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Juliette Arnould
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4,0
Publiée le 8 septembre 2023
Tres beau film sur comment vouloir partir en paix, choisir son lieu de mort, ses derniers moments. Film plein de pudeur. Voir aussi le côté de l'accompagnant, celui qui va survivre, comment traverse le declin de son partenaire.
Chronique d'un couple très amoureux face à l'épreuve de la maladie. Le besoin du voyage, prétexte pour "respirer", devient un parcours initiatique. Un drame relativement lourd, se déroulant de façon soporifique, en outre la rencontre programmée paraît étre une démarche quelque peu étrange. Il y a bien quelques scènes fortes et une réflexion sur le choix de partir comme on l'entend mais l'ensemble est long au regard du contenu.
Le film brasse plusieurs sujets. La solitude. La mort évidemment. La rencontre avec un être qui ne juge pas. Le retour à la nature dans le sens d’une renaissance. On peut même faire un parallèle avec l’éléphant d’Afrique qui, sentant sa mort prochaine, s’éloigne et part seul dans la brousse. J’aurais préféré un film plus dense, moins dilué. Il est un peu trop long dans les échanges. La nature est réconfortante et je veux bien croire qu’elle « parle » à qqn qui sent sa vie disparaître. Cela nous paraît incompréhensible je pense mais il est juste de révéler cette pensée par ce récit. Par contre, l'émotion est peu présente. Elle reste à distance. C'est ce qui nous touche moins.
Un film bouleversant, triste, signe Emily Atef à la mise en scène et partageant l'écriture du scénario ! J'ai regardé ce long métrage car c'était le dernier rôle au cinéma pour Gaspard Ulliel, fait à titre posthume, par curiosité, j'ai voulu y jeter un œil et je dois avouer que c'est pas mal même si au début, j'avais un peu peur. Un couplé, dont la femme est gravement malade en attente d'une greffe, s'aime, se dispute, elle a besoin d'espace (d'ailleurs, le début du film est très obscure niveaux décors et lumières), elle décide de partir en Norvège, dans la lumière de la nature montagnarde, mais seule sans son fiancé. Une belle histoire de vie et d'amour que nous raconte la cinéaste Emily Atef que j'ai bien aimé, un bon film d'auteur. Vicky Krieps est touchante dans le rôle principal aux côtés du regretté Gaspard Ulliel dans la peau de son conjoint, plus secondaire mais excellent. La Norvège est très jolie aussi et bien filmé. Une œuvre humaine et déchirante.
Bien que je n'ai pas vécu cette situation, j'ai trouvé que le scénario était très juste, sans doute grâce à la magnifique interprétation de Vicky Krieps. On ressent bien son besoin de vivre ses derniers moments pleinement, en arrêtant d'être dans l'attente de la mort, et de les vivre à l'écart des gens bien portants qui composent son entourage et qui lui rappellent sans cesse, en creux, sa maladie. Contrairement à d'autres, j'ai trouvé Gaspard Ulliel un peu moins bon, trop brutal avec sa compagne. J'ai trouvé la scène d'amour de la fin un peu trop longue (j'ai failli faire "avance rapide"), je n'ai pas vu l'intérêt.
Drame intimiste noir. Angoissée par sa fin de vie programmée, "elle a besoin d'espace" et Gaspard ne la comprend pas... Elle se retrouve dans les échanges skype avec un vieux bloggeur norvégien malade lui aussi : "Les vivants ne peuvent pas comprendre les mourants"! Hébergée dans une boat house miteuse, elle multiplie les extravagances vis-à-vis de son état (bain glacé dans l'eau du fjord, crapahutage seule sans son oxygène,...). C'est un film sur le choix de sa fin de vie spoiler: elle refusera la transplantation de ses poumons
Le film nous proposera une scène d'amour magnifique avec des sous-entendus tragiques. Vicky aurait mérité un prix d'interprétation...
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3,5
Publiée le 4 avril 2023
« Les vivants ne comprennent pas les mourants. » C'est sur cette affirmation prononcée par l'un des personnages qu'Emily Atef construit son film avec une crise dans un couple qui est confronté à la maladie. Quand Matthieu et Hélène découvrent que cette dernière est atteinte d'une fibrose pulmonaire idiopathique, ils prennent un gros coup derrière la tête. Matthieu fait bonne figure et se montre optimiste tandis que sa femme se renferme sur elle-même et décide de partir seule en Norvège pour réfléchir à sa situation... "Plus que jamais" aborde la difficile question de la fin de vie avec une femme qui veut prendre une décision dans son intérêt. Une décision importante et tout sauf égoïste. Un dernier voyage qui fait office de méditation sur la mort, la maladie et l'amour. L'acceptation n'est pas synonyme de résiliation, mais c'est une nuance qui amène une certaine incompréhension du côté du mari. Sans jamais tomber dans le pathos, la réalisatrice raconte une histoire qui est autant directe que délicate. Si je m'attendais à un peu plus d'émotions, "Plus que jamais" est un beau film plein de pudeur qui est porté par de merveilleux acteurs et filmé dans un magnifique cadre naturel.
Ce sont deux visions égoïstes qui s'opposent dans ce film.
D'un côté, Hélène, interprété par la géniale Vicky Krieps, atteinte d'une fibrose pulmonaire idiopathique, qui souhaite vivre sa vie comme elle l'entend, spoiler: en Norvège afin de pouvoir profiter des derniers jours qui lui restent à vivre seule, refusant la greffe qui est la seule solution pour vivre, en laissant son mari seul à Bordeaux.
Et de l'autre côté, son époux Mathieu, interprété par Gaspard Ulliel, qui souhaite coute que coute accompagner sa femme jusqu'au bout, dans l'espoir de la faire changer d'avis, sans se soucier de sa volonté.
Deux visions s'opposent dans ce film, une optimiste portée par Mathieu, le mari en bonne santé, et l'autre pessimiste portée par Hélène, la femme condamnée.
Un très beau film qui résume bien l'état d'esprit dans lequel on peut être lorsque l'on est confronté à cette situation.
Il n'est jamais simple de raconter la maladie au cinéma sans tomber dans l'excès lacrymal. Hélène (Vicky Krieps) est en couple avec Mathieu (le regretté Gaspard Ulliel pour son dernier film). Atteinte d'une maladie dégénérative des poumons, elle étouffe (dans les deux sens) en France et décide brusquement de partir chez un vieil homme bourru en Norvège. Ce long-métrage prend son temps au milieu des fjords où la jeune femme retrouve goût à la vie malgré l'avancée de l'état de sa pathologie. C'est un mélodrame tout en pudeur, joué avec brio par les deux acteurs. Cela peut être ouvrir le débat sur le choix de la fin de vie, sans en dire trop. spoiler: Quant à la scène finale, elle touchera même à coup sûr les spectateurs les plus endurcis .
Ce film est effectivement inoubliable. Il traite d'un sujet qui peut tous nous concerner d'un jour à l'autre et nous fait prendre conscience de la fragilité de la vie et de la puissance des sentiments. Il est certes un peu lent et contemplatif mais cela colle parfaitement avec le sujet et le ressenti de l'héroïne, qui est un peu en "stand bye" de tout et cherche à se retrouver profondément pour accomplir son dernier voyage. Les paysages sont à couper le souffle et apaisants et les acteurs formidables , faisant passer des émotions incroyables. On est touché et on se sent impuissant, on ne peut s'empêcher de se demander ce qu'on aurait fait ,nous, dans cette situation. Enfin, revoir Gaspard Ulliel est un bonheur mais aussi ça fait mal, on réalise à nouveau qu'il n'est plus là et qu'il manque cruellement au cinéma.
Plus que jamais livre un discours sur la fin de vie libre de toute question polémique, pour se concentrer sur l’expérience intime de la décision de partir, dans les deux sens du terme. C’est d’ailleurs bien la mort qui noue le lien entre Hélène et «Mister» (Bjørn Floberg), celui-là même qui lui dit que «les vivants ne peuvent pas comprendre les mourants». On ne peut qu’être enveloppé dans cette bulle de chagrin, à la faveur d’un sujet sensible et de la grâce de son actrice,. Une introduction percutante, une cinématographie sublime et l’absence quasi totale de musique rendent l’expérience étourdissante. Gaspard Ulliel y est solaire et la performance est de haut niveau. Un très grand acteur que l’on regrette déjà. Malgré la gravité du sujet on ne tombe jamais dans la condescendance. Une pépite du cinéma d’auteur.
Après le controversser «Trois Jours à Quiberon» : la réalisatrice Emily Atef reviens avec cinquième long-métrage innatendue. Solaire, empreint de poésie et de mélancolie, «Plus que jamais» questionne notre rapport au temps, à la mort, et à la nature sans jamais tomber dans le pateau. Tout y est au contraire criant de vérité à l’image des comédiens. D’un côté Gaspard Ulliel dans un ultime grand rôle qui nous donne malgré lui un chant du cygne inoubliable et déchirant. De l’autre, Vicky Kriesp, la révélation de ‘‘Phantom Thread’’ et ‘’Corsage’’ ajoute à nouveau un grand rôle à sa déjà belle filmographie. L’alchimie entre Vicky Krieps et Gaspard Ulliel est indéniable et l’ai l’une des forces du film. Mais sans l’intense et légère réalisation d’Emily Atef, «Plus que jamais» ne serait rien. Avec ce film, Emily Atef signe à coup sûr son meilleur film. On avait pas vue plus émouvant depuis "Les Choses de la vie". On est scotcher !