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Un visiteur
4,0
Publiée le 6 janvier 2010
une espece de copie d'un mauvais Agatha Christie, pauvre Clive Owen perdu avec une jolie brune, et quelque tres bon acteurs perdu dans la platitude du scénario à mon goût
Pour qui voue un culte à la finesse, la maîtrise de soi, et bien sûr l'humour britanniques, rien de tel pour plonger un moment dans les délices fastueux d'une haute société anglaise révolue. Clive Owen, non content d'être canon comme à son habitude, est en plus la parfaite incarnation du fameux flegme anglais... Si vraiment, l'époque vous paraît trop lointaine et l'inconfort du château humide vous repousse, prenez quand même le temps de goûter l'ironie d'une Kristin Scott-Thomas hilarante dans la peau d'une pestouille distinguée! Petit à petit, vous entrerez alors sûrement dans l'univers du film...
Un "Festen" à l'anglaise, beaucoup moins intéressant. Les centres d'intérêt du film viennent d'une part de ces relations maîtres/serviteurs qui font rire, qui nous révoltent, qui nous font pleurer d'injustice et de l'autre, ce grand rassemblement de la plupart des plus grands acteurs britanniques; les excellentissimes Helen Mirren et Maggie Smith, la grande Kristin Scott Thomas et le grand Sir Michael Gambon notamment... Je m'attendais à être captivé, moi qui adore les bons films à l'anglaise, et bien je me suis surpris en train de bâiller à plusieurs reprises.
Un policier trés intéressant et superbement écrit. Un casting formidable, une histoire excellente, des supers décors et des secrets que chaque personnage posséde et qui donne cette fameuse et jouissante pensée que tout le monde pourrait être coupable. La seule chose qui m'a posé problème est le nombre peut être trop important de personnages, on s'y perd facilement dans les noms. On prend également un cours sur la vie des snobs et de leurs bonnes.
Par exemple, voilà un film qui foisonne de premiers rôles ! Il vaut mieux être bien disposé et très concentré pour accepter cette chorale d'aristocrates en parallèle avec celle des domestiques en coulisse. Mais si on arrive à suivre et à débrouiller les personnalités et les faciès de chacun, c'est du pur bonheur ! Seul un grand réalisateur peut s'occuper d'autant de personnages sans perdre ses spectateurs ; bravo à lui.
Un joyau d'étude psychologique des personnages, qui se croisent et se mêlent en un joyeux capharnaüm de sentiments et de rapports de force. La caméra de Altman se promène de pièce en pièce, comme si elle n'avait qu'à capter les murmures pour fixer sur l'image les prémices d'un meurtre qu'on nous promet dès le début et qui finalement n'advient que vers la fin du film, comme si l'important ne se situait pas dans le prétexte policier à cette peinture de la nature humaine. Du pur plaisir.
Comme le disent d'autres spectateurs, si vous aimez Agatha Christie, les demeures anglaises, les acteurs anglais et notamment, Kristin Scott Thomas, Maggie Smith, Jeremy Northam James Wilby, Helen Mirren j'en passe et des tout aussi bons... vous ne pourrez pas ne pas aimer ce film, mais si par hasard, vous n'aimez pas tout ce qui vient d'être cité, vous aimerez quand même ce film, parce que ce petit monde du roman policier est retourné comme une crêpe, disséqué, parodié et que cela va bien plus loin qu'un cluedo géant. D'abord, le scénario est génial, la direction d'acteur (la fameuse direction d'acteur d'Altman) est parfaite. Tout ce petit monde semble vivre réellement sous nos yeux, jusqu'aux figurants qui, pour une fois, n'en sont pas, et ont tous quelque chose à jouer. Le propos est original, mais n'est pas asséné : c'est en filigane, et tout au long du film qu'on réalise que la véritable histoire ne se situe pas "en haut ", chez les maîtres, représentés comme des somnambules déambulant (errant) dans leurs salons et dont l'ennui, l'inutilité et l'incapacité sont criant. Les vrais sentiments, le vrai pouvoir, les luttes secrêtes, se sont réfugiés dans "les bas-fonds", dans le ventre de la maison : chez les domestiques. Et c'est ce que ne comprennent pas, ne peuvent même pas imaginer, dans le film, l'inspecteur de police qui a trop lu de romans policiers anglais et le réalisateur holywoodien qui a trop vu de films...
Avec Gosford Park Altman peint un vrai tableau. Il mélange les personnages, joue avec eux pour mieux jouer avec nous et poser des ambiguités. Dans ce jeu de société géant chaque pion a sa place et chaque place a ses pions. Une étrange vision de la haute bourgeoisie anglaise où domestiques et maîtres aiment se trouver et se chercher. Remarquons au passage la perfomance de Kristin Scott Thomas toujours aussi belle, brillante et toujours aussi anglaise! Un petit bijou de fantaisie, d'enigme et de leçon de société. A voir absolument bien sûr !
Rares sont les films qui ont autant de chance de figurer sur le podium des championnats du monde de l'ennui absolu. Lors du visionnage, j'ai bien cru à un moment que ce calvaire était terminé... mais non, il en restait encore une bonne heure.
Je ne me souviens pas avoir vu un mauvais film d'Altman, à peu de choses près. Je ne me souviens pas non plus en avoir vu de très bons. C'est toujours affreusement démonstratif. Le propos du film est moins l'enquête que la violence des hiérarchies sociales. L'inspecteur est copieusement idiot et, par préjugé, il ne suspecte pas les bonnes personnes. Il y a du mépris, une horde aristocrate hors du monde, alors que le monde justement, au même moment, bascule dans l'horreur et le fascisme. C'est la description, la dissection méthodique et froide d'un micro-monde hors de la réalité, hors de la vie, un micro-monde qui ne prend pas encore conscience de sa mort prochaine. Et pourtant, malgré la maîtrise démontré par Altman, son film s'enferre dans un manichéisme idiot qui décrédibilise son propos. Naïf? Peut-être, Short Cuts avait déjà les mêmes défauts. Un travers jusqu'auboutiste et même un peu malhonnête. Saluons tout de même le travail de mise en scène et une interprétation collégiale absolument sans taches, et cette petite odeur surannée d'un monde évanoui (comme l'odeur d'un vieux placard sentant la naphtaline) qui nous transporte doucettement comme si nous étions des objets fragiles.
Au delà d'une image exceptionnelle, d'un jeu d'acteur parfait, je regrette de rester toujours à la surface de ce jeu, de ne pas être impliquée et complice. Je regrette de ne faire que survoler ces instants sans jamais me sentir impliquée. J'ai du m'y mettre à 2 fois pour le voir en entier, et je me suis endormie les 2 fois...