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Odile A.
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1,0
Publiée le 11 juin 2022
Je ne comprends vraiment pas cet engouement de la presse pour ce film qui sonne totalement faux et qui n'est qu'une succession de clichés sur les rapports familiaux! Obscur et ennuyeux sont les qualificatifs qui me viennent spontanément !! A aucun moment cette histoire ne m'a émue.
« Frère et sœur » de Arnaud Desplechin dont j’avais adoré « Roubaix, une lumière » (2019), vient d’être présenté en compétition à Cannes. Le pitch est connu : Alice (Marion Cotillard) est une actrice de théâtre reconnue et son frère Louis (Melvil Poupaud), professeur puis écrivain-poète lui aussi de talent, se haïssent depuis plus de 15 ans. Le film s’ouvre comme dans « Les choses de la vie » (Claude Sautet - 1970) sur un accident de la route – ou plutôt ses prémices – qui va finalement rapidement tuer leur mère, son mari se « suicidant » en arrachant ses perfusions après avoir curieusement vu le corps de sa femme alors qu’il était en soins intensifs. Bref on se prépare à un long flash-back permettant de comprendre le pourquoi de cette famille. Et bien non, on assiste à une succession de saynètes n’ayant pas toujours de lien entre elles avec de rares flash-back très courts dont on n’a pas le temps de comprendre le pourquoi. S’y ajoute un autre frère qui ne dit rien et un ami de la famille, Zwy (Patrick Timsit), qui bien que psychiatre ne nous apprend guère plus ! Bref un film intello-bobo-parisien auquel pour en élargir le portail on ajoute : de l’alcool, de l’héroïne, des neuroleptiques, un homosexuel, un juif (le passage de la lecture de la Torah est probablement important mais amené de façon comique et tellement bref que…), une jeune roumaine SDF (?) qui adore le théâtre, une crise d’hystérie chez un pharmacien Africain-sub saharien, une petite cabane de bois perdu dans les montagnes… et j’allais oublier un épisode dans une caverne préhistorique. On mélange tout cela pendant près de 1 h 50, mais in fine on ne comprendra rien au pourquoi/comment de cette haine avec à la fin une espèce de rédemption puisque Alice ira au palais royal d’Abomey (Bénin) se resourcer (?) et Louis reprendra ses cours d’enseignement de la poésie ! Un film qui fera peut-être le délice des Psychiatres… et des psychopathes mais on est très loin d’un film de Bergman sur les relations intra-familiales !
A nouveau Desplechin décortique une famille dysfonctionnelle. On ne saura rien des motifs de la haine recuite d'Alice pour son frère, mais ce n'est pas important. Le réalisateur s'attache à l'expression de cette haine, qui mène à une irréconciabilité entre les deux enfants, l'aînée ayant réussi à bannir le cadet tout comme Elizabeth avec Henri dans Un conte de Noël (2008) du même Desplechin. Le jeu grandiloquent de Cotillard jure avec celui de Poupaud, plus sobre, campant un personnage ayant renoncé à fréquenter sa famille. Autour d'eux gravitent des seconds rôles formidables (Golshifteh Farahani en épouse de Louis, Patrick Timsit en ami fidèle de la famille). Alors que l'intrigue se suffit à elle-même et que Desplechin excelle à montrer les relations malsaines qu'entretenaient enfants et parents, elle s'égare avec l'irruption d'une admiratrice d'Alice, Luisa, dont le scénario ne fait rien et dilue le propos du réalisateur.
Un nouveau film très "littéraire" (au sens de sa thématique, une grande tragédie familiale, de son scénario un peu "labyrinthique" et de ses dialogues, très écrits), et qui peut néanmoins très émouvant, pour peu qu'on accepte ce type de cinéma, ce qui ne semble pas être le cas d'une majorité de spectateurs ici qui sont passés totalement "à côté" de par leurs attentes d'un cinéma scénarisé, dialogué et joué de façon plus "standard". Melvil Poupaud et Marion Cotillard y excellent dans leurs jeux, et sont d'autant plus méritants qu'il est difficile de jouer des dialogues aussi "littéraires" sans qu'ils paraissent forcés. Dans sa radiographie des névroses familiales, Desplechin est au sommet de son art.
Passez votre chemin. Un frère et une sœur se haïssent mais le spectateur n'arrive pas à comprendre pourquoi. A la mort des parents, cette haine disparaît soudainement, toujours sans bien comprendre pourquoi. Les acteurs dont mal dirigés, ça sonne faux. On ne se prend pas daffection pour eux.
ennuyeux, triste, sonnant faux du début à la fin...et tout ça sans raison, comme le dit Alice à la fin. à éviter sauf si vous avez envie de vous morfondre avec les personnages
Un beau film d'Arnaud Desplechin, la réalisation est parfaite, les acteurs très bien, contrairement à ce qui a été dit dans d'autres critiques. Je trouve néanmoins dommage que l'on reste dans le doute (et sur notre faim !) quant à l'origine du conflit entre frère et soeur.
Quelle déception un film avec un thème qui me réjouissait d une bonne séance de cinéma français avec de bons acteurs... bref une belle soirée en perspective. ce filmé est décousu et incomprehensif.
La haine familiale représentée de manière subtile. Certains dialogies paraissent presque lus, et de manière très théâtrale. Ce manque de naturel semble voulu mais déroute. Un peu long par moments mais reste globalement intéressant.
Le scénario est puéril, aucun des personnages n'est crédible et certains sont même ridicules au point que leurs réactions sont irréalistes. Certains acteurs sauvent ce qui peut l'être de leur performance, mais certains moments sont tout simplement embarrassants.
Magnifique film sur les mécanismes inconscients d'amour et de haine dans une fratrie, métaphore de toutes les relations frere et soeur . Acteurs remarquables.
Quelle liberté et quelle authenticité, dans ce cinéma pourtant très écrit! Marion Cotillard, actrice avec laquelle j'ai habituellement du mal, incarne ici à la perfection... la haine. Elle en est effrayante, et l'on partagerait presque avec elle ses convulsions, sa dévoration intérieure. Pourtant, elle montre par ailleurs une grande humanité avec un autre personnage. Ce qui porte également le film, c'est cet amour du réalisateur pour sa ville, Lille. Elle est là, qui scintille, partout dans l'espace et dans le temps, passé, présent... Les personnages sont forts, et si vous n'êtes pas renvoyés à votre propre famille, à vos propres rancunes ou vos propres lâchetés devant celles des autres (autre thème fondamental du film, par le biais du neveu qui se fait passer un savon par spoiler: Melvil Poupaud , et extrêmement vrai et intéressant selon moi), alors votre famille est "suspectement" bien parfaite... La résolution tombe sous le sens, quoiqu'elle soit parfaitement spoiler: surnaturelle , et portée par spoiler: la grâce . Car il s'agit bien de spoiler: surnaturel ici , pour Arnaud Desplechin qui devient de plus en plus spoiler: chrétien au fil de son oeuvre : Marion Cotillard est véritablement spoiler: possédée , et ne sera spoiler: exorcisée qu'à la spoiler: mort de ses parents , bénéficiant alors d'une spoiler: grâce venue d'en haut . Moins convaincante en revanche, à vues humaines, spoiler: la réaction de Melvil Poupaud lorsque sa sœur lui demande pardon : en une seconde, uniquement "Ca va, ça va...", alors que c'est l'histoire d'une vie. Il ne faudrait pas que cela nous fasse croire que c'est aussi simple en réalité, le pardon demandé et donné. Cela peut prendre plus de temps, comme le film le montre pour la coupable.
Également, dans les premières minutes du film, la scène spoiler: surnaturelle0 est spectaculairement réussie : on dirait un cauchemar, mais c'est la réalité! Superbe. Merci M.Desplechin, et Mesdames et Messieurs les acteurs!
Vraiment décevant ! Pourtant j'aime beaucoup de film de Desplechin (Jimmy P., Les fantômes d'Ismaël, Roubais, une lumière...). Un nombre surprenant de maladresses, de thèmes secondaires qui brouille complètement la perception des scènes. Une réalisation qui donne l'impression d'être baclée (photo non cohérente, montage poussif, musique relou...). Au final, un film pénible. Sur le fond, la volonté de s'intéresser au pardon est tout à fait louable mais le piège semble-t-il est que le spectateur veut naturellement comprendre les vraies raisons de la haine plutôt que de se sensibiliser sur le pardon thème que veut traiter le réalisateur...