Le meilleur, dans ce film, c’est la photo. Le noir et blanc est très beau. On admire. Pour le reste, on navigue entre agacement et léger ennui. Agacement face aux afféteries de réalisation qui donnent à certaines séquences des allures de clip ou de pub, et face à l’alternance systématique de moments dramatiques et de moments feel-good à tous crins (appuyés par la musique omniprésente de Van Morrison). Le passage rapide d’une tonalité à l’autre fait qu’aucune émotion ne se déploie pleinement. Idem sur le plan thématique. On zappe. Le film semble se vouloir profond et léger tour à tour, mais n’est vraiment ni l’un ni l’autre. Sur le fond, la drôlerie et la tendresse revendiquées peinent à éclore, tandis que le conflit nord-irlandais demeure en toile de fond, sans éclairage particulièrement intéressant. Ce film, tout pétri des souvenirs personnels de son réalisateur, Kenneth Branagh, est manifestement plein de bonnes intentions, mais il laisse au final une impression assez anecdotique, avec un côté surfait et surjoué (le gamin tenant le rôle principal minaude à fond).
Quand Kenneth Branagh quitte le Hollywood tout venant (Thor, Hercule Poirot) il rappelle à tout le monde qu'il sait être un grand réalisateur. Belfast est une pépite touchante, subtile, actuelle, bien écrite et esthétiquement magnifique.
Belfast est un joli film court en noir et blanc, sur fond de guerre fratricide entre protestants et catholiques. On sent fortement l’aspect autobiographique dans l’œuvre de Kenneth Branagh, tant les aventures du jeune héros sentent le vécu et l’amour sincère pour cette vie difficile en temps de guerre civile. Ce jeune garçon aux yeux pétillants est une belle découverte, on s’émerveille avec lui des douceurs de la vie, de son premier amour à l’affection débordante pour ses ainées. Cette vision enfantine éclipse le drame qui l’entoure, ce qui compte c’est sa famille et sa rue, plus que tout. C’est un plaisir de voir ce film léger qui offre un noir et blanc très beau à regarder. De plus, il s’agit d’une belle déclaration d’amour au cinéma du réalisateur, qui se retrouve dans ce jeune enfant. Ce dernier voit la vie en couleur au théâtre ou au cinéma, comme un objectif mais surtout comme un bonheur absolu à même de résoudre tous les conflits existants. Nommé aux oscars, Belfast a les atouts pour surprendre les favoris.
En un mois, avec « Mort sur le Nil » et « Belfast », j’ai vu deux films du réalisateur Kenneth Branagh et je préfère ce dernier film. En fait, je suis davantage fan des films à petit budget, plus intimistes du réalisateur britannique. Comme dans « Dead Again » (1992) - mon film préféré de Kenneth Branagh -, l’utilisation majoritaire du noir et blanc apporte beaucoup à la mise en scène et à la photographie. Cette vie de village dans ce quartier de Belfast est très bien rendue et portée par un casting parfait – mention particulière pour le jeune Jude Hill plus vrai que nature –. En plus, le film bénéficie d’un ratio histoire / durée du métrage adapté, ce qui est très rare de nos jours. Ce drame familial, vue par un enfant de 9 ans, retranscrit bien le contexte de l’époque avec cette guerre de religions et le choix pour les citoyens irlandais de partir ou de rester dans leur ville. Un film dont la sortie tombe à pic dans le contexte de l’invasion ukrainienne pour ne pas oublier certaines bêtises de l’Histoire.
Quel beau film ! Dans tous les sens du terme... L'image est très belle et le récit est tout à la fois touchant, drôle, joyeux et triste. Qu'il a été bon de se laisser immerger dans cette vie de quartier de la fin des années 1960.
Quel joli film... Un film à la hauteur d'un enfant. Un récit décousu et puéril. Regarder des événements historiques par le regard d'un enfant est nécessairement réducteur. C'est de l'histoire en version rase-moquette, incomplète, partielle, subjective et superficielle. Mais cela peut provoquer parfois des étincelles de génie ( j'ai particulièrement en mémoire le mémorable "Tambour" de Volker Schlöndorff ). Ici, Kenneth Branagh a des ambitions plus modestes. Il ne fait pas mystère qu'il est allé chercher dans ses souvenirs personnels, quand il avait neuf ans. Sa vision de Belfast est réduite à sa rue; les tensions communautaires entre protestants et catholiques sont violentes, mais constituent juste un décor; l'enfant lui ne regarde que la jolie petite blonde de sa classe, et les événements de Belfast qu'il mate de ses deux billes écarquillées, l'inquiètent d'abord car il voit que cela angoisse ses deux parents. Le film est donc avant tout une chronique familiale intimiste, avec deux parents magnifiquement beaux ( notamment la belle Caitriona échappée d'Outlander en mère attentive ), logiquement magnifiés dans les yeux de leur petit garçon, et deux grands-parents qui montrent une grande tendresse l'un pour l'autre, ainsi que pour leur tribu. Il n'y a rien de très original dans ce récit empreint de nostalgie. Mais tout y est juste, du fait d'acteurs parfaitement à l'unisson dans leur rôle ( ils sont, au passage, tous Irlandais ). Le père, en homme responsable qui résiste à l'appel des extrémistes, la mère en colère contre son époux impécunieux, tout en le couvrant d'un regard plein de tendresse ( formidable scène de la danse très sensuelle entre les deux époux ). Le grand-père philosophe qui accompagne les premiers pas amoureux de son petit fils. La grand-mère qui sourit dans son coin, ironique et bienveillante. C'est sûr que l'explosion de violence entre les deux communautés religieuses aurait pu donner à voir des événements plus denses, plus tragiques... Si c'était l'attente de nombreux spectateurs, ce n'est pas l'histoire de Kenneth. Il voulait raconter dans quelles circonstances lui le natif de Belfast, a atterri avec sa famille dans une Angleterre pourtant peu estimée. Il veut rendre hommage à ses parents d'avoir bravé leur régionalisme très prégnant pour mettre à l'abri leurs deux fils. Plus qu'un récit historique, "Belfast" est un film respectueux d'un fils pour ses deux géniteurs. Rien que cela mérite beaucoup de bienveillance. 4 étoiles...
Malgré une image esthétique très réussie (ahhh, ce ciel nuageux contrasté aux milles nuances de gris !), le film ne casse vraiment pas trois pattes à un canard ! La vie de village dans cette rue de Belfast sur fond de guerre civile entre catholiques et protestants est bien décrite, mais on attend que le film commence jusqu'à la dernière scène. C'est lent, c'est long ... j'ai trouvé que c'était bien ennuyeux. Les ressorts de chaque personnage sont survolés. Le tout reste des plus superficiel. Tant mieux, si certains spectateurs s'y sont retrouvés. Moi, pas !
Un portrait de la capitale d’Irlande du Nord. Voilà ce que promettent le titre et la scène d’ouverture du nouveau film de Kenneth Branagh. Mais l’on comprend bien vite que le réalisateur a un autre projet : il entend rendre un hommage personnel à la ville dans laquelle il a grandi.
Son enfance, il la passe pendant « Les Troubles », conflit meurtrier qui oppose catholiques et protestants à la fin des années 1960 en Irlande du Nord.
Après avoir survolé la ville actuelle, la caméra s’implante dans une rue, et Kenneth Branagh choisit d’abandonner la couleur pour un noir et blanc incarnant la plongée dans le passé. Du Belfast de 1969, nous ne verrons que cette rue (à quelques rares exceptions), qui représente à elle seule toute la capitale irlandaise. Dans cette rue, vit Buddy, neuf ans, enfant d’une famille protestante. Alors que le quartier familial et paisible devient le théâtre des déchirements entre catholiques et protestants, nous suivons les tribulations du jeune garçon de l’école à l’épicerie, en passant par le cinéma – auquel il voue une passion dévorante – et la maison de ses grands-parents.
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très beau film. Acteurs impeccables. Rires, peur, colère, tristesse toutes les émotions s'expriment. Ce n'est pas un film sur l'Irlande et ses souffrances mais elle est en toile de fond de cette jolie histoire familiale
au fond un peu déçue par le manque d'approfondissement du sujet politique qui a divisé l'irlande si longtemps; sinon film agréable avec des clins d'oeil d'époque qui passeront innaperçus pour les trop jeunes vu avec un ami 23 ans plus jeune que moi qui n'a pas eu la même perception lors des spoiler: images de la série star trek que l'on voit sur un écran télé ou bien encore de l'impact spoiler: du voyage lunaire ce qui est normal ; l'interprétation est parfaite et le rendu d'époque très réussi la bande son est superbe avec la voix de van morrisson qui excelle comme d'habitude
Quelle belle idée de commencer un film intitulé "Belfast" par une chanson interprétée par Van Morrison, natif de la ville ! Également né à Belfast, le 10 décembre 1960, le réalisateur avait donc 8 ans 1/2 à la date du 15 août 1969 qui vit des groupes protestants bruler des voitures et des maisons, moment choisi pour débuter ce film qui déroule en noir et blanc l'histoire de Buddy et de sa famille durant cette période noire de l'histoire de l'Irlande, en pleine guerre entre les catholiques et les protestants, avec les forces britanniques comme "arbitres". Buddy, c'est un peu (?) beaucoup (?) Kenneth Branagh en personne, un gamin d'une famille protestante qui habite dans une rue en grande majorité catholique, qui vit sa vie au travers du foot et du cinéma, un gamin surtout élevé par sa mère car le père, un homme qui a d'excellents rapports avec ses voisins catholiques et qui ne veut pas s'impliquer dans le conflit, travaille en Angleterre et ne revient à Belfast que de temps en temps, un gamin qui adore ses grand-parents et qui est amoureux de Catherine, la meilleure élève de sa classe, une catholique. On ne quitte que très peu cette rue dans laquelle habite la famille de Buddy. Dans un noir et blanc (comme très souvent !) magnifique, Kenneth Branagh, qui avait ce film en tête depuis très longtemps, alterne scènes très fortes et scènes beaucoup plus convenues, voire pompeuses.
Belfast c’est beau, touchant, ça fait même pleurer et la bande-son avec Van Morrisson en tête nous emporte. Les angles de vues sont aussi surprenants que sympathiques ! Bel hommage à cette ville irlandaise au passé douloureux durant les années 60. Bravo Kenneth Branagh !
Je note large car ce film aurait pu être bien avec un vrai parti pris. Il commence fort et du coup, le reste semble atone. Je crois me souvenir d'un autre film vraiment bien dont l'action se situait principalement dans un tronçon de maisons ouvrières en brique se faisant face mais il était beaucoup plus incarné que Belfast. Pour moi, il manque quelque chose pour que le film soit convaincant. Il n'y a que le regard de l'adulte sur l'enfant qu'il a été essayant de se réapproprier son innocence mais n'y arrivant visiblement pas.. Faut-il le voir comme un conte qui sublime le vécu et non comme un récit autobiographique nostalgie qui pourrait aussi passer pour de l'autocélébration ? si la rue ressemble de plus en plus à un décor de théâtre en carton pâte est-ce dans ce but? J'ai essayé de comprendre pendant tout le film pourquoi ça prenait pas...ce qui prouve que le film en lui-même m'a laissé un peu de marbre.
Un petit film sans prétention sur la vie à Belfast en 1969 pendant les émeutes meurtrières entre protestants et catholiques. Ça se regarde bien, le petit a une bouille adorable et joue très bien. Quant au noir et blanc de Kenneth Brannagh ul donne un charme suranné pas déplaisant.