Pooja, Sir
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pasmaldutout
pasmaldutout

57 abonnés 142 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 29 juillet 2025
spoiler: Dans un Népal secoué par des tensions ethniques en 2015, deux adolescents disparaissent, déclenchant une enquête menée tambour battant par une commissaire venue de Katmandou.


Pooja, Sir, troisième long-métrage de Deepak Rauniyar, se glisse dans les habits du polar, mais refuse de s’y laisser enfermer.

C’est aussi un cri politique, une plongée dans les fractures d’un pays qui peine à rassembler ses multiples identités.

Rauniyar, lui-même issu de l’ethnie madhesi, filme avec acuité une société marquée par des divisions invisibles aux yeux du touriste amateur de sommets enneigés.

Ce Népal-là n’a rien de carte postale. Il est rude, instable, profondément inégalitaire.

L’enquête policière, écrite à six mains avec David Barker et Asha Magarati (actrice principale et compagne du cinéaste), devient un prétexte à révéler les luttes de genre, de classe et d’origine.

Dès les premières scènes, un contraste s’impose : spoiler: celui entre deux enfants disparus, l’un issu d’une famille influente, l’autre d’une minorité marginalisée. Le décor est planté, et les tensions, palpables.


Pooja, la commissaire, n’est pas un personnage anodin. Elle choisit qu’on l’appelle "Sir", comme pour revendiquer son autorité dans un monde d’hommes, quitte à brouiller les pistes de son identité.
C’est une femme forte, queer, volontairement androgyne, qui avance dans un univers masculin sans jamais se laisser réduire à un cliché. Elle forme un tandem inattendu avec une collègue d’une autre minorité : deux femmes, deux luttes, une même détermination.

À travers ce duo, le film incarne un refus des cloisonnements, une volonté farouche de relier plutôt que de diviser.

L’intrigue avance à un bon rythme, ponctuée de silences tendus, de regards lourds et d’une musique nerveuse signée Vivek Maddala.

Certes, le scénario aurait mérité un peu plus de clarté et le personnage principal un approfondissement de son parcours intime, mais la sincérité du propos emporte l’adhésion.

Pooja, Sir n’est donc pas seulement un polar haletant.
C’est aussi un film engagé, qui parle de droits, d'identité et de réconciliation.
Il rappelle, sans pathos, que les minorités ne demandent pas des faveurs, mais l’égalité.
Et que même dans un pays où l’Himalaya tutoie le ciel, les plus grandes montagnes à déplacer sont parfois sociales, culturelles, intérieures.

Pas mal du tout
ben desiles
ben desiles

57 abonnés 127 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 24 juillet 2025
A moins d'être fin connaisseur des rouages intimes de la politique népalaise et de la rébellion d'une région séparatiste, on risque fort d'être rebuté par cette histoire d'enlèvement. Entre une policière patibulaire et des gens qui passent leur temps à manifester en hurlant, ce film n'est guère affriolant...
petitbandit
petitbandit

118 abonnés 685 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 23 juillet 2025
Si les bonnes intentions sont là avec cette capitaine lesbienne qui essaie de dénouer un enlèvement d’enfants, le film ne décolle jamais vraiment et s’embourbe dans d’innombrables bavardages qu’il est difficile de suivre. L’intrigue est assez maigre aussi voulant faire la part belle aux injustices que vit une communauté dans ce Népal en proie aux troubles politiques. L’actrice principale s’en sort â peu près mais le petit budget du film et une réalisation modeste ne m’ont pas convaincu.
traversay1

4 524 abonnés 5 439 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 juillet 2025
Sous couvert de polar, on y reviendra, Pooja, Sir évoque l'année 2015 dans le sud du Népal, quand la minorité Madheshi impose un blocage à la frontière indienne, pour protester contre les changements apportés à la constitution du pays. Violences et inégalités profondes sont ici épinglées (le film a été censuré au Népal) avec puissance, la force visuelle des scènes de rue constituant l'atout premier du long métrage. Au passage, Pooja, Sir ne manque pas de souligner les discriminations qui concernent les femmes, encore davantage quand elles exercent un métier "d'homme", comme policière, par exemple, et que leur orientation sexuelle s'éloigne de la norme. Autant d'aspects fort intéressants du film, notamment pour ceux qui ignorent presque tout de ce petit himalayen, et qui font presque oublier son intrigue policière, complexe et parfois même opaque. Au moins, on ne peut pas dire que le réalisateur, Deepak Rauniyar, cherche à adapter son sujet pour l'international et il faut lui rendre crédit de jouer la carte du réalisme et tant pis si tout n'est pas compréhensible dans l'action. Quoi de plus logique, finalement, dans un pays connu pour sa grande diversité culturelle et linguistique, avec une population composée de nombreux groupes ethniques et de plus de 120 langues maternelles.
Pascal
Pascal

269 abonnés 2 518 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 juillet 2025
En provenance du Népal, " Pooja" repose sur un scénario qui pourfend les discriminations ( ici à l'égard d'une minorité qui vit au sud du pays) et l'essentialisation de la haine.

S'inscrivant dans le registre du polar ( c'est ici un prétexte ), le spectateur sera invité à lire entre les lignes car il y a une autre discrimination que celle revendiquée par le cinéaste.

Cette autre discrimination c'est la policière qui l'incarne car elle porte en elle la blessure émotionnelle du rejet ( son orientation sexuelle, jamais clairement affichée à l'écran et sa place dans le cœur de son père ).

Il y a un scénario et un casting convaincant malheureusement la mise en scène, les cadrages donnent le sentiment d'avoir été composés à la va vite.

Voilà un titre qui a un potentiel, mais il aurait fallu ( selon moi ) un réalisateur d'une autre envergure pour permettre à ce film, loin d'être inintéressant, de comporter un peu plus de saveur.
Raphaël Sevaux
Raphaël Sevaux

2 abonnés 14 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 avril 2025
Même si le film traîne un peu en longueur par moment, le réalisateur effectue un beau travail de mise en scène (la photographie notamment). Ce drame policier et politique vaut notamment pour son actrice.
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