En 2021, Kenneth Branagh signe une gentille comédie sur fond de guerre ethnique entre catholiques et protestants à Belfast à la fin des années 1960. Inspiré des propres souvenirs de son enfance, le réalisateur britannique livre ce tableau à travers les yeux d’un petit garçon. On peut effectivement parler de tableau tant la photographie est soignée et la mise en scène veloutée. Malheureusement, à l’exception de quelques réflexions sincères sur la peur de l’inconnu, le ton reste léger et manque de contextualisation sur ce conflit nord-irlandais. On ne reste qu’au stade d’une fresque familiale douce et aseptisée. Bref, une œuvre intimiste sans véritable dimension dramatique.
La photographie est somptueuse et la musique sympathique mais l'on attend pendant tout le visionnage que le film ne déclenche une émotion... C'est fait : l'ennui !
Mais que d'ennui. J'adore Branagh mais là il a vraiment prix les spectateurs pour des idiots. C'est pas parce que les images sont en noir et blanc que ça fait un chef d'oeuvre. Loin de là
Du pur bonheur que de suivre cette famille protestante, qui est tiraillée entre son désir de sécurité et son attachement à sa famille, sa ville, son quartier. Le tout sous fond de guerre civile en Irlande du Nord, Belfast pour être plus précis. Excellente idée que le noir et blanc pour la photo et magnifique bande son. Kenneth Branagh signe un superbe biopic. Merci à lui. Si vous avez le morale un peu dans les chaussettes, ce film va vous redonnez le sourire. Film coup de coeur pour ma part !
Une délicate comédie au tempo lent, et aux accents doux et amers, sous le regard d'un enfant qui découvre la guerre civile et l'amour, entre deux chapardages, près de ses parents et de ses fragiles grands parents.
Je suis allé voir Belfast par hasard, j'ai vu l'affiche et je me suis laissé tenté; mais quelle surprise ! Déjà d'entrée on s'attache vite aux personnages, la direction artistique est incroyable et l'ambiance nous mets directement dans le bain.
Les acteurs sont d'une finesse hors pair avec une mention spéciale pour Catriona Balfe qui joue très bien son rôle, avec une justesse parfois même déconcertante. L'histoire est simple mais on découvre petit à petit plusieurs sentiments très différents les uns des autres, on passe des rires aux larmes en un instant et je trouve que c'est de plus en plus rare dans les films de nos jours.
spoiler: La mort du grand père est l'apothéose du film, on a l'impression de le perdre aussi tellement que nous nous sommes attaché au personnage et par sa proximité avec le fils. La dernière scène avec le bus m'a transcendé.. Un véritable chef-d'oeuvre du cinéma que tout le monde devrait voir.
A ce jour, je n’ai vu que quelques films de Branagh et le seul qui me paraisse digne d’intérêt est Le Limier, qui est un remake de Mankiewicz. Ici, il s’agit plus ou moins d’une autobiographie, on peut donc espérer une démarche plus sincère et franche qu’à l’accoutumée.
Nous sommes dans les années 1960 et les frictions vont bon train dans un Belfast en ébullition. Buddy est un môme qui mène sa vie de môme alors que les tensions augmentent dans le quartier et que son père est souvent amené à partir bosser en Angleterre.
Ça commence par quelques images de cartes postales du Belfast d’aujourd’hui suivi d’un travelling clinquant en noir et blanc. Le reste du film sera tout à fait à l’image de ce premier mouvement de caméra, creux et souvent inutile. L’objet du film est probablement l’immersion et c’est le huis-clos que choisit Branagh pour mettre en scène son histoire. Tout ou presque se passera dans cette rue dans laquelle habite une famille protestante parmi des catholiques. Dans ce milieu de prolos solidaires, l’entente est franche et sincère. Les problèmes viennent de l’extérieur. Les nouvelles viennent par la télé, la fenêtre vers le monde et le prétexte au changement d’échelle. Mais la réalité concrète est dans cette rue. C’est une démarche qui serait intéressante si elle proposait un regard (sur l’embrigadement individuel, sur la spirale de la violence ou que sais-je...) et un peu de contextualisation. Car si on s’en tient à ce que montre le film, le conflit nord-irlandais n’est rien d’autre qu’un conflit religieux et c’est tout à fait trompeur. Pour donner corps à son histoire, Branagh adopte le point de vue du jeune Buddy, lequel ne semble pas dire grand-chose. D’ailleurs, on peine à savoir où mène l’intrigue et ça patine souvent. On pourra décréter salutairement que le film est une chronique et qu’il n’a pas vocation à raconter. Très bien. Dès lors pourquoi user d’autant de subterfuges avec force mouvements inutiles si ce n’est pour combler le vide. L’accroche par le gosse est la touche autobiographique selon tout vraisemblance mais là encore, jamais ce regard ne paraît sincère et il ne permet pas de prendre de la hauteur, de mettre en scène une démarche d’auteur. Comme tire-larme, il reste efficace. On s’étonnera également du choix fort de l’accompagnement musical car si Van Morrison est bien né en Ulster, sa musique lorgne vers les États-Unis et paraît ici hors de propos car elle ne participe pas au réalisme et n’a pas de charge symbolique.
Pour résumer tout ça, l’impression qui domine est celle que Branagh commet toujours les mêmes erreurs. Il privilégie les effets au fond et finit souvent par saboter lui-même l’émotion ou la réflexion qu’il voudrait susciter. Au final, ce Belfast n’est pas désagréable mais il est longuet et probablement raté au regard de son ambition.
En s'approchant d'une oeuvre comme Belfast, on s'attend à se prendre un coup de poing à l'estomac, tant le conflit entre catholiques et protestants a été aussi sanglant que médiatisé. Or, le réalisateur Kenneth Branagh fait preuve d'une grande intelligence en adoptant une approche différente, et en présentant les troubles des années 1960 au travers le regard d'un enfant, sa vie de famille, sa vie de quartier. Une approche qui permet de saisir l'humain avant tout, qui adoucit complètement le traitement d'un sujet délicat, et qui évite les postures politiques. Belle découverte !
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2,5
Publiée le 25 août 2022
Une fragile harmonie... Les premiers instants du film montrent un quartier heureux avec des voisins qui rigolent ensemble et des enfants qui jouent dans la rue, mais l'irruption de manifestants ramènent tout le monde sur terre. Dans ce long-métrage très personnel puisqu'inspiré de son enfance à Belfast, Kenneth Branagh raconte le quotidien d'une famille protestante lors du violent conflit nord-irlandais. Une histoire presque à hauteur d'enfant puisque le personnage principal est le petit Buddy, mais pas totalement. S'il y a déjà eu quelques films puissants sur cette époque, je n'ai jamais retrouvé l'intensité de ce conflit à part lors des heurts. Après, il faut évidemment garder à l'esprit qu'il s'agit d'un drame et non pas d'un film sur la guerre civile, mais quand même... Ce sont de simples souvenirs de jeunesse qui nous sont racontés à savoir la manière dont Buddy perçoit les tensions entre ses parents, sa relation avec son grand-père, ses bêtises avec Moira, sa façon de faire la cour pour conquérir sa camarde de classe, etc. Malgré les moments difficiles, on ressent toute la tendresse et la nostalgie du réalisateur, mais ça manque de profondeur, d'enjeux et d'émotion. La photo est belle et l'immersion est réussie, mais je m'attendais à mieux.
Film contemplatif, uniquement, pour sa belle photographie en monochrome et ses cadrages insolites. Quant à l'émotion, rien ne passe, car c'est le vide sidéral. Le scénario manque de profondeur. Les messages de tolérance sont naïfs et grossiers. Les tristes évènements du choc entre protestants et catholiques de Belfast se transforment en Gloubi-boulga caricatural à travers la vision de Kenneth Branagh qui nous fait regretter des œuvres de même acabit de la part de Ken Loach, Jim Sheridan ou John Boorman pour son "Hope and glory"
Belfast nous fait suivre l'enfance de Buddy, 9 ans, protestant irlandais, en pleine guerre civile dans son quartier de Belfast où vivent protestants et catholiques. Très beau film qui nous plonge dans le quotidien des familles de l'époque et nous fait vivre les choix difficiles imposés à ces habitants des quartiers au cœur de la guerre civile : prendre parti ou rester neutre, partir ou rester...
Un film totalement beau du début à la fin c est rare et c est le cas ici . Branagh nous livre ses souvenirs d enfance parfois violent mais souvent tendre . La photo est incroyablement belle et les comédiens époustouflants.