A partir de combien de personnages un film choral dépasse t-il la limite acceptable ? Difficile à dire, mais manifestement, dans Siccità, Paolo Virzi et ses scénaristes (dont l'excellent écrivain Paolo Giordano) ont imaginé trop large. Dans cette dystopie romaine, marquée par les sujets impactants de notre temps, du chaos climatique aux épidémies, en passant par la lutte des classes, l'incurie politicienne, les migrants ou les ravages des réseaux sociaux et du vedettariat instantané, le trop plein n'est pas loin, caractérisé par des dialogues qui n'évitent pas la démagogie. En dépit de ses défauts, le film ne manque toutefois pas de moments touchants, avec une interprétation brillante (Valerio Mastandrea, Claudia Pandolfi et Silvio Orlando en tête, Monica Bellucci se contentant de jouer son propre rôle, sans grande conviction, hélas). Outre une vision très noire de notre époque et de son proche futur, le film tente, avec plus ou moins de réussite, de montrer en quoi les interactions humaines deviennent de plus en plus arides, en temps de sécheresse endémique et de crise sociale majeure. Inutile de se référer à Magnolia, la parabole de Paul Thomas Anderson, Siccità ne plane pas au même niveau mais cela reste du cinéma d'une honnête facture, sans doute plus divertissant que réellement capable de nous faire réfléchir, au devenir de notre planète bleue ce qui restreint la portée d'un film aux ambitions démesurées.