Compartiment N°6
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3,8
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155 critiques spectateurs

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Cornelia de Frost
Cornelia de Frost

1 critique Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 novembre 2021
"C'est important de savoir d'où on vient" - d'où elle vient cette finlandaise jolie et naif? Appartient-elle
au même milieu des appartements bourgeois russes où la vacuité des conversations est aussi frappante que la superficialité de ses adeptes ? Au fil du voyage elle se renderà compte que ce monde moscovite, qui l'attire mais que pourtant ne semble pas vraiment l'accepter, n'est pas vraiment le sien. Ce sentiment de malaise, que Bourdieu décrivait comme tipique de l'habitus sociale de la classe dominé, accompagne les deux personnages tout au long du voyage... au fait, c'est ce sentiment même qui les repousse et qui les attire au même temps . On a dit d'eux - "deux personnages que tout oppose"...oui, peut-être... mais que pour ceux qui s'arrêtent aux apparences.
Bmr Mam
Bmr Mam

10 abonnés 83 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 mars 2023
 Très beau moment de cinéma que le voyage auquel nous invite le finlandais Juho Kuosmanen dans le "Compartiment n° 6" du train qui relie Moscou à Mourmansk.
Une jeune finlandaise un peu paumée fuit sa vie agitée d'intellectuelle moscovite et se retrouve avec pour voisin de couchette, un rustre russe au crâne rasé qui picole et éructe.
Voilà, c'est tout, deux acteurs et rien d'autre dans le scénario.
 C'est tout mais avec deux acteurs plus vrais que nature (le russe Yuriy Borisov est extraordinairement expressif alors qu'il ne ronchonne que quelques mots de ci de là) et avec tout le charme d'un beau moment de cinéma qui nous fait partager le trajet de ces deux-là qui pendant quelques jours et quelques nuits (c'est lent un train russe) vont se côtoyer dans la promiscuité confinée de leur compartiment (c'est sale un train russe).
Bien sûr, ils nous semblaient aussi éloignés l'un de l'autre que possible mais forcément, ils vont se rapprocher peu à peu comme les rails des voies de chemin de fer, et apprendre à s'apprécier.
Et nous, apprendre à les connaître, ces deux beaux personnages.
On apprendra aussi à dire "je t'aime" (ou presque) en finlandais.
On apprendra aussi qu'il est possible de donner une seconde vie au vieux tube "Voyage, voyage" de Desireless (fin des années 80) car on le sait, ce qui importe n'est pas la destination mais le voyage : le film a toute cette sagesse qu'a oubliée notre époque.
[...] Sur le Gange ou l'Amazone
Chez les blacks, chez les sikhs, chez les jaunes
Voyage, voyage
Dans tout le royaume
Sur les dunes du Sahara
Des îles Fidji au Fujiyama
Voyage, voyage
Ne t'arrêtes pas ...
Alice
Alice

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 1 décembre 2021
C'est l'histoire d'une rencontre, improbable, très belle, dans un train qui relie Moscou à Mourmansk.

C'est aussi l'histoire d'un voyage interminable, de la démesure glaciale du paysage, de la place du souvenir, des destins solitaires.

Un superbe conte d'hiver.
Brigitte B.
Brigitte B.

6 abonnés 30 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 21 novembre 2021
n des points forts du cinéma: cette capacité à nous transporter dans un autre univers….
Découvrir l’Autre, l’Etranger; curieux, essayer de mieux le comprendre. Finalement, pas si compliqué puisqu’il est comme nous !!!
« Dans un voyage ce n'est pas la destination qui compte mais toujours le chemin parcouru, et les détours surtout. »
Cette citation reflète l’esprit de ce joli film, réussi !
FaRem

10 595 abonnés 11 630 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 28 juin 2022
Ne jamais se fier aux apparences. Alors qu'elle laisse tout derrière elle pour réaliser son rêve de voir des pétroglyphes, Laura est loin d'imaginer le voyage qu'elle va vivre. Tout d'abord, elle va craindre le pire en découvrant qu'elle partagera sa cabine avec Ljoha, un homme rustre qui ne lui fait pas une première bonne impression. Laura n'est pas non plus la plus gracieuse et va peu à peu s'ouvrir en apprenant à le connaître. C'est alors le début d'une aventure humaine, mais « à la Russe » à savoir avec beaucoup de pudeur et peu d'enthousiasme. Le personnage de Ljoha, qui finit par être attachant et même touchant, incarne bien ce film où les marques d'affection et de tendresse sont peu présentes, mais réconfortantes. Lorsque les deux s'ouvrent et comprennent que ce sont parfois les différences qui nous rapprochent, cela donne lieu à quelques scènes charmantes avec des acteurs qui montrent enfin un peu de chaleur humaine. Après, dans l'ensemble, il n'y a rien de vraiment transcendant. C'est un film qui se laisse regarder, mais je n'ai pas été emballé plus que ça.
selenie

7 460 abonnés 6 689 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mai 2022
Le prologue nous montre une amie Irina intellectuelle, très citadine, extravertie, puis Laura qui est déjà expatriée et donc pas forcément à son aise, se retrouve isolée face à un homme russe rustre et vulgaire mais également assez mutique malgré ses efforts de sociabilité. Et pourtant se dessine un autre sujet en filigrane, celui de s'ouvrir à l'Autre pour s'ouvrir soi-même au monde. Sur ce point on est plus mitigé car si l'entente entre la finlandaise et le russe s'améliore pour devenir complice le dialogue et les dialogues restent très limités, et si on apprend rien sur eux, eux-mêmes n'en apprennent pas davantage sur leur compagnon de voyage. Le russe se résume à un balourd trop vulgaire, qui se sait que injurier et être désagréable ce qui amène à l'antipathie. Juho Kuosmanen signe un road movie sur fond d'introspection intéressant et touchant mais qui pêche par des protagonistes russes trop antipathiques, des enjeux un peu vains et un côté contemplatif trop sous-exploité malgré des paysages qui méritaient qu'on s'y attarde.
Site : Selenie
ferdinand75

727 abonnés 4 495 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 26 novembre 2023
Un original "train movie" , parcours initiatique aussi . Une jeune femme finlandaise de passage à Moscou où vit son amante , intellectuelle de l'enseignement, décide d'aller visiter le site de Pétroglyphe à Mourmansk. Elle prend le train de nuit , à la mode russe. Il y a de dortoirs couchette de 3e classe , mais elle a réservé en 1ere , compartiment sobre qu'elle doit partager avec un ouvrier rustre , qui monte travailler sur une mine de gaz. Beaucoup de lenteur dans ce huis- clos, et de la poésie aussi, les deux acteurs sont bons . Il y a les arrêts de nuit dans des villes glauques, des rencontres avec des gens bizarres. . Et puis l'arrivée dans le grand nord, paysages très beaux de glaces, de bords de mer dans la blizzard. On regrette cependant de ne pas pouvoir découvrir ces fameux Pétroglyphe, c'est un peu en "attendant Godot". Beaucoup de lenteur et de répétition, même si il y a un côté pittoresque, d'un endroit unique et fascinant , où l'on ira jamais en vacances .
cinono1

368 abonnés 2 292 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 23 janvier 2022
Tout est fluide dans ce film un peu trop anecdotique mais d'où émane un charme discret. L'inconfort des voyages, dans une Russie réfrigérée, où les rencontres n'ont pas le glamour d'Hollywood, mais ont les traits d'un russe rustre de premier abord, mais sensible et au cœur d'artichaut. Ça se regarde avec plaisir mais cela manque un peu de fièvre
Guillaume
Guillaume

156 abonnés 1 769 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 26 avril 2022
Un voyage initiatique au bout du monde, où les frontières sociales se délitent devant la puissance des éléments.
Deux âmes perdues, mais réunies par le destin, le temps d'un instant de vie donc, qui partagent leur joie, leur peur mais aussi leur espoir.
Un cinéma qui transcende les émotions, mais garde cependant une part d'exclusivité.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 239 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2022
Le cinéaste finlandais filme dans un train la rencontre de deux êtres que tout semble séparer.
Sans surprise, les 2 protagonistes vont apprendre à se connaitre et à combler leur solitude réciproque au cours de ce voyage.
Sans surprise, oui, mais avec beaucoup de charme, un charme d'abord dû à deux acteurs attachants, toujours justes.
Sans grande surprise sur le fond, mais sur la forme, le cinéaste s'en tire très bien: tourner essentiellement dans un train et même dans un compartiment ne l'a pas empêché de donner un rythme vif à son récit. Bel exploit.
mazou31
mazou31

132 abonnés 1 374 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 4 août 2022
Un beau film d'un romantisme inattendu et novateur qui met en scène la solitude de l'être, sa quête de l'autre sans espérance, l'éphémère de chaque instant. L'histoire de deux personnages dissemblables qui se croisent le temps d'un long parcours dans un compartiment russe entre Moscou et Mourmansk. Histoire sans aspérité et pourtant captivante, décors sinistres et pourtant esthétiques, portées par deux comédiens fantastiques. Un film qui a largement mérité, cette fois-ci, son Grand Prix cannois en 2021.
lancelo25
lancelo25

38 abonnés 90 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 15 avril 2023
Afin de conserver son efficacité et son suspens, il ne faut évidemment rien lire sur ce film avant de le voir. Un seul mot, une seule évocation ôterait la surprise et l’inattendu. Dans ce contexte, ce film est assez redoutable car il nous tient en haleine en maintenant le spectateur en tension. Film d’horreur, ultraviolent, enquête policière… ? Tout est possible et la surprise n’en est que plus grande. Un bémol sur la dernière demi-heure un peu trop évanescente et sur l’absence d’analyse du protagoniste qui visiblement doit cacher d’intimes secrets mais qui restent non dévoilés.
Kouto
Kouto

30 abonnés 4 775 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 5 octobre 2025
Une étudiante finlandaise en archéologie prenant le train à Moscou pour se rendre dans un site en mer arctique doit partager son compartiment couchette avec un russe ce qui va donner lieu à une étonnante rencontre sur fond de différences culturelles dans une Russie post soviétique. Filmant ses deux protagonistes au plus près, le réalisateur finlandais laisse libre court à ses interprètes offrant dans un naturel désarmant un rapprochement délicat et touchant.
Shawn777

814 abonnés 3 965 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 29 novembre 2022
Ce film acclamé par la critique presse (notamment intello, on ne va pas se mentir), réalisé par Juho Kuosmanen et sorti en 2021, n'est pas mal mais sans plus. C'est ici l'histoire d'une jeune femme qui voyage seule de Moscou à Moursmank pour aller voir des pierres et se voit forcer de passer ce long voyage en compagnie d'un homme un peu lourd et étrange. D'emblée, les deux personnages se détestent mais sont coincés dans le même compartiment. Ils vont alors apprendre à se connaitre et j'imagine que vous voyez déjà venir la fin à des kilomètres. Et oui, ça a beau être du ciné intello et contemplatif, ça en reste très prévisible ! Et d'ailleurs, à la fois prévisible au niveau de la fin mais également du chemin pour arriver à cette fin puisque nous sommes dans un voyage initiatique plutôt classique. Effectivement, les personnages, très différents l'un de l'autre, vont finalement apprendre de l'autre, partager des choses et des émotions, apprendre à aimer, à détester, à se remettre en question etc. Le film coche alors toutes les cases du festival de Cannes. En effet, c'est assez long, l'histoire est quasi-inexistante, le film montre une Russie grise et morne dans laquelle seuls les deux personnages principaux semblent briller (du moins vers la fin), c'est bourré de dialogues qui ne mènent nulle part etc. Et, si je n'apprécie normalement pas vraiment ce cinéma intello et prétentieux, ici, j'avoue avoir accroché à l'ensemble ! Alors, même si j'ai malgré tout ressenti les longueurs et cette volonté de vouloir cocher toutes les cases du cinéma art et essai par excellence, je me suis tout de même attaché aux personnages. D'une part car il faut admettre qu'ils sont bien écrits mais également car ils sont très bien interprétés par Seidi Haarla et Youri Borissov ! De plus, l'image est magnifique, ce qui contraste d'ailleurs avec les paysages mornes, gris et tristes de la Russie. En effet, le film nous prouve quelque part que l'on peut faire du beau même avec "moche", que la beauté dépend finalement de la manière dont on aborde et dont on regarde les choses (ce qui rejoint d'ailleurs le thème central du film, c'est-à-dire apprendre à connaitre l'autre et voir au-delà des apparences). Malgré son côté film d'auteur quelques fois insupportable, "Compartiment n°6" reste donc intéressant !
maxime ...

309 abonnés 2 069 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 avril 2022
Hytti Nro 6 est un film pour lequel je m'embrouille, j'ai un mal fou à mettre mes idées dans l'ordre et je me disperse complètement à cet instant pour écrire cette critique. C'est qu'il y'a de quoi dire.

Avant d'orchestré sa rencontre et le voyage en train, c'est belle et bien le portrait de cette jeune femme qui se dessine sous nos yeux, et pas n'importe lequel. Celui qui exprime un mal-être sous jacent, qui transpire de partout mais qui à force d'habitude et de convenance est retenue par un jeu de masque machinale. De ce fait, Laura, le personnage titre, deviens une figure de style à elle seule et retiens toute nos attentions. Seidi Haarla est d'une justesse folle et désarmante, une des raisons du trouble qui m'empêche de concrétisé mes pensées à l'écris je pense.

Le film ensuite embarque sur la voie tel que la bande annonce le démontre. Procédé que je ne peux m'empecher d'utiliser lorsque je vais en salle et que je m'interdit dans d'autres circonstances, mais néanmoins, je l'avoue celle-ci est réussit et n'en dis pas trop. Le film sur ce point ne révolutionne rien. La rencontre entre deux êtres que tout opposent à évidemment été traité au Cinéma, en vrac comme çà, me vienne Lady and the Tramp, Una Giornata Particolare ou encore plus récemment Green Book. Là-dessus l'étendard de la diversité, de l'échange et du culte de la différence est brandit et je le reconnais volontiers, qu'au fond, à ce jeu, je n'en tire pas grand chose ... Non pas pour des raisons inversé, loin de là, mais tout simplement pour moi le film traite d'un autre sujet. La solitude et la douleur de cette dernière.

J'avoue que la seconde partie du film, en gros pour chiffré sa dernière heure ma nettement plus enthousiasmé. Là ou la manigance disparais pour vraiment réunir ses deux âmes en peines et confronté le mal qui les rongent. Libre à chacun.e.s de voir ce qu'il l'entend, mais en ce qui me concerne, si ce film m'a fait sourire c'est bien car il ne chasse pas ses démons, il ne les abandonnent pas non plus, il les embrassent et en cela traque toute fausse idée du bonheur factice et facile. On régurgite l'embellie du vivre ensemble pour une vrai indulgence au détriment de la tolérance de verre prôné dans les bons cercles.

C'est avec un large sourire que s'achemine ce parcours, un de ce qui viens de loin, du tréfond de nos entrailles et qui rayonne non plus pour brisé la grisaille mais pour entrevoir ce qui s'y cache là-dessous. J'en oublierai presque avec tout cela de souligné les interprètes, Youri Borrisov et sa ganache de gentil brigand surtout. La photographie et le cadre nous font aussi vivre des moments intenses. La caméra est à l'image du film, juste et forte. L'esthétique de Juho Kuosmanen raconte l'histoire à travers ses décisions dans le champ, mais aussi en dehors. C'est ces passages les plus intimistes et les plus sobres qui touchent toutefois à la perfection.

Je ne peux finir autrement que sur cette citation : " Haista Vittu " !
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