"Que le spectateur en quête de narratif subtil et fouillé, d'immersions dans la psychologie des personnages, de finesses d' écriture, ou encore d'interprétations "shakespeariennes", passe son chemin! Ici, rien de tout cela! On est là pour voir de l' action pure, de la baston et du sang. Et avec ce "RAVAGE", Gareth Evans remplit parfaitement son cahier des charges. Après tout, le réalisateur gallois est payé pour ça; filmer de la castagne (voir son "THE RAID" de 2012), ce dont il s'acquitte très bien. Il met à mal nos yeux et nos oreilles. C'est un feu d' artifices d' un peu plus d' 1 heure 45mn. Après tout, les studios ne lui demandent pas de faire du Tarkovski, ou du Ingmar Bergman. Ca se saurait...!
Dans le genre, "RAVAGE" mérite indiscutablement d' être vu. L'histoire de ce
flic corrompu (Tom Hardy) à la recherche du fils d'un notable (Forest Whitaker) mouillé dans un trafic de drogues et mêlé à une tuerie dans l' univers des triades,
ne sert que de prétexte à filmer un déchainement de violence. Comme rarement vu dans le cinéma occidental! Avec deux points culminants, deux scènes d'anthologie où on a l'impression d'être au coeur d' un jeu vidéo. Peut-être trop, d'ailleurs!
Visuellement, "RAVAGE" pourrait se dérouler à Gotham City, ou encore par certains aspects dans l'univers de "BLADE RUNNER" (le chef d'oeuvre de Ridley Scott, de 1982); au spectateur de s'adapter!
"RAVAGE", c'est aussi le retour très attendu de Tom Hardy, que j'avais personnellement vu pour la dernière fois dans le rôle d'Eddy Brock, héros du très insupportable "VENOM" (2018), et de ses suites. Ici, Tom Hardy revient à ses fondamentaux, il redevient sérieux. Le mec est balèze, sans atteindre toutefois sa métamorphose impressionnante vue dans "WARRIOR" (2011), et il a toujours autant de gueule et de charisme dans un rôle où il excelle physiquement. Sa démarche de (dé)fonceur est inimitable. Le britannique reste tout de même un des rares acteurs dont le seul nom en tête d'affiche donne envie d'aller voir le film. Une valeur sûre, un acteur "bancable"!
Bref, "RAVAGE" s'adresse surtout aux amateurs du genre, ceux qui affectionnent particulièrement les films asiatiques qui dézinguent à tout-va! L'exercice de style orchestré par Gareth Evans mérite tout de même que s'y attardent les non férus de cette catégorie de films, dont je fais partie. C'est, ma foi, assez jouissif! Bien sûr, on ne ressort pas du visionnage de "RAVAGE" en ayant l'impression d' en connaître plus sur son "moi" intérieur, ni sur une certaine forme de philosophie d'inspiration socratique. Là n' est clairement pas l'objectif du gallois. Ici, il s' agit juste de faire du très bon cinéma d'action.
"RAVAGE" est une baston cinématographique fichtrement efficace. A voir pour cela!"