To the North
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traversay1

4 479 abonnés 5 351 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 décembre 2024
To the North est le premier film de fiction de Mihai Mincan, un cinéaste roumain jusqu'alors connu pour ses documentaires. Inspiré de faits réels survenus en 1996, le long-métrage n'a vraiment rien à voir avec les œuvres roumaines habituellement distribuées en salles et on y parle d'ailleurs essentiellement dans un anglais approximatif, voire en espagnol, entre les différentes nationalités représentées : la clandestin roumain sur le porte-conteneurs, en route pour le Canada, l'équipage philippin et les officiers taïwanais. En gros, nous avons affaire à un naïf en grand danger, à des bons (avec des nuances) et à des méchants (idem). Ce n'est pas tant le suspense en pleine mer, d'ailleurs exagérément étiré, qui intéresse le réalisateur, que l'atmosphère oppressante de huis-clos et surtout la réflexion entre ce qui peut être considéré comme le bien, d'un côté, et la justice, de l'autre, idées qui ne se rejoignent pas nécessairement. Le film a l'air de savoir où il va, tant mieux, interrogeant la part d'(in)humanité en chacun de ses protagonistes, mais cet aspect philosophique freine parfois le récit, avec notamment des dialogues un peu trop insistants et une mise en scène surprenante qui ne lésine pas sur les gros plans. Quant au dénouement, il est hélas bien peu satisfaisant, dans le sens où il nous laisse volontairement en cale sèche. L'interprétation, elle, est plutôt convaincante, avec en particulier le grand acteur philippin Soliman Cruz, vu par exemple chez Lav Diaz.
mem94mem
mem94mem

134 abonnés 589 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 27 février 2025
Bon film vu en présence du réalisateur. Grande réalisation pour un premier long métrage: casting, musique, mise en scène, image, tout marche bien. Les allés qui séparent les containers sont magnifiquement exploitées, alternance de séquences fixes et de séquences mobiles. Inspiré d'un article trouvé dans la presse étasunienne, le film se résume à une opération de survie sur un cargo en partance pour l'Amérique du nord. Le film sait interroger les personnages et nous interroger. Le second film de Mihai Minca est en post production et pourrait sortir en fin d'année. Mention spéciale au jeune Nikolai Becker qui crève l'écran.
Coric Bernard

455 abonnés 848 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 février 2025
Ce premier long métrage de ce réalisateur roumain est inspiré de faits réels. Le périple tragique de ces deux migrants qui embarquent clandestinement dans un porte conteneur est un peu pénible et crépusculaire. La réalisation s’étire parfois inutilement et les acteurs manquent un peu de consistance dans leur jeu. L’ensemble m’a paru plutôt moyen.

Bernard CORIC

(Film visionné en projection de presse le 18/02/2025 au Cinéma Le Balzac à PARIS)
Bart Sampson

414 abonnés 850 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2025
Un film roumain vu en avant première et qui m'a scotché par son caractère très réaliste et également les messages glissés dans son scénario.
On suit le "boat trip" des deux roumains qui rêvent d'Amérique de manière un peu enfantine et qui décident de squatter un navire cargo avant d'être découverts par l'équipage et de commencer un jeu du chat et de la souris...

L'atmosphère est suffocante et la fin étonnante
🎬 RENGER 📼 Cinéphile Nostal𝙂𝙚𝙚𝙠

8 850 abonnés 8 173 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mars 2025
Après avoir embarqué illégalement à bord d’un porte-conteneurs, deux jeunes clandestins se retrouvent livrés à eux-mêmes au beau milieu de l’Océan Atlantique. Lorsque des membres de l’équipage philippins découvrent l’un d’entre eux, ils décident de le cacher dans les entrailles du navire car si les officiers taïwanais le repèrent, il risque d’être jeté par-dessus bord…

L’immensité de l’océan n’empêche nullement le réalisateur roumain de nous restituer un huis clos étouffant en plein coeur du navire. Pour son premier long-métrage (de fiction), Mihai Mincan parvient à nous faire perdre la tête, au point de ne plus savoir qui est le bon ou le méchant. L'atmosphère est pesante, parfois trop même (la mise en scène frôle l'encéphalogramme plat par moment et le film aurait gagné à être resserré) et on se retrouve comme pris au piège d’un cruel dilemme.

To the North (2022) nous prend aux tripes avec beaucoup d’aisance. Inspiré d’un fait divers survenu en 1996 et réellement tourné en pleine mer sur un porte-conteneurs, tous ces éléments ne font que renforcer l’hyperréalisme qui se dégage du film. Sans oublier bien évidemment, l’excellente distribution à commencer par Soliman Cruz & Niko Becker.

● http://bit.ly/CinephileNostalGeek ● http://twitter.com/B_Renger ●
Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 6 avril 2025
Deux immigrés roumain et bulgare montent clandestinement à bord d'un porte-conteneur. Il appareille d'Espagne vers l'Amérique. L'un d'eux est rapidement découvert. L'autre réussit à se cacher avec la complicité d'un contre-maître taïwanais.

Inspiré de faits réels, qui se sont déroulés à la fin des années 90, "To the North" est un film en huis clos qui se déroule en haute mer. Il met en scène quelques rares personnages exclusivement masculins qui incarnent, chacun à leur façon, une valeur. Dumitru est un jeune immigré roumain hanté par l'instinct de survie. Joel est ce marin philippin vieillissant, profondément croyant, que le sort de Dumitru émeut. Le capitaine Tsai incarne l'autorité.

Ceci étant posé, le scénario aurait pu s'orienter dans le sens le plus attendu : celui du film d'action, avec son lot de rebondissements. On aurait pu imaginer par exemple que Dumitru soit découvert par le capitaine Tsai, qu'il soit placé sous écrou, qu'il réussisse à s'enfuir avec la complicité de Joel, que Tsai se venge sur Joel de cette évasion, que Dumitru tente le tout pour le tout pour sauver Joel, etc.

Tel n'est pas le parti que prend le film. Il choisit un scénario beaucoup plus lent sinon statique. Il préfère scruter les âmes de chacun des protagonistes et interroger leurs valeurs, à rebours de la présentation manichéenne que j'en ai faite. Ce parti-là était stimulant et intelligent. Mais hélas, le résultat est assez décevant. À force de tout relativiser, "To the North" s'égare. Et sa fin ouverte sonne comme un aveu d'échec : faute d'être capable de départager les adversaires, le scénario nous laisse nous débrouiller avec eux.
Redzing

1 450 abonnés 4 912 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 octobre 2025
Deux migrants est-européens parviennent à monter dans un cargo en partance pour l'Amérique. Le premier s'annonce à l'équipage, et est balancé fissa par-dessus bord par les officiers taïwanais. Le second, un Roumain, est découvert par les techniciens philippins, et sera caché tant bien que mal.
Mihai Mincan signe un mélange de drame et thriller nautique aux thématiques intéressantes. Il y a d'abord un portrait de la marine marchande, avec ses castes, ses groupes de différentes cultures, ce mélange de langue : pour communiquer, on emploi un anglais ultra-sommaire ! Et évidemment la manière dont elle peut ou veut gérer les clandestins.
Ensuite, "To the North" est une peinture assez sombre de l'âme humaine. Si le film est nuancé sur ses personnages, c'est pour mieux en montrer les failles et les réflexes plutôt violents. Jusqu'à un final qui n'est pas particulièrement réjouissant.
Le réalisateur, appuyés par de bons comédiens, livre quelques scènes tendues à souhait. Souvent des dialogues entre Philippins et Taïwanais, dont on ignore si la tension provient des mauvais rapports naturels entre les clans, ou si les seconds se doutent que les premiers leur cachent quelque chose.
En revanche, Mihai Mincan abuse un peu sur la longueur. Certaines séquences paraissent inutilement étirées, tandis que la mise en scène mise parfois simplement sur des oppositions de gros plans.
elriad

517 abonnés 2 024 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 29 juin 2025
Deux jeunes dans la vingtaine décident de quitter leur Roumanie natale pour embarquer clandestinement sur un cargo chargé de containers à destination de l'Amérique. Un postulat de départ déjà vu, mais ici, le réalisateur choisit de gommer tout effet de facilité, de rebondissement spectaculaire, de facilité ou de pathos. Le spectateur passe du point de vue des migrants clandestins à celui des philippins en charge de faire fonctionner le navire, et la menace sourde rend le film anxiogène jusqu'au bout. Rythme lent, caméra au plus près des visages et des regards, ce premier film est maitrisé, jamais long malgré sa durée, et totalement assumé dans son rythme et son point de vue. Ambitieux...
captzizou
captzizou

12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 février 2025
Vu lors d’une avant première à Paris. Un film impressionnant…. Une sorte de thriller philosophique en haute mer qui en partant d’un fait réel questionne beaucoup de choses sur l’être humain. Musique et sound design incroyable. C’est une véritable expérience immersive au cœur d’un porte container. Mihai mincan est un cinéaste à suivre et To the North un film à voir.
Maginée Auriol
Maginée Auriol

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 24 février 2025
Magnifique thriller philosophique, formidable premier film avec de petites maladresses mais des questions qui vous hante des jours après la vision du film. Les dernières images un peu trop appuyée à la fin on perturbé ma réflexion mais cela reste un film rare dans son intensité Bravo !
Corinnelt13
Corinnelt13

1 abonné 1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 février 2025
La réalité : les migrants qui quittent la pauvreté pour un monde meilleur au péril de leur vie, c'est d'actualité encore. mais au-delà de cet engagement politique que soulève le réalisateur, c'est un film esthétiquement intéressant. tourné dans un paquebot, les plans et la lumière nous font découvrir un monde en gros plan. Le son est aussi important, l'on dirait que lui seul, il est un personnage du film.
Christian Estevez chaîne pro
Christian Estevez chaîne pro

2 abonnés 3 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 mars 2025
Cinéma – sortie salle du 26 février : « To the North », un « Huis-clos à mer ouverte » à suspens qui tient la route

Ce mercredi 26 février, parmi les quelques bons films arrivants sur les écrans des salles de cinéma hexagonales, l’on trouve le premier film de l’ancien journaliste et, à présent, réalisateur roumain, Mihai Mincan, intitulé « To the North » (« Vers le Nord », en français), tournée en 2022, principalement dans port roumain de Constanta (qui est l’un des trois plus grand de la mer noire avec Sebastopol et Odessa et plus ancienne ville de l’actuelle Roumanie, puisque fondée au Ve siècle avant l’ère commune par les grecs avant de devenir un port romain – le nom de la ville ayant été donné par l’empereur Constantin en référence à sa sœur Constantia), mais également en partie dans le port français de Saint-Nazaire, mais, magie du cinéma, nullement en Espagne, où débute le périple du jeune immigrant roumain Dimitru, interprété par Nicolaï Becker, qui embarque sur un navire de transport de fret asiatique (composé de taïwanais qui commandent et de philippins pour la « besogne »), avec un autre jeune immigrant, bulgare, celui-ci, dans le destin sera un peu plus court, s’arrêtant au premier matin après que le navire est largué les amarres. D’ailleurs, il faut attendre ce moment décisif concernant le jeune bulgare pour que la compréhension de la scène d’introduction du film se fasse pleinement. Ce qui peut faire dire à certains que ladite scène n’est pas assez explicite et, à d’autres, que l’ensemble est très bien construit pour garder le suspens au maximum.

Et, du suspens, il y a en vraiment dans ce film. Tout dans sa réalisation, de son décor et la façon de faire se mouvoir les protagonistes, son cadrage et même son univers sonore (sur lequel nous reviendront) accompagnent le récit de ce fait divers qui s’est déroulé en 1996 mais qui, soit est resté inconnu du grand public, soit en est sorti de sa mémoire. Autre élément qui participe grandement à ce suspens qui va jusqu’à un certain niveau d’angoisse, est l’impossibilité, pour les personnages principaux, de communiquer véritablement entre eux. Entre un roumain de vingt-quatre ans sans grande bagage en terme d’éducation (interprété par Nicolaï Becker – acteur que nous découvrions ici et qui est très convainquant), un marin philippin à l’orée de la soixantaine (l’acteur Solimar Cruz, grand acteur philippin qui avait 59 ans l’année du tournage et qui, hélas, est quasiment inconnu dans cette France qui, bien qu’elle ai une population qui se targue d’une sorte de « supériorité culturelle » n’est pas capable de sortir en salles des films d’auteurs d’un grand nombre de pays car sachant que, bien que mille fois meilleurs que les téléfilms français qui font des millions en audience, les salles resteraient vides) et des gradés de marine taïwanais (même si, là, les acteurs, Olivier Ho Hien Hen et Alexandre Nguyen sont tous deux français, respectivement avec des origines cantonaise et vietnamienne), la seule langue commune c’est un faux anglais, encore plus basique que le mauvais anglais d’aéroports, le fameux « globish », et des rudiments d’espagnol entre les deux personnages principaux, à savoir : le jeune immigrant roumain (qui est resté quelques temps en Espagne, au moins à aider à construire une maison) et le vieux marin philippin (sans doute parce qu’il fait régulièrement escale en Espagne avec ce navire et, supposons, parce que les Philippines ont été espagnoles jusqu’à ce que les États-Unis d’Amérique ne gagnent la guerre, en 1898, qu’ils avaient volontairement provoqué, car ayant des vues sur les îles espagnoles de Cuba, Porto Rico et les Philippines). Cette impossibilité de vraiment bien se faire comprendre d’autrui – particulièrement entre le roumain et le philippin installe une tension entre les deux individus qui, en plus de la situation qui est qu’il faut cacher ce passager clandestin pour éviter qu’il ne lui arrive malheur si les taïwanais le trouvent, les deux personnages restent, malgré leur « bonne volonté » respective, totalement étrangers l’un à l’autre, ne pouvant pas, en plus, parler concrètement de la situation à bord, de ses tenants et de ses aboutissants. C’est, d’ailleurs, cette impossibilité de communiquer pleinement qui va être à l’origine du drame final.

L’impossibilité de réellement communiquer entre les personnage ne se fait pas, uniquement, par la barrière de la langue, mais aussi par celle de la Culture. En effet, tous les béni-oui-oui bien-pensants mais non-réfléchissants peuvent dire qu’il faut un monde sans frontières, la réalité est que les frontières physiques ne sont que la matérialisation de frontières bien plus compliquées – si ce n’est impossibles – à franchir, qui ne sont rien de moins que les Cultures. Sur ce bateau, le roumain, les philippins et les taïwanais ne partagent pas une langue totalement commune pour pouvoir se comprendre et « vivre ensemble », mais, surtout, ils ont chacun leur Culture propre. Cela est particulièrement flagrant lors du « dialogue » entre le gradé taïwanais et le vieux marin philippin, où le taïwanais démontre au philippin que, ce qui sépare concrètement ces deux parties de l’équipage, ce n’est pas le niveau de vie (taïwanais riches et philippins pauvres), mais la façon de penser le monde, et donc d’agir face aux événements, mettant en avant la « gentillesse naturelle » des philippins – du fait, avant tout, qu’ils soient de fervents chrétiens – et la pragmatisme des taïwanais, le fait qu’ils soient « Justes » (dans le sens premier du mot, c’est à dire « exact », « selon l’usage de la Raison »). Et même la religion chrétienne, qui est, en fait, ce qui décide les philippins de venir en aide au roumain, parce qu’il possède une bible, n’est pas un réel lien culturel entre eux et lui. Les philippins sont sincèrement et profondément croyants alors que le jeune roumain, lui, a cette bible parce qu’elle lui a été donné. D’ailleurs, il la qualifie de « porte-bonheur », ce qui n’a rien avoir avec une confiance en ce qu’elle est par son message et sa promesse. De plus, la bible en question est en espagnol, langue que le roumain ne maîtrise pas à l’oral, et encore moins à la lecture. Sa religion, ce en quoi il a uniquement foi, c’est en cette « Amérique » (sous-entendu, les États-Unis d’Amérique) qui, une fois qu’il y sera, lui apportera la chance de, si ce n’est devenir quelqu’un d’important dans le pays en question, au moins, devenir assez riche pour subvenir aux besoin de sa femme – et, par extension, de « tous les siens », devenant « quelqu’un » pour eux et les gens qui vivent autours d’eux et sont dans une situation financière du même niveau que le leur. D’ailleurs, le seul point commun qu’il y aurait entre ces hommes de cultures différentes et qui pourrait les réunir, les faire se comprendre, est celui de la famille et, plus précisément, de la paternité. De la famille parce que Dimitru, lui n’a pas d’enfant mais veut donner un avenir à sa femme en gagnant assez sa vie et il est évident que, par extension, il y a l’intention de passer du couple à la famille – donc de père. Et, justement, le rôle entant que père est ce qui arrive à réunir les marins taïwanais et philippins de ce navire de fret, par plusieurs conversations entre eux, qui constituent l’essentiel de leurs échanges. Et, l’une des choses les plus appréciables dans ce film, concernant les différences (plutôt que divergences) de points de vue – de Culture – est que le réalisateur, Mihai Mincan, les présentent comme ce qu’ils sont, à savoir des faits, des données objectives. Pas un seul moment il ne fait pencher plus favorablement une opinion qu’une autre, chacun ayant ses raisons propres et tout à fait valables du fait de son vécu, vis à vis de ce qu’il recherche dans la vie, ce vers quoi tendent ses buts dans l’existence. Nous voudrions penser que cette intelligence, de la part du réalisateur, e point de vue Juste, tient au fait qu’il est diplômé en philosophie de l’université de Bucarest mais, cette science étant également la notre également, nous ne savons, hélas, que trop bien que Philosophie ne rime pas, dans l’ensemble, avec Justesse de point de vue, cette « discipline » étant grandement remplie de moralistes aux opinions divers et souvent opposées (ce qui fit dire, à ce grand intellectuel et écrivain égyptien désabusé par la philosophie que fut Naguib Mahfouz, que « La philosophie est un grand et magnifique palais mais qui, hélas, est entièrement vide » (nous paraphrasons – ndr).

Concernant, justement, le travail du réalisateur sur ce film, en plus d’avoir su écrire un scénario intelligent et très bien construit (le fait qu’il se soit basé sur un fait divers en retire nulle mérite), Mihai Mincan montre déjà, visuellement, de très bonnes choses, avec ce premier long-métrage. Déjà, il arrive à gérer des espaces extrêmement etroits – qu’il s’agisse des couloirs et salles de machineries du navire ou des ruelles que forment l’empilement des immenses conteneurs, faisant appel à des mouvements de caméra à la fois compliqués et intelligemment imaginés d’autant que ceux-ci s’accordent parfaitement avec le rythme de l’action en cours. Il y a une véritable correspondance entre le temps d’action et les cadrages de la caméra. L’angle de la caméra nous permet toujours d’être dans le rythme de vie des personnages et de la tension de l’action, qu’il s’agisse de longs plans où la caméra accompagne les déplacements des protagonistes et de plans très courts entre les conteneurs pour nous conduire dans une autre sorte d’angoisse face au risque de se faire surprendre par l’équipage, ou dans la poursuite, vers la fin du film, ou de plans fixes, y compris sur une porte, une lumière rouge, etc… qui rappelle que nous sommes sur le temps plus lent que long d’une traversée (celle-ci ne doit durer que quatre à cinq jours de l’Espagne au Canada, sur l’Océan Atlantique). En plus de réussir à nous désorienter, à nous déboussoler, par moments, le réalisateur de « To the North » nous offre un visuel très graphique avec ses plans entre ou au-dessus des conteneurs, face, en-dessous et par-dessus les escaliers, les machines qui font tourner cet immense bateau, ou encore par les différents stades de visibilité qu’obtient Dimitriu dans la pièce qui lui sert de cachette durant son périple marin et qui, bien que passant du noir le plus complet jusqu’à une lumière du jour qui perce par les rayures du pont qui est au-dessus de lui, garde son ambiance claustro phobique, permettant de conserver cet atmosphère d’insécurité sur la suite et l’issue des événements et maintient donc toujours un excellent suspens.

Bien que nous ayons été déjà particulièrement prolixe sur « To the North », dans cet article, nous ne pouvions pas ne pas parler de l’excellent travail sonore du film de Mihai Mincan, tant il arrive à constituer un quasi-personnage à part entière (ou, plus exactement, à donner vie aussi bien à la mer qu’au navire), C’est tout une sorte de film en lui-même qui habite véritablement nos oreilles, avec, à sa création Nicolas Becker (« 9 mois ferme » de Dupontel, « Gravity », « Premier contact de Villeneuve », « Sound of metal ») et au mixage de celui-ci le célèbre Cyril Holtz (récipiendaire de trois Césars – dont deux avec Jacques Audiard, pour qui il travail sur tous les films -, mais encore « Les rivières pourpres », « Le pacte des loups », « Les trois mousquetaires : D’Artagnan », « Elle » de Verhoeven). De fait, avec un tel duo de professionnels de haut niveau, il n’est pas surprenant que cet univers sonore soit si réussi et qu’il soit même mis en avant dans le dossier de presse.

En définitive, on peut dire que « To the North » est un très bon film, réussi à tous les niveaux. Un excellent film à suspens qui sait aller bien au-delà de la question des immigrants clandestins et les dangers auxquels ils font face tant ils sont persuadés que « l’herbe est toujours plus verte ailleurs ». Ce film va dans une réflexion et une présentation de tout ce qui fait la Réalité des faitts « par delà le bien et le mal » que l’on a, bien malheureusement toujours comme discours qui nous est proposé au cinéma comme ailleurs.

Un film, donc, à voir absolument – si ce n’est même « de toute urgence » – et autant pour ses qualités cinématographiques que son approche « sociétale ». Voilà pourquoi, sur une note de 1 à 10, nous lui donnons entre 7,5 et 8 (soit un 4/5 étoiles).

Christian Estevez
Malo Q
Malo Q

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3,0
Publiée le 12 février 2025
Vu à l'Avant première à Brest en présence du réalisateur. Très belles images et belle ambiance mais trop long et lent, notamment les scènes de dialogue.
Regis
Regis

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 12 mars 2025
To the North est une film absolument remarquable.
Tout d'abord sur ce qu'il raconte dans les relations humaines.
Ce huis clos sur le cargo permet aux protagonistes du film de faire apparaître leurs valeurs et leurs rapports au monde.
Mention spéciale pour Soliman Cruz, touchant de sincérité et de réalisme.
C'est très bien filmé.
Et le travail du son est remarquable.
D'une grande finesse dans l'utilisation des ambiances notamment.
Ce film est un joyau à découvrir absolument.
Nadegecka
Nadegecka

1 critique Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 février 2025
Super image, super bande son.
Histoire émouvante et acteurs très bien.
Une tension tout au long du film.
Les meilleurs films de tous les temps