaines de ces scènes sont très réussies. Les dialogues indigents ne m'ont pas permis d'avoir de l'empathie pour les personnages qui restent des archétypes déjà vus mille fois.
Dans le genre , mais est ce vraiment un genre ? on peut difficilement faire mieux, certains pourront faire l'exégèse de la symbolique ici ou là mais bon on peux y voir aussi un hommage au blues du dentiste d'Henri Salvador ( on ne spoile pas comme cela )
Dans le genre thriller c est un film qui coche pas mal de cases. Il y a une vraie atmosphère inquiétante et sombre tout au long du film, accentuée par le noir et blanc qui en rajoute une couche, et la bande son. Les acteurs sont excellents avec une mention spéciale pour l actrice principale et le "méchant ". Il faut quand même préciser qu il y a de nombreuses scènes très violentes dont certaines sont peut être trop violentes... ce film ne s adresse pas aux âmes sensibles c est certain. Pour les autres vous trouverez votre compte.
Film hongkongais tourné il y a 5 ans déjà et ayant connu un chemin tumultueux jusqu'à son arrivée en salles (interdit notamment de diffusion par le régime chinois), «Limbo» est le genre d’œuvre à vous rester durablement en tête, tellement chacune des images qui la composent vous déstabilise tout en vous fascinant.
Récompensée par le Grand Prix et le Prix de la Critique au festival Reims Polar 2023, cette histoire (plutôt classique) de deux flics devant faire équipe pour arrêter un tueur en série s'attaquant aux femmes et sévissant dans les bas-fonds (et ses poubelles) de Hong-Kong peut au départ rappeler un certain «Seven» de par sa narration policière et son ambiance pluvieuse. Une comparaison dont le film s'éloigne assez vite au cours de son histoire.
Film urbain à l'ambiance pesante et poisseuse, la ville de Hong-Kong y est filmé comme rarement jusque-là, entre ombres et lumières, sublimé par un noir et blanc totalement hypnotique et soulignant encore plus toute la dualité de cette œuvre, entre beauté et horreur. La beauté des images et l'horreur de ce que celles-ci nous montrent et nous racontent (à l'image notamment de ce final tout en tension et en violence exacerbée).
Car si vous cherchiez à retrouver un peu de foi en l'humanité, vous êtes mal tombé avec ce «Limbo».
Histoire de passé, de douleur et de punition, ce film ne laisse pas de place à l'espoir. Et quand il essaie de nous le faire croire, c'est avec toutes les conséquences qui vont avec. Respect au passage à l'actrice Yase Liu, vu la partition difficile qu'elle a à jouer et l'enfer que son personnage doit traverser.
Entre œuvre virtuose dont vous ne pouvez détourner le regard (pour le meilleur comme pour le pire) et cauchemar éveillé qui ne vous relâchera qu'au moment de son générique de fin, ce polar oppressant est clairement à découvrir en salles, mais aussi clairement à ne pas mettre devant tous les yeux.
Très clairement un des meilleurs films de cette année, avec une réalisation hyper maîtrisée et une mise en scène exceptionnelle. Soi Cheang nous offre une vision dépeinte de Hong Kong, tout est sale et le tout est sublime par une photographie absolument sublime, de plus le choix du noir et blanc est très intéressant et ça renforce cette ambiance glauque. Les acteurs sont géniaux, surtout l'acteur principal qui nous offre une performance géniale et son personnage est assez horrible mais tellement bien écrit, tout comme les autres personnages et le scénario lui est plutôt simple mais efficace.
Regarder Limbo équivaut à passer 2 heures dans un local à poubelles, grand comme la ville de Hong Kong. Ceci pour souligner que l'atmosphère, putride, fait presque tout dans le film de Soi Cheang, qui rappelle dans sa violence extrême, les longs métrages du Sud-Coréen Na Hong-jin. Noir et blanc poisseux, décors crades : tout est dantesque dans ce voyage au bout de l'enfer. L'intrigue est toutefois basique sous forme de traque d'un tueur en série, auquel il n'est pas conseillé de donner la main. Courses poursuites échevelées et bagarres à répétition complètent le tableau d'un film qui ne milite visiblement pas contre les violences faites aux femmes (un peu embarrassant, cet acharnement). Il n'est guère besoin de dialogues pour comprendre le fin mot d'une histoire où la psychologie des principaux personnages se réduit à un comportement post-traumatique, cela étant valable non seulement pour le représentant du mal que pour ceux qui se situent dans l'autre camp, quoique eux aussi bien cabossés et hors des limites autorisées. Si Limbo a des apparences volontairement dégoûtantes et un scénario qui prend parfois l'eau, pour cause d'accumulation exagérée de coïncidences, il n'en est pas moins sidérant par la qualité de sa mise en scène, son rythme haletant et son aspect nihiliste, dans une noirceur que rien ne vient nuancer,spoiler: si ce n'est le plan final, lequel, en conséquence, semble bien mièvre en comparaison.
Avant tout, ce film est une vraie claque esthétique. La photo est juste sublime. Du début à la fin c’est une succession de plans virtuoses tous plus admirables les uns que les autres. Rien que pour ça c’est une œuvre qui à peine achevée donne envie d’être revue malgré sa noirceur.
Parfois le choix du noir et blanc peut sembler discutable chez certains réalisateurs. Ici c’est parfaitement justifié. Les bas fonds de Hong Kong prennent une allure à la fois dantesque et cauchemardesque qui illustre parfaitement le désespoir dans lequel vit l’un des 2 personnages principaux.
Le thème de la traque d’un tueur en série n’est certes pas nouveau mais ici l’enquête s’accompagne d’une plongée dans un Hong Kong tel qu’il a rarement été filmé.
Pour moi c’est l’un des meilleurs films de ces dernières années et le meilleur polar depuis le « The Strangers » de Na Hong-jin.
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4,0
Publiée le 23 février 2022
Will Ren, un jeune flic tout juste muté, se voit confier sa première affaire qui consiste à arrêter un tueur en série qui s'en prend aux femmes. S'il est en charge de l'enquête, il doit faire équipe avec Cham Lau, un flic expérimenté qui n'est pas du genre à se faire commander et qui n'hésite pas à faire usage de la force pour obtenir ce qu'il veut. Les deux vont pouvoir compter sur Wong To, une voleuse de voitures qui a un lourd passif avec l'un d'eux. La constitution de ce trio marque le début d'une histoire implacable et brutale. La violence que ce film dégage... Peut-être pas dans les actes même s'il y a des scènes d'une grande brutalité, mais surtout dans ce qu'il évoque. Il y a un personnage en quête de rachat qui va aller très loin pour expier ses torts tandis qu'un autre est animé par une haine viscérale qui lui permet d'avancer. Entre la misère humaine et les laissés pour compte, les personnages doivent enquêter dans un Hong Kong dépeint comme une grande décharge publique où les déchets et la crasse sont plus présents que les humains. C'est presque un décor post-apocalyptique où règne une atmosphère oppressante. On comprend alors le choix de tourner en noir et blanc, car cela renforce ce sentiment de ville inanimée. Si l'enquête en elle-même est plutôt basique et sans grand rebondissement, Soi Cheang compense par une tension constante, des personnages charismatiques et des scènes très violentes. Pour les amateurs du genre, ce "Limbo" est un très bon film qui est à la fois cru, âpre et sombre.
Très bon thriller policier... Ambiance crasseuse et poisseuse à souhait... Une photographie en noir et blanc pour assombrir les ruelles de ce Hong Kong transformé en énorme décharge poubelles... Une histoire certe classique du genre polar mais prenante... Une héroïne qui s en prend plein la gueule du début jusqu'à la fin... Des courses poursuites haletantes... Une scène de fin magistrale et intense... Seul regret par rapport aux motivations du sérial killer qui ne sont pas vraiment développées... Et aussi une mise en scène parfois trop saccadée qui rend brouillon l enchaînement de certaines séquences... Mais dans l ensemble c est du très bon... Mériterait plus de visibilité...
Magnifié par une photo en noir et blanc, l'excellent " Limbo " plonge le spectateur dans un Hong-Kong anxiogène étouffé de gratte-ciels, de ruelles étroites coupe-gorges et sales, sous une pluie omniprésente. La forme est splendide grâce à une palette de noir et blanc profonde et parfois saturée. Mais au delà du polar noir, aussi violent que malaisant, des poursuites réussies et des plans dignes d'un westerns urbains, le réalisateur parle de rédemption, de pardon, de déshérence. Presque une tragédie grecque ou l'inéluctable ne peut être évité " Limbo " déroule son fil tendu jusqu'à son final somptueux et désespéré. Un film fort, dense et totalement réussi. Une claque !
Le schéma narratif de Limbo est certes connu mais pas convenu. L’histoire racontée est classique : un duo d’enquêteurs est lancé sur les traces d’un serial killer alors qu’une seconde victime est découverte, mutilée de la main gauche à l’identique de la première victime. Classiquement également, le duo d’enquêteurs fraîchement formé fait collaborer deux hommes (Lam Ka Tung et Liu Cya) aux méthodes et à l’expérience professionnelle différentes. La brutalité de l’un n’est pas innée mais acquise par... rage. Et, sans rien dévoiler du contenu du film, celui-ci ne pouvait se clore que sur un cri... de rage. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/festivals/berlinale-2021/