Vu en AVP. Un film qui témoigne d'une sincérité et d'une volonté de devoir de mémoire c'est sûr. Mais le film manque de rythme, d'ampleur et de moyen. Les rares moments de tensions sont vite éclipsés. Et les acteurs sont inégaux.
Au début du 19ème siècle, sur l'île Bourbon (La Réunion) puis sur l'île Maurice, Furcy Madeleine engage un long combat judiciaire pour faire reconnaître une liberté que les archives lui refusent, avant de porter son affaire jusqu'en métropole. Le film s’inspire librement de "L'Affaire de l'esclave Furcy" écrit par Mohammed Aïssaoui en 2010, retraçant le parcours de cet homme sur près de trente ans. Difficile d'éprouver la moindre émotion tant la réalisation se révèle poussive, trop sage, et incapable d’installer une véritable tension dramatique durable. La direction des comédiens n'arrange rien : les acteurs donnent souvent la désagréable impression de réciter leurs textes, ce qui freine un peu l'adhésion à toute cette histoire. Seul Romain Duris parvient à tirer son épingle du jeu dans ce drame globalement très fade. C'est dommage, car le destin de ce réunionnais aurait largement pu donner naissance à un récit puissant et bouleversant. Tant pis. Site CINEMADOURG . free . fr
Ai vu « Furcy, né libre » du chanteur-réalisateur Abd Al Malik. Bien évidemment il y a des films dont le sujet très fort est indispensable et dont l’envie de diffuser une vérité criante et insupportable à un large public est tout à fait honorable. C’est une évidence et je ne reviendrai pas sur les bons sentiments qui ont motivé Abd Al Malik de s’emparer de l’histoire vraie de Furcy qui a été adaptée ici du livre "L'Affaire de l'esclave Furcy" de Mohammed Aïssaoui. Maintenant il faut bien parler de cinéma, car c’est bien là que le bas blesse éperdument dans ce projet. On ne peut pas croire une seconde aux scènes de la fin du XVIIIème reconstituées trop proprement, trop joliment sur l’île Bourbon. Tout sonne faux, les décors trop reconstitués, les costumes trop propres…même les comédiens ne sont pas au bon diapason. L’autre gros problème de « Furcy, né libre » étant aussi la (non) direction d’acteurs. Certains sous jouent (Makita Samba, Ana Girardot…) et d’autres cabotinent en permanence (Philippe Torreton, Romain Duris, Frederic Pierrot…). seuls Vincent Macaigne et Micha Lescot donnent de la crédibilité à leurs scènes. Le réalisateur ne fait jamais confiance au spectateur et sur-ligne en continuellement par des images additionnelles le discours. Les (trop) longues plaidoiries récurrentes au tribunal sont sempiternellement entrecoupées de flash-back de quelques secondes au cas où nous ne ferions pas le lien avec ce qui nous a déjà été raconté et déjà montré… Le réalisateur peine à donner de la chair à ses personnages on a souvent l’impression de voir des acteurs qui nous débitent une page Wikipedia. Assurément il ne faut pas confondre le fond et la forme et quand il s’agit de cinéma il faut bien qu’il y ait un minimum de cinéma pour faire place à des envolées lyriques, à des émotions, à un parti pris. Ce film tout en aplat est relativement laborieux et son côté outrageusement pédagogique, démonstratif et répétitif devient très vite insupportable.
"Une quête universelle de liberté, de justice et d'amour", ainsi Abd Al Malik présente-t-il son long métrage, Furcy, né libre, la véritable histoire d'un homme noir de la première moitié du XIXe siècle, qui n'a cessé de tenter de faire reconnaître l'illégalité de son statut d'esclave. Un film qui n'est pas sans faire résonner un écho dans le monde d'aujourd'hui mais qui s'arrime d'abord puissamment dans l'Histoire, au temps de l'esclavagisme sur l'île de la Réunion, dans les champs de canne à sucre. Le combat judiciaire de Furcy, pendant longues années, marque comme un symbole de toute une économie inhumaine et d'une époque où les esclaves étaient considérés par leurs maîtres comme des meubles (sic) et avait-on jamais vu une armoire réclamer son émancipation ? Non, n'est-ce pas ? Inattaquable sur le fond, le film se démarque aussi sur la forme, avec des images parfois atroces et d'autres très belles. Son côté didactique est nécessaire pour comprendre les difficultés de la lutte sans relâche de Furcy et tout juste peut-on reprocher au film une certaine grandiloquence, de temps en temps, et quelques détails comme le vieillissement des personnages, pas très convaincant. Makita Samba impose sa prestance et son éloquence, parfaitement accompagné par Romain Duris et Vincent Macaigne et une foule de seconds rôles.
Si le propos ne laisse évidemment pas indifférent à la veille des discussions à l'Assemblée Nationale pour la suppression définitive du Code Noir (eh oui, en 2026...), le film est hélas plutôt maladroit, à la fois inutilement démonstratif ou élusif dans certaines scènes, ce qui rend l'ensemble assez déconcertant et pour tout dire hélas un peu ennuyeux. Reste le combat d'un homme pour sa liberté qu'il n'est jamais inutile de rappeler, surtout à ceux qui n'ont jamais eu à lutter pour en profiter.
"Furcy, né libre" de Abd El Malik : adapté du roman "L’Affaire de l’esclave Furcy" de Mohammed Aïssaoui et tourné en partie à la Réunion avec plusieurs acteurs, figurants et équipes techniques, c'est une fierté pour les réunionnais d'avoir ce film sur grands écrans avec une large distribution nationale (sortie 14 janvier). C'est un récit d'émancipation universel très fort qui provient de la souffrance et de ce Crimes contre l'humanité qu'a été l'esclavage. Il y a énormément de films sur l'esclavage, surtout américains, et il est difficile d'innover sur le sujet. Parler de l'esclavage dans l'Océan Indien est assez nouveau. Bravo d'avoir porter à l'écran ce morceau de notre histoire. Malgré tout, je n'ai pas spécialement accroché au jeu d'acteurs ni à la mise en scène que je n'ai pas trouvé fluide, ni spécialement belles mais surtout quelques scènes semblaient être coupées grossièrement au montage et d'autres qu'on parvenait difficilement à comprendre sans explications. Je n'ai pas été aussi emballé que prévu par le film mais il n'en reste pas moins important pour notre histoire et l'Histoire.
J'ai adoré cette histoire vraie qui mérite d'être connu Romain Duris excellent dans sont rôle d' abolitionniste j'adorais la scène du tribunal quand il défendait les droits de FURCY touchant dans son rôle c'est un acteur très talentueux, l'acteur principal qui incarne FURCY est émouvant et touchant dans son rôle je conseille ce film qui mérite d'être vu.
Film ambitieux et réussi d'Abd Al Malik. Entre la Réunion, l'Île Maurice et Paris, il vient rappeler la tragédie de l'esclavage, et le long chemin ayant mené à son abolition, par le prisme original, sur cette thématique, du film de procès. Révélant les contradictions entre une France "des lumières" et les traitements infligés aux esclaves outre-mer, on suit le parcours de Furcy, déterminé à faire valoir ses droits d'homme libre. Par cette démarche personnelle, il fait craindre aux puissants que cela n'ébranle leur monde fait de fausse bienveillance et de privilèges issus de l'exploitation des hommes et des femmes. Une histoire vraie incroyable et très bien racontée et filmée.
Un film bouleversant, qui éclaire un pan trop souvent ignoré de l’histoire française : l’esclavage dans les colonies. À travers le combat d’un homme pour sa liberté, il met en lumière la dignité, la résistance et la mémoire occultée de l’outre-mer. Un devoir de justice et de transmission.
La première partie du film est difficile, pénalisée par une mise en scène parfois grandiloquente et un montage peu efficace. Le rythme est saccadé, les scènes s'enchaînent sans fil conducteur et le spectateur a du mal à suivre la trame de l'histoire. La seconde partie offre des moments que je qualifierais de "tarkovskiens", à commencer par la scène du passage du cyclone. Les éléments se déchaînent et libèrent le héros, au propre comme au figuré, de sa condition. A partir de là le film alterne avec beaucoup plus de réussite les scènes ancrées dans le réel avec les scènes hallucinatoires, chargées de symbolique.
J'ai lu ici ou là des débuts de polémiques accusant le film d'être woke ou anti-français, surfant sur la vague usée du mea culpa colonialiste. Manifestement ces gens n'ont pas vu le film car il n'en est rien. Bien au contraire, la dernière partie, qui culmine dans la scène du procès, est un immense et imprescriptible cri d'amour pour la France et ses idéaux. Le rap du générique final (très bon) vient confirmer cela si besoin en était. La plaidoirie de Boucher (Romain Duris) est un grand moment de cinéma, malgré quelques effets de manche et de caméra un peu faciles. Après des échanges houleux qui semblent sans issue favorable pour lui, il climatise la salle avec une jurisprudence rappelant que l'esclavage sur le sol de France est aboli depuis 1315 ! Côté acteur c'est la prestation impeccable de Vincent Macaigne qui ressort. Il arrive à rendre son personnage, sous ses allures bonhommes, parfaitement détestable. A inclure dans la liste des plus beaux méchants de l'histoire du cinéma.
Après le maladroit Ni Chaines Ni Maitres de Simon Moutaïrou en 2024 sur un thème proche - l'esclavage dans les iles françaises du sud de l'Océan Indien - et longtemps après la dénonciation furieuse et hollywoodienne de la condition des esclaves Africains - de Django Unchained à Twelve Years a Slave, par exemple -, voici enfin un film français engagé, pas trop manichéen et qui nous raconte une histoire vraie et bien documentée aujourd'hui. Bénéficiant d'un casting doré où l'interprète du rôle-titre, Makita Samba fait plus que tenir la dragée haute à ses partenaires plus capés (Romain Duris ou Vincent Macaigne parmi d'autres), le réalisateur Abd Al Malik s'élance sans trembler dans une reconstitution historique très crédible de la Réunion des années 1810 au Paris de 1845. Le film s'étend de 1817 à 1845 soit à peu-près de l'interdiction de la traite à la seconde abolition de l'esclavage et décrit le long combat de Furcy, un esclave se battant en justice pour reconquérir sa liberté. Si l'on peut soupçonner quelque infidélités à la vérité historique, la leçon reste toutefois indispensable pour ne pas oublier certaines horreurs que nos livres d'histoire ont longtemps caché sous le tapis. Seule chose à déplorer, la lourdeur de la musique quasiment permanente...
Film vu en avant première sur l'île de la Réunion le 07/12/25 au ciné grand sud. . Très beau film tiré d'une histoire vraie (biopic) sur l'esclave Furcy qui réclame son affranchissement originaire de l'ile Bourbon (île de la Réunion actuelle dans l'océan Indien)mais transmis et acquis par sa mère qui elle est originaire des Indes de Pondichéry, je suis réunionnais et fier de l'être et je n'oublierais jamais nos racines, notre culture et surtout notre histoire coloniale et esclavagiste douloureuse mais véridique a l'approche des commémorations de l'abolition de l'esclavage du 20 décembre 1848, ce film me parle particulièrement...et je le redirai encore je n'oublierai pas ce qu'il s'est réellement passé dans les livres d'histoire et non dans les livres de comtes ou légendes pour enfant...non je n'oublierai pas ce qu'a vécu nos ancêtres, nos congénères mais tout simplement des êtres humains qui ont tant souffert pour naître libre de droits et égaux à tout autre être humain par delà la couleur, leurs origines et toute autre distinction qui puisse en faire la différence.... liberté égalité fraternité pour ce brillant brûlot de l'histoire française et des outre-mer qui en mérite largement le détour au plus large public merci pour les prestations juste "somptueuses" de Romain Duris qui mérite un César ainsi et surtout Makita Samba juste incroyable !un grand MERCI. également au réalisateur toujours avec justesse le film en imax est très beau somptueux paysages que certains locaux reconnaîtront dans le sud sauvage je vous laisse la surprise !Et la musique m'a donné des frissons avec le prélude d'un certain artiste local très réputé et incontournable du Maloya (musique des esclaves)Cela m' a mit le frisson d'emblée et je n'oublierais jamais l'asservissement d'un peuple par un autre peuple d'un humain par un autre pour quelque raison ou distinctions que ce soit plus jamais....
En 2025, Abd Al Malik s’attaque à un sujet sensible et rarement abordé au cinéma, à savoir l'esclavagisme dans les colonies françaises au XIXème siècle. Pour traiter cette page d’histoire sombre, il retrace l’affaire Furcy (Makita Samba), un esclave né en 1786 sur l'île Bourbon (actuelle île de La Réunion) et ayant intenté un procès à son propriétaire pour recouvrer la liberté. A travers cette quête judiciaire pour obtenir l’affranchissement, le film propose une lecture richement documentée du contexte de l’époque. Entre les colons désireux de conserver la propriété de leurs esclaves (excellente prestation de Vincent Macaigne délaissant enfin ses traditionnels rôles de nounours égaré), le statut juridique de ces êtres considérés comme des « meubles » à travers le code Noir, leurs conditions de vie épouvantables dans les plantations de cannes à sucre, tout est exposé gravement. On peut regretter que la dernière partie s’éternise dans une audience ardue au tribunal (permettant néanmoins à Romain Duris d’étaler une nouvelle fois son talent). Bref, une œuvre de mémoire indispensable.