Le film débute avec un style très seventies, un grand appartement, grande baie vitré qui pourrait faire pensée à une version loft de luxe de l'appartement de "Fenêtre sur Cours" (1954) de Alfred Hitchcock. Mais non, si Ozon affirme qu'il s'agit d'une nouvelle adaptation de la pièce de Fassbinder on comprend vite qu'en effet, il signe bel et bien une pièce de théâtre et non pas un film de cinéma. Ses modifications accessoires (cinéma plutôt que mode, amour soft) en font un remake insipide car nullement audacieux. On salue l'effort sur les décors et la lumière, un beau parallèle stylé avec Fassbinder mais sur le fond Ozon signe un remake sans âme ni chair. Un huis clos d'une théâtralité ennuyante et ennuyeuse malgré des acteurs investis (malgré des rôles féminins très sous-exploitées) et quelques passages assez hypnotisant. Toute la psychologie et l'amour de l'original perd ici sa substance. Au final un exercice de style faineant, qui aurait sans doute plus de force sur les planches puisque Ozon ne s'est pas franchement appliqué à faire du cinéma. Dommage... Site : Selenie
François Ozon ("Huit femmes", "Potiche", "Une nouvelle amie", "Frantz", "Eté 85", "Tout s'est bien passé"...), se lance ici dans la seconde adaptation cinématographique de la pièce de théâtre allemande "Les larmes amères de Petra Von Kant" écrite en 1970. A part l'impressionnant "show" Denis Ménochet que l'on déguste à toutes les sauces dans cette histoire, et les quelques apparitions sporadiques de la toujours envoûtante Isabelle Adjani à plus de 65 printemps, je n'ai pas du tout accroché à ce drame germanique des seventies tournant rapidement en rond dans un scénario se noyant rapidement, comme son héros, dans le gin tonic à gogo. Malgré une durée assez courte (1h25), il était temps pour moi que se terminent toutes ces simagrées amoureuses un peu superficielles, j'ai frôlé l'overdose ! Une oeuvre sans grand intérêt de mon côté. Site CINEMADOURG.free.fr
Ozon manie avec habileté le cadre et les lumières, mais son scénario grotesque et ses personnages caricaturales en font un film des plus décevant, et d'un ennui ferme.
Un acteur est beau quand il décloisonne, repousse les limites de son être social, de son image. Quand il n’est plus identifiable. Quand il navigue de projet en projet et qu’il creuse son sillon. Souvent les acteurs ou actrices deviennent des natures ou sont utilisés comme tel. Soit disant pour le naturel ou une forme de réalisme ou de crédibilité. Souvent par choix du metteur ou de la mentteuse en scène. Ozon offre des espaces d’écriture et de liberté à ses interprètes. Denis Ménochet dans Peter von Kant, par la grâce de François Ozon, s’impose comme un acteur génialissime. Ozon arrive ds les dialogues à flirter avec le style de Fassbinder, c’est tellement inspiré que ça en devient troublant. Son amour inconditionnel pour la création, le drame, l’amour, il nous livre l'intime avec fantaisie. C’est beau, drôle et touchant. Une larme d’émotion m’a saisi au générique, je ne m’y attendais pas, comme une reconnection à l’innocence, l’âge auquel je n’allais pas souvent au cinéma et que c’était encore une cérémonie.
1972: "Petra von Kant", ou Hanna Schygulla, devenant aujourd'hui "Peter von Kant" ou Fassbinder, incarné de facon époustouflante par Denis Ménochet, dans ce huis clos d'alcool, de cocaïne, de sexe, avec une incroyable Isabelle Adjani y excellant dans ce rôle d''auto dérision, et la toujours très belle Hanna Schygulla, pas une seconde d'ennui!
François Ozon fait son retour avec Peter von Kant, un film un peu différent et assez déconcertant ! On retrouve néanmoins la signature Ozon avec cette façon de filmer en mettant en valeur la beauté de la jeunesse, les postures, la beauté sexuelle, et fait naître le désir aux spectateurs. La souffrance et l'esprit tourmenté ( au passage décidément encore super ) du personnage principal, incarné par Denis Ménochet est tel qu'il en tourne un peu trop au ridicule ! Et c'est là la limite du film on est séparé entre le "ils en font trop" et le côté dramatique et esthétiquement réussit ! Adjani, sans surprise elle, est fidèle à elle même, elle sait jouer qu'un et unique rôle..
Peter Von Kant (Denis Ménochet), célèbre réalisateur à succès, habite avec son assistant Karl (Stefan Crepon), qu'il se plaît à maltraiter et à humilier. Grâce à la grande actrice Sidonie (Isabelle Adjani), il rencontre et s'éprend d'Amir (Khalil Gharbia), un beau jeune homme d'origine modeste. Il lui propose de partager son appartement et de bénéficier de ses appuis pour se lancer dans le cinéma.
Je suis la carrière de François Ozon depuis le début, depuis "Sitcom". Il a produit de véritables perles, telles "8 femmes", "Potiche" ou encore, plus récemment, "Été 85", qui a révélé Benjamin Voisin. Mais, comme certains cépages, Ozon a ses bons et ses mauvais crus, et on ne peut pas dire que son dernier film fasse partie de la première catégorie. C'est long, parfois même très long (et pourtant le film dure moins d'une heure et demie), comme cette scène pseudo-philosophique entre Peter et Sidonie, au début du film. Le jeu n'est pas toujours à la hauteur et on se demande parfois si on est dans un mauvais vaudeville ou dans une tragédie surjouée, Ozon prenant manifestement davantage de temps à filmer un éphèbe nu qu'à s'intéresser au jeu de ses comédiens. Même le plaisir de revoir la grande Isabelle Adjani au cinéma ne suffit pas à nous faire nous intéresser à l'histoire. Celle-ci est d’ailleurs on ne peut plus classique et a déjà été traitée des milliers de fois au cinéma, même en version gay : un homme tombe éperdument amoureux de quelqu'un qui se joue de lui, la discorde s'installe, la rupture arrive et l'homme pète les plombs. Voilà l'originalité ! Ajoutez à cela la "modestie" d'Ozon, dont seul le nom est cité durant le générique du début (alors qu'il y a quand même Adjani dans le film !). Je tiens tout de même à saluer la performance de Khalil Gharbia, très convaincant dans le rôle du jeune Amir, qui ne se contente pas d'avoir un physique avantageux, mais se montre excellent comédien et tout particulièrement je salue l'excellent jeu de Stefan Crepon, dans un rôle muet (l'un des plus difficiles à tenir) et qui, avec de simples expressions faciales, sait nous renseigner sur les sentiments de son personnage. Arriver à être omniprésent pendant tout le film sans prononcer un seul mot, chapeau ! Il est d'ailleurs scandaleux que son visage ne figure pas sur l'affiche, car il a un rôle plus conséquent que ceux des deux actrices. Bref, le film n'est pas loupé, évidemment, mais disons qu'il est loin d'être indispensable de le visionner.
De bons comédiens, de beaux costumes mais une adaptation un peu faible de la version originale. Le drame et la comédie sont pourtant finement apportés. Un film qui aurait pu inquiéter mais qui se laisse regarder au cinéma.
François Ozon signe un huis clos déconcertant où Denis Menochet incarne Peter Von Kant, réalisateur qui s’éprend de Amir qui devient alors sa muse. Mais leur histoire dérive assez vite et la passion amoureuse laisse place à beaucoup de douleurs. Casting incroyable, réalisation ultra soignée. Du grand cinéma.
Quand on va voir un film de F. Ozon on s’attend forcément à voir un film « spécial ». Pour moi, c’etait vraiment TRÈS, TRÈS spécial, voire limite malsain. Alcool, drogue, violence, sexe. Du coup, je ne sais pas dire si j’ai aimé ou pas car malgré tout, c’est un film « fort ».
Évidemment c'est clairement du théâtre filmé, assumé comme tel. La performance de Menochet n'en est pas moins impressionnant, et c'est même là le seul intérêt du film, les autres comédiens sont dans les faire valoir. N'ayant pas vu l'original de Fassbinder, il m'est difficile d'esquisser qqe comparaison que ce soit. Film auto-biographique ( pour Fassbinder) il serait intéressant d'avoir l'avis de F. Ozon.
La première scène est magistrale, avec une esthétique hyper intéressante des années 70, Adjani sublime, Menochet inspiré et des dialogues au cordeau, ça fait du bien. Quand on flash forward on atterrit dans le ventre mou du film avec une paresse d'écriture et un ennui possible. Menochet tient bien son rôle mais l'histoire est assez commune. Dès qu'Adjani revient ça prend de l'ampleur et du rythme et on regrette de ne pas la voir plus. La fin est surprenante grâce à la forte présence de Stephan Crépon. Et l'on se dit que ce film n'est pas pour tout le monde mais que c'est un bel objet cinématographique...
Adaptation d’un sujet initialement écrit pour le théâtre. Ça se voit car la mise en scène et les dialogues restent très théâtraux, huis-clos inclus mis à part quelques très courtes scènes de liaison. Une histoire d’amour, passionnelle et charnelle, mais entres hommes. Un thème que ne méprise pas le réalisateur comme chacun sait. On aurait pu penser que l’introduction d’un personnage féminin dans cette relation, en la personne d’Isabelle Adjani, amène un peu de douceur, moins d’hystérie, avec une autre approche sur le fond, Mais que nenni, l’actrice de renom et de talent n’est guère présente, même si elle aura et tiendra un rôle dans le dénouement. On peut se demander si elle n’est pas dans la tête d’affiche simplement pour attirer un public plus large que celui que le thème traité est susceptible d’intéresser. Un film d’ambiance, de genre. D’un autre réalisateur, ça ne retiendrait sans doute pas autant l'attention du public et de la critique.