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Kouto
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3,5
Publiée le 27 juillet 2025
Ce film indien brosse le portrait croisé de trois femmes indiennes aux combats distincts mais rapprochés par une inexorable soif de combat et de solidarité dans une amitié étrange et fascinante. La réalisation délicate joue la carte de la pudeur et du silence sans être détaché de son récit grâce à une mise en lumière de la ville indienne au grain fiévreux. La qualité de l’interprétation par les trois actrices principales est également un atout d’un long-métrage doux.
Film indien limite documentaire au début et puis ensuite on se laisse emporter par la belle histoire et l’esprit libre et sensuel , la photo et le cadrage flamboyant
Trois femmes travaillent dans l'hôpital de la fourmillante ville de Mumbai. On découvre leur quotidien, leur routine, et la solidarité entre elles. Elles sont toutes les trois coincées dans leur vie à cause d'un homme, ou plus généralement du patriarcat, pour différentes raisons. Chacune à sa façon va alors essayer de composer avec sa situation, ne pouvant qu'imaginer un avenir qu'elles auraient choisi. Ces personnages sont très beaux et bien filmés, leurs histoires sont plaisantes à suivre. Dommage que le film s'étire en longueur, en particulier dans la deuxième partie, dont certaines scènes auraient pu être resserrées. Mais un prix du jury cannois compréhensible et mérité !
L'action se situe à Mumbai (anciennement Bpmbay) où l'on peut suivre le quotidien de deux infirmières colocataires dans cette mégalopole de plus de 20 millions d'habitants. L'une, mariée de force, et presque sans nouvelles de son mari expatrié en Allemagne, tandis que l'autre cache à sa famille sa relation avec un jeune homme. A cela vient s'ajouter une troisième femme plus âgée, victime de la politique de développement du pays et devant quitter sa maison pour bâtir une tour géante. La première partie de ce récit est filmée souvent de nuit, avec de la pluie, peut-être pour accentuer le sentiment de mélancolie chez les personnages qui ne savent pas se parler. Chez les deux colocataires, on peut ressentir le caractère résigné de l'une qui refuse les avances charmantes de son poète de supérieur, et l'autre qui veut s'affranchir de sa condition en fréquentant un homme et voulant échapper au mariage arrangé. Cela donne un beau portrait de trois femmes indiennes à des âges différents, le tout sur un rythme assez lent. Le mérite de la réalisatrice Payal Kapadia est de dénoncer les codes en vigueur en Inde.
Quand la réalisatrice a reçu son Grand Prix à Cannes, accompagnée de ses actrices, une première pour un film indien, j’ai trouvé la scène très touchante. Beaucoup plus touchante que le film en lui même qui une fois passé le seuil de son exotisme revigorant est particulièrement chiant. Donc pour l’instant le palmarès de Cannes, celui-ci et le Prix du Jury (Emilia Perez), ne m’a pas plu, en espérant que la Palme d’Or qui arrive bientôt en salle change la donne.
Très intéressante réalisation , son premier long métrage de fiction , de Payal Kapadia qui réalise là un film sous forme de mosaïque en tirant trois portraits bouleversants de Femmes solidaires dans l’adversité !
Premier long-métrage de fiction de la réalisatrice indienne Payal Kapadia, All we imagine as light nous fait suivre, au cœur d’une Mumbai cosmopolite et bouillonnante, le quotidien de deux infirmières et d’une cuisinière qui sont collègues au sein d’un hôpital. Ce film nous plonge au cœur du désir et des frustrations de ces trois femmes. La première est la petite amie d’un garçon musulman, et elle sait que cette liaison ne sera jamais acceptée par ses parents. La deuxième s’est mariée il y a longtemps déjà avec un homme qui l’a abandonnée pour travailler en usine en Allemagne. La troisième est veuve et ne parvient pas à prouver qu’elle est propriétaire d’un logement de fortune qui va bientôt se faire raser au profit d’un énorme complexe immobilier. Un long-métrage intelligent et émouvant qui évoque avec courage la place des femmes dans l’Inde contemporaine.
Certains films se laissent enfermer dans des cases commodes, classés sous l’étiquette de ce "cinéma du monde" où l’exotisme documentaire se superpose à l’intime. Mais All We Imagine as Light, premier long métrage de Payal Kapadia, refuse de s’y laisser contenir.
À Bombay, ville-monde en perpétuelle mutation, trois femmes se croisent et évoluent conjointement. Prabha, infirmière dont le mari s’est volatilisé en Allemagne, Anu, qui se consume dans l’attente d’un amour clandestin, et Parvaty, menacée d’être chassée du foyer où elle cuisine. Ensemble, elles nouent une sororité fragile, une alliance née de l’absence, de l’inaccompli. Kapadia capte leurs trajectoires, filmant moins les actions que les silences, les gestes différés, les ombres portées sur les murs suintants d’un appartement exigu.
Mais All We Imagine as Light ne se contente pas d’être un film sur la claustration. Peu à peu, l’espace s’étire, la ville cède à la mer, le béton au minéral. De Bombay à la côte de Ratnagiri, le film respire, le temps s’étire. Le cyan électrique des néons s’efface, remplacé par une lumière plus douce, une promesse d’ailleurs. C’est ici que le film glisse imperceptiblement vers une forme de réalisme magique : un moment où l’existence vacille entre le tangible et l’imaginaire, où la mer devient refuge, renaissance, passage.
La mise en scène de Kapadia, délicate et pudique, préfère le hors-champ aux démonstrations, la distance aux gros plans. Elle laisse ses héroïnes se fondre dans les ruelles vibrantes de Bombay. Les mots eux-mêmes semblent fugitifs : parfois, ils ne s’échangent que sous forme de messages, s’affichant à l’écran, échos d’une parole qui peine à se dire.
Il y a dans All We Imagine as Light une grâce d’outre-monde, une lenteur habitée qui refuse l’emphase et préfère le ressac des émotions contenues. C’est un film d’attente et d’absence, où le réel se dilate jusqu’à frôler l’onirisme. Une œuvre où l’espoir se niche dans les interstices.
«Mum’ Baille» L’histoire de 3 femmes indiennes, et de leurs déconvenues, Primé à Cannes. On est content de voir la vie trépidante et bruyante de Mumbai puis le bord de mer, avec un certain message d’espoir. Sinon, c’est globalement longuet et l’ennui prend vite le dessus
Joli film, poétique, gracieux, autour de 3 femmes aux 3 âges de la vie. On est touchés, à défaut d'être emportés par le scenario. Beau voyage non touristique dans cette Inde fascinante dans ses contrates
Pas accroché du tout, film touffu, brouillon dont la seconde partie au bord de l'océan est censé apporter un "épilogue" à de scénario bancal. Seule la musique, bien que parfois incongrue, fait ressentir qqes émotions.
C'est un film lent l'absence dynamisme masqué par des critères esthétiques ne saurait justifier cette lenteur. J'ai eu beaucoup de mal a être pris par ce film étant trop occupé a lutter contre l'invitation de Morphée a rejoindre ses bras. un scénario trop léger. Peut être un montage plus court aurait été le bienvenu.
Très beau film qui, en suivant les destins de deux infirmières et d'une cuisinière de Mumbai, raconte l'Inde, sa violence sociale et la précarité du statut des femmes. Le film est très réaliste avec de nombreux plans serrés et des séquences très longues. C'est d'ailleurs ce que l'on peut reprocher au film - cette lenteur - mais cela participe paradoxalement au charme et à la réussite de l'oeuvre. Un film atypique mais très intéressant et très poétique.
Grand prix ( cannes 2024) , " all we imagine as light" réalisée par la cinéaste indienne Payal Kapadia dont c'est le second long métrage, s'inscrit dans la tradition des références éminentes des grands noms du septième art du sous-continent.
Sortie du Film and télévision Institute of India de Pune ( ville située à environ cent cinquante kms de Bombay) ou certains maîtres tutélaires du cinéma indien étaient enseignés ( Satyajit Ray, Guru Dutt, Mani Kaul ) et où Ritwik Gatak lui-même donna des cours, Kapadia aborde le cinéma par le mélange des genres.
La fiction est contée sur un ton proche du documentaire, tandis que les mythes locaux ne sont pas non plus oubliés.
Le scénario suivra une tranche du parcours de vie, de trois infirmières de Bombay, dont deux partagent le même appartement.
Regard sur la condition de la femme en Inde, corsetée dans des traditions ancestrales ou la notion d'épanouissement individuel est cadenassée par la pression familiale et sociale.
Travail remarquable, tout en finesse qui s'inscrit dans la filiation du cinéma d'auteur. Au plan discursif certains pourront peut-être reprocher à "all we imagine..." une petite sécheresse du propos, par son refus de développer de trop près une trame narrative conventionnelle.
Toutefois, le spectateur attentif pourra lire dans le regard du personnage principal, dans les non dits, une large palette de sentiments profonds, bouleversants d'humanité.
Le spectateur qui aura vu le récent " girls will be girls" de Shuchi Talati) reconnaîtra l'actrice Kani Kusruti ( elle interprétait le rôle de la mère) qui domine la distribution de " all we imagine as light".
Elle porte le film de bout en bout, par son charisme et sa capacité à transmettre à l'écran l'image de la mélancolie de son personnage.