L'Envol
Note moyenne
3,3
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51 critiques spectateurs

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Christoblog

920 abonnés 1 799 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 janvier 2023
Tout est étrange dans ce curieux mélange des genres qu'est le nouveau film de Pietro Marcello.

L'envol commence avec des images d'archives au très gros grain (vraies ou fausses ?), avant de devenir une chronique rurale naturaliste dans un paysage magnifique.

J'ai alors pensé que la trogne incroyable de l'acteur Raphaël Thierry allait être l'enjeu principal de l'histoire, quand tout à coup le film fait s'écouler le temps à toute vitesse et devient une sorte de fantaisie poétique qui ne ressemble à rien de connu.

Dans ce deuxième ou troisième film dans le film, la jeune actrice Juliette Jouan crève l'écran. L'envol s'envole vraiment, mêlant film d'animation et chansons à la Demy, figure légère d'aventurier (Louis Garrel, parfait en pilote d'aéronef) et voiles rouges battant au vent.

Le film est un bric-à-brac assez passionnant, polymorphe par son esthétique (tantôt l'image est très soignée, tantôt elle a l'apparence d'un Polaroïd) et insaisissable sur le fond.

Une belle découverte, qui me réconcilie avec le réalisateur italien, dont je n'avais pas aimé du tout Martin Eden.
Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 13 juin 2022
Pour l’ouverture de la Quinzaine des Réalisateurs, Pietro Marcello (Martin Eden, Bella e Perduta) est appelé à embrasser nos attentes les plus folles, notamment celle d’un film d’époque, tourné en France et en français pour l’occasion. Il y adapte le roman « Voiles écarlates » de l’écrivain russe Aleksandr Grin, évoquant une romance universelle et dont la modernité est apportée par le cinéaste. Le ton se prête ainsi au conte, où un crépuscule offre une seconde chance à une famille reconstituée. Père et fille doivent venir à bout de certains regards méfiants et harceleurs dans le but de s’évader un peu plus de ce village, empoisonné par le même déni qui le conditionne à une vie sédentaire et en suspension.

Un homme boiteux (Raphaël Thiéry) revient de la Grande Guerre et retrouve dans son nid une enfant, orpheline de sa mère. Ce mari endeuillé traverse donc cette étape avec une force de caractère qui lui vaut une place dans la menuiserie, là où il s’efforcera de polir le bois et d’éliminer la graisse qui occupe ses pensées. Blessé par la guerre et par les regards du village, il n’est pas forcément le bienvenu et le climat généré par la masse témoigne d’une animosité constante, jusqu’à ce que cela se répercute sur la génération suivante. Le deuxième acte catapulte ainsi la jeune Juliette dans un monde froid et qui ne manque pas de lui rappeler sa différence, elle qui rêve d’un ailleurs meilleur, loin des bois, proche des cieux. Juliette Jouan lui offre ainsi une présence unique, nourrie par une prophétie qu’un certain ermite (Yolande Moreau) viendra défendre, au moment où toute fuite pourrait sembler vaine et contre-productive.

Si la joie anime Juliette, elle devra traverser mille peines avant de goûter au soupçon romantique qu’on lui destine. L’étude passe de la violence rurale à l’émancipation d’un mode de vie porte en elle les rivalités et les contradictions qu’il convient. Ce n’est pas exécuté avec une mise en scène sophistiquée et on restera assez académique de ce côté-là, mais le fameux grain, raccordé à des images d’archives, finit par donner de la consistance pour une narration fluide. Jean (Louis Garrel) tombe alors du ciel pour des raisons d’ego et une maladresse qui compense sur son charme. Ce pilote et aventurier possède les atouts qui pourraient délivrer Juliette de la haine qui s’abat sur sa famille, mais il lui reste assez de temps pour l’apprentissage. Le reste du récit se consacre d’ailleurs à trouver une musicalité, à l’image de l’opéra, qui évolue et transcende ses personnages.

Un tel procédé pourra en noyer plus d’un dans les marécages, tandis que les autres finiront par saisir « L’Envol » que Marcello entretient. D’un conflit à un autre, l’héroïne devra se résoudre à laisser passer l’orage sur son domaine, où la qualité du bois est aussi éphémère que la promesse d’un père qui n’est plus tout jeune. Le film hésite ainsi, en jouant la carte de l’émerveillement, au milieu d’une fièvre qui empêche Juliette d’avoir son libre-arbitre. Malgré l’indépendance et l’autonomie qu’on lui reconnaît, il serait dommage de passer à côté de sa vulnérabilité, qui lui offre un bien meilleur développement, qu’un dénouement au peu trop terre-à-terre.
anonyme
Un visiteur
3,0
Publiée le 25 novembre 2023
Au-delà de belles images, d’un scénario hors sentier balisé, « L’Envol » c’est avant tout une trogne et des pognes, celles de Raphaël Thiéry.
Une gueule de cinéma comme on dit.
C’est un corps, impressionnant, vrai.
Ce n’est pas celui d’un Dwayne Johnson ou autre catcheur converti au cinéma, sportif, sculpté pour séduire les femmes sur des plages californiennes.
Raphaël, le personnage, a un corps usé par l’effort ; un corps en relation avec la terre, la matière. Un corps « rural ».
A cela s’ajoute, un corps meurtri par une guerre des tranchées.

« L’Envol » permet à l’acteur, habitué à des troisièmes voire des quatrièmes rôles, de partager un premier rôle avec Noémie Lovsky et d'imposer sa stature et son talent dans un scénario que d’aucuns pourraient juger désuet, dépassé.
Surtout dans sa forme.
Pour un film d’époque, le réalisateur semble porter sa caméra à l’épaule. Une impression de prise de vue mode documentaire. Il donne à son film un caractère moderne tout en nous offrant quelques plans qui s’approchent de la peinture : captation de natures mortes dans l’atelier de Raphaël ou dans la cuisine de Noémie.
Premier rôle pour Juliette Jouan dont le personnage apporte de la lumière dans cette ferme piquetée de pauvreté.
J’avoue avoir craint l’ennui et je fus agréablement surpris de ne pas avoir vu le temps passé…
Bernard M
Bernard M

28 abonnés 514 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 25 janvier 2023
Le film" l'envol" présente quelques maladresses ( absence de banc-titre au début, des séquences souvent sombres alors que certains décors se prêteraient à plus de luminosité ) qu'on a du mal à effacer de notre esprit.Il y a un désir d'authenticité dans les décors ruraux des années 1920-1936 . Il y a aussi des rôles bien campés et pour Juliette Jouan dont ce fut le premier rôle, ce coup d'essai fut une belle performance et ouvre des promesses en perspective.Il y a surtout un film où la poésie, la musique, le chant, les images mais aussi l'histoire et le côté très réaliste s'associent ensemble à merveille pour donner un résultat assez convaincant pour qu'on le suive jusqu'au bout
Le_Général
Le_Général

122 abonnés 384 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 18 octobre 2025
 Me retrouver sur @cinémasansfard (YT) !


Il y a dans L’Envol quelque chose qui précède la beauté. Quelque chose d’antérieur à la musique, à la parole, à l’amour : un battement, une attente, un espoir trop grand pour le monde. Pietro Marcello, depuis Martin Eden, poursuit la même quête — filmer la foi des humbles, la lumière dans la boue. Ici, il la transpose dans un conte rural, où la terre devient mémoire et la voix, prière.

Un père, une fille, un violon, un ciel. Tout commence dans la cendre de la guerre. Le silence pèse comme un deuil collectif. Et puis, un été, la promesse : des voiles écarlates viendront l’emporter. Juliette, visage d’enfant et de prophétesse, attend, croit, chante — obstinément. La caméra, patiente, la suit comme on suit une apparition. Elle ne la raconte pas : elle la contemple, la bénit, la laisse se dissoudre dans la lumière.

Marcello filme les visages comme des icônes ternies. Chaque regard semble hériter d’un siècle de fatigue. Les couleurs — rouille, cuivre, or de poussière — vibrent comme des restes d’un monde ancien. On croirait voir un film retrouvé dans une malle d’archives, tourné à la main par un paysan mystique. Il y a dans chaque plan la ferveur d’un artisan, et dans chaque silence la foi d’un moine.

Mais cette beauté a son prix. Le récit, trop suspendu, trop pur, s’évapore. L’émotion glisse entre les doigts, comme un rêve trop tôt su. L’Envol frôle l’extase, puis s’endort dans la contemplation. On voudrait y croire plus fort, sentir le miracle éclore — mais la grâce, ici, reste promesse. Elle plane, elle attend, elle ne descend jamais tout à fait.

Alors on comprend : ce film n’est pas un voyage, mais une attente. Non pas un drame, mais une liturgie du désir. Juliette ne s’élève pas vers le ciel — elle apprend seulement à regarder la lumière sans fermer les yeux. Et dans cette leçon de persévérance, il y a déjà toute la vérité du cinéma de Marcello : croire que la beauté n’a pas besoin d’issue.

Quand les voiles écarlates paraissent enfin, on ne sait plus s’il s’agit d’un miracle ou d’un souvenir. Le conte s’achève dans le silence — ce silence qui n’est pas vide, mais offrande. L’Envol ne nous transporte pas : il nous élève à hauteur d’espérance.

Ma note : 14 / 20

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Babou
Babou

9 abonnés 121 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 19 février 2023
Je ne m'associe pas aux critiques élogieuses. Certes, ce film a une photographie magnifique, les images sont superbes, les visages mis en valeur comme des œuvres d'art. Mais ça ne suffit pas à en faire un bon film. La lenteur et l'opacité du récit sont rédhibitoires. J'ai passé mon temps à regarder ma montre et à trouver ça long, mais long, alors que la durée du film ne l'est pas particulièrement. Raconter une histoire, capturer l'attention des spectateurs, ce n'est pas donné à tout le monde. Beaucoup de zones d'ombres, une pincée de sorcellerie mais incongrue, un manque de cohérence, cela reste superficiel. Je suis sortie de la séance perplexe. Si Juliette pense être sauvée par ce pseudo héros qui ne trouve rien de mieux à faire qu'à s'écraser lamentablement et dont il faut s'occuper, je lui souhaite bien du plaisir. Mais je n'ai pas vu de rêve (j'en ai marre de ces histoires de "prince charmant"), ni d'espoir, mais beaucoup de pesanteur. Rien ne sert d'attendre après quelque chose de merveilleux qui vous sortira de votre vie plombée et étriquée. Il faut provoquer son destin et s'arracher. Sinon, se résigner et se satisfaire de son sort.
Sophie
Sophie

11 abonnés 59 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 17 octobre 2025
Mélange des genres pas très réussi à mon sens. Ca commence de manière plutôt réaliste avec un sujet dramatique, l'insertion d'images d'archives, et au milieu du film ça dévie vers la comédie musicale avec des passages chantés tout ce qu'il y a de plus gnan gnan (et bien trop longs). Le thème de la sorcière est intéressant mais mal exploité, tiré vers le conte et donc sans crédibilité, sans non plus que cela apporte à l'esthétique du film. La sorcière, on sait depuis Jules Michelet que ce n'est pas celle qui fait des incantations magiques (inutiles et ridicules à l'écran) mais celle qui connaît le pouvoir (réel) des plantes, et ça aurait pu être bien plus intéressant ainsi. Les plus belles images et les passages les plus touchants sont celles/ceux en présence du père, en particulier lorsqu'il travaille le bois de son air calme et obstiné. Le personnage interprété par Noemie Lvovsky est assez bien interprété également, en revanche je n'ai pas trouvé la Juliette crédible, elle est trop moderne et citadine dans son élocution.
Segolene Ede
Segolene Ede

1 critique Suivre son activité

0,5
Publiée le 15 janvier 2023
Le scénario ne décolle pas, il part dans tous les sens , les plus improbables et souvent anachroniques. Je me suis ennuyée, de plus en plus au fur et à mesure que le film avançait.
Hotinhere

790 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 décembre 2023
Une chronique rurale d’après-guerre âpre et manquant un peu d’intensité, mais dont le charme opère grâce à une mise en scène élégante et son casting séduisant, notamment la révélation Juliette Jouan épatante de naturel. 3,25
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 17 janvier 2023
Un film un peu triste sur des gens simples et honnêtes en but a la méchanceté et la bêtise de voisins du village. La fille attend son prince charmant qui finira par venir. L'ambiance est lente et la photographie très belle
GéDéon
GéDéon

134 abonnés 711 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 7 décembre 2023
Ce long-métrage du réalisateur italien Pietro Marcello, sorti en 2022, possède une indéniable originalité en raison de son contenu poétique tendre et suranné. A la fin de la Première Guerre mondiale, un ancien poilu se retrouve seul pour élever sa fille. Malgré l’hostilité des gens du village, cet homme bourru mais doué de ses mains va se dévouer corps et âme. Après une entame très prometteuse, le récit prend des directions inattendues et souvent inégales. D’un drame social, on passe à un conte de fée assortie de scènes musicales moyennement réussies. Ce choix scénaristique reste déroutant et donne l’impression d’une œuvre incomplète. Bref, un film qui sort des sentiers battus mais qui finit par s’égarer.
Margot1812
Margot1812

40 abonnés 102 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 11 janvier 2023
L'envol est une très belle fable à la fois poétique et populaire de par son casting! c'est à découvrir !
Orno13
Orno13

26 abonnés 1 055 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 5 décembre 2023
L envol nous conte l histoire d un homme revenant blessé de la première guerre mondiale en retournant dans son village il apprend que son épouse est morte mais qu il a une petite fille dont il va peu a peu avoir un lien fort, malgré les rudesse de la vie nous voyons ces 2 personnages à travers ces années un amour fusionnel qui m emeut beaucoup.
Le réalisateur comme d habitude use du naturalisme quasi documentaire par moments qui est pour moi le format juste même si par moments il y a quelques longueurs, notamment quand on voit le père travailler le bois qui est une bonne reconstitution des gestes et des conditions de travail au début du 20 ème siècle.
De plus nous nous attachons peu à peu de la fille joue par une inconnue qui est formidable avec une poésie qui nous réjouit, l amitie qu elle nous avec une sorte de fée ou sorcière joue par yolande moreau est tellement bien mise en scène que s en est formidable.
Bref un bon film poétique, naturaliste et exigeant à découvrir
ferdinand75

723 abonnés 4 462 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 octobre 2025
Un film complétement atypique, une sorte de conte rural et bucolique mêlant un expressionisme populaire et une poésie fantasmagorique. On est dans un milieu rural , dans la baie de Somme , pas loin de la mer, très pauvre, au sortir de la guerre de 14-18 et un combattant rentre au village, blessé et va devoir élever sa fille seul. On suivra alors les différentes étapes de son apprentissage : de petite fille , fillette, jeune fille et jeune femme. Le milieu environnant est hostile. Ces 2 personnages sont rejetés par les autres villageois pour de vieilles histoires.
La jeune fille se forge une personnalité. Une sorte de vieille sorcière, la conseille. On frôle parfois la magie, puis on retombe dans du social pur et dur. Le mélange est réussi, parfois déroutant mais envoutant. On se laisse embarquer par ce style ,assez unique, y compris quand la jeune fille se met à chanter et que le film bascule en 2 ou 3 occasions en comédie musicale à la Jacques Demy , en plus rustique .
Beaucoup de charme, cette jeune actrice/ chanteuse, Juliette Jouan a beaucoup de talent. Mais c’est surtout le personnage du père qui est exceptionnel, interprété par Raphael Thiery , que je n’avais jamais vu, alors qu’il a déjà fait pas mal de TV et quelques films. Il est rare qu’un personnage « match » si directement à son rôle. J’ai même cru que c’était un acteur non professionnel, un vrai ébéniste avant de lire son parcours. Epoustouflant.
Très bons seconds rôles de : Noémie Lvovsky , Louis Garrel ou Yolande Moreau , qui ont eu bien raison de faire confiance à ce jeune réalisateur italien,
larramendy
larramendy

15 abonnés 79 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 janvier 2023
Un film magnifique, à la fois rude et poétique, pétri d'humanité et porté par des acteurs exceptionnels.
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