La Chimère
Note moyenne
3,5
867 notes En savoir plus sur les notes spectateurs d'AlloCiné

84 critiques spectateurs

5
12 critiques
4
23 critiques
3
20 critiques
2
18 critiques
1
8 critiques
0
3 critiques
Trier par :
Les plus utiles Les plus récentes Membres avec le plus de critiques Membres avec le plus d'abonnés
Nicolas S
Nicolas S

54 abonnés 667 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 31 décembre 2023
Arthur, un jeune homme anglais, rentre dans son village d'adoption en Toscane (?) après avoir passé quelque temps en prison. On découvre de fil en aiguille son don pour repérer des vestiges étrusques mais aussi son passé tragique, qui explique en partie le dénuement dans lequel il vit et qui occupe tous ses rêves (rendus en Super 8).
Il est ensuite difficile d'expliquer tout ce qui arrive à Arthur et ses compères tombaroli, tant le film lance des pistes selon une logique qui échappe justement à la logique, pour épouser le mouvement des rêves. La Chimère est ainsi caractérisé par cette bizarrerie envoûtante que Pasolini, en particulier, essayait de convoquer, et qui est aussi le propre des fables médiévales - il n'est d'ailleurs pas innocent que la "morale" de l'histoire soit révélée dès la mi-film par un troubadour. De ces fables, Alice Rohrwacher retient aussi la nature profondément impure - à la fois burlesque et tragique - brossant ainsi un portrait en demi-teinte de ses personnages et de leur milieu campagnard. On comprend en effet que les ambitions mercantiles qui semblent animer la plupart des personnages les ont durablement abîmés, les rendant incapables d'amour et d'amitié mais aussi de véritable sensibilité vis-à-vis du passé qu'ils pillent. Le tour de force de La Chimère, c'est aussi de faire de ce commentaire politique sur le tournant capitaliste de l'Italie rurale une réflexion poétique (et irrésolue) sur l'amour et le deuil.
La Chimère, malgré ses défauts et son irrésolution un peu agaçante, est ainsi un très beau film qui mérite d'être vu.
O.M.A.
O.M.A.

10 abonnés 134 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 2 janvier 2024
Très belle transposition du mythe d'Orphée dans l'Italie des années 1980, entre fête traditionnelle de l’Épiphanie et célébration de la nouvelle centrale électrique.

L'évocation de la civilisation étrusque, finement menée, apporte un vrai plus.
Le casting européen a du sens en ce qu'il met en valeur la langue italienne et souligne la solitude du personnage principal.
Divinité des animaux versus eau polluée... les références à des maux bien actuels ne manquent pas.

On n'emporte plus son or dans sa tombe, mais certaines choses n'ont pas de prix... comme le suggèrent certaines scènes à la fin du film, dont le mystère principal, persistant, accentue la poésie.
Tumtumtree
Tumtumtree

202 abonnés 578 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 décembre 2023
Alice Rohrwacher a indéniablement son style et son univers qu'on découvre ces temps-ci tant sur les écrans qu'au Centre Pompidou Paris. Si l'on adhère à ce monde, on ne peut qu'être séduit par la virtuosité de La Chimère. Les lieux, les personnages, les comediens, les saynètes, les intrigues contribuent à son foisonnement. On retiendra particulièrement la prestation d'Isabella Rosselini, comme un surgissement d'un lointain passé cinématographique. Le thème des pilleurs de tombes est bien traité et l'histoire d'amour bien amenée.
Mais cette Italie pauvre, crasseuse et chaotique ne plaira pas à tout le monde. Les pro Milan auront du mal avec ces personnages qui semblent un peu venir de Naples.
Laurencesarah
Laurencesarah

34 abonnés 35 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 25 décembre 2023
Ce film ne va nulle part. On s'ennuie sévère. Mal joué, mal écrit, mal filmé.... Mal d'avoir perdu mon temps
Jipéhel
Jipéhel

37 abonnés 195 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 23 décembre 2023
Voleurs de passé…

… mais aussi voleurs de temps, car les 130 minutes signées de l’italienne Alice Rohrwacher m’ont fait me poser la question à la sortie de la salle, « qu’est-ce que je suis venu faire là ? » Chacun poursuit sa chimère sans jamais parvenir à la saisir. Pour certains, c'est un rêve d’argent facile, pour d'autres la quête d’un amour passé… De retour dans sa petite ville du bord de la mer Tyrrhénienne, Arthur retrouve sa bande de Tombaroli, des pilleurs de tombes étrusques et de merveilles archéologiques. Arthur a un don qu’il met au service de ses amis brigands : il ressent le vide. Le vide de la terre dans laquelle se trouvent les vestiges d’un monde passé. Le même vide qu’a laissé en lui le souvenir de son amour perdu, Beniamina. Moi aussi, j’ai ma chimère : voir de bons films, même si je sais pertinemment qu’il n’y a pas que des chefs d’œuvre programmés sur nos écrans, pas plus que je ne m’attends à chaque séance à découvrir le film de l’année, d’abord parce que, par définition, il n’y en a qu’un. Cela posé, vous avez sans doute deviné, je n’ai pas vraiment aimé ce drame fumeux et vain.
Les films de cette réalisatrice tournent toujours, peu ou prou, autour du thème « que faire du passé ? ». Le récit de se déroule dans les années 1980, mais ce pillage des ressources dont il est question fait écho à la crise sociale, économique et écologique actuelle… tout du moins il essaie, mais l’écho en question est passablement lointain. L’idée de suivre les exactions de ces fameux Tombaroli, était attrayante, mais hélas, les personnages n’ont pas de profondeur. Et le « héros », Arthur, a une attitude et un comportement que je n’ai jamais réussi à comprendre. Bien sûr, quand on les voit profaner des tombes au pied d’une usine au bord d’une mer elle-même « profanée » par la pollution, le message est fort, mais dilué dans une histoire trop floue, trop morcelée et parfois à la limite du compréhensible. Les lumières fades, le choix de décors systématiquement en ruine, servent de toile de fond à une sorte de déambulation dans le monde des marginaux. Malgré quelques idées de mise en scène, - entre autre une petite coquetterie dans la succession du 35mm, du Super 16mm et de 16mm - deux, heures dix, c’est beaucoup trop long pour un scénario languissant qui ne nous parle que d’absence de futur, qui pousse un peu le spectateur à quelques plages de farniente… après tout, on est au pays !
Côté casting, les choix sont aussi étranges que le film lui-même. Le britannique Josh O'Connor, vu récemment à son avantage dans Entre les lignes, nous livre un numéro forcé de déprimé, pas loin du mutisme. Peut-être son italien n’était-il pas assez à la hauteur pour donner la réplique à la brésilienne (???) Carol Duarte, la reine Isabella Rossellini, et la toujours impeccable Alba Rohrwacher. – italienne, qui elle pour sa part, parle ici surtout l’anglais… comprenne qui pourra -. Plus erratique que poétique, plus ennuyeux qu’envoûtant, cette balade désincarnée entre les vivants et les morts est loin de valoir, par exemple Les Merveilles le 1er film d’Alice Rohrwacher , Grand Prix de Cannes en 2014,
Sissilecl76
Sissilecl76

1 abonné 20 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2023
Un film est avant tout une aventure, une histoire d'equipe . Mettre en avant tel ou telle est, pour moi, rarement nécessaire.
Pourtant celui ci m'a fait découvrir , Josh o'connor , un merveilleux acteur .
Film à voir . Impérativement.
eric q.
eric q.

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 décembre 2023
La chimère, celle qu'on poursuit ou celle qui nous poursuit. Très bon film sur les laissés pour compte de nos sociétés.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 31 mars 2024
Je ne pensais pas pouvoir le dire un jour : voici un film d'Alice Rohrwacher que j'ai apprécié. « Heureux comme Lazzaro » m'avait laissé complètement sur le carreau. Encensé plus que de raison à mon sens, il partait avec d'excellentes et ambitieuses idées sur le papier, mais la mise en images et en scène laissait le tout à l'état d'intentions, de brouillon assez (très ?) poseur...

« La Chimère » est mieux écrit et construit il me semble : il y a un fil conducteur (c'est le cas de le dire), qui donne sens à l'ensemble et à ses parties. On retrouve le goût d'Alice Rohrwacher pour les marginaux et pour les digressions. Et par ses thématiques et ses images, la cinéaste est une fois encore ambitieuse, dessinant à l'écran un portrait multiple de l'Italie, à travers les âges (Étrusques, Rome antique, 18e siècle, 20e et 21e siècles...) et les différentes catégories de sa population, des plus modestes aux plus aisés.

Le film fait également référence aux grands cinéastes italiens du passé, notamment Federico Fellini, source d’inspiration majeure ici (« La Dolce Vita », « Fellini Roma », « Les Vitelloni »...), ou rappelle les personnages de bras cassés à la Mario Monicelli (« Le Pigeon »…). Si les citations sont bien vues et plutôt bien intégrées, elles sont peut-être un peu trop évidentes, comme pour masquer certaines faiblesses.

Certains passages sont en effet plus caricaturaux... Je salue la conscience sociale de la réalisatrice italienne. Mais si parfois l'outrance est bien amenée, d'autres fois elle jure avec le reste du film, plutôt subtil au demeurant. Il y a toujours, également, quelques passages « space » et un côté perché, voire bien allumé, qui me fait un peu sortir du film par moments... Ou encore une difficulté à intégrer harmonieusement plein d'idées qui partent dans tous les sens, certains éléments faisant quelque peu artificiel et forcé.

Toutefois, matérialiser le rapport des Italiens à l’art (antique), dans les années 1980 est une bonne idée. Partout en Occident (voire ailleurs dans le monde), le marché a fini par gangrener tous les domaines de la vie. Le processus avait commencé bien avant, notamment pendant les Trente Glorieuses, mais il s’est radicalement accéléré, de façon décomplexée, dans les années 80.

On en voit les résultats aujourd’hui. Notre modèle de société, ultra consumériste, est à bout de souffle, et détruit tout : l’être humain, la nature, la vie… Et c’est en Italie que cette situation s’est peut-être le plus cristallisée. Pour qui connaît ce pays, la beauté époustouflante y côtoie la vulgarité la plus crasse, ne serait-ce qu’à la télévision, défigurée par Berlusconi. Je ne peux donc que respecter le choix d’Alice Rohrwacher d’avoir choisi un tel sujet (le pillage de tombes étrusques par des gens pauvres), surtout qu’elle a réussi à tisser autour un récit qui se tient.

Finalement, la poésie de l'ensemble, avec un certain nombre de trouvailles scénaristiques et visuelles, a emporté mon adhésion. Au passage, je l’ai peu vu cité par les critiques, mais il y a pour moi également un certain nombre de références sur le fond et la forme à Jean Cocteau, le mythe d’Orphée étant d’ailleurs au cœur du long métrage (on entend même « L’Orfeo » de Monteverdi à un moment). La belle photographie, quant à elle, sublime le tout, et en fait un objet esthétique abouti, une œuvre cohérente, avec une réelle profondeur. « La Chimère » constitue donc pour moi une belle surprise. Sans être un grand film, c’est un long métrage inspiré et intéressant, qui montre qu’Alice Rohrwacher est désormais une cinéaste qui compte.
Domnique T
Domnique T

80 abonnés 245 critiques Suivre son activité

0,5
Publiée le 20 décembre 2023
J'ai tenu quand même 40 minutes ! Et ça ne ressemble à rien ! 40 minutes de vide abyssal. Ce n'est même pas énervant ou agaçant, ce n'est rien ... La vacuité absolue !
Maurice Colonne
Maurice Colonne

15 abonnés 197 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 janvier 2024
Le retour du cinéma italien comme véhicule de mythologies. Entre réalisme social et onirismes, on suit les errances de ce grand Maulnes expatrié dégingandé à la recherche d’un souvenir. C’est formellement cru, mais remarquablement réalisé et puis ça parle italien.
Hervé L
Hervé L

92 abonnés 717 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 20 décembre 2023
Long ennuyeux ce film tourne en rond et le scénario confus erre sans but comme ces pilleurs de tombes sans scrupules qui brisent les œuvres d'art pour mieux les écouler. Notre siècle de cupidité finira par détruire toute beauté c'est triste
Jylg
Jylg

55 abonnés 492 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 19 décembre 2023
J'ai pas du tout aimé cette histoire improbable de la recherche du prochain ou du passé . Les acteurs cabotinent. Seuls les décors trouvent grâce a mes yeux.. non vraiment, pas terrible...
Ninideslaux
Ninideslaux

105 abonnés 284 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 décembre 2023
      Un film formidablement original -qui certes part un peu dans tous les sens, manipule un peu trop de personnages, mais qui fait de cette jeune femme de père allemand, Alice Rohrwacher, la digne héritière de Fellini dont on retrouve les trognes picaresques et les vamps obèses... et qui renoue avec cette italianité du cinéma des années 60, devenu maintenant tellement impersonnel!
      Cela se passe sur les bords de la mer Tyrrhénienne, un paysage dévasté par une industrialisation anarchique et un rivage où le sable est pollué par le mazout, mais dont le sous-sol est truffé de tombes étrusques.. 
    Arthur (Josh O'Connor, excellent à traduire la complexité du personnage -âme tourmentée, colérique, irrésolue) vient de sortir de prison. C'est l'hiver et il ne porte qu'un pauvre costume d'été; il rejoint son village, enfin celui qu'il a adopté puisqu'il est anglais et ne parle même pas très bien l'italien, où il vit dans une sorte de cage à poules, et il va tout de suite voir Flora (Isabelle Rossellini.... vieille dame maintenant...), spoiler: la mère de son grand amour, Beniamina, disparue -morte sans doute-
Flora vit dans une masure qui fut sans doute une belle demeure noble, où il pleut de partout et où des restes de fresques apparaissent sur des murs qui s'écroulent. Elle esclavagise Italia (Carol Duarte, pleine d'une vitalité réjouissante) qui lui sert de bonne sous couvert de prendre des cours de chant. spoiler: Il est vrai qu'elle dissimule ses deux enfants, cette coquine d'Italia...

      Il y a quelque chose entre ces deux là, Arthur et Flora, spoiler: l'amour commun de Beniamina sans doute.

      Mais Arthur a d'autres amis, moins reluisants ceux là. C'est qu'il a un don, Arthur. spoiler: Muni ou non d'une baguette de coudrier, il est capable de détecter les vides dans le sol. Et un vide: ça veut dire une tombe étrusque
. Cette bande de bras cassés, les tombaroli, vit de cela; c'est là qu'on retrouve toute la virtuosité du cinéma italien des grandes années, pour magnifier les pouilleux,  les marginaux, les rêveurs.... car s'ils vivotent en revendant de jolies poteries d'animaux trouvées dans les tombes, il rêvent tous de la découverte de l'oeuvre d'art ultime qui les ferait milliardaires...  spoiler: sans même penser que, au dessus d'eux, il y a des critiques d'art, des amateurs d'art de la plus haute société qui feraient main basse sur leur trouvaille. La jolie  Alba Rohrwacher, la petite soeur, interprète Frida, une de ces escroques de haut vol.

        Vous voyez, c'est une magnifique idée de départ, mais qui emprunte toutes sortes de chemins de traverse; de la poésie, de l'onirisme; des chansons, des bals, des fêtes, des matrones girondes aussi peu honnêtes que leurs compagnons, des paysages qui passent du sublime au sordide. Et Arthur, tellement seul, désemparé...

​
Valerie Camy
Valerie Camy

3 abonnés 112 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 décembre 2023
Beau film poétique et foutraque ...on suit ces personnages dans leur dialogue interrompu avec les fantômes de leur passé et des temps révolus .
Très bon montage avec différents formats de pellicule.
Vassili A.
Vassili A.

33 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 décembre 2023
Qui est donc ce garçon dans le train ? Le vendeur à la sauvette ne s'y trompe pas en reconnaissant l'odeur de quelqu'un qui sort de prison;
C'est lui l'âme de la bande de Tomboroli, pilleurs de tombes étrusques, dans ce pays ou le passé est la propriété de l'Etat.
D'où lui vient ce don étrange de détecter le vide d'entrée des tombes ? On dirait un sourcier qui passe avec sa baguette.
Il ne reste plus qu'à revendre ces trouvailles dérobées à l'éternité aux marchands d'antiquités clandestins pour une poignée de lires, et ils se chargeront d'"estimer l'inestimable".
Tout ne saura leur appartenir et la plus belle pièce restera enfouie dans les sables des temps.
Se laisser envoûter par le passé pour oublier le présent...
Même quand quelqu'un chante faux dans la vieille demeure qui tombe en ruine dans cette Italie des années 80, cela sonne juste. Pas de fausse note dans ce film, pas une seule...
Les meilleurs films de tous les temps
  • Meilleurs films
  • Meilleurs films selon la presse