Déjà adapté de manière assez hasardeuse dans les années 80, "Running Man" revient en cette année 2025. Sous la direction d'Edgar Wright, le long-métrage n'a cessé de faire monter mes attentes depuis son annonce. Malheureusement, je dois dire que ces dernières ont été un peu revues à la baisse lors du visionnage de la bande-annonce, car je l'avais trouvée particulièrement convenu. Malgré tout, cela n'a pas arrêté mon envie, et j'ai donc été découvrir le long-métrage au moment de sa sortie. Et honnêtement, si j'ai passé un bon moment devant ce film, je peux tout à fait comprendre qu'il déçoive certaines personnes, car j'ai moi-même été déçu par plusieurs des éléments qui le composent. Pour le coup, la grosse déception de ce projet vient de son univers et de ses thématiques, car j'aurais véritablement apprécié que celles-ci soient un peu plus développées. Si on remonte au film de 1987, c'est à ce niveau qu'était le problème par exemple. Alors, avec un tel réalisateur pour gérer le rythme et l'action, il n'y avait que cet élément à mieux travailler pour réussir l'ensemble. Pourtant, dans les faits, on retrouve l'univers d'origine que l'on connaît. On a un vrai travail sur le fait de nous faire comprendre l'oppression que vit la population, mais aussi un sérieux souci du détail dans l'approche des décors : très épuré pour les riches et très classique pour les pauvres. Le long-métrage travaille donc sur des thématiques sociétales, nous parle de contrôle de masse et de l'écart flagrant entre les différentes classes sociales. Par conséquent, il est compliqué de ne pas y voir des échos à notre monde, et c'est pour cette raison que je trouve cette adaptation plutôt bienvenue. Dans une époque comme la nôtre, ce film est parfaitement adapté et il intervient au bon moment. Mais comme je l'ai dit, je trouve que cela reste assez superficiel, car si la base est bonne, la finalité sera vraiment décevante.
Et à ce niveau, je parle évidemment de la fin, qui choisit de ne rien nous raconter. Nous aurons le droit à une séquence de montage pour expliquer le sort de notre héros, des retrouvailles et une dernière scène pour instaurer une rébellion. Et cela, en même pas 5 minutes ! La dernière partie de ce projet semble donc vraiment sortir de nulle part, comme si une véritable fin avait été tournée, mais qu'elle n'avait pas convaincu, et que des reshoots étaient venus pour proposer cette bouillie dans le montage. Pour le coup, ce n'est qu'une théorie, mais elle viendrait expliquer beaucoup de choses !
Et ce point est d'autant plus dommage, que le film réussit pourtant l'essentiel. Si on le prend comme un divertissement, il est assez sympathique. Glen Powell en héros fonctionne bien, et on peut dire qu'Edgar Wright sait toujours offrir du rythme et de la personnalité à ces scènes d'actions. Plusieurs idées de mise en scène sont assez intéressantes durant ces séquences, ce qui permet de ne jamais nous ennuyer. Mais si je dois quand même être un peu honnête, je dois dire que le long-métrage est quand même le projet le plus impersonnel du réalisateur. Il n'a pas un travail aussi appuyé que d'habitude sur le montage ou sur le ton global, c'est très satisfaisant dans l'ensemble, mais peut-être un peu sage quand on connaît le réalisateur. Donc, en soi, le film remplit son contrat. Il sort à la bonne période, il est divertissant et bien rythmé, et je ne peux pas dire qu'il soit mal fait. Mais honnêtement, il manque peut-être un peu de personnalité. Une vraie identité bien plus marquée l'aurait peut-être aidé à être meilleur, surtout dans sa conclusion. C'est donc assez dommage, je pense que l'on aurait pu espérer mieux. Pour conclure, un peu décevant.