Pour le lecteur pressé, en moins de 3 minutes :
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Un jour, quelqu’un a dû se dire : « Tiens, si on mélangeait The Raid avec l'ambiance moite d'un parking Carrefour un soir de pluie ? » Résultat : Ravage sur Netflix, le dernier délire de Gareth Evans, qui ressemble autant à un thriller nerveux qu’un fer à repasser à un cheval de course. Une livraison tourne mal, un flic patauge dans la boue mafieuse, et les coups pleuvent comme la mauvaise foi un soir d’élections. Voilà, c’est l’intrigue. Avec, en bonus, la conviction farouche qu’une scène confuse vaut mille explications.
Evans, jadis orfèvre du combat millimétré, filme aujourd’hui comme s’il cherchait ses lunettes. La caméra, secouée comme un shaker sans couvercle, nous offre une chorégraphie aussi élégante qu’un concours de claquettes dans une cage d’ascenseur. Quelques éclairs de violence pure subsistent, oui, comme les derniers éclats d’une chandelle soufflée dans l’ouragan.
Tom Hardy (Walker... enfin, je crois, il grogne plus qu’il ne parle) semble perdu dans ce foutoir narratif, l’air hagard d’un acteur qui se demande s’il a bien payé ses impôts. Il incarne un détective, ou peut-être un ours mal léché déguisé en homme – la frontière est mince. À ses côtés, une galerie de gueules fatiguées débite des dialogues épais comme du ragoût médiéval, entre menaces creuses et aphorismes de bac à sable.
À la fin de la distribution de torgnioles, les spectateurs oscillent entre la perplexité et l'envie de commander une pizza pour oublier. Sur IMDb, un type soupire : « Tom Hardy mérite mieux. » Sur Allociné : « Trop confus pour être prenant. » Bref, personne n’a hurlé au chef-d'œuvre, sauf peut-être Evans lui-même, dans un moment de solitude extatique.
Cela dit, dans son honnêteté brute, Ravage touche parfois au sublime. Comme un vin trop jeune, rêche et imprévisible, il dérape, éclabousse, s'écrase... mais il tente. Il n'enfile pas la soutane de la grande métaphore sociale, il ne s’incline pas devant le temple du twist scénaristique. Il fonce. Tête baissée. Comme un sanglier sur la voie rapide.
À la fin, on n’a peut-être rien compris, mais au moins, on a vu des bonshommes se taper dessus avec la grâce d'un ballet signé... Godzilla.