Je pensais bien connaître l'histoire des Femen et de ses fondatrices et même si le film précise qu'il a pris des liberté sur l'histoire officielle, les grands traits de son parcours sont à mon avis respectés. L'actrice principale est vraiment bonne, à un point qu'on ne pense plus à l'interprétation et qu'on pense vraiment avoir la vraie oxana à l'écran. J'ai trouvé intéressant la partie au Lavoir Moderne Parisien car j'avais vu le documentaire sur Appolonia Sokov l'année derniere et les deux films se rejoingnent. Bon la fin est connue et n'est pas très marrante mais elle est évoquée avec ellipse.
Un film puissant, qui mèle art, activisme, parcours individuel et collectif, et nous qui fait comprendre et entier dans le parcours d'Oxana Chatchko, l'une des fondatrice des femen
"Lorsque la survie, la fuite ou les prières ne suffisent plus, il ne reste que la lutte pour se redéfinir et affirmer tout son être. C’est dans cet état d’esprit que l’artiste ukrainienne Oksana Chatchko a donné naissance au mouvement des Femen. Aujourd’hui encore, les droits des femmes sont plus que jamais menacés au XXIe siècle et Charlène Favier, révélée avec son premier long-métrage Slalom, délivre avec Oxana un nouveau portrait de femmes en quête de justice et de résilience. La cinéaste utilise la toile pour y peindre les émotions et l’histoire d’une authentique icône, à la fois vulnérable, indépendante et révolutionnaire."
"Douée depuis son enfance pour l’illustration d’icônes religieuses, la jeune femme met à profit ses talents pour transformer le corps féminin en œuvre d’art. Et toute œuvre délivre un message. C’est l’aspect poétique d’Oxana qui ressort de ses réalisations et de ses idées avant-gardistes, bien avant que le mouvement MeToo ne s’installe durablement dans la société contemporaine. Elle était la plus entreprenante dans ses actions, où la forme compte autant que le geste de se dévêtir. [...] L’isolement d’Oxana est un élément qui sert à la compréhension du personnage. Ce qui démarque cette nouvelle œuvre de Favier avec ses précédentes, c’est le fait d’explorer la psyché de son héroïne avec beaucoup plus d’onirisme. Les symboles christiques sont assimilés par le regard et le jeu subtil d’Albina Korzh. C’est une aura de pureté qui se dégage d’elle et la mémoire d’Oksana Chatchko est sublimée à l’écran, comme si on empilait plusieurs mosaïques pour alimenter la narration."
"C’est dans un contexte sous pression, où l’on rejette aussi bien son art que son histoire, que Charlène Favier étudie les réactions de l’artiste dans un second temps. Une étude qui s’achève par une tragédie qu’elle stylise par respect à celle que l’on peut s’identifier de bien des manières, car « tout le monde peut se déclarer Femen ». Tout le monde peut incarner une idée. Oxana constitue ainsi une lutte ouverte pour les droits des femmes et un portrait solennel d’une artiste qui avait tout pour briller, mais qui a choisi de repeindre les ténèbres pour se sentir vivante et libre."
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Je suis une réfugiée politique, une artiste, une activiste et une sextrémiste. C’est ainsi que se présente Oksana Chatchko lorsqu’elle arrive en France, en 2013. C’est ce qu’a vécu durant une quinzaine d’années cette ukrainienne originaire de la ville de Khmelnytskyï, située à près de 300 kilomètes au sud-ouest de Kiev, que la réalisatrice française Charlène Favier a choisi pour nous raconter l’histoire du mouvement Femen dont elle a été une des fondatrices. Critique complète sur https://www.critique-film.fr/critique-express-oxana/
Film découvert en avant-première en présence de la réalisatrice. J'étais intéressée d'en apprendre plus sur le mouvement Femen, que je connaissais sans vraiment connaître, et sur ses créatrices. Un film très riche et bouleversant sur les combats d'Oksana Chatchko et son héritage inspirant. Un hommage puissant au courage de ces femmes magnifiées par un beau travail sur l'image et le son qui accompagnent ce voyage à travers l'Europe et le temps.
Dans Oxana, Charlène Favier s'inspire de la vie d'Oksana Chatchko, cofondatrice des Femen, pour livrer un biopic bouleversant sur la lutte contre le patriarcat et l'oppression. Le film, incarné avec puissance par Albina Korzh, explore la résistance viscérale d'une jeune Ukrainienne face à l'exploitation et aux régimes autoritaires. Par son engagement radical, Oksana transforme son corps objet en une arme de protestation. Le film interroge les mécanismes de la prédation économique et sexuelle, tout en dévoilant les tensions au sein des Femen. Oxana est bien plus qu'un biopic, c'est un manifeste poétique et tragique, un cri de guerre contre un système oppressif.
Film vu en avant-première. La réalisation est superbe, avec des plans magnifiques et un esthétisme à la fois propre et singulier à la réalisatrice. L'actrice ukrainienne Albina Korzh, remarquable, incarne Oksana Chatchko avec une justesse impressionnante qui bouleverse et permet de découvrir le parcours de cette jeune femme — activiste, féministe et artiste — dont l'engagement et la passion résonnent profondément.
Si Slalom était remarquable, Oksana est tout simplement magnifique.
Eu égard à la vie convulsive et combattante de Oksana Chatchko, cofondatrice du mouvement femen, dans l'Ukraine de 2008, il est assez logique que son portrait tracé par Charlène Favier, dont on n'a pas oublié l'excellent premier long, Slalom, ne soit pas un biopic linéaire et sage. Le film fait sans cesse la navette entre 2018 à Paris, qui devrait être l'année de la consécration pour Oksana, en tant qu'artiste, et le parcours d'engagement de cette jeune femme, pour qui l'art et la révolution sont les deux piliers de son existence. Sans brouiller le message, disons que cette construction en flashbacks a tendance à mettre l'accent en priorité sur ses engagements alors que la réalisatrice ne cache pas qu'elle voulait aussi, et sans doute surtout, parler de l'évolution d'une femme, à la fois pure et complexe , entre la religion, le militantisme et la peinture. Concernant le collectif qu'elle a contribué à créer, et dont elle a été finalement peu ou prou écartée, il est souvent réduit pour beaucoup à une révolte menée seins nus et le film a le mérite de le resituer dans l'espace et le temps, même si son affiche essaie de le faire résonner en fonction de l'actualité, et c'est de bonne guerre, si l'on ose dire. Le casting ukrainien a pris du temps et beaucoup d'énergie à la cinéaste, qui a ensuite dû se résoudre à tourner en Hongrie, mais il est l'un des grands atouts du long métrage, avec la magnétique Albina Korzh en première ligne, qui incarne avec brio cette femme puissante et fragile.