Drive My Car
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216 critiques spectateurs

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Cinememories

584 abonnés 1 664 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 20 janvier 2022
Quatre chapitres de « Senses » ont posé le ton dramaturgique et émotionnel du cinéma de Ryusuke Hamaguchi. Deux chapitres sur « Asako » ont approfondi le témoignage d’un désir sur la scène du quotidien. À présent, sa narration, toujours aussi dense et généreuse, est compressée dans un unique ensemble, toujours en mouvement. Il a su tirer le meilleur parti de la nouvelle d’Haruki Murakami, « Des Hommes sans femmes », dont on aura déjà pu voir quelques-unes de ces œuvres adaptées à l’écran (Burning, Norwegian Wood). On y retrouve la même solitude qui hante ses héros, engouffrés dans les ténèbres, incapable de trouver la parole, ou ici la réplique, afin d’accepter de vivre dans le présent. C’est avec autant de subtilité que le cinéaste maîtrise les vertus de l’intrigue, tout en injectant à cette lente chute la possibilité de rédemption, tant attendue par des corps errants.

Pas étonnant dès lors d’ouvrir le film sur un décalage, significativement chargé en deuil, où la silhouette d’Oto (Reika Kirishima) ne trouve pas de couleur ou de mouvement, là où son époux Yûsuke Kafuku (Hidetoshi Nishijima) possède sans le savoir, les clés de ses propres chaînes. Le couple file dans une direction que l’on revisite avec une tendresse envoûtante, sans pour autant asphyxier le spectateur d’une rancœur ou d’une logique implacable. Les relations sont complexes et mêlent intimement le langage du corps et l’émotion, chose qui unira tous les personnages, sur une même scène, sous le même soleil et dans le même labyrinthe urbain, qui les persuade d’être au bon endroit. Le travail apporté au son justifiera donc bien plus les transitions, renouvelant par la même occasion des enjeux qui donneront un peu plus d’élan aux personnages mutilés. Yûsuke porte un chagrin et une incroyable retenu dans cette forme de testament qu’il se fait à lui-même, lorsqu’il s’aventure sur les routes, moment propice où il peut se confronter aux fantômes de son passé.

Il répète les mêmes trajets et les mêmes dialogues, mais pour nous seulement, il récite la pièce « Oncle Vania » d’Anton Tchekhov avec plusieurs niveaux de lecture, à ne plus savoir s’il est encore maître de ses répliques ou seulement le reflet de son personnage, avec qui il partage la tragédie. Dans cette démarche, c’est également un reflet qui l’a enfermé dans ce jeu de non-dit. Le metteur en scène qu’il est aura beau comprendre comment dépasser le jeu de la parole, comme en témoignent les nombreuses séances de lecture, consistant à s’écouter, se regarder et ressentir l’appel du texte, il ne parvient pas à se détacher de son épouse et saute sur la première occasion de lui refaire la conversation. C’est une empreinte bouleversante que Hamaguchi laisse là, alors que l’homme aliéné se voit associer à la conductrice aguerrie, Misaki Watari (Tôko Miura), qui porte également la cicatrice d’un deuil personnel. Ensemble, ils prennent la route, des allers-retours dans un circuit qui les forcera malgré eux à s’exprimer et à se libérer d’une charge émotionnelle, qu’ils tendent comme une cigarette vers le ciel, présage symbolique d’un encens qu’ils préfèrent consommer au lieu de le laisser s’embraser.

« Drive My Car » est une sublime expression des sentiments, où la voiture rouge constitue à la fois le fardeau et la délivrance des héros. Celui ou celle qui tient le volant du véhicule n’est-il pas identique à la personne qui se livre sur scène ? N’y a-t-il pas un écho poignant dans un discours qui trouve le mot de fin, entre Yûsuke et le reflet de sa jeunesse perdue ? Ce sont des questions qui guident le récit, mais qui n’orientent jamais la trajectoire des personnages, qui ne cessent de rouler vers l’inconnu, vers le passé ou des fantômes. Il ne restera donc plus que des gestes, rayonnant d’onirisme, pour donner un sens au corps et rendre la voix à celui qui n’en a plus besoin.
Cinévore24

446 abonnés 940 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 août 2021
Se confronter aux épreuves du passé pour faire son deuil et pouvoir enfin aller de l'avant.

Une histoire de route et de partages, de théâtre et de langages.

3 heures de grande justesse et délicatesse, et un Prix du Scénario cannois bien mérité.
Santu2b

309 abonnés 1 808 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 14 décembre 2021
Le générique de "Drive my Car" débute au bout de quarante minutes, ce qui en dit long sur la physionomie générale du film. "Drive my Car" est une oeuvre longue, peut-être trop, mais un des films à découvrir cette année. Adapté de l'oeuvre de Haruki Murakami, il est très difficile d'en restituer la densité. Avec sa galerie de personnages et de situation, "Drive my Car" édifie un archipel du deuil et de la resilience. Un metteur et scène et une chauffeuse, des scènes de répétition de Tchekhov : Ryūsuke Hamaguchi interroge la capacité des hommes à trouver dans le théâtre ou d'autres domaines les ressources pour se relever d'une perte douloureuse. Après d'autres succès comme "Sense" ou "Asako", celui-ci s'affirme parmi les plus grands japonais actuels.
Math719
Math719

229 abonnés 891 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 6 septembre 2021
Un film japonais, qui mérite qu’on s’attarde dessus, la culture japonaise y est bien présente. Les acteurs sont bons mais il y a beaucoup de longueurs. Dommage sans ça, le film aurai été parfait. Les plans camera sont recherchés et certaines scènes sont vraiment intéressantes.
Artriste
Artriste

185 abonnés 2 372 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2023
Adaptation de la nouvelle du même nom de l'écrivain japonais Haruki Murakami, Drive My Car est un long-métrage dramatique intimiste exigeant, coécrit et réalisé par Ryūsuke Hamaguchi. L'histoire nous fait suivre un acteur et metteur en scène de théâtre marié à une scénariste qui puise ses idées pendant qu'ils font l'amour. Seulement, deux ans après le décès de sa moitié, l'homme est invité à Hiroshima pour y monter une pièce dans le cadre d'un festival. Il se voit alors contraint de céder le volant de sa vieille voiture à une jeune femme afin de le conduire dans la ville. Ce scénario contemplatif s'avère captivant à suivre dans sa première moitié mais fini par hélas s'essouffler sur la durée. Il faut dire que celle-ci est conséquente puisqu'elle s'étale sur environ deux heures et quarante-cinq minutes de bobine. Malheureusement, si les thèmes abordés sont profonds et intéressants, à savoir le deuil, la sensualité et la création artistique, on ressent tout de même la longueur de ce récit particulièrement lent et plat. Tout le cœur de celui-ci se joue à travers les relations nouées entre les différents personnages, interprétés par une distribution composée de très bons comédiens entre Hidetoshi Nishijima, Tōko Miura, Reika Kirishima, Masaki Okada, Yoo-rim Park et Dae-Young Jin pour ne citer que les principaux. Tous ces rôles offres des rapports se voulant riches en émotions mais ne parvenant pourtant pas à toucher malgré les sujets tragiques traités et le long développement de leurs personnalités donnent pourtant l'impression de ne rester qu'en surface. La faute à un ton très calme se voulant dans la retenue des sentiments, manquant ainsi de déchirement, de cris et de larmes. Pourtant, les dialogues échangés comportent de jolis mots et sont déclamés avec beaucoup d'élégance, en plus de mettre en avant différentes cultures à travers diverses langues. Sur la forme, la réalisation du metteur en scène japonais est aussi épurée que sobre, nous gratifiant d'une photographie lumineuse et soignée. Cependant, celle-ci manque tout de même de rythme malgré les nombreux lieux traversés. Ce visuel aussi charmant que solennel est accompagné par une b.o. particulièrement discrète, dont on ne retiendra pas les compositions à cause de leur manque d'impact. Ce long covoiturage s'achève sur une fin laissant dans l'expectative, forcément décevante vu la longueur de l'œuvre. En conclusion, Drive My Car est un film possédant de belles qualités mais ne parvenant pas entièrement à convaincre.
Guillaume
Guillaume

155 abonnés 1 753 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 mars 2022
"Drive My Car" s'empare de vous, vous hypnotise de ses silences entrecoupés de dialogues aux pouvoirs thérapeutiques. Ryusuke Hamaguchi délivre un cinéma d'envergure, d'une beauté sourde, et vous invite à déconstruire sans armes ni violences votre schéma sur le fondement de l'existence.
Reste une durée de près de trois heures, rendant de facto cette œuvre peu accessible au grand public.
brunocinoche
brunocinoche

137 abonnés 1 227 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mars 2022
On le sait depuis "Senses" ou "Asako", le cinéma de Hamaguchi se mérite.
"Drive mu car" n'échappe pas à cette règle mais quel bonheur cinématographique pour celui qui rentre dans son univers.
Trois heures pour exposer un scénario très écrit, parfois alambiqué, mais parfaitement construit et très riche pour suivre le parcours initiatique d'un metteur en scène et parallèlement de la jeune femme lui servant de chauffeur.
Trois heures rythmées, après une longue et belle ouverture, de longues séquences sur la route et de longues séquences de répétitions théâtrales, basées sur le fameux "Oncle Vania", choix tout à fait judicieux, ce que l'on comprendra au fil du film.
Cinéma très écrit donc, mais aussi une mise ne scène subtile et d'une grande élégance, principalement pendant les scènes de voiture, où la caméra n'est jamais placée au hasard et sait appuyer selon sa position les prises de conscience des 2 protagonistes. Une belle leçon de cinéma exigeante certes mais surtout fascinante.
Philippe C
Philippe C

126 abonnés 1 187 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 3 mai 2024
Un film qui possède certes quelques qualités esthétiques et humaines, mais d'un profond ennui. Déjà un prologue interminable de 45 mn avant d'atteindre le générique pour exposer la personnalité et les ennuis du personnage principal. Ensuite cette intrication entre la vie réelle de celui-ci et la pièce Oncle Vania qu'il doit mettre en scène mais refuse obstinément de jouer et rôle principal. Les esthètes ont vu dans cette intrication un jeu de miroir entre la pièce et le vécu ou ressenti du metteur en scène.... les choses deviennent plus claires et émouvantes dans la dernière heure où le veuf et sa chauffeur acceptent de se lâcher un peu, pour extérioriser chacun leur chagrin et leur culpabilité vis à vis de l'être aimé et disparu.
Quelques belles images, notamment sur la fin, des trouvailles comme de faire jouer Godot puis Vania en multilingue, ou ces histoires racontées à son mari et à ses amants par l'épouse disparue en faisant l'amour, ou ces répliques de la pièce enregistrée par cette dernière qui passent en boucle dans la voiture longtemps après sa mort, sans oublier la Saab Rouge qui sert de fil conducteur à la narration, n'ont pas suffit à susciter en moi cette émotion rapportée par nombre de spectateurs.
Starwealther
Starwealther

107 abonnés 1 319 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2022
"Drive my Car" a reçu des louanges de la critique et je trouve que c'est mérité, il faut reconnaître que c'est un bon film. Le réalisateur Ryūsuke Hamaguchi dresse le portrait d'un homme de théâtre qui vient de perdre sa femme, perturbé, il sera dans l'obligation d'être conduit par un chauffeur féminin. Petit à petit, il va créer des liens avec cette fille qui a connu, elle aussi, de nombreuses difficultés dans sa vie. Pendant ce road trip japonais, on pourra découvrir une belle photographie avec les splendides paysages nippons parsemés de routes en bord de mer. Ce bel environnement fait contraste avec les thèmes d film qui sont beaucoup moins joyeux, celui du deuil, de l'acceptation, de la culpabilité. Hamaguchi dresse un tableau difficile de la vie après la perte d'un être proche, un mal-être qui nous touche très profondément. Un très beau film sur tous les plans, on pourra seulement lui reprocher sa durée un peu trop longue.
anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 novembre 2023
Adaptation d'un essai de l'excellent Haruki Murakami, Drive my Car version cinéma constitue une oeuvre fascinante dès lors que l'on saisit le fil invisible qui relie ses différents éléments. La mise en abîme entre la pièce de théâtre de Tchekhov (Oncle Vania) qui est mise en scène par le personnage principal, et l'état d'esprit des différents intervenants qui gravitent autour de lui donne lieu à des scènes mémorables et souvent gratifiantes sur le plan humain. Intelligent, créatif, assez décalé et magnifiquement interprété, Drive my Car est une indéniable réussite.
Jean-luc G
Jean-luc G

88 abonnés 896 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 septembre 2021
Voilà un film tellement encensé que l'on se sent gêné si on n'est pas ébloui d'entrée. Soyons franc, malgré sa durée, le plaisir est constant à défaut d'être intense. Est ce un frein de ne pas connaitre Oncle Vania,? On ressort en tout cas avec l'envie de le lire. Et pas lassé des trois heures passés en compagnie de cet acteur et metteur en scène (celui de Dolls de Kitano), mais avec un tout petit peu le sentiment d'être resté sur le pas de la porte.
Le jeu des acteurs est sans faille, valorisent les trouvailles de la nouvelle de Murakami (les épisodes de la série télé imaginés en faisant l'amour, le casting multinational des acteurs dont une muette, le metteur en scène qui doit accepter de se laisser conduire…. Pas que dans sa voiture, la fameuse Skoda rouge, mais aussi dans la vie).
Hamaguchi se moque des codes, nous sert un générique tardif et une fin énigmatique. Mais on le suit volontiers, témoins distants de ces deux êtres en souffrance - un père et une fille. On accepte, sans tout saisir l'échange des mots, mais surtout écoute de la parole (les cassettes en voiture, les studieuses répétitions)
Plus les jours passent après la projection, plus on se rappelle cette quête de soi-même au travers la connaissance de ce qu'était vraiment l'autre, et plus Drive my car prend de l'épaisseur. cinéma - septembre 2021
Domnique T
Domnique T

80 abonnés 245 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 10 septembre 2021
Il n'est pas inutile de connaitre un peu "Oncle Vania" de Tchekhov pour mieux appréhender les caractères des protagonistes ...
Nous voyons de plus en plus souvent le générique de début apparaitre au bout de 2 3 ou 4 minutes de film ... là, c'est au bout de 45 minutes ! 45 minutes d'ennui profond ! Mais à ce moment, le film débute enfin et de quelle façon ! Le spectateur est surpris a chaque minute par le scenario, la façon de filmer, la direction improbable vers laquelle le réalisateur nous emmène ! C'est très habile, très esthétique aussi !
Juan 75
Juan 75

78 abonnés 489 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 10 mai 2022
Exigeant, rigoureux mais aussi hypnotique, captivant et profondément humain. Ce sont les mots qui me viennent après avoir vu ce film comme une lente plongée dans l'âme et l'esprit de ce metteur en scène de théâtre confronté à la trahison et au deuil. C'est d'une lenteur magnifique et prenante, les acteurs passionnants et le scenario splendide. Avec l'imprégnation de la culture japonaise toujours fascinante.
Dora M.
Dora M.

78 abonnés 543 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 15 août 2022
Yusuke (Hidetoshi Nishijima) est metteur en scène et acteur de théâtre. Il se rend à Hiroshima pour monter une pièce pour un Festival, pièce qui résonne beaucoup avec son histoire personnelle. Il se lie peu à peu avec son chauffeur, Misaki (Toko Miura), une jeune femme très discrète.
Les dialogues sont intéressants, ils font avancer le récit, créent parfois un certain suspens. La pièce a aussi tout son sens par rapport à l’histoire réelle des personnages. C’est une belle histoire, bien racontée, le film est esthétique. En revanche, c’est malheureusement trop long (3h). Certes, la lenteur correspond bien à ce type de film mais là c’est un peu trop.
Serpiko77
Serpiko77

77 abonnés 1 633 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 6 juin 2022
Un véritable petit bijou d'écriture, de mise en scène et d'interprétation.
Le film prend un temps monstre à développer la psychologie des personnages et pourtant il réussit la prouesse de ne jamais être ennuyeux. L'utilisation des silences pour transmettre des émotions atteint un niveau rarement égalé. Par moment, on a la sensation que le film est touché par la grâce.
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