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Jean-Claude HUMBERT
2 critiques
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2,0
Publiée le 4 août 2022
Peter dit à l’anglaise (comme Peter O´Toole), von prononcé à la française (comme dans Yvonne), un ça va t’être inattendu dans la bouche de quelqu’un qui s’exprime correctement, des Umlaut qu’on respecte, ou pas, l’arrivée de Hanna Schygulla apporte finalement cohérence et crédibilité.
Excellent film porté par Denis Ménochet, bluffant par son jeu passant en revue tous les sentiments humains, et Isabelle Adjani tout à fait différente de celle que l'on connait : sa voix beaucoup plus naturelle la rend vraiment plus accessible, crédible même si son rôle implique beaucoup de faux semblants. Ma séquence préférée est celle où Denis Ménochet, odieux avec son entourage, est comme un petit toutou face à Amir qui le manipule un maximum : on a vraiment envie de l'avertir que, même si l'amour fou nous prend, il ne faut pas se laisser "bouffer"
Grand retour inattendu de la fabuleuse Isabelle Adjani, toujours aussi talentueuse. Fantastique Denis Ménochet, à contre emploi dans une prestation osée, risquée, mais parfaitement réussie. François Ozon s'est fait plaisir à sortir d'un placard un de ses fantômes d'adolescence ; il livre un huis-clos excessif et outré, filmé dans un décorum théâtral assumé, nimbé de couleurs criardes années 1970, pantalons pattes d'èph et kitch dégoulinant, qui tourne rapidement en rond dans un scénario se noyant, comme son héros, dans le gin tonic et la poudre à gogo. On retiendra le personnage de Karl (StefanCrepon), muet, soumis, presqu'un meuble, source d'un comique de situation qui nous sort un peu de notre torpeur. Un exercice de style réussi, mais pur exercice de style, stérile et ennuyeux, pour cinéphile en quête de naphtaline. spoiler: Juste une grande question : que peut ressentir Denis Ménochet, excellent acteur au demeurant mais jusqu'alors (injustement) méconnu, quand il jette une réplique comme "Mais ferme ta gueule, espèce de conne !" droit à la face d'une star comme Isabelle Adjani ????
Je comprends que les avis puissent être partagés sur ce film mais personnellement je suis totalement rentré dedans. Les images sont magnifiques, même si on n'est pas du tout dans le réalisme habituel des films français, et Denis Menochet libre une performance incroyable.
Un huis clos magistralement réalisé et interprété. Toutefois on s ennuie. L esthétique ne suffit pas. Plus décevant : malgré le talent des acteurs et une bande son choisie avec maestria, on ne ressent aucune émotion. Dommage !
Cela voudrait être une tragi-comédie excessive mais Ce film pêche par son manque de profondeur. Cela reste beaucoup trop dans l'hystérie et la bouffonnerie . Denis ménochet essaie de multiplier les registres d'émotion mais n'arrive pas à être vraiment touchant car les situations à jouer sont trop téléphonées . Isabelle Adjani s'amuse et on est content de la voir Mais sans plus. Dommage car j'aime beaucoup le cinéma d'ozon et je sais que ce film lui tient à cœur .
François Ozon a semble-t-il voulu se faire une petite récréation avec ce « Peter von Kant » qui lui ressemble beaucoup mais qui intéressera certainement un nombre de spectateurs très limité et probablement les seuls adeptes d’un certain fétichisme artistique. Plus de vingt ans après l’incandescent et bien plus réussi « Gouttes d’eau sur pierres brûlantes », il adapte non pas une pièce de son idole, le regretté réalisateur allemand Rainer Werner Fassbinder, mais organise un remake coloré de l’un de ses films « Les larmes de Petra von Kant ». Le très prolifique réalisateur, qui a plus de vingt ans de carrière derrière lui déjà et autant de films, semble amorcer un creux après le décevant « Tout s’est bien passé » alors qu’une demi-douzaine de très bons films les avait précédés dont « Jeune et jolie » ou « Grâce à Dieu » et surtout le sublime « Été 85 » il y a deux ans. Mais on lui pardonne, cette petite récréation qui absorbe la plupart de obsessions et thèmes fétiches a, semble-t-il, du lui faire le plus grand bien. Il lâche les fauves et nous convie à un huis-clos décomplexé sur les aléas du désir et la possession de l’être aimé. Dans un décorum très théâtral assumé, pétri de couleurs criardes propres aux années 70, on assiste à un huis-clos quelque peu excessif en plusieurs actes qui passionnera les afficionados d’un cinéma suranné et maniéré mais en énervera pas mal d’autres. Voire pire, il les désintéressera, tant les dialogues et les situations pourront sembler outrées et absurdes pour une bonne partie du public.
La première séquence fait même très peur. Denis Ménochet est en totale roue libre et les répliques qu’ils débitent semblent bien trop écrites pour le grand écran et faire réalistes. Son échange avec Adjani en total numéro d’auto-dérision frôle la catastrophe. Puis, tout se met petit à petit en place, et l’acteur semble prendre ses marques et nous livre une prestation osée, risquée mais gargantuesque du meilleur effet. Encore un acteur français découvert sur le tard qui se bonifie et nous étonne de film en film (rappelons-nous de son immense composition dans le tout aussi monstrueux « Jusqu’à la garde »). Le reste du casting suit le mouvement, le décor est kitsch et bien optimisé mais toutes ces tirades sur l’amour et ses vicissitudes peuvent sembler triviales et vaines. En revanche, on apprécie le personnage de Karl totalement muet et source d’un certain comique de situation appréciable. Il y a également certains sujets abordés ou des situations qui mettent en avant la toxicité de certaines relations et sentiments plutôt bien vues mais cela ne fait pas un film. Ozon nous convie à une œuvre musée, une œuvre de cinéphiles, un pur exercice de style finalement plutôt stérile et qui ne marquera clairement pas sa carrière ni sa filmographie. « Peter von Kant » se laisse regarder plus par plaisir coupable et pour son côté théâtre à l’ancienne qui fonctionne comme une Madeleine de Proust que comme un véritable objet de cinéma. Pour amateurs avertis.
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Que dire ? Si le but de ce film était de ne transmettre aucune émotion et de déployer tous les clichés de l'artiste torture en mal d'inspiration et se créant un amour torturé pour se faire pygmalion... Alors il est réussi. On comprend bien l'hommage qui a été recherché, mais on ne comprend pas le rendu final qui en vient à détester le réalisateur. Le personnage de Karl, seul personnage complexe, nous a permis tout de même de débattre après la séance.
Encore un Ozon raté. Si Menochet joue bien, le film n'apporte pas grand chose sur l'envie de connaître la vie de cinéaste allemand. Son histoire d'amour n'a rien de palpitante et les acteurs ne sont pas beaux. Curieux que Ozon soit à ce point éloigné de ce qu'il a fait de bien il y a longtemps.
J'ai été séduite par la beauté des images et le magnifique jeu de Stefan Crepon. Par contre, le côté trop théâtral de Denis Menochet a fait que je ne suis pas rentrée dans le film...
Ma sœur m'a forcé à aller le voir, moi qui ne cède jamais à aucun de ses caprices, j'aurais dû suivre mon instinct ! Tout commence en 1972, en République Fédérale d'Allemagne, alors sous contrôle soviétique, où Denis Ménochet (45 ans), né à Enghien-les-Bains, dans le Val-d'Oise, campe un cinéaste lamentable, PETER VON KANT, qui passe le plus clair de son temps à gémir ! N'étant jamais content, du fait que ses amants le trompent de manière sempiternelle, il finit par devenir agressif envers sa propre mère, une allemande jouée par une polonaise, la différence d'accent se fait entendre, à croire que plus aucun acteur germanophone ne souhaite tourner avec Ozon, depuis Frantz, et on peut les comprendre ! De plus, il maltraite son domestique, et lui ne dit rien ! Pas réaliste, le film se veut un portrait au scalpel du milieu bohème allemand, à la Rainer Fassbinder ! En plus des erreurs historiques nombreuses (faux drapeaux, inventions de faits historiques, mauvais costumes), Ménochet joue comme un pied ; normal c'est un footballeur ! Le pire film qu'Ozon ait réalisé, après Compartiment n°6. Je me suis même fâché avec ma sœur, qui avait adoré, elle a dû me (Michèle) rembours(i)er, afin que je m'achète un Cauet Burger.
Il faut cesser de fétichiser sur le talent de ce réalisateur qui désormais rate 3 films sur 4. Son dernier opus, banal et soporifique théâtre filmé, est nul, assommant, caricatural, sans âme ni émotion. Les comédiens en font des tonnes, au service d'un scénario préfabriqué. Ne plus "oser Ozon", mais passer son chemin, face à un savoir-faire de plus en plus galvaudé et dévoyé. Pourquoi le spectateur, alors que se pâme la critique parisienne, pourquoi devrait-il subir en bâillant ou en riant (comme ma voisine de gauche) l'hommage poussiéreux d'un cinéaste à son modèle très daté ? Bref, à fuir.