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Taliesin
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2,5
Publiée le 2 mars 2023
On peut comprendre ce qui motive le réalisateur et saisir son intention docu-fiction en montage parallèle entre surface du monde vibrant de vie, de vent et d'herbes, corps du vieillard et profondeurs intestines de la terre. La "recherche" est louable. Pour autant, un peu plus de 90 minutes d'une succession de plans séquences et fixes à la photographie impressionnante et belle, de grande sensorialité, ne sont pas parvenues à me sortir de cette sensation de léthargie et de perte de temps. Du cinéma spéléo-illogique mais serein, sensoriel mais lent, qui peut nous pousser à sortir du trou de la salle dans laquelle on s'est engouffré, ou nous inciter à couper le film. Il faut être dans le bon état d'esprit cinéphilique pour réceptionner l'expérience du film de Frammartino.
Une plongée silencieuse dans les entrailles de la terre, face à une surface qui continue d’avancer sans regarder en bas. Il buco transforme l’exploration en expérience sensorielle, où le temps et l’espace prennent le pas sur toute idée de récit.
Avant de voir le film, il faut accepter une œuvre radicale dans sa forme comme dans son rythme. Le film se tient volontairement à distance de toute narration classique, sans intrigue structurée ni progression dramatique identifiable. Il privilégie une temporalité lente, attentive aux gestes, aux sons et aux espaces, laissant le spectateur face à une expérience avant tout sensorielle. Le silence et la durée deviennent les véritables moteurs du film, dans une approche exigeante qui peut autant fasciner que dérouter.
Ce choix s’inscrit pleinement dans la démarche de Michelangelo Frammartino, dont le cinéma explore les liens entre l’homme, la nature et le temps à travers des dispositifs épurés. Inspiré d’une expédition spéléologique réelle au début des années 1960, le film met en regard plusieurs mouvements parallèles : la modernisation qui progresse en surface, la descente lente vers les profondeurs, et une vie rurale inscrite dans un rapport cyclique au territoire. Le tournage en décors naturels et l’attention portée à la matière, à la lumière et aux sons confèrent au film une force sensorielle indéniable, tout en installant une distance assumée.
Les thématiques se construisent autour du rapport de l’homme à son environnement. L’exploration n’est jamais présentée comme un exploit ou une conquête, mais comme une confrontation humble à un espace qui dépasse l’échelle humaine. Le film oppose le temps court des hommes au temps géologique, immobile et indifférent. La verticalité devient un motif central, structurant une réflexion sur la place de l’homme dans le monde, réduit à une présence fragile et passagère.
En filigrane, le film interroge la notion de progrès. Tandis que la surface avance vers la modernité, la descente souterraine rappelle la permanence et l’indifférence du monde naturel face aux ambitions humaines. Le propos reste volontairement discret mais lisible : comprendre ne signifie pas dominer, et l’exploration peut exister sans triomphe ni héroïsation.
J’ai été sensible à la dimension sensorielle du film. La manière dont la roche, l’obscurité et le silence sont filmés fait naître une claustrophobie très concrète. J’ai apprécié cette approche humble de l’exploration, débarrassée de toute glorification. Même si je suis resté à distance sur le plan émotionnel, j’ai reconnu la force d’une œuvre singulière, à appréhender davantage comme une expérience que comme un récit.
Les limites tiennent précisément à cette radicalité formelle. L’absence de structure narrative identifiable et la progression très uniforme peuvent finir par installer une impression de répétition. L’effacement presque total des figures humaines au profit de l’espace creuse une distance émotionnelle durable. Ce minimalisme renforce l’identité du film mais accentue aussi une austérité parfois frustrante.
Il buco demeure ainsi un film rigoureux, beau et profondément singulier. Une œuvre exigeante, plus marquante à éprouver qu’à habiter pleinement, dont la radicalité fascine autant qu’elle tient à distance.
Je ne parviens pas à comprendre l'intérêt de ce film. Une succession de scènes, un vacher, des vaches, des spéléologues... Mouais, et ? Ça me fait le même effet qu'une radio en bruit de fond, c'est là et ça ne pourrait ne pas être là...
La beauté des images ne rattrape pas le vide sidéral du scénario ( y en a t il un d’ailleurs ??? ) . Le speleologue que je suis est resté jusqu’au bout uniquement en raison des images souterraines filmées en éclairage réel assez fidèle à la réalité avec toutefois l’invraisemblance de l’absence de dialogues ( alors que sous terre on parle beaucoup pour des raisons de technique et de sécurité ...). Bref un OFNI ( Objet Filmé Non Identifié ..) !!
La force de ce film repose sur sa capacité à raconter beaucoup en montrant peu en utilisant un parallèle entre l'expédition menée par un groupe de spéléologues et la mort lente d'un vieil homme qui s'apparente à un gardien des lieux. La poésie des plans, le travail sur les sons et le rythme lent offrent la possibilité au spectateur de vivre une véritable expérience sensorielle, comme si nous voyagions nous-mêmes dans cette grotte.
Très beau film, quasiment sans dialogue, images et cadres splendides. Une grande unité esthétique et narrative, mais si on n'est pas en contemplation permanente devant la beauté souterraine de la grotte, le film semble trop long.
"Il Buco" est un film subtil. Aucun dialogue, pourtant beaucoup d'émotions nous sont partagées par l'image et le son. La photographie est splendide de part sa simplicité composée de longs plans séquences (gros plans, plans d'ensemble) très riches en terme de couleur ou de vitalité à l'instar "des films de Sundance". Évidemment, je ne conseille pas ce film à un amateur Marvel qui s'attend à l'action ou la frénésie d'un "Docteur Strange 2" mais si vous aimez la montagne, si vous aimez le calme et si vous aimez le 7ème Art. N'allez pas vous faire foutre et allez voir se film grandiose !!!