Belfast til i die ! Kenneth Branagh se remémore son enfance à Belfast en 1969 sur fond de conflit religieux, à travers cette chronique tendre, nostalgique et hyper-attachante, filmée à hauteur d’enfant dans un sublime noir et blanc, et portée par un excellent casting. 3,75
La photographie est somptueuse et la musique sympathique mais l'on attend pendant tout le visionnage que le film ne déclenche une émotion... C'est fait : l'ennui !
L'éclectique et doué Kenneth Branagh est aussi Irlandais. A partir de ses souvenirs d'enfants, il a réalisé un film sur les sanglants événements fratricides qui se sont déroulés à Belfast, entre Protestants et Catholiques en 1969. Cette guerre de religions, particulièrement anachronique alors qu'à la même époque un homme marchait sur la lune, nous a toujours paru difficilement compréhensible et ce n'est pas dans ce film que l'on trouvera une explication claire et détaillée de cette fracture. Le but est davantage ici de nous faire ressentir les impressions d'un petit garçon Buddy - magnifique Jude Hill ! - alors qu'autour de lui tout s'agite. Sa principale préoccupation reste de séduire sa condisciple, une charmante polarde qui lui fait les yeux doux. Son père, souvent absent, parle d'émigrer en Australie pour échapper à ses dettes. Sa mère et ses grands parents lui apportent amour ... et conseils judicieux pour ce qui concerne le grand-père, pour réussir dans la vie. La guerre, les pillages et autres violences empêcheront-ils la famille de Buddy de réaliser ses ambitions ? Tout ceci est tourné dans un lumineux noir et blanc, enveloppé d'une superbe BO de Van Morrison, autre Belfastien de génie. C'est donc une vraie réussite tout en restant une sorte de feel good movie. Tous les acteurs sont excellents et criants de naturel. A voir absolument !
Le conflit qui opposa catholiques et protestants en Irlande du Nord est un sujet qui a été rarement évoqué au cinéma. Voir Kenneth Branagh s’inspirer de son enfance à Belfast au début des affrontements ne peut qu’attirer l’attention. Le cinéaste s’est visiblement plus investi dans Belfast que dans des œuvres comme Thor, Cendrillon ou même ses adaptations d’Agatha Christie (Mort sur le Nil étant sorti moins d’un mois avant) et cela se voit. Il signe une œuvre pleine de cœur servie par des interprètes en tous points parfaits. Il réussit, en plus, à éviter toute lourdeur didactique en racontant son récit à travers le regard d’un enfant de 9 ans, ce qui permet de ne pas se concentrer uniquement sur le conflit. Même si on pourra peut-être lui reprocher un noir et blanc un peu trop lisse (un tournage en pellicule aurait peut-être été plus approprié), Belfast est donc une jolie œuvre touchante de la part d’un réalisateur qui prouve qu’il peut encore alterner entre blockbusters et œuvres plus personnelles.
Deux tableaux de Belfast se font jour, ainsi que l'annonce l'habile générique d'un mouvement de caméra passant des images touristiques enjouées au souvenir en noir et blanc. De même les yeux du jeune héros nous présentent simultanément une rue riante, terrain de jeux d'enfants candides, et une ville déchirée par le conflit politico-religieux; or, le garçon n'en saisit pas toutes les implications ni même le sens, regardant avec surprise, saisissement, stupeur le monde des adultes. Ainsi, la légèreté, l'espoir, la joie se mêlent à la crainte, l'antipathie, la violence. Exploitant les cadres offerts par le décor, différentes focalisations, des lumières ou nuages naturels, Kenneth Branagh renforce ce paradoxe par son explicite réalisation. Outre le portrait d'une famille et l'ancrage socio-géographique fort, le récit narre la difficulté à s'exiler, la crainte d'un ailleurs hostile, la force de l'imaginaire (cinématographique). Un beau moment, mélancolique et dynamique.
Une écriture et une mise en scène hautement travaillées, qui raconte avec cœur et passion une période sombre des troubles en Irlande du Nord. Si reproche ne peut être fait sur cette volonté de fidèle retranscription historique, reste une réalisation au final classique, parfois ennuyeuse. Un documentaire se pourrait être meilleure alternative.
Belfast est un film qui se déroule pendant les débuts du conflit se déroulant en irlande du nord; Le choix de vouloir réaliser ce film en noir et blanc est judicieux. Ce film se laisse apprécier sans pour autant marqué les esprits.
Belfast est un joli film court en noir et blanc, sur fond de guerre fratricide entre protestants et catholiques. On sent fortement l’aspect autobiographique dans l’œuvre de Kenneth Branagh, tant les aventures du jeune héros sentent le vécu et l’amour sincère pour cette vie difficile en temps de guerre civile. Ce jeune garçon aux yeux pétillants est une belle découverte, on s’émerveille avec lui des douceurs de la vie, de son premier amour à l’affection débordante pour ses ainées. Cette vision enfantine éclipse le drame qui l’entoure, ce qui compte c’est sa famille et sa rue, plus que tout. C’est un plaisir de voir ce film léger qui offre un noir et blanc très beau à regarder. De plus, il s’agit d’une belle déclaration d’amour au cinéma du réalisateur, qui se retrouve dans ce jeune enfant. Ce dernier voit la vie en couleur au théâtre ou au cinéma, comme un objectif mais surtout comme un bonheur absolu à même de résoudre tous les conflits existants. Nommé aux oscars, Belfast a les atouts pour surprendre les favoris.
En s'approchant d'une oeuvre comme Belfast, on s'attend à se prendre un coup de poing à l'estomac, tant le conflit entre catholiques et protestants a été aussi sanglant que médiatisé. Or, le réalisateur Kenneth Branagh fait preuve d'une grande intelligence en adoptant une approche différente, et en présentant les troubles des années 1960 au travers le regard d'un enfant, sa vie de famille, sa vie de quartier. Une approche qui permet de saisir l'humain avant tout, qui adoucit complètement le traitement d'un sujet délicat, et qui évite les postures politiques. Belle découverte !
De Kenneth Branagh (2022). Un beau film assurément sur Belfat . L'image est très belle et l'utilisation stylistique du noir et blanc rajoute à l'authenticité du récit peut-être autobiographique. Bien joué notamment Caitriona Balfe dans lerôle de la mère et le très jeune, Jude Hill dans le rôle de l'enfant vraiement formidable ! Jusqu'à la façon de filmer les protagonistes au plus près jusqu'à l'intime.
S’inspirant de sa propre enfance, le réalisateur Kenneth Brannagh signe une chronique familiale respirant l’amour sur le Belfast de la fin des années 60 avec tous les tumultes accompagnant cette époque. De la superbe photographie en noir et blanc en passant par une réalisation pleine d’élégance multipliant les effets comme pour mieux rappeler la vision d’auteur de son cinéaste quitte à être parfois dans l’ostentatoire. Le récit évoque le sort d’une famille ordinaire coincée par des évènements qui la dépasse et c’est là que le film se montre le plus touchant d’autant qu’il bénéficie d’une interprétation d’excellente qualité. Il est réellement dommage que le réalisateur britannique s’engonce dans un style maniéré clinquant car cela se fait au détriment d’une histoire ne manquant pourtant ni de relief ni d’émotion.
très beau film. Acteurs impeccables. Rires, peur, colère, tristesse toutes les émotions s'expriment. Ce n'est pas un film sur l'Irlande et ses souffrances mais elle est en toile de fond de cette jolie histoire familiale
Quelques semaines après la sortie de “Mort sur le Nil”, Kenneth Branagh raconte sa propre enfance à la fin des années soixante dans “Belfast”. L’action se déroule en plein conflit nord-irlandais où la violence oppose les classes ouvrières protestantes avec les catholiques. Buddy vit ces émeutes du haut de ses huit ans. Pris entre deux chaises, le garçon ne sait pas s’il a le droit d’aimer la première de la classe qui, elle, est catholique. Tourné dans un noir et blanc qui rappelle le “Roma” d’Alfonso Cuarón qui contait aussi son enfance, “Belfast” est une fable sur la perte de l’innocence. Si le casting est judicieusement sélectionné et que le rythme alterne subtilement les scènes touchantes à celles un peu plus drôles, la photographie ne semble ici qu’un frein aux émotions qu’auraient pu nous transmettre le jeune enfant. D'autres critiques sur notre page Facebook : Cinéphiles 44 et notre site cinephiles44.com