Une analyse comparée entre "The Running Man" de 1987 et "The Running Man" de 2025 s'impose. Le 1er, dans lequel joue Shwartzy, est extrêmement kitch. Il a pris pas mal de rides, du point de vue des effets spéciaux, des cascades, et des chorégraphies de bastons. Seulement voilà, Paul Michael Glaser, le réalisateur, et accessoirement acteur, dans la série "Starsky et Hutch", ne s'est jamais pris très au sérieux, à l'image de son personnage fantasque de Starsky. Sa diatribe de la vacuité morale et culturelle de la télé-réalité, ainsi que de la collusion entre média et pouvoir politique, était parfois un peu caricaturale. Sauf, qu'elle sonnait juste et clair. En outre, elle n'avait pas l'air d'un tract politique, car Glaser avait systématiquement recours à l'humour. Et cela, non seulement dans les situations, parfois totalement scabreuses, mais surtout dans les jeux de mots, d'une grande richesse linguistique (à voir en VO, pliiizzz). Et c'est précisément ce recours récurrent à l'humour, qui donnait au Running man 87, à la fois une grande pertinence, mais aussi une forme d'auto-dérision prophylactique. Dans le "Running Man" 25, Edgar Wright a moins de recours à l'humour. Il ne fait pas vraiment preuve d'auto-dérision. Il se prend au contraire très au sérieux. Quasiment tout, est pris au 1er degré. La preuve indiscutable de ce parti pris sérieux et militant, se résume au personnage du "méchant". Dans la version de Glaser, ce méchant est incarné par Richard Dawson. Ce dernier était un vrai animateur télé, faisait rire, et incarnait parfois au cinéma des rôles de comique. D'où le côté un peu dilettante de la critique de Glaser. Wright, en revanche, a choisi un acteur "sérieux", Coleman Domingo, pour incarner cet animateur. L'acteur ne fait pas franchement rire, mais il est identifié par le public d'aujourd'hui, comme un acteur très engagé à gauche. À tel point qu'il a été choisi pour incarner le présentateur de CNN dans la série "The Madness". Série dont le thème principal est la dénonciation du supposé et principal fléau de la société Américaine, le complot d'extrême droite, ourdi par les blancs suprémacistes. Jeter un cil à notre critique de la série peut mieux éclairer le présent propos. Autre élément intéressant concernant ce rôle du méchant. Dans la version de Glaser, ce méchant est un seul et même personnage. À la fois animateur mais aussi producteur du show. Dans la version de Wright, le rôle a été scindé en deux. De sorte que la "méchanceté" ne vient pas du présentateur racisé, incarné par Domingo. Cette "méchanté" vient uniquement du producteur bl... , incarné par Josh Rolin. Ce choix n'est évidemment pas fortuit. En parfait "militant de l'éveil", Wright n'aurait pas permis à un racisé d'incarner un rôle négatif. D'ailleurs, tous les racisés dans le film n'ont que des rôles positifs. Autre élément de comparaison en faveur du 1er "The Running Man" : sa bande-son. Elle est sans doute un peu kitch dans la version de Glaser, mais elle n'est pas aussi tonitruante que celle de Wright. En outre, elle est plus personnalisée chez Glaser à l'instar de l'extraordinaire chanson titre de John Parr qui constitue le générique de fin. Mais le plus gros reproche que l'on peut faire à ce Running Man 25, c'est qu'on ne perçoit pas les tenants et les aboutissants, avec autant de clarté que dans le Running Man 87. Certes Wright ajoute une complexité intéressante dans le déroulement du show, mais les agendas des uns et des autres ne sont pas compréhensibles immédiatement. Du coup, la multiplication des rebondissements, toujours plus improbables, les uns que les autres, donnent l'impression que tout pétarade de partout et on finit par fatiguer. Pour finir, on peut être surpris pour un militant de l'éveil bon teint comme l'est Wright, du traitement qu'il a du personnage féminin se ralliant au héros. Si ce traitement pouvait paraître un peu kitch dans Running Man 87, le rôle donné à Maria Conchita Alonso était celui d'une femme de poigne rétive. Wright, donne à Emilia Jones le rôle de jolie bécasse de service. Étonnant que les féministes n'aient pas tiqué. Bref, décevant, au final.