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JEAN-BERNARD OLIVE
4 critiques
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5,0
Publiée le 28 mars 2026
Heureux de voir ce film sur une histoire vraie édifiante. Il dit beaucoup de l'histoire de la France, dans une période qu'on voudrait n' avoir jamais existé. Et pourtant c'est important et nécessaire de le faire. Et ce film nous y aide si bien !
Quand l’histoire réclame justice, encore faut-il que le cinéma sache lui donner un corps. Avec Furcy, né libre, Abd Al Malik exhume Furcy, esclave du XIXᵉ siècle engagé dans une lutte juridique de plusieurs décennies, entre l’île Bourbon et la métropole, pour faire reconnaître sa liberté.
Le film porte la promesse de transformer une violence abstraite - celle des textes et des statuts (du Code noir) - en expérience sensible. Or, ce conflit appelle du cinéma. Il demande que cette abstraction devienne visible, qu’elle s’inscrive dans une démarche formelle. C’est là que la théâtralité du film prend malheureusement le relais. Les acteurs projettent, soulignent bref jouent mal. Ce trop-plein d’énonciation insiste mais ne parvient pas à faire sentir. L’injustice est là, incontestable, mais elle est donnée à voir comme une évidence déjà digérée.
L’image, pourtant, tente de prendre le relais. Décors, costumes, lumières cherchent à installer une épaisseur mais la photographie, souvent trop lisse, peine à produire une véritable matérialité du monde colonial. On pourrait dire que la plantation, les rues, les tribunaux ne deviennent jamais des systèmes. Ils décorent.
Le problème se cristallise autour du personnage de Furcy. Makita Samba devrait être le centre de gravité du film, celui dont le corps devient le lieu de la lutte. Mais il reste étonnamment vierge de point de vue. Résultat : les personnages secondaires, parfois mieux définis, prennent une place inattendue (moins pour le meilleur, que pour le pire).
La question de la violence, elle aussi, révèle une hésitation de mise en scène. Les coups, les humiliations sont montrés frontalement, mais sans véritable pensée du regard. Ils surgissent comme des illustrations nécessaires du propos. Mais à force d’être montrée sans variation, la violence devient une information.
Tout cela n’enlève rien à la nécessité du sujet. Bien au contraire. Il y a, dans cette histoire, une violence structurelle qui mérite d’être filmée, pensée, réinscrite dans notre imaginaire collectif. Mais c’est précisément parce que cette matière est forte qu’elle exige une forme à sa hauteur. Le film ouvre une brèche, indéniablement. Il participe à un mouvement, à une réappropriation. Mais il reste, pour ainsi dire, sur le seuil.
très bon film l'histoire et bien ont voit bien les dégâts de l'époque de l'esclavege des noir et puis surtout comment ils se sont battus pour plus être esclave et tout du coup très bon film
Abd Al Malik raconte l’histoire de Furcy. En 1817, sur l’île de la Réunion, ce dernier découvre à la mort de sa mère qu’elle a été affranchie de l’esclavage des années auparavant et qu’il est donc libre. Commence un long combat pour faire reconnaitre sa situation. Outre le devoir mémoriel de ce film - qui rappelle l’horreur pas si lointain de l’esclavage, la mise en scène et la musicalité apportent beaucoup de force au récit. C’est percutant, rythmé, profond. Magnifique.
Un film parfait par la conduite du récit, la qualité de l'image, le jeu des acteurs -Makita Samba, Vincent Macaigne, Romain Duris, tous exceptionnels. Une cause juste qui entre en résonnance avec des thématiques actuelles.
Film À Voir tout simplement. Surtout si l'on est originaire de l'île de la Réunion. Il remet bien les pendules à l'heure pour repartir du bon pied et garder un œil bien ouvert.
Encore un film qui affiche longuement la collection de distributeurs et de producteurs au départ, en oubliant qu'un banc titre ne doit pas avoir que le seul titre!On attend des acteurs, le réalisateur, le dialoguiste....La musique rapt qu'on entend au départ et à la fin, parfois encensée, ne convient pas du tout: en tous cas, elle apparaît comme une verrue dans le prise de vue est parfois cahotique comme l'excès des prises en contre plongée( qui aurait pu concerner seulement les maîtres) mais aussiquelques scènes mouvementées tournées à l'emporte piè, pour le fond, ça va mieux que sur la photographie est de toute beauté;le côté historique bien respecté.Les acteurs sont merveilleux de réalité mais c'est le plaidoyer de l'avocat à la défense qui est le plus remarquable où Romain Duris dame le pion de l'acteur principal.
Furcy, né libre est un film vraiment dérangeant. Il met mal à l’aise, et c’est normal. Il montre le colonialisme brut, le mépris, la déshumanisation… Cette idée que certains se croyaient tout permis, s’appropriant des vies comme si c’était normal. Un film dur, mais nécessaire.
C'est la première fois que je vais regarder un film qui parle de l'esclavage. Mais celui-ci est particulier car c'est avant tout l'histoire d'un esclave qui souhaite démontrer qu'il n'en ai pas un... Et j'ai trouvé que le film était juste, il allait à l'essentiel, on comprend bien le parcours que cet homme a vécu. Un parcours dans la douleur et le film n'en a pas fait quelque chose de larmoyant, c'est à dire qu'on était pas sur la surenchère d'émotion. Je recommande ce film, efficace et qui va droit au but en ne délaissant pas l'émotion.
Très beau film à voir absolument aussi pour se rappeler d'où l'on vient. Ce n'est pas un film manichéen. C'est grâce à ce genre de film que l'on aime le cinéma.
Un film qui nous rappelle par cette histoire vraie l’effroyable système d’enrichissement que fut « l’Esclavagisme », organisé par des « puissants et des petits profiteurs du Monde ». Le scénario est bien pensé et réalisé en nous tramant avec justesse et délicatesse les essentiels du message de l’édifiante vie de Furcy. Une réalisation passionnante et efficace pour ne pas oublier ce que des « hommes » ont fait d’inhumain à d’autres hommes.
Histoire touchante, photographie magnifique (d'autant plus pour un film français!!). Le jeu entre la réalisation et les acteurs est vraiment beau et singulier. Bravo Abd al Malick !