Better Man est une réussite rare dans le monde de Biopic !
Il est difficile de ne pas penser à *Rocketman* en découvrant *Better Man*, qui retrace la transformation de Robert en Robbie Williams. Le film dresse le portrait d’un enfant complexé devenu une pop star à l’adolescence, aux prises avec un profond syndrome de l’imposteur et un complexe d’infériorité. Robbie est son propre ennemi, hanté par une voix intérieure qui alimente ses excès. Toujours en quête d’attention à travers ses pitreries, il rejette systématiquement toute main tendue.
Au cœur de cette quête, une blessure : le besoin de reconnaissance d’un père absent, une figure qu’il admire autant que ses idoles Frank Sinatra et les grands crooners de la pop. Cette relation conflictuelle, tantôt explicite, tantôt implicite, devient le fil rouge d’une carrière marquée par des hauts vertigineux et des abîmes insondables.
Le film prend soin de réinterpréter les chansons emblématiques de l’artiste, comme *Feel*, *She’s the One*, et *Come Undone*, en les replaçant dans le contexte de moments clés de sa vie. À travers une mise en scène poignante, il illustre l’esprit torturé de Robbie, prisonnier d’une autodestruction qu’il attribue à son incapacité à retenir ceux qu’il aime. Une séquence marquante montre la transition d’un singe sauvage et primal à une créature plus apaisée, une métaphore puissante de son évolution intérieure.
Parmi les morceaux qui cristallisent l’essence de l’artiste, *Feel* et *Better Man* se détachent. *Feel* expose une quête désespérée de connexion humaine, mêlée à un mal-être persistant. Robbie y dévoile ses luttes contre ses propres démons, une quête d’amour et de spiritualité sans cesse mise à mal par la peur de l’échec. Quant à *Better Man*, qui donne son titre au film, elle incarne une aspiration à la rédemption. L’artiste y confesse ses erreurs et implore pardon et compréhension, dans une recherche de paix intérieure et de transformation.
Un moment particulièrement marquant du film est la réorchestration de *Angels*, l’un des titres les plus emblématiques de Robbie Williams. Cette nouvelle version, épurée et intimiste, s’intègre parfaitement à la narration en amplifiant l’émotion des scènes qu’elle accompagne. Bien que souvent interprétée comme un hommage à une figure aimée ou protectrice, Robbie a toujours nié que *Angels* soit dédiée à quelqu’un en particulier, affirmant dans ses interviews qu’elle reste volontairement ouverte à l’interprétation. Ce choix, autant artistique que personnel, reflète le désir de l’artiste de toucher un public large, chaque auditeur pouvant y projeter sa propre histoire. Dans le film, *Angels* devient ainsi une déclaration universelle sur le réconfort, la protection et la résilience face aux épreuves.
Le film, sans prétendre à une stricte fidélité biographique, utilise les chansons pour insuffler une dimension poétique et introspective à son récit. Ce jeu avec la réalité et la fiction rappelle la démarche d’artistes romantiques, qui cherchaient à extraire du beau à partir du chaos et de la laideur.
Avec Better Man, on touche à la profondeur d’un artiste complexe, sincère dans ses failles et ses contradictions. Ce biopic, à la fois émouvant et universel, ne se contente pas de raconter l’histoire d’une star. Il explore des thèmes universels comme l’amour, le pardon et la quête d’acceptation, en offrant une catharsis tant à son héros qu’à son public. Une œuvre remarquable qui marque les esprits.