Il faut cesser de fétichiser sur le talent de ce réalisateur qui désormais rate 3 films sur 4. Son dernier opus, banal et soporifique théâtre filmé, est nul, assommant, caricatural, sans âme ni émotion. Les comédiens en font des tonnes, au service d'un scénario préfabriqué. Ne plus "oser Ozon", mais passer son chemin, face à un savoir-faire de plus en plus galvaudé et dévoyé. Pourquoi le spectateur, alors que se pâme la critique parisienne, pourquoi devrait-il subir en bâillant ou en riant (comme ma voisine de gauche) l'hommage poussiéreux d'un cinéaste à son modèle très daté ? Bref, à fuir.
La passion grandit elle avec la souffrance et le mépris ? Doit on la fuir ou la vivre ? Il faut du courage pour s'abandonner totalement et assumer au grand jour un amour sans retour. Peter von Kant est un drama qui peut sembler anachronique, dans une société où l'épanouissement de soi prime sur le reste.
Un grand moment de cinéma qui rend aussi hommage aux temps forts du théâtre. Dans une palette de bleu scalpel et de rouge velours, lacérée par des traits de lumière jaune cru, Ozon met en abîme les créateurs de cinéma au travers du personnage de Peter (dont l'interprétation prend toute sa force dans la seconde moitié du film) : lui-même, Fassbinder... Il montre aussi combien il est douloureux de se tromper sur ce qu'est l'amour. Combien il surgit vite, combien il peine à se défaire, se déchirant sur le crépi du temps.
Mais que diable Denis Menochet est-il allé faire dans cette galère ? J’espère que ce role de réalisateur hystérique, alcoolique, et bouffi de poudre, ne lui vaudra pas un Cesar. Il vaut tellement mieux que ça. Le seul qui tire vraiment son épingle du jeu est Stefan Crepon dans son role de majordome/secrétaire masochiste. Et muet. En fait je ne comprends pas quel but Ozon poursuivait en transposant Les larmes amères de Petra Von Kant. Si c’est un hommage à Fassbinder je le trouve bien raté.
Quelle déception, c'est du théâtre mal adapté au ciné, une Adjani qui n'adopte pas vraiment son texte, et pour cause, j'ai perdu mon temps. Je n'irai plus voir un Ozon les yeux fermés. Le top de l'ennui.
Remake de " les larmes amères de Petra Von Kant" film de 1972, du maître allemand RW Fassbinder, à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa sortie, est une inégale réussite.
La seconde partie est très nettement plus accomplie que la première. Menochet qui entre dans la peau du réalisateur allemand, n'est pas à l'aise dans les scènes à connotation homosexuelle et la première demi-heure fait craindre le pire.
Isabelle Adjani réussit, elle, une prestation de qualité a chacune de ses apparitions.
Destiné à l'amateur de cinéma d'auteur uniquement, le film a le défaut de prétendre s'adresser à un large public et fera forcément de nombreux déçus.
"Peter Von Kant" aborde le thème de la rupture amoureuse et celle de la concordance entre les thèmes traités par Fassbinder dans ses films (la défense des faibles) et sa mise en pratique par lui-même dans sa propre vie.
Aux spectateurs qui veulent s'interesser à la filmographie de Fassbinder ( cinéaste, à mes yeux, d'un niveau artistique supérieur à celui de Francois Ozon), je recommande de visionner plutôt " Tous les autres s'appellent Ali" , " Effi Briest" et " Le droit du plus fort".
Ils me semblent plus accomplis que " les larmes de Petra Von Kant" ( tiré d'une pièce de théâtre écrite par Fassbinder) film plus réussi toutefois que "Peter Von Kant"
La filmographie plus facile à aborder de Fassbinder, commencera en 1979 avec " le mariage de Maria Braun", jusqu'à son décès prématuré.
Ce réalisateur de premier plan, capable de mettre en scène jusqu'à trois ou quatre films par an ( sans compter les pièces de théâtre et les films pour la télévision) dans la premiere partie de son œuvre, (la plus abrupte ) est comme on le sait, celle à laquelle appartient "les larmes..."
Très déçu par ce Ozon où rien ne se passe, le huit clos étouffe la projection et on finit par se lasser de ses hommes malheureux qui ne savent s’aimer. Un grand moment de solitude face au spectre des émotions déployées qui nous frôlent sans nous toucher. Beaucoup de drama mais peu d’arguments solides, on en conclut rapidement à un caprice, des deux côtés de la caméra.
François Ozon signe un film tout à la gloire de ses comédiens dont les jeux d'acteurs sont impeccables dans un huis clos qui exacerbe leurs interprétations. Des émotions fortes à nuancées pour des images aux plans ciselés. Si Isabelle Adjani n'est plus à présenter, les deux révélations sont bien pour moi Khali Gharbia et Denis Ménochet. Stéfan Crépon tient une place insolite avec son regard pénétrant ; on aimerait le découvrir ailleurs avec du texte. A voir !
Magistral. Ozon pénètre l'univers de Fassbinder en ajoutant sa patte. L'humour est tout de même là dans sa vision du milieu du cinéma. Ménochet arrive à nous émouvoir et agacer à la fois. Quant à Hanna Schygula sa présence si courte crève l'écran.
Peter Von Kant est un film qui cherche à nous montrer une forme de passion amoureuse dévorante, dans un format qui rappelle une pièce de théâtre. C'est divertissant, mention spéciale à l'interprète d'Amir!
Il est surprenant de lire certaines critiques mettant à mal la performance de D.Ménochet. C'est le rôle tel qu'il est écrit qui est dérangeant tant l'hystérie et la perversion s'empare du personnage, et en cela l'acteur est fantastique, notamment dans les scènes finales. Le style des Larmes Amères était déjà volontairement kitsch et Ozon rend ici justice au caractère nettement autobiographique de cet opus inspiré d'une idylle entre Fassbinder et un de ces acteurs. Si Adjani peut paraître totalement fade et éthérée à l'extrême on finit par comprendre que c'est pour mieux fomenter le vide abyssal en Peter. Le huis-clos restitue parfaitement l'enfermement dans la névrose des personnages. La performance de Stephane Crépon est admirable. Cet Ozon est une ode au besoin irréparable de l'Autre.