"Better Man", réalisé par Michael Gracey, est un biopic musical audacieux qui retrace la vie de Robbie Williams, de son enfance difficile à sa gloire internationale. Ce qui frappe d'emblée, c'est le choix artistique de représenter le chanteur sous les traits d'un chimpanzé en images de synthèse, une métaphore visuelle de son ressenti de "moins évolué" que les autres, comme il le confie dans le film.
Cette approche, à la fois déstabilisante et poétique, confère au film une dimension surréaliste qui détonne dans le genre du biopic musical. La direction artistique de Michael Gracey, déjà saluée pour son travail sur "The Greatest Showman", s'exprime pleinement ici à travers des numéros musicaux inventifs et une narration immersive. La performance de Robbie Williams qui utilise la capture de mouvement, est remarquable, apportant une humanité palpable à ce personnage singulier.
Cependant, cette audace narrative peut aussi déstabiliser. Le choix du singe comme protagoniste, bien que symbolique, peut être perçu comme une barrière émotionnelle pour certains, rendant l'identification au personnage plus complexe. De plus, la structure du film, oscillant entre réalisme magique et moments de comédie musicale, peut donner une impression de déséquilibre, notamment dans la gestion du rythme entre les séquences musicales et les passages plus introspectifs.
Malgré ces réserves, "Better Man" se distingue par sa capacité à aborder des thèmes universels tels que la quête d'identité, les luttes intérieures et la réconciliation avec soi-même. La bande-son, réinterprétant les plus grands succès de Robbie Williams, accompagne avec brio cette introspection musicale. Pour ma part, j'ai attribué au film une note de 3,5/5, reconnaissant son originalité et son audace, tout en restant sensible aux choix narratifs qui peuvent ne pas convenir à tous.