AMEN. est un film d'un grand réalisme, intelligent, interessant, touchant, puissant : un film choc dans toute sa splendeur sur ceux qui ont ignoré et ceux qui ont agit. Mathieu Kassovitz est brillant de réalisme dans son interprétation, tout comme Costa-Gavras dans sa réalisation.
Cet officier allemand et ce jeune ecclésiastique faisaient partie des « justes » qui se sont battus pendant toute la 2ème guerre mondiale pour dénoncer l' holocauste des juifs. Le film a cette puissance de pointer la lâcheté du Vatican, ainsi que celle de pleins de pays (Américains, anglais, russes...), qui ont choisi de " laisser faire " contre la recherche de la vraie stratégie pour arrêter la guerre mondiale, (et aussi parce que l'antisémitisme s'inscrit dans une histoire de plus de 3000 ans (moïse et la terre promise)) Bien filmé (avec des arrières plans un peu rafistolés), les acteurs principaux sont remarquables, ( Matthieu Kassovitz en tête). Dommage que ce film français offre une VO en anglais et non pas en allemand, italien (et latin?), ce qui ajouterait de la véracité dans le texte, le rythme et le ton le film vaut pour aussi ses dernières scènes, voire la dernière, qui montre que les salauds, s'en tirent, toujours, comme le diable -)
Costa Gavras, cinéaste engagé, a toujours fait preuve de modestie et de respect vis à vis des sujets qu'il choisissait de traiter, ce film ne fais pas exception, sans forcer le trait, tout le monde en prend pour son grade, aussi bien le Vatican, empêtré dans ses contradictions finissant par faire preuve de lâcheté diplomatique, et le peuple allemand, fanatisé ou résigné pour la grande majorité, seuls les vrais rebelles, les vrais résistants donc, trouvent grâce aux yeux du réalisateur, malgré les obstacles qui les poussent au sacrifice, l'histoire finit par leur donner raison.
Costa Gavras dénonce la "mollesse" de l'Eglise catholique, et son rôle "capital" de collaboration implicite avec l'armée d'Hitler. Une prise de conscience plutôt sinistre et effrayant mais diaboliquement efficace !
Comment vivre en paix avec sa conscience en se rendant compte que l'on a créé une arme qui a massacré des centaines de milliers d'innocents ? Il n'y a qu'une solution : tenter de dénoncer et arrêter cette pratique, en demandant de l'aide à l'Eglise. Cependant, comment faire quand l'Eglise elle-même, qui prêche la bonne parole et intime aux nazis d'arrêter leur conduite, est corrompue, et ferme ses yeux et ses oreilles face à des preuves irréfutables ? Amen est la lutte d'un officier SS et d'un prêtre qui tenteront par tous les moyens de faire éclater la vérité. Un film énorme, très révélateur de la corruption qui existait à l'époque, de la loi du silence terrifiante qui a causé la mort de millions de personnes... pour l'enrichissement de quelques autres.
Le problème de Costa-Gavras, c'est la présentation non nuancée des sujets qu'il traite dans ses films, ce qui peut pousser à l'agacement. Avec lui, on est tout blanc, ou tout noir. Pas de demi-mesure, le monde est coupé en eux. Pour le reste, excellents acteurs, réalisation parfaitement maîtrisée, et thème nécessaire et peu traité.
Je ne connaissais pas les film de Costa-Gavras et ce film sur la dissimulation de la vérité sur les camps d'extermination est une agréable surprise. Ulrich Tukur est un acteur que j'aime beaucoup et je l'ai trouvé admirable dans ce film, il est dommage que Mathieu Kassowitz n'ait pas autant de naturel et de talent dans ce film. C'est le seul bémol du film que j'ai trouvé.
Déjà rien que pour l'affiche il fallait oser, le sujet est très tendencieux et donc délicat. Les prestations de Tukur et Kasso sont impressionantes, tant par leur justesse que leur sobriété. Cependant je reprocherais au film d'avoir recréé 1 vatican faux puisqu'il a été tourné en Roumanie, ce qui à mon goût enlève pas mal de réalisme. En ce qui concerne la mise en scène il manque d'originalité. Ce qui n'empêche pa de nous faire réfléchir é de nous interpeller, le fait de n'avoir pas montré les camps était une bonne idée, car cela rajoute de la force au moment où l'on découvre la soutane du prêtre. Bref j'ai donc un sentiment mitigé pour ce film qui vaut tout de même la peine d'être vu !
Un drame intéressant, qui marque assez finement l'ambiguité de l'Eglise qui régnait à l'époque. On avait beaucoup parlé d'une affiche de film à caractère subversif, ce qui ne nuit pas à la qualité du film outre mesure. Les acteurs jouent dans le ton, et le film marque donc le spectateur. Une bonne reconstitution historique.
Le film est adapté de la pièce de théâtre « Le vicaire » (1963) de l’écrivain allemand Rolf Hochhuth dont c’est la 1ère œuvre littéraire à 32 ans. L’affiche du film a fait polémique lors de sa sortie, représentant un hybride de croix latine et de croix gammée. C’est pourtant le sujet du film, à savoir les relations diplomatiques troubles entre l’état nazi et le Vatican alors que circulent des informations concernant l’existence de camps d’exterminations, d’abord des handicapés mentaux puis des Juifs. Le sujet, grave et douloureux, est vu à travers les yeux d’un lieutenant S.S., Kurt Gerstein (1905-1945), chargé de la désinfection de l’eau pour l’armée puis de la lutte contre les poux dans des camps. Il découvre alors, lors d’une visite sur le terrain, que le Zyclon B sert aussi à tuer les gens. Horrifié, bouleversé, il en parle, en vain, à l’attaché de l’ambassade de Suède à son retour en train puis essaye (car, malgré son uniforme, il est animé d’une foi chrétienne profonde) d’informer le pape Pie XII (pontificat de 1939 à 1958) par l’intermédiaire d’un jeune jésuite, Ricardo Fontana (Mathieu KASSOVITZ) dont le père est un proche du pape. Un film poignant, où l’époque est bien reconstituée (tournage en Roumanie et Italie) et qui n’est pas manichéen, quoi qu’en disent ses détracteurs. Sans oublier la musique d’Arman AMAR dont c’était la 1ère musique de film à 49 ans. .
On a pu en voir quelques-uns , de films au sujet de l'Holocauste de la seconde guerre mondiale . On aurait pu avoir un film banal à ce sujet , mais "Amen" n'en est pas un . Car en choisissant le point de vue de l'Eglise catholique , Costas-Gravas arrive à apporter des éléments nouveaux , qui ne sonr pas vraiment connus à notre époque . Le sujet du film est donc très intéressent , et constitue une critique du Clergé qui était resté sans réaction au massacre juif . Malheureusement , Costas-Gravas déçoit beaucoup dans sa réalisation : très lente , un peu trop académique , et beaucoup trop démonstrative . Ce qui fait qu'il est très difficile de rentrer dans cette histoire , malgré une grande prestation de Mathieu Kassovitz , exellent dans son role de prêtre dépassé par les événements . En résumé , si le fond est fort intéressant , la forme dèçoit beaucoup . C'est dommage , il y avait matière à faire un petit bijou ...
Excellent film, intelligent, équilibré, pas de scènes inutiles ou justes larmoyantes. Le silence de la religion, et en particulier du pape, est bien représenté. Les acteurs jouent très bien, particulièrement les allemands. Kassovitz est émouvant. Film supportable (pas de scène violente comme dans le Pianiste) et regardable : presque pas de sang. Tout en subjectivité…
Réalisé par le très connu Costa-Gavras, ce long-métrage est une totale réussite ! Cet historico-drame tiré d'une histoire vrai est ahurissant tant dans le fond que dans la forme en traitant un point important de la seconde guerre mondiale pas encore amené à l'écran: le rôle de l'Eglise dans le massacre Juif. On peut quand même dire que l'Eglise a quand même fermer les yeux sur un des plus grands génocides de l'Histoire de l'homme. Costa-Gavras réunit dans ce film intelligent et subtile de brillant acteurs souvent peu connu en France, à l'exception de l'exceptionnel Mathieu Kassovitz qui rentre dans une soutane pour donner vie à homme d'Eglise (Ricardo Fontana) qui veut que l'Eglise se réveille face à ce massacre, mais on retient surtout en tête d'affiche l'étonnant colonel SS porté par Ulrich Tukur. La musique récurrente du film est tout simplement un pur idylle musical avec cette once de "suspense grave" dans ce morceau. Des plans suggestives d'une rare beauté apporté par Costas-Gravas sont tristement grandioses. La violence est de plus suggestives, c'est peut-être pire mentalement mais ce n'est pas un film où le spectateur est un voyeur morbide, nous ne pouvons que saluer Costas-Gavras pour cette idée remarquable. Un petit bijoux que la seconde guerre mondiale (dont on croyait les sujet épuisés jusqu'a la moelle) pas jugé à sa juste valeur de film historique et grandiose. Sauf au César où il reçoit de droit le César du meilleur scénario original ou adaptation. A voir mais peut-être pas à revoir car bien que comme je l'ai dit la violence suggestives est quand même bouleversante. Un film tragique et bouleversant donc qui d'ailleurs à entraîner une polémique sur l'Eglise qui ensuite avouera sa faute.
Avec "Amen", Costa-Gavras délivre une œuvre forte et méritante. Cet officier SS, fervent chrétien, ne peut supporter de voir de telles atrocités inhumaines se passer sous ses yeux. Tiraillé entre sa loyauté patriotique et sa morale d'homme, il va tout faire pour alerter le Vatican de ce qui se déroule dans les camps. La vraie puissance de ce film est la mise en exergue de l'indifférence et de la peur, celles de l'Église et celles des proches. Il faut avouer que la prestation d'Ulrich Tukur est absolument formidable. Mais, il y a un gros bémol à signaler : le manque de vie. En effet, le spectateur assiste à un long-métrage certes remarquable, mais dont l'intensité va malheureusement decrescendo. L'émotion est absente et les rebondissements sont mollassons, ce qui est assez frustrant pour le spectateur. Au final, Costa-Gavras nous offre une production d'assez bonne facture qui aurait toutefois mérité plus de vivacité.