Avis : The Barber : l'homme qui n'était pas là - Page 4
The Barber : l'homme qui n'était pas là
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Un visiteur
4,0
Publiée le 5 février 2008
Encore un film des frères Coen très réussi visuellement. J'ai adoré le noir et blanc, c'est pas le plus beau que j'ai vu mais pas loin. Les jeux d'ombres sont splendides, la réalisation est toujours inventive, un vrai plaisir à regarder. Les acteurs sont excellents, notamment Billy Bob Thornton exceptionnel. Côté scénario on trouve les éléments classiques du film noir, l'adultère, le meurtre, le chantage, le procès assez prenant sans être très original.
Un film assez spécial comme souvent chez les frères Coen, où l'absurde est encore un peu présent et l'humour noir également. L'histoire m'a moyennement plu, un peu long et ennuyeux. Il reste de bonne qualité, l'image est belle (la lumière est très réussite) et le casting plutôt bon (Billy Bob Thornton correspond très bien au personnage). Bref, un film moyen dans son ensemble.
La caricature des films qui se veulent intelligent mais qui sont au final du vent.
Malgré une belle photographie (un noir et blanc esthétique, mais aucunement justifié dans le film, contrairement à un Manhattan de Woody Allen par exemple) la mise en scène des frères Coen n'arrive pas à nous intéresser à ce film qui pourtant avait un scénario assez intéressant. Les réalisateurs, ou plutôt le réalisateur car Joel Coen est seul au commande, préfère enchaîner les scènes sans intérêt, qui plombent un film qui n'en avait pas besoin.
Au final il reste une oeuvre qui bouillonne d'auto-suffisance. Une de plus de la part des frères Coen.
"Trancen-dance" du film noir sous un air de Beethoven à contre emploi et tout aussi vain. Superbe écriture, photographie admirable, interprétation glacée, revenant des morts... Le cinéma d'auteur Américain à son Zénith.
Neuvième long métrage des frères Coen et une première petite baisse de régime après leurs succès des années précédentes. Mais s'il y a une constante dans leur cinéma, c'est la qualité de la mise en scène et de la photographie. Et ici encore on est gâté avec un magnifique noir et blanc, un jeu de lumière splendide et une réalisation des plus soignées. Autre gros point fort du film : son casting. Une brochette d'acteurs investis et à la présence écrasante. En revanche, le scénario m'a un peu moins emballé. Un peu trop classique et sage, surtout pour les frères Coen. Il y a bien quelques fulgurances dans ce polar noir à l'ancienne. Pas le meilleur de leur filmographie mais un bon film tout de même.
Hommage à l'ambiance des années 40, le récit reprend les codes, les personnages, les circonvolutions des films noirs pour en proposer un pastiche, caractérisé par cette distance amusée propre aux Coen. Critiquant le cynisme des avocats, les atermoiements du système judiciaire, l'incompétence des enquêteurs, l'intrigue suit un homme désabusé, effacé, résigné, qui se laisse pourtant aller à des espoirs insensés sans qu'il apprenne de ses erreurs, le rendant autant ridicule que pathétique. Portée par un impeccable casting, cette dramatique histoire mélancolique en deux parties porte un regard sarcastique, lucide, pessimiste sur le genre humain. Une caustique illustration de l'ironie tragique.
Les frères Cohen retourne au polar original, froid, sombre à la mise en scène millimétrée, et que dire de ce noir et blanc en pleine harmonie avec l’ensemble. Quand à Billy Bob il est simplement impérial non sans rappeler Bogart, un vrai rôle de composition parfaitement maîtrisé. Au final un superbe polar comme on en voit rarement qui nous replonge avec nostalgie dans le passé.
Les frères Cohen signent là une tragédie moderne, tournée à la manière des films noirs. On y suit un barbier très discret, qui décide d'escroquer une connaissance, ce qui va déclencher une série de malheurs pour lui et on entourage. "The Man Who Wasn't There" bénéficie en premier lieu de l'écriture des Cohen, beaucoup plus sombre et sérieuse que leur œuvres précédentes et suivantes, plus tournées vers la comédie. La réalisation de Joel vaut également le détour : la superbe photographie, l'utilisation judicieuse du noir et blanc, et les décors immenses mais vides rendent une ambiance dramatique de bel effet. Par ailleurs, Billy Bob Thornton est touchant dans le rôle d'un homme que personne ne remarque, à la vie stérile, et dont la seule initiative va tout faire chambouler. Remarquons enfin une charge contre la justice aux USA, puisque le système ne fait ici que se tromper, tandis que les avocats sont malhonnêtes ou inefficaces.
Splendide film noir et brillant exercice de style de Joel Cohen. Sur une histoire archiclassique — le loser qui veut s’en sortir et qui s’enfonce —, l’auteur, aidé par des acteurs magnifiques, brode un hommage aux films noirs des années 40/60 et en surclasse la plupart. Mise en scène exceptionnelle (Prix à Cannes 2001), virtuosité des éclairages noirs et blancs, rythme, jeu “à l’ancienne” des acteurs, tout est excellent. Billy Bob Thornton est impressionnant en Bogart et la jeune Scarlett Johansson est une déjà charmante lolita de bourgade. On rajoute quelques sonates de Beethoven et on est comblé !
Hormis une esthétique assez originale, un noir et blanc propre, beau, l'histoire rame pour intéresser tout le long. La construction classique, contée régulièrement pas une voix off, ralentit parfois, elle propose un rythme avec quelques fulgurances mais sans plus. J'ai trouvé un peu le temps long. J'accepte le côté fou et déjanté que les frères Coen s'accordent vers la fin du film mais le reste c'est un concentré de mauvais choix fait par le personnage principal. Les autres personnages sont aussi très étranges et ne permettent pas d'apporter une quelconque émotion. La mise en scène n'est pas dingue. Bref un film qui passe vite aux oubliettes, malheureusement.
Modeste coiffeur dans une ville de province, Ed Crane aspire à changer de vie. L'occasion lui est peut-être donnée en finançant le projet commercial innovant d'un client de passage. Il lui faut juste trouver la mise de fonds... On reconnait les intrigues des frères Coen à la succession tragi-comique d'impondérables venant perturber un projet, généralement criminel, a priori simple. "The Barber" n'est pas précisément, dans le ton ou dans la forme, une comédie, mais les incidents qui accablent Ed Crane relèvent d'une ironie du sort dont le principal effet est d'incorporer une touche de dérision dans un sombre drame. Austère et taciturne, le coiffeur ne peut lutter contre le destin et subit désormais les contingences de l'acte qu'il a initié et maitrisé...pas longtemps. Tourné en noir et blanc, élégant et soigné, voire esthétisant, le film des Coen a pour décor, récurrent, celui d'une Amérique provinciale et rétro (les années 50). Je n'ai pas trouvé ici, cependant, aux personnages et au scénario, la même saveur, la fantaisie ou la malice que j'ai aimées dans "Fargo" ou "Blood simple". De fait, le récit lent de "The Barber" n'est pas sans quelques langueurs, l'intrigue n'étant ni véritablement surprenante ni aussi caustique qu'attendu.
Incroyablement réussi, la mise en scène est plus que maîtrisée avec un travail extrême sur chaque plan aussi banale puisse-t-il paraître (exemple simple: le détective qui marche vers la gauche à contre courant des passants, image de la recherche dans le passé). Autant de petits détails réfléchis qui permettent de se rappeler que le cinéma est un art et n'est pas une simple histoire de jolis effets spéciaux. On a droit à une palanquée d'acteurs tous plus exceptionnels les uns que les autres qui sont naturellement etrouvés dans les autres réalisations des 2 frères (pensée à John Polito qui est parti il y a peu de temps). The man who wasn't there est un savant mélange de cynisme et d'absurde propre au style des frères Coen et rappellant fortement Burn After Reading. Les dialogues sont formidables, tantôt imprévisiblement drôles, tantôt fins et instructifs. Ce film m'a tout simplement redonné goût au cinéma.