En sachant que je n'avais pas aimé la première partie, ce "Mekboub my Love : Canto Due" n'était donc clairement pas un film que j'attendais. Même si l'esthétique du précédent long-métrage était saluable, il ne développait pas assez de choses pour m'intéresser. Voir des jeunes qui racontent des banalités pendant 2 heures était clairement une expérience pénible, et je n'avais donc pas envie de revivre cela. Malgré tout, ma curiosité m'a emporté et je suis allé découvrir ce projet en salles. Et autant le dire dès maintenant, ce visionnage a été encore plus douloureux que celui du premier. Développant encore cette mise en scène très naturaliste, Abdellatif Kechiche change cependant de fusil d'épaule. Là où le précédent épisode développait surtout la joie et la vie en vacances, ce volet exprime bien plus un retour à la réalité. L'ambiance est donc moins chaleureuse, plus lourde et cela pourrait déranger les fans du premier opus. Pourtant, cette idée avait tout pour me plaire sur le papier, le scénario de ce film essayant enfin de raconter quelque chose de plus ! Mais franchement, même si ça avait l'air beau sur le papier, ce n'était qu'un espoir inutile. Déjà, car, comme je l'ai dit, on a parfois la sensation de sentir une trahison au premier épisode. Cela peut s'expliquer, car ce second opus arrive 7 ans après le premier, alors que les deux ont été tournés en 2016 ! Forcément, on ne monte pas un film de la même manière avec autant d'écart, c'est comme si les intentions étaient totalement différentes. Ici, un bon nombre de personnages clés du premier ne servent à rien, je pense notamment à Céline. Ensuite, beaucoup d'éléments semblent débarquer de nulle part, le problème étant le fameux "Mektoub My Love: Intermezzo", que l'on ne verra finalement jamais, et qui développait plusieurs choses. Je pense notamment à une relation entre Amin et Charlotte, ce qui apparaît comme sortir de nulle part ici. Étant donné que peu de gens ont vu ce film intermédiaire, il aurait été intelligent de préciser ces éléments dans ce film-ci, pas de les ignorer et de faire comme s'ils étaient déjà là ! Mais également, en matière d'histoire pure, tous les enjeux développés ici n'iront nulle part ! Que ce soit la maternité d'Ophélie, le personnage de Marie (qui apparaît et disparaît rapidement) ou bien l'intrigue avec le couple de cinéastes. À la fin du film, Abdellatif Kechiche nous laisse une fin ouverte, il ne conclut aucun développement ! Déjà que l'on s'est tapé 2 à 3 films pour en arriver là, je trouve cela insultant de ne même pas vouloir conclure son film. Autant d'éléments pour ne même pas offrir de point final, c'est insultant, comme si nous avions regardé tout ça pour rien. En bref, je ne comprends pas que l'on puisse aimer ces films. Dites-moi ce que vous voulez, que je ne comprends pas la beauté de ce film ou autres, cela m'est égal. Je pouvais encore accepter le premier, mais pas celui-ci. Certains cinéphiles acceptent bien trop facilement n'importe quoi, sous prétexte que c'est "de l'art", et cela commence à vraiment m'inquiéter. Pour conclure, j'espère ne jamais revoir ces personnages.