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Jipéhel
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4,5
Publiée le 18 septembre 2022
Chemin de résilience
Le frère d’Alice Winocour était au Bataclan lors des attentats de 2015. Pendant qu’il était caché, je suis restée en lien SMS avec lui une partie de la nuit confie-t-elle. Ces 105 minutes parlent du long parcours de reconstruction d’une personne parmi d’autres qui a vécu l’enfer. A Paris, Mia est prise dans un attentat dans une brasserie. Trois mois plus tard, alors qu’elle n’a toujours pas réussi à reprendre le cours de sa vie et qu’elle ne se rappelle de l’évènement que par bribes, Mia décide d’enquêter dans sa mémoire pour retrouver le chemin d’un bonheur possible. Au-delà des qualités de mise en scène et d’interprétation, c’est l’originalité du scénario qui frappe avant tout. A voir absolument. Tout comme le cinéma américain qui a mis de nombreuses années avant d’oser parler du 11 septembre 2001, voilà, 7 ans après, le 1er film français qui parle frontalement des attentats du 13 septembre 2015. – 2 autres sont annoncés prochainement -. La plaie est loin d’être refermée, le traumatisme est toujours là, et c’est bien ça le sujet central de ce film. Voir que des centaines de personnes se cherchent, essaient de se retrouver et de retrouver des objets perdus dans les attentats est une expérience impressionnante qui prouve qu’il est impossible de se reconstruire seul. Le film s'intéresse aux conséquences des attentats pour les victimes et pas du tout aux terroristes et leurs motivations. La cinéaste explique : ce n’est pas tant l’attentat lui-même qui m’a intéressé, mais les traces qu’il a laissées chez les victimes. Aucune d’entre elles n’a une vision globale de l’attaque, mais seulement des bribes, des images désordonnées comme les fragments d’un miroir éclaté. Il ya quelque chose de n’est pas complaisante avec sa souffrance, elle est dans une quête, dans l’ouverture aux autres. Il y a quelque chose de brut et d’hypnotique dans cette vision de Paris entre boulevards incandescents et quartiers défavorisés, et c’est incontestablement une valeur ajoutée à ce film magnifique. Tout ici se concentre sur la bouleversante Virginie Efira qui campe une femme jamais complaisante avec sa souffrance, mais dans une quête, dans l’ouverture aux autres. On le sait depuis longtemps mais elle prouve qu’elle est une actrice +++. A ses côtés, Benoît Magimel, Grégoire Colin, Maya Sansa, sont également impeccables. Paris est elle aussi une victime des attentats qui, comme les personnages, a mis du temps à se reconstruire. Ce drame évite tout pathos et se transforme même en un lumineux cri d’espoir. Un des grands films du moment.
La fiction n’a pas seulement un besoin de transcender le réel. Elle peut également être un témoin précieux, à l’image du frère d’Alice Winocour (Augustine, Maryland, Proxima), qui a survécu à l’assaut sur le Bataclan. La cinéaste revient sur un tragique incident, qui offre un instant de résilience émouvant et nécessaire. Il n’y a nul besoin de date ou de pancarte pour identifier le contexte ou les enjeux. Nous avons tout un groupe de survivants, dont le monde a fini par rétrécir en l’espace d’une nuit de la taille d’un restaurant, d’une salle à manger ou simplement de leur esprit. Mais cette présence n’est que temporaire, contrairement aux cicatrices qui ont été laissées dans un drame, qu’on ne viendra pas interroger du point de vue des assaillants ou général. Le regard et la caméra de Winocour ont choisi de se poser sur une femme, en quête de réponse, à travers une ville que l’on scrute avec attention, dans ces détails et dans ses traumatismes qu’elle porte.
Mia y était, Mia y est encore. Virginie Efira donne du corps à son personnage mutilé, sans pathos et avec une justesse qui saisit immédiatement les anonymes que nous sommes. Pourtant, ce n’est pas dans une transparence complète que l’on ouvre le film. On épouse le point de vue d’une femme, qui a la mémoire défaillante. Il ne lui reste plus qu’à remonter toutes les pistes, afin de combler ce black-out. Mia entraîne par la même occasion, les fantômes de son escale au restaurant, où les visages lui seront familiers. Certains se montreront plus hostiles, tandis que d’autres la retiennent dans sa chute libre. Quoiqu’il en soit, un lien unique rassemble ces individus, venus fêter un anniversaire ou se rassasier avec une cuisine plus exotique. Le goût et les saveurs sont des éléments invisibles que le film ne met pas de côté pour travailler une immersion authentique, où les cinq sens sont mobilisés.
Chaque fragment de souvenirs que Mia récupérera est un pas de plus vers le repos, celui qu’elle mérite et celui dont ses proches ne peuvent pas lui offrir, malgré leur candeur ou leur volonté. Cette charge, ne repose pas seulement sur une personne et c’est ce que le récit souligne à plusieurs reprises, sans forcer sur l’hommage. Le parcours de Mia est similaire à son travail comme traductrice. Elle se dédouble momentanément, mais au final, il n’y a que sa voix qui reste. Elle a besoin d’un tiers afin d’exploiter au maximum la communication, dans le but de renvoyer sa compréhension. Cette notion trouvera son écho dans la dernière partie, qui navigue dans les quartiers surpeuplés, bruyants et insalubres de la cité parisienne. Son portrait est également raccord avec le puzzle mental de l’héroïne, qui est bâti de visages ou de silhouettes qu’elle suit, tels des fantômes.
« Revoir Paris » empoigne ainsi une sincérité, au service de victimes qu’on ne regarde plus de la même façon et qui ont encore tout à découvrir de leur existence, bousculé dans les souvenirs et dans la perception de chacun. Le devoir de mémoire serait donc la clé pour venir à bout d’un traumatisme, qu’il convient d’affronter avec le recul d’un sage et le zèle d’un prédateur. Le film sonde élégamment cet équilibre, en faisant éclore des sentiments que l’on croyait éteints et en redonnant une voix à ceux qui ont accepté de revenir au présent, au lieu de fuir dans les limbes du passé.
La bande-annonce de Revoir Paris ne fait que lointainement évoquer la réalité du film. Certes il s'agit bien d'un attentat inspiré de novembre 2015. Certes il s'agit bien de se reconstruire en retrouvant les victimes et témoins de l’événement. Mais le récit réel est à la fois plus convenu et plus complexe. Plus convenu car les premiers moments posent les situations et personnages sans beaucoup de relief. Des hasards de vie mènent une jeune femme aisée dans un restaurant où a lieu un attentat. La cinéaste ose ici mettre en scène un tel drame avec un réalisme convaincant ; c'est très audacieux. Plus complexe car s'ouvre ensuite une quête mémorielle qui n'est pas sans évoquer Valse avec Bachir. Le recueil des témoignages, couplé à des apparitions mentales et à des incises où des victimes parlent face caméra, tente de traduire le kaléidoscope d'une mémoire vacillante, creusant dans ses souvenirs des galeries assez profondes pour rejoindre les détails de la scène fatale. Cette quête unit des individus totalement différents, notamment socialement, que le hasard a rendu coprésents ce soir-là. De ce fait, le film prend une dimension sociale, véritable exploration de la société française, des beaux quartiers aux foyers de travailleurs immigrés. Le dispositif ne convainc pas toujours, mais une fois le récit clôt, ça semble fonctionner. Benoît Magimel trouve une nouvelle occasion de démontrer que cette deuxième partie de sa carrière le positionne comme l'un des comédiens incontournables du cinéma français. Et Virginie Efira est évidemment toujours très bien, portant en elle cette part de tragique qu'on lui devine dans tous ses rôles. Peut-être est-elle un peu trop à l'écran, dans ce récit d'un drame collectif où la pluralité des voix aurait pu être davantage marquée. Enfin reconnaissons que le parallèle avec Valse avec Bachir révèle aussi que Revoir Paris ne parvient pas à atteindre la puissante abstraction que figurait le film d'animation israélien. Cela reste un très très bon film.
“Revoir Paris” c’est un melting pot d’émotion. Entre peur, souffrance, espoir, résilience, frustration… Et Virginie Efira les incarne toutes avec sobriété et justesse. Cette performance est à la fois une force et une faiblesse du film qui se repose trop dessus et se montre un peu fainéant sur le plan de la réalisation et du scénario.
C’est un beau film bien documenté (stress post traumatique) mais je ne sais pas pourquoi j’ai eu du mal à « rentrer dedans » j’étais comme l’héroïne comme spectatrice d’un documentaire Pourtant j’adore cette actrice c’était bien joue bien filmé mais..
effira porte le film avec brio. les autres acteurs etant très moyens. point de vue sur les attentats interessants, la recherche du souvenir des événements comme processus thérapeutique bien explicité. pour aitant l'élément clé du scenario est la recherche de cette main salvatrice dun autre, si différent. le plus beau est cette rencontre improbable en temps normal, mais le film l'a sous évalue et la traite trop secondairement en mettant l'idylle avec Magimel en avant alors qu'elle est sans grand intérêt.
Alors on aimerait de l'émotion en rasade. Il y en a peu. Le film n'est pas sur ce registre. C'est difficile de décrire le post-trauma. Le film s'en approche, et j'imagine que c'est son ambition. Je crois qu'il y parvient. C'est déjà beaucoup (mais n'ayant rien vécu de tel, je peux être hors-sujet.)
Très décevant. J'attendais quelque chose qui n'est pas arrivé. Film fade plat sans émotion vraiment. On se sent obligé d'être triste.... les interprètes sont vrais mais voila l'histoire on la connaissait et ce film ne m' a rien appris.
Revoir Paris est un excellent film porté par une excellente Virginie Efira. Le film aborde un thème difficile et encore ancré dans les mémoires, ce qui n'est pas évident. Alice Winocour va ici, au lieu de nous montrer les répercussions sur l'ensemble d'un pays, nous montrer les dommage sur une seule personne, une seule vie. Une petite histoire qui s'inscrit dans la grande. Le film montre ainsi l'impact de l'attentat sur la vie de Mia et comment cela va impacter son rapport avec son entourage, ce qui est extrêmement touchant. J'adore le début du film, il est fait de pleins de "et si", à chaques moments on se dit que cela aurait pû être autrement, que les choses auraient pû se passer d'une autre manière,etc... La scène de l'attentat m'a marqué. Elle est subite, très crue, sanglante et d'un réalisme affolant (énorme travail sur le son). Dès lors, Mia va se lancer dans une quête pour la vérité, elle veut savoir comment ce qui s'est passé. Mais cette quête ne sera pas sans difficultés, en effet, elle devra faire face à ses doutes et aux regards des autres. Tout cela donne droit à des moments extrêmement touchants et dramatiques. Virginie Efira est absolument géniale, de même que le surprenant Benoît Magimel, qui est sans doute le personnage le plus intéressant du long métrage. Du côté de la technique c'est également brillant, que ça soit avec les couleurs vives ou bien ces magnifiques plans nocturnes sur Paris (qui avance et met de côté les évènements contrairement à Mia). Un excellent drame !
Bien mais sans plus. Ça manque d'émotions. Histoire un peu fade creuse ça manque de consistance et de rebondissement. J'ai pas trop compris l'intérêt. C'est correct mais on s'attend à un film sensationnel et on a le droit à un film qu'on peut très bien regarder à la télé dans avoir le besoin d'aller au cinéma en fait .. un peu déçu je m'attendais à ressentir une émotion mais ni l'histoire ni les personnages ne permettent d'être en empathie avec eux ....
Un film cousu de fil blanc, qui tombe parfois dans un léger pathos. Tout est vraiment attendu. Reste la performance des acteurs et de jolies scènes et moments.
"Revoir Paris" s'inspire des attentats de 2015, bien que l'histoire se passe dans une autre brasserie, et que les personnages sont (à priori) tous fictifs. L'histoire se centre sur la reconstruction d'une des victimes, qui cherche à reconstituer les évènements qu'elles a totalement oublié. C'est un bon film, mais il y a un souci dans la mise en scène qui m'a un peu enlevé ce côté émotionnel. J'attends "Novembre" avec impatience
Après être sortie vivante d"un attentat qui survient dans une brasserie parisienne ( il fait penser à ceux de novembre 2015 ) une traductrice de russe, tente de guerir du stress traumatique qui la touche et l'empêche de reprendre le cours de sa vie.
Si le scénario est très intéressant et provoque l'empathie du spectateur pour les personnages, il n'est malheureusement pas sans défauts notables qui en font un film inégal.
Si les scènes avec Benoit Magimel sont particulièrement réussies, grâce à cet acteur doté d'un talent exceptionnel ( il est sans doute le plus doué de sa génération ) qui trouve le moyen d'écraser de sa présence le premier rôle attribué à Virginie Efira (convaincante), beaucoup d'autres scènes ne sont pas aussi brillantes.
"Retour à Paris", filmé de manière classique sans effet de manche, est parcouru de temps à autres par une baisse de rythme et des longueurs qui alternent avec des scènes formidables et bouleversantes .
La réalisatrice tend aussi sa caméra vers une problématique sociale : les conditions d'emplois des travailleurs sans papiers, dans cet exemple victime morale de son employeur ( la direction du restaurant) malgré son statut de rescapé-victime des tueurs.
Ce que cherche à nous montrer la réalisatrice est la force du lien créé par une expérience commune hors du commun, la difficulté de sortir d'un traumatisme ineffable, le mutisme qui va de pair avec l' effet de sidération, la reprise progressive d'un parcours de vie bousculé par les circonstances...
Pour la prestation exceptionnelle de naturel de Magimel (le reste de la distribution ne démérite pas), de nombreuses scènes formidables, pour les thèmes abordés, ce film certes imparfait mais attachant, pas facile et délicat à realiser, vaut la peine d'être vu.
très bon film, et encore une belle interprétation d'Efira, toujours aussi juste. un scénario qui traite le sujet délicat du choc traumatique avec grande délicatesse, c'aurait été si facile de tomber dans l'extra-plaintif. c'est avant tout l'histoire d' une quête.
Film troublant. D’abord une scène effrayante, la reconstitution sans aucune atténuation ni occultation de ce qu’est une fusillade dans un lieu clos. Chacun fera les rapprochements et recoupements avec les évènements de ce type qui ont eu lieu, à Paris ou ailleurs. C’est glaçant. Personnes sensibles traumatisées ou victimes s’abstenir au risque de rechuter dans la reconstruction nécessaire. C’est d’ailleurs cette reconstruction qui est la trame du scénario. Le besoin de revoir les lieux, de resituer sa présence, de revoir les inconnus qui étaient là et qui comme soi en ont réchappé, plus ou moins amochés dans leur chair comme leur esprit. Et d’évoquer aussi ceux, parents, amis ou inconnus, qui y sont restés. Aucun excès narratif dans la mise en scène. Ce qui peut donner l’impression d’une certaine froideur et du manque d’émotion dénoncé ou regretté par certaines critiques. C’est toutefois un choix cinématographique assumé. Le spectateur n’est pas appelé à s’identifier aux personnages, à vibrer avec eux. Il reste simplement témoin. Il y a ainsi finalement peu à en dire.