J'ai tardé à aller voir ce film car, comme on dit, je ne le sentais pas trop. Pendant une heure, j'ai vraiment cru que mon a priori était tout à fait fondé. La dernière demi-heure a toutefois quelque peu modifié mon jugement ! Très souvent, lorsqu'il m'arrive de traverser des quartiers ou des villages et que je vois des jeunes, principalement de sexe masculin, glander sur leurs deux roues à moteur, je me demande de quoi est faite leur vie qui m'apparait comme étant totalement vide et sans intérêt. Tourné à Longué, village d'origine du réalisateur situé à 50 kilomètres à l'est d'Angers, Le film répond partiellement à cette question. Les 10 premières minutes nous présentent un concentré de bêtise masculine, le genre de scène où on ressent de la honte de faire partie d'une telle engeance. Il faut dire qu'on voit par la suite qu'ils ont de qui tenir, le principal père qu'on découvre s’avérant guère plus évolué que son fils, voire même moins évolué sur certains points. Heureusement que la gente féminine est là pour remonter le niveau. Comme il est dit dans le synopsis, on a donc 2 amis d'enfance, Willy et Jojo, tous deux passionnés par le motocross, mais dont l'un d'eux, Jojo cache un secret dont la découverte va initier un très gros désordre. Dans la conduite du récit et dans la mise en scène, le film a des qualités et des défauts : il y a parfois un manque de crédibilité, il y a une qualité de montage qui fait qu'on arrive à ne pas décrocher. Il y a surtout beaucoup de qualité dans l'interprétation : surtout, côté masculin, Sayyid El Alami, dans le rôle de Willy, et Damien Bonnard dans le rôle de David, le père de Jojo ; côté féminin, Florence Janas qui joue Séverine, la mère de Willy, et Léonie Dahan-Lamort, excellente, qui joue Marina, laquelle a très bien compris qu'il n'y avait pas grand chose à attendre des mecs de son village et qui est partie à Angers pour poursuivre ses études.