Drive My Car
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anonyme
Un visiteur
4,5
Publiée le 8 novembre 2023
Adaptation d'un essai de l'excellent Haruki Murakami, Drive my Car version cinéma constitue une oeuvre fascinante dès lors que l'on saisit le fil invisible qui relie ses différents éléments. La mise en abîme entre la pièce de théâtre de Tchekhov (Oncle Vania) qui est mise en scène par le personnage principal, et l'état d'esprit des différents intervenants qui gravitent autour de lui donne lieu à des scènes mémorables et souvent gratifiantes sur le plan humain. Intelligent, créatif, assez décalé et magnifiquement interprété, Drive my Car est une indéniable réussite.
Lynebonnaud
Lynebonnaud

2 abonnés 131 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 octobre 2023
Hamaguchi est adepte des longs métrages ; « Senses » 317 mn, Asako 119 mn, et « Drive My Car » 3h.
Il fait partie de la nouvelle génération des cinéastes japonais.
Son cinéma est dépouillé, sans qu’il ne demande d’effort au spectateur, si ce n’est celui de lui laisser le temps de sa genèse. Il faut accepter de se laisser porter dans le tumulte des sentiments que portent les personnages à l’écran, sans construction mentale alambiquée.
Par petites touche délicates, tel un peintre sur une toile, le cinéaste décrit la solitude, la frustration, l’amour, le deuil, à travers différents portraits de la société moderne japonaise.
Dans "Senses", Hamaguchi s’intéressait aux femmes en quête de bonheur, dans leur sphère privée ou professionnelle. 4 amies, qui régulièrement se retrouvaient, autant de portraits de femmes quadragénaires.
Dans "Asako", c’est la chose compliquée de l’amour, qui se trouvait au cœur des films I et II.
"Drive My Car", s’intéresse aux questionnements d’un homme proche de la cinquantaine, sur l’amour de sa femme, ses fragilités, sa solitude et le sens de sa vie.
Le film se déroule dans deux espaces temps.
Il commence par une scène d’amour. Sur un lit, Yusuke Kafuku, metteur en scène, écoute sa femme Oto, actrice, lui raconter une histoire érotique. Ils viennent de s’accoupler, et semblent prolonger leur plaisir à travers ses mots à elle. Il l’écoute et la questionne, pour faire avancer son récit.
Deux ans plus tard, on retrouve Yusuke, seul à Hiroshima, où il doit proposer une pièce de théâtre « Oncle Vania » de Tchékhov dans le cadre d’un festival.
Yusuke se déplace au volant de son auto, une SAAB rouge au toit ouvrant, dont il se voit contraint à regret, de confier la conduite à un chauffeur.
Cette voiture, dernier espace intime, lui permet de travailler son texte tout en roulant.
Il se trouve assis à l’intérieur, tel un cocon protecteur de ses ultimes retranchements, quand son épouse Oto, s’approche de la fenêtre pour lui parler.
Il va devoir partager son espace avec une jeune inconnue, Misaki, aux allures garçonnes, qui peine autant à communiquer, qu’elle s’applique à fluidifier sa conduite pour s'effacer à lui.
Commence alors, un road movie ou le processus créatif du metteur en scène va à la rencontre des fêlures intimes liées à sa masculinité et à sa vie personnelle.
Dans la pièce de théâtre, la distribution internationale des différents acteurs, apporte autant de sonorités et de reliefs à leur travail d’interprétation. Ils jouent chacun dans leur propre langue, sans se comprendre ; japonais, taïwanais, indonésiens, coréenne. Au télescopage des idiomes, vient s’ajouter la langue des signes, la grâce de la gestuelle s’invite au cœur des tonalités des sons pour dire.
Ils sont amenés à jouer ensemble, répondant aux émotions qu’ils véhiculent les uns les autres, au gré du sens des mots, véritable mise en abyme du texte et du travail des interprètes au cœur du film.
Les mots de Tchékhov font dans le même temps, échos aux questionnements existentiels de Yusuke sur sa propre vie, et la perspective qu’elle puisse être gâchée. Ses relations avec son épouse, s’invitent constamment au cœur de l’intrigue. Sans malice psychologique, tout est lisible et clair, il doit juste apprendre à continuer à vivre, abandonné à sa solitude, avec ce qui n’a pas été dits à temps, quand son épouse voulait lui parler.
Le cinéaste Ryusuke Hamaguchi, a remporté à Cannes le prix du meilleur scénario.
Il brille tout autant à travers les images de sa caméra.
A de nombreuses reprises de très beaux plans en contre-plongée nous montrent Yusuke qui regarde Misaki, comme une invitation à s’élever – lui dans sa résidence en hauteur et sa frêle silhouette à elle qui vient se découper dans l’enclave d’un mur, telle une porte sur la mer. Misaki est toute petite avec une casquette qui écrase encore sa silhouette, aussi l’effet s’en trouve à plusieurs reprises accentué.
De magnifiques travellings, nous font changer d’espaces lieux : la voiture qui entre dans un tunnel, le ferry qui les transportent sur l’île d’Hokkaido, avec un bout de route dans la nuit qui se découpe sur l’océan, la Saab rouge qui roule sur une route de forêt enneigée, etc.
Sans jamais être esthétisante, l’image est somptueuse.
La pureté des gros plans sur les jolis visages d’Oto, de son jeune amant ou de la jeune actrice muette, sont saisissants de grâce.
On comprend la déception de certains que le film n’ait pu être récompensé de la palme d’or, tant ce metteur en scène est formidable. Tout dans le film, se trouve extrêmement maitrisé, d’une grande netteté, avec une grande sensibilité.
Edtrail75
Edtrail75

23 abonnés 135 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 septembre 2023
« Drive my car » est un film à part, sortant des sentiers battus, ayant mérité son Oscar du meilleur film étranger. Autant prévenir d’emblée : il s’agit d’un film de 3 heures, lent, sans véritables actions.
Mais « Drive my car » a une réelle force : ses dialogues et sa mise en scène : aller-retours entre le réel et le théâtre, entre la vie quotidienne du metteur en scène (rôle principal) et le jeu des acteurs de sa troupe. Aller-retour entre le réel et le jeu, entre ce qui est vrai et joué, les dialogues faisant le lien entre les deux.
Filmé tout en retenue, avec pudeur, le spectateur se laisse transporter doucement, sûrement, dans cette allégorie des souffrances personnelles que chacun peut avoir.
pierre scalliet
pierre scalliet

12 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 30 août 2023
Ce n'est pas un film "facile", non. Il faut une certaine dose de cinéphilie pour comprendre les résonances d'une infinie subtilité qui se tissent entre les destins des uns et des autres, d'autant que la sobriété de la communication entre les protagonistes (extrême pudeur, sentiments réprimés ou rarement exprimés) ajoute au dépaysement que le film nous offre. Mais c'est un absolu chef-d'oeuvre de construction, montage, cadrage, jeu d'acteurs. Oncle Vania de Tchékov nous permet en outre de prendre une magistrale leçon de théâtre, rarement vue dans un film. Enfin, la Saab rouge est un(e) personnage entier qui révèle beaucoup sur son propriétaire. Une auto complètement improbable au Japon.
togashi y.
togashi y.

10 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 5 août 2023
Bien que l'aspect poésie soit intéressant, le film est franchement incompréhensible. Le discours est traduit étrangement à certains moments et l'enchainement des scènes est douteux.
Artriste
Artriste

185 abonnés 2 372 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 juin 2023
Adaptation de la nouvelle du même nom de l'écrivain japonais Haruki Murakami, Drive My Car est un long-métrage dramatique intimiste exigeant, coécrit et réalisé par Ryūsuke Hamaguchi. L'histoire nous fait suivre un acteur et metteur en scène de théâtre marié à une scénariste qui puise ses idées pendant qu'ils font l'amour. Seulement, deux ans après le décès de sa moitié, l'homme est invité à Hiroshima pour y monter une pièce dans le cadre d'un festival. Il se voit alors contraint de céder le volant de sa vieille voiture à une jeune femme afin de le conduire dans la ville. Ce scénario contemplatif s'avère captivant à suivre dans sa première moitié mais fini par hélas s'essouffler sur la durée. Il faut dire que celle-ci est conséquente puisqu'elle s'étale sur environ deux heures et quarante-cinq minutes de bobine. Malheureusement, si les thèmes abordés sont profonds et intéressants, à savoir le deuil, la sensualité et la création artistique, on ressent tout de même la longueur de ce récit particulièrement lent et plat. Tout le cœur de celui-ci se joue à travers les relations nouées entre les différents personnages, interprétés par une distribution composée de très bons comédiens entre Hidetoshi Nishijima, Tōko Miura, Reika Kirishima, Masaki Okada, Yoo-rim Park et Dae-Young Jin pour ne citer que les principaux. Tous ces rôles offres des rapports se voulant riches en émotions mais ne parvenant pourtant pas à toucher malgré les sujets tragiques traités et le long développement de leurs personnalités donnent pourtant l'impression de ne rester qu'en surface. La faute à un ton très calme se voulant dans la retenue des sentiments, manquant ainsi de déchirement, de cris et de larmes. Pourtant, les dialogues échangés comportent de jolis mots et sont déclamés avec beaucoup d'élégance, en plus de mettre en avant différentes cultures à travers diverses langues. Sur la forme, la réalisation du metteur en scène japonais est aussi épurée que sobre, nous gratifiant d'une photographie lumineuse et soignée. Cependant, celle-ci manque tout de même de rythme malgré les nombreux lieux traversés. Ce visuel aussi charmant que solennel est accompagné par une b.o. particulièrement discrète, dont on ne retiendra pas les compositions à cause de leur manque d'impact. Ce long covoiturage s'achève sur une fin laissant dans l'expectative, forcément décevante vu la longueur de l'œuvre. En conclusion, Drive My Car est un film possédant de belles qualités mais ne parvenant pas entièrement à convaincre.
Kat's eyes
Kat's eyes

67 abonnés 543 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 19 mai 2023
Un film contemplatif et poétique sur le deuil sublimé par la création artistique.
Si a forme est séduisante, on regrettera que la romance se conjugue au passé et que les relations nouées entre les deux protagonistes soient plus filiales qu'amoureuses.
Germouse
Germouse

15 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 12 avril 2023
C'est beau, subtile et poignant, surtout la dernière demi-heure. Mais c'est trop long. Le film est adapté d'une simple nouvelle et le scénario étire ses ficelles. Beaucoup de redites donc, surtout dans la relation entre le jeune acteur et le metteur en scène. Le début aussi pouvait être copieusement raccourci puisque tout est re-raconté ensuite.
TUTUR29
TUTUR29

46 abonnés 1 336 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mars 2023
Assez surpris de Drive My Car, je m'attendais peut être à un film qui essaie plus de taper dans l'émotion mais ce n'est pas trop le cas. On est en fait clairement face à une sorte de film qui retrace une partie de la vie d'un artiste comme si c'était une fresque. On le suit au quotidien, et c'est ce qui fait à la fois la plus grosse qualité et faiblesse de l'oeuvre : d'un côté, on est tellement derrière lui qu'on le comprend parfaitement et les quelques moments d'émotions fonctionnent parfaitement, mais de l'autre, on sent quand même que le film dure presque 3h et certaines scènes sont clairement dispensables. J'ai quand même passé un bon moment devant Drive My Car car les dialogues sont très bien écrits et m'ont complètement absorbé à plusieurs moments, mais oui si je devais lui reprocher une chose en particulier c'est sa lenteur qui provoque de l'ennui par moment.
Scapa Flow
Scapa Flow

1 abonné 16 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 mars 2023
Sublime ! Quand l’âme humaine est sondée avec une telle maîtrise, et une telle justesse.
La mise en scène frise la perfection, les dialogues sont à la hauteur de ce qu’on attend d’un film de cette qualité.
Les comédiens sont tous vraiment excellents.
Un chef d’œuvre, film qui va marquer les esprits et le cinéma d’auteur.
Stéphane Tripot
Stéphane Tripot

6 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 13 février 2023
Je me délectais d'avance au vu des critiques qui annonçaient un chef d'œuvre.
Mais je suis vraisemblablement passé à côté , car jamais un film ne m'a paru si long !
Il m'a semblé que l'intention du réalisateur était de filmer son propre génie, davantage que de raconter une histoire.
Tout m'a semblé pénible et prétentieux : le scénario, la mise en scène, le jeu des acteurs.
Un film de trois heures qui en parait huit.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 728 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 8 février 2023
J'avais moyennement aimé les sens. J'ai trouvé celui-ci encore plus fastidieux. Proche d'un wherasetakul.
Déjà un générique au bout de 40min je trouve ça précieux au possible.
Le propos du coup est dilué dans une masse d'image lassante.
Marc L.
Marc L.

68 abonnés 1 828 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 novembre 2022
En l’espace de seulement quelques années, Ryusuke Hamaguchi est devenu ce qu’on appelle une “bête de festival”, dont chaque projet est attendu et scruté avec attention par tout le gotha cinématographique international. Quoique personnellement plus intéressé par le cinéma de genre que par le cinéma dramatique, celui de Hamaguchi me semblait mériter une attention particulière de ma part : après tout, le dernier Japonais à avoir été considéré de la sorte, Hirokazu Kore-Eda, est devenu un de mes réalisateurs de chevet tous genres confondus. Quant à ‘Drive my car’, il s’agit de l’adaptation en trois heures de quelques dizaines de pages écrites par le grand romancier Haruki Murakami, soit le cheminement d’un homme tout au long d’un processus de deuil. Il est impossible de résumer un tel film, étranger à toute forme d’action et de péripéties, qui décrypte avec minutie les infimes évolutions et rapprochements qui animent ses personnages, aussi vais-je me contenter d'en expliquer le titre, qui en révèle déjà suffisamment.. La voiture en question, c’est une vieille Saab 900 à laquelle le personnage principal, le metteur en scène Yusuke Kafuku, tient tout particulièrement mais que, pour des questions d’assurance, il est obligé de laisser conduire par une jeune femme alors qu’il prépare six mois durant une adaptation multilingue d’Oncle Vania de Tchekov au théâtre d’Hiroshima. Ces trajets solitaires en voiture étaient pour lui l’occasion de répéter la pièce, sa défunte femme l’ayant enregistrée sur cassette en laissant des espaces de silence pour qu’il puisse poser ses propres répliques : depuis le drame, enfermé dans l’habitacle du véhicule, écouter cette voix d’outre-tombe lui permettait aussi de ne pas se résoudre à couper le dernier lien qui le rattachait à la morte, et il ne voit donc pas d’un très bon oeil l’irruption involontaire de cette inconnue dans ce moment très intime pour lui. Restreint à petit nombre de situations (trajets en voiture et répétitions), ‘Drive my car’ a tous le temps de développer ses personnages, tous aussi secrets et réservés les uns que les autres, quitte même à ne lever le voile sur certains d’entre eux que pour le laisser retomber avant qu’on ait pu former une opinion définitive. Il joue aussi beaucoup sur le symbolique à travers l’argument des répétitions théâtrales, lieu privilégié d’expression des émotions, dont l’agencement et l’évalution sont ici confiées à un homme qui se refuse à la pleine compréhension de la mort de sa femme et de beaucoup d’autres choses qui la concernaient. Même si, personnellement, le monde du théâtre en toile de fond, surtout quand il prend autant de place, m’a toujours laissé de marbre, beaucoup de choses m’ont intéressé et même séduit dans ce film d’une grande sensibilité, qui rentre pleinement dans la catégorie d’un “grand cinéma” dans lequel aucun élément visuel, thématique ou de langage n’a été laissé au hasard. Ceci dit, la durée démesurée du film, couplée aux réserves personnelles évoquées plus haut font que je ne peux pas réellement prétendre de cette séance qu’elle a constitué une “bonne soirée”. Aussi lisible soit-il (ou plutôt, si généreux en métaphores et possibilités d’interprétations de ces dernières qu’il est impossible de passer systématiquement à côté de toutes !), ‘Drive my car’ n’en reste pas moins une proposition dramatique d’auteur, austère et peu accessible au grand-public : ce n’est absolument pas un film primé à Sundance, qui cherche à se rendre accessible un peu à tout le monde, avec un assaisonnement High-concept ou une pointe d’humour. Ici, c’est le spectateur attentif qui devra parcourir intégralement le chemin qui mène à la vision du réalisateur. Vous voilà prévenus.
benoit_lb
benoit_lb

3 abonnés 38 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 octobre 2022
Le Japon tel qu’on l’aime. Ou plutôt tel qu’on aimerait qu’il soit davantage : ouvert sur le monde, multiculturel, mixte, divers, en paix avec ses voisins chinois, coréen et russe. Le récit de « Drive my car » n’a pourtant rien d’extraordinaire : un acteur et metteur en scène de théâtre quadragénaire devenu veuf subitement (Kafuku-San) quitte Tokyo pour Hiroshima afin d’y monter une nouvelle pièce et se lie d’amitié avec la jeune femme réservée et intrigante qui lui a été imposée comme chauffeure privé (Watari-San), cette dernière s’étant elle aussi retrouvée seule après avoir perdu sa mère, son unique lien familial. Au-delà de cette rencontre de deux personnages chacun en quête d’un nouveau départ dans sa vie, c’est surtout le cadre dans lequel s’inscrit le récit qui est remarquable. La petite troupe de théâtre que monte Kafuku-San, mélange d’hommes et de femmes venus du Japon, de Corée, de Chine et des Philippines, capable d’intégrer une actrice sourde et muette et travaillant à la préparation d’« Oncle Vania » de Tchekhov, est à elle seule, un symbole de diversité allant à rebours des tendances de fond qui traversent la société japonaise d’aujourd’hui marquée par le repli sur soi et la nostalgie du passé.
Cette diversité culturelle qui transparait tout au long de « Drive my car » s’accompagne d’une diversité géographique marquée et d’un travail notable fait sur la lumière lors des scènes diurnes comme nocturnes. La Saab rouge emblématique du film est largement mise à contribution pour nous promener de Tokyo à Hiroshima avant de nous embarquer pour Hokkaido lors des dernières scènes, nous montrant là la variété des paysages, à la fois urbains, ruraux et maritimes, dont le Japon peut se prévaloir du fait de son étendue.
Le ton du film, son cadre et ses décors ne sont pas ses uniques atouts. Hamaguchi-San joue sur plusieurs registres et étonne également par son aspect créatif à commencer par son choix délibéré d’un titre original en anglais, sans doute une première dans le cinéma japonais. Chose rarissime, le film s’ouvre sur une scène de rapport sexuel. Le personnage principal, Kafuku-San, porte un nom qui n’a rien d’usuel au Japon, mais dont la connotation littéraire semble évidente. Le principal second rôle du film se trouve être, quant à lui, une Saab rouge dont la couleur éblouit le bitume japonais habitué au gris, blanc et noir des véhicules de marques locales et dont l’habitacle offre aux personnages un cadre propice à la révélation de leur intimité la plus profonde. Autre détail marquant qui constitue certainement là aussi une première : un générique de début au bout de 45 minutes de film.
Car Hamaguchi-San prend son temps. Et il a raison. « Drive my car » est un film lent avec des scènes qui durent à l’image de cette longue séquence d’explications à laquelle se livrent Kafuku-San et Takatsuki-San sur le siège arrière de la Saab et au bout de laquelle le second passe aux aveux. Le rythme du film et les trois heures qu’il dure ne sont pas un handicap. Bien au contraire, elles en sont un de ses points forts et nous donnent le temps de bien cerner les deux personnages principaux pour mieux nous mettre à leur place, faire leur deuil avec eux et comprendre la difficulté qu’ils ont à tourner la page. Elles sont aussi le reflet d’une des constantes de la société japonaise, qui est la construction de relations durables dans le temps. La confiance et l’accès à l’intimité de l’autre se méritent, elles s’obtiennent à l’issue d’un processus long et sincère, où le moindre écart peut se révéler fatal.
La palette de thèmes abordés par Hamaguchi-san dans « Drive my car » est ainsi très large. Si certains tels que l’adultère ou la perte d’un enfant auraient mérité que le réalisateur s’y attarde, d’autres sont beaucoup plus approfondis et nous donnent matière à réfléchir : le deuil, la mélancolie, la reconstruction d’une vie brisée, l’importance du langage, de la parole vraie et de l’écoute, et bien sûr la création, la diversité et la tolérance. C’est aussi en cela que « Drive my car » est une œuvre riche, une œuvre qui fera date dans l’histoire du cinéma japonais et qui met à l’honneur un auteur dont on reparlera.
Frédéric Zamochnikoff
Frédéric Zamochnikoff

1 abonné 10 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 12 septembre 2022
Après un début prometteur la narration s'enlise. Cela pourrait durer cinq heures de plus à ce régime là ! Le film est trop long, et on s'ennuie au bout d'un moment devant le trop peu d'action.
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