"Training Day" a beau être considéré comme un film marquant du début des années 2000, je n'ai franchement jamais réussi à accrocher à ce qu'il propose. Clairement, j'assume ce décalage et le fait que ce projet fait partie des grands projets cultes que je ne considère pas. Mais justement, malgré cela, le sujet reste intéressant. Pourquoi ce film ne me parle pas ? Déjà, ce n'est pas forcément une question de base, car je trouve l'idée du long-métrage assez intéressante. Développant son scénario sur une seule journée, le film s'inscrit directement comme un baptême du feu explosif pour le jeune Jake. On le comprend très vite, et autant dire que la relation entre nos deux héros sera au centre de tout. Entre un Denzel Washington extrêmement sûr de lui et la naïveté développée par Ethan Hawke, il était clair que les premières scènes annonçaient rapidement la couleur. Mais paradoxalement, dès cet instant, j'ai commencé à sentir que cela n'allait pas me parler, le problème venant du fait que je trouvais cela assez prévisible et caricatural. J'ai beau aimé leurs interprètes, j'ai vite compris quel serait le destin de nos héros.
On est sur une confrontation typique du policier corrompu face à l'exemplarité naïve de la jeunesse, et beaucoup de situations sont donc très prévisibles en ce sens. Par exemple, dès le moment où Alonzo se joue une fois de lui, on comprend immédiatement que tout ce qui suivra ne sera que de la manipulation. Si le film avait peut-être été un peu plus subtil, en ne vendant pas directement ce dernier comme un traître, on aurait pu garder le doute. Mais avec cette façon de faire, il est clair qu'aucun mystère n'est possible. Mais le pire, à mon sens, c'est qu'en plus de développer quelque chose de convenu, le projet se traîne clairement la patte. Dans les faits, toute la première heure ne sert qu'à présenter le contexte, et ça en devient vraiment long. Pour le coup, il est vrai que l'heure amène un peu de fraîcheur, car on découvre enfin la véritable histoire, on sort de ce contenu "suite de sketchs". Mais malheureusement, même lors de la dernière heure, j'ai été déçu. Pour moi, le plus gros coup de massue venant de la conclusion, qui s'avère être tragiquement banal. Quand on voit la précision avec laquelle Alonzo joue ces coups, on se retrouve à être franchement surpris quand ce dernier se fait avoir comme un bleu par un Jake aussi mal en point. Le pire étant atteint lors de la scène avec les gangsters, qui est censée être un gros retournement de situation, pour montrer la fausse influence d'Alonzo, mais, même ça, ça ne marche pas. Ici, le souci étant que ça n'a jamais été un sujet, on a rapidement vu qu'il n'était pas respecté, et cette hiérarchie entre lui et les gangsters n'a jamais été plus développée de toute façon. Dans cette fin, tous les personnages secondaires autour n'ont jamais eu plus de 2 dialogues avec lui, ce qui fait bien mince pour appeler cela : le gros retournement final.
Alors heureusement, le film bénéficie d'un duo de tête plutôt efficace et d'une réalisation solide, car j'aurais bien rapidement décroché sans cela. Mais du coup, comme vous l'avez compris, je ne comprends toujours pas ce que l'on trouve à ce projet. Il réalise juste les clichés les plus basiques de ce genre de film, et c'est bien trop peu pour moi. Pour conclure, un film culte qui m'est complètement passé à côté.