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Marc L.
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3,5
Publiée le 22 décembre 2022
Adoptant la forme austère du Cinéma-vérité (qui, personnellement, me laisse presque toujours froid, même quand le procédé est particulièrement justifié comme ici), ‘Un monde’ s’attache à patiemment décrypter les mécanismes du harcèlement parmi les élèves d’une école primaire : comment il est possible d’être à la fois bourreau et victime, comment la loi du silence s’impose, comment les adultes, même animés des meilleures intentions, peinent à comprendre ce qui se joue et aggravent parfois la situation sans le vouloir. Ce qu’on suit, c’est le regard ambivalent d’une petite fille dont le grand frère a pris la défense au prix de se retrouver lui-même harcelé, qui est à la fois inquiète de le voir décliner et honteuse de sa faiblesse et de sa démission face à la violence dont il est victime. La meilleure idée du film, la réalisatrice l’emprunte (souvent) au ‘Fils de Saul’ de Laszló Nemes : le cadre, très rapproché, à hauteur d’enfant, une caméra qui la suit dans de banales activités scolaires qui laissent pourtant une impression de chaos et de menace latente, au point de faire comme si le spectateur s’appropriait les émotions et l’angoisse permanente de la petite fille.
« Si tu te mêles encore de mes affaires, t’es morte ! »
Avant de commencer ma critique, je vais revenir un instant sur les avis négatifs de personnes qui ont visiblement tout oublié de leur propre scolarité et des mécanismes sociaux auxquels sont confrontés les enfants dans cet enfer carcéral que peut vite devenir l’école. On est dans une œuvre réaliste et les scènes sont criantes de vérité. En tant que fils d’instits et prof moi-même, en tant qu’enfant harcelé et harceleur, je peux témoigner de l’aspect factuel des scènes et des réactions diverses qui en sont les conséquences.
Réalisé en caméra subjective, Un Monde nous fait suivre la petite Nora dans une école de ville quelconque où le danger est partout et la pression sociale totale. Le sentiment d’étouffement est accru par le choix délibéré de la caméra au corps qui rend flou l’univers autour.
Soulignons encore l’interprétation exceptionnelle de la petite Maya Vanderbeque, magistralement dirigée par Laura Wandel.
Avec une idée toute simple, la réalisatrice et scénariste parvient à créer une œuvre d’une densité narrative et visuelle poignante, un premier long métrage puissant, beau et terriblement intelligent.
Un film à montrer dans les écoles (ce que je m’empresse de faire).
Excellent ! Captivant ! C'est fou comme des films à gros moyens fait pour ressentir l'horreur/l'angoisse sont bien faiblards face à ce film d'une puissance incroyable ! Les acteurs principaux sont éblouissants ! C'est un film angoissant, enrageant, qui donne de très fortes émotions. En plus il est très intéressant et instructif (sans être didactique, bien au contraire!) ! Il reste en nous très longtemps ! Il remue sur le coup mais réjouît sur le long terme !
Un monde d'enfants, filmé à leur hauteur. Un monde dur, impitoyable, où trop souvent il faut choisir entre être victime ou bourreau. Un monde où les adultes, même pleins de bonne volonté, sont assez impuissants. Un monde d'omerta. Un monde où la solidarité entre frères et sœurs est mise à rude épreuve. Bouleversant.
Le sujet du film est le harcèlement mais ici il intervient sans que l’on sache pourquoi….. Certes le spectateur est plongé dans la cour de récré grâce aux plans serrés sur les enfants mais ce qu’il en ressort c’est une vision caricaturale de l’école . Dans cet univers il semble n’y avoir que Nora face au reste du monde. Que font les profs? On l’ignore. Absents et défaillants. Que fait le chef d ‘établissement une fois les harceleurs démasqués ? Rien!!!! Que fait le père ? Rien… ou pire il devient injuste avec la petite Nora. Honnêtement ce film m’a ennuyé. Il survole le sujet et caricature le monde de l’école représenté comme une prison. C’est outré et excessif.
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3,5
Publiée le 28 juin 2022
L'école, un lieu d'apprentissage et de loisirs qui peut également être un endroit de torture et d'angoisse pour certains enfants. Lorsque l'on découvre la petite Nora, elle est en larmes lors de la rentrée des classes, mais elle est loin d'imaginer ce qu'elle va vivre et encore heureux d'ailleurs, car aucun enfant ne devrait craindre de vivre ce genre d'expérience. Comme le dit le synopsis, "Un monde" est un film sur le harcèlement scolaire qui est raconté à hauteur d'enfants que ce soit techniquement avec une caméra qui ne dépasse jamais leur taille et qui montre rarement les adultes ou encore dans le traitement avec une petite fille qui est désemparée et ne sait pas quoi faire pour aider son grand frère harcelé. Il se dégage de ce film un vrai sentiment d'impuissance, mais aussi de colère. Le petit encaisse du mieux qu'il peut, mais il a également compris que parler risquerait d'aggraver les choses. C'est ce qui est dur à accepter d'une telle situation notamment quand on voit l'incompétence des membres du personnel scolaire qui sortent des phrases bateaux et semblent fermer les yeux sur ce qui se passe. L'histoire se déroule à notre époque, donc il n'y a plus de raison de ne pas prendre ces affaires au sérieux après toutes les tragiques affaires médiatisées de ces dernières années. Le film est très réaliste, ce qui rend le bouleversant par moment, mais il est aussi très facile dans son développement. Par contre, je n'ai pas aimé la tournure de la dernière partie, car certains pourraient y voir une excuse pour les harceleurs. En tout cas, c'est un film bien foutu et immersif en plus d'être remarquablement incarné par de jeunes acteurs très impressionnants.
La harcèlement scolaire vu à hauteur d'enfant. Un sujet sensible qui est traité ici de manière intelligente. Pourtant, ce métrage belge ne m'a pas plus passionné que cela. J'ai bien apprécié les plans et une photographie proche d'un "Fils de Saul" qui nous émerge de manière presque brutale dans cette cour de récrée.
Le reste n'est pas assez cinématographique et trop froid au niveau du ressenti. Le film n'est pas long mais cela ne l'empêche pas de souffrir de quelques longueurs. De leurs côtés, les jeunes acteurs sont bons.
Laura Wandel signifie un film poignant sur le harcèlement chez les jeunes enfants. Dans une école primaire, nous suivons le pont de vue d'une petite fille, magistralement interprétée par Maya Vanderbeque, qui voit son grand frère, joué par Günter Duret, être harcelé par ses camarades. Elle souhaite l'aider en parlant à leur père, joué par Karim Leklou, mais les choses s'enveniment et finissent par toucher la jeune fille. La caméra colle au visage de la jeune fille, c'est très prenant. On ne loupe aucune de ses réactions et sentiments. Les situations sont parfois violentes mais montrent la réalité du harcèlement. La réalisatrice a fait le pari de la sobriété pour laisser place au propos et ça fonctionne parfaitement. Une belle découverte.
Voilà le type de film dont je sors circonspect. Woaw !!! Quelle claque, on voie bien tous les mécanismes du harcèlement scolaire se dérouler sous nos yeux. C’est hyper réaliste ; le film est âpre comme sont cruels très souvent les enfants entre eux. Mais aussi, punaise que c’est chargé !!! Rien n’est épargné à cette petite et à son grand frère. Et surtout on n’épargne guère le spectateur en nous enfermant, type huis clos, avec ces enfants dans cette cour d’école, ces salles de classe et ce réfectoire. Mais où sont les respirations pour les enfants dans ce MONDE ; mais où est la lumière pour le spectateur. 1h15 d’une violence ordinaire non-stop ; hormis une scène avec une institutrice à l’écoute, car le père lui est inefficace. C’est bien le choix du réalisateur ; puisque jamais nous ne sortirons de l’école. A la fin du film, difficile de se faire une opinion tranchée sur ce à quoi on vient d’assister ; c’est une réussite que de semer le trouble chez le spectateur, mais troublé par le dispositif mis en place pour arriver à ses fins. Si on est moins dans l’émotion, on peut aussi dire de ce film que c’est une immersion réussie dans une cour d’école nous renvoyant à nos souvenirs ; le MONDE des enfants, c’est loin d’être le MONDE des Bisounours. Laura Wendel filme de bout en bout à hauteur d’enfant ne lâchant pas ses deux protagonistes principaux dont la petite Maya Vanderbeque. Elle a aussi bon goût de ne pas pousser le drame jusqu’à une forme de paroxysme ; la solidarité entre le frère et la sœur est mise à mal mais ne sera jamais oubliée jusqu’à une étreinte finale touchante et forte de sens. Cependant, même si c’est le parti pris du film, on aurait avoir une ouverture sur l’extérieur, car çà ressemble au fur et à mesure à un magnifique exercice de style mais un exercice de style malgré tout. Un film à montrer dans les collèges, le mode très frontal peut toucher les ados. TOUT-UN-CINEMA.BLOGSPOT.COM
Voilà un film vraiment à hauteur d’enfant. Radical et efficace selon moi. Car tout est vu à hauteur des yeux de Nora. Ainsi les adultes apparaissent que s’ils se courbent, que s’ils se penchent, que s’ils s’asseyent, que s’ils s’abaissent. L’ouïe est aussi mise à contribution ; ainsi, on voit Nora attirée par les bruits, les cris, les interpellations. Cependant, le spectateur n’est pas toujours convié à voir ce qu’elle voit, ce qu’elle entend. Ça reste dans le domaine du hors-champ. « Un Monde » de la réalisatrice Laura Wandel est un récit sensoriel et immersif. La radicalité de la réalisatrice va jusqu’à imposer une seule unité de lieu : l’école, avec sa classe, les toilettes, la cantine, la cour de récréation, le gymnase, la piscine, l’infirmerie, le bureau du directeur et la sortie de l’école. Le spectateur ne sera jamais invité dans le foyer de Nora. Il n’y aura pas d’autres échanges que ceux qui se déroulent dans l’école, entre le frère et la soeur, entre Nora et son père à la sortie ou à l’entrée de l’école.
spoiler: Le thème traité est évidemment le harcèlement et je m’étonne que l’on s’interroge sur le fait que le personnel enseignant ou éducatif ne s’aperçoit de rien.
Combien d’enfants, d’adolescents qui ont mis fin à leurs jours, parce que victimes de harcèlement, ont gardé le silence ? Il suffit de lire les faits divers. Par contre, Laura Wandel n’en a-t-elle pas trop rajouté ? Je suis de ceux qui se questionnent sur le comportement d’Abel dans le dernier quart du film.
Rentrée des classes. Nora débute sa première année en primaire. A la récréation, Abel, son grand frère, est victime de violences.
Laura Wandel fait le récit de la vie à l'école dans ce qu'elle a de pire. Cruauté des enfants, harcèlement, traumatismes, aveuglément et impuissance du corps enseignant, stress de l'apprentissage... Le dessin, extrêmement sombre. ne laisse place à aucune lumière.
La réalisatrice fixe sa caméra sur Nora, filmant à sa hauteur, laissant la plupart du temps ce et ceux qui l'entourent dans le flou. Ce parti pris accentue le sentiment d'enfermement et de solitude face à ces multiples formes de violence réduisant l'étude de la psychologie de Nora et Abel à leur seule vie à l'école. Une limite à cet exercice de style qui demeure intéressant et glaçant. sanscrierart.com
Pour son premier film Laura Wendel réussit avec une économie de moyens et de mouvements de caméra à emmener le spectateur par la main dans la cruelle cour de récréation d'une école, « un monde » comme le dit le titre. La grande force du film tient dans la simplicité du point de vue de Nora (extraordinaire Maya Vanderbeque), petite fille du primaire dont l'aventure se résume à la découverte d'un univers agressif, cruel et impliquant au point de la forcer à des premiers choix qui ne sont plus ceux d'une enfant. Majoritairement concentré sur les visages et les corps, les décors sont rarement montrés, permettant une immersion sans digression visuelle. Ce sujet grave qu’est le harcèlement aurait néanmoins nécessité un développement plus important quant au mécanisme, résumé ici à l’attaque des plus faibles. La réalisatrice a préféré apporter un côté social avec le père au chômage et les quolibets des enfants à ce sujet, sacrifiant ainsi à la pensé établie depuis quarante ans, qui nie le fait que le harcèlement existe dans toutes les couches sociales. L’existence de ce fait sociétal est résumé à l’incompétence systématique des adultes, et la seule Mlle Agnès (Laura Verlinden excellente) qui semble comprendre les enfants, quitte l’école. Démonstration un peu juste vis à vis d’un tel fléau.
Premier long-métrage de la réalisatrice belge Laura Wandel et première réussite. Le harcèlement d'un tout jeune garçon vu à travers les yeux de sa sœur cadette. Une immersion criante de vérité dans le microcosme qu'est une cour de récréation.. Le film est filmé à hauteur d'enfant ce qui donne encore plus ce sentiment d'immersion.