C'est l'histoire d'un gars qui à la suite d'un rêve fiévreux est allé chez la Fox pour faire un film sur ce dernier et comme il avait déjà fait "L'Étrange Noël de Monsieur Jack" et "James et la pêche géante", ils lui ont dit OK. Et c'est ainsi que l'on retrouve Brendan Fraser qui, déjà avant de donner la réplique à Bugs et Daffy, est accompagné d'un singe en animation dans un univers sortant tout droit de la tête de Ralph Bakshi.
On a un peu en effet cette impression de regarder la suite spirituelle de "Cool World" tant tout est bordélique cradingue, vulgaire mais en même temps sacrément inventif ! Et en plus, Henry Selick, le réalisateur, étant à l'aise avec le stop-motion et les maquettes, nous sort des créatures sacrément barrées. Mais ça, c'est pour le monde des cauchemars seulement. Car, pour la faire courte, après un accident, un dessinateur tombe dans le coma. Et il atterri dans des sortes de limbes où cauchemars et imagination prennent vie. C'est ainsi qu'il y retrouve sa mascotte Monkeybone qui est prêt à tout pour avoir un corps et vivre dans la réalité. Encore une fois, il y a du "Cool World" dans l'air.
Et, les deux films ont d'ailleurs le même défaut principal : les scènes dans "vraie vie" sont beaucoup moins réussies que celles de l'univers parallèle. Ici, ça se traduit par des scènes grotesques dans lesquelles Fraser est obligé d'en faire des caisses car il incarne un cartoon graveleux et malicieux. Mais surtout, c'est très enfantin alors que les enfants ne sont clairement pas la cible du film dont on se demande à qui il s'adresse vraiment d'ailleurs. Et en même temps, le réalisateur tente quelques approches comme une critique du capitalisme, consumérisme et merchandising qui... marche plus ou moins ? Néanmoins, tout est tellement exagéré, surtout avec ce dernier acte sacrément loufoque quand même, qu'on prend finalement un certain plaisir coupable devant le film. Et puis, il y a les séquences dans l'univers des cauchemars dont j'adore, encore une fois, l'imaginaire, les visuels et les créatures et qui sauvent le film du navet auquel il était prédestiné.
Pour accompagner Brendan Fraser dans cette aventure pouvant détruire une carrière, nous avons Bridget Fonda, Rose McGowan, Whoopie Goldberg, John Turturro, Megan Mullally etc., bref du beau monde et tous s'en sortent étonnamment très bien.
Bref, "Monkeybone" est donc un gros délire que certains rejetteront - à raison - et que d'autres considéreront comme un plaisir coupable, à raison également.