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In Ciné Veritas
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3,5
Publiée le 24 mai 2022
Hit the road est le premier film réalisé par Panah Panahi. Panahi est un patronyme connu des cinéphiles. Panah est en effet le fils de Jafar Panahi, cinéaste iranien, auteur d'oeuvre cinématographique internationalement reconnue. Une reconnaissance née notamment à travers les thèmes politiques abordés qui ont placé les longs-métrages réalisés sous « contrainte », sans être empêchés, de la censure pratiquée par le régime politique iranien. La filiation de sang est aussi d'ordre cinématographique à travers cette première réalisation. Mais les inspirations en matière de cinéma de Panah Panahi ne se limitent pas à la veine paternelle. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/2022/05/16/hit-the-road/
Une famille voyage dans un 4x4 quelque part en Iran. Le père, la jambe plâtrée, s'est installé à l'arrière. C'est le fils aîné qui conduit sans dire un mot. Sa mère est assise à côté de lui. Le petit dernier, très turbulent, monopolise l'attention. D'où viennent-ils ? Où vont-ils ?
Panar Panahi est le fils de son père, Jafar Panahi, un cinéaste iranien adulé en Occident au double motif qu'il est persécuté par le régime des mollahs qui lui a interdit de tourner et que ses films sont excellents ("Sang et Or", "Hors Jeu", "Taxi Téhéran"...). Dans "Hit the Road", il s'inscrit dans la lignée du cinéma de son père en utilisant comme lui l'espace clos d'une automobile pour y filmer le microcosme familial et en traitant comme lui le thème très politique de l'exil.
Bien qu'il ne faille pas être grand clerc pour vite comprendre de quoi il retourne, le mot que je viens d'écrire en révèle déjà trop sur l'intrigue. Le film, comme le résumé que j'en ai fait tout à l'heure, se veut en effet mystérieux. Le problème est qu'il ne l'est guère. L'autre problème, plus grave encore, est qu'une fois ce mystère dévoilé, on réalise qu'il ne justifiait peut-être pas autant de cachoteries.
"Hit the Road", une fois délesté de cette hypothèque, se réduit à pas grand-chose : une route, un long trajet et, à son terme, la destination qu'on atteint. Le gamin qui anime de sa trépidante énergie cette triste procession pourra sembler à certains plein de gouaille et de vie. D'autres, dont je suis, l'enverraient volontiers se coucher avec deux claques et un comprimé de ritaline. Je ne suis pas sûr que cette dernière phrase soit politiquement très correcte et ne me vaille pas une descente de la DDASS...
J'ai adoré. Mais pourquoi un tel mystère sur le départ de Farid en Turquie??? A ma connaissance daech est sunnite et pas chiite, donc aucune bonne raison de fuir. Pourquoi la vente de la maison dont l'argent a été déposé en caution au tribunal? Si c'était simplement fuir le régime des ayatollahs, cela n'explique pas la vente de la maison...
Ce qui est remarquable dans Hit the road, c'est l'équilibre délicat que le film parvient à maintenir tout au long ce ces 93 minutes, entre circonstances dramatiques et distance humoristique.
Le père est taciturne et déverse son acidité placide sur tous et toutes. La mère est magnifique, pleine de force et de beauté intérieure. Le petit garçon, insupportable pipelette, est drolatique. L'autre fils, jeune adulte, ne dit rien, et on comprend rapidement que le sujet du film, c'est son avenir.
Tout cela est déjà vu, mais sublimé ici par une légèreté presque poétique, agrémentée d'un grain de folie et d'une bonne dose d'auto-dérision. C'est léger, filmé avec une grâce toute iranienne (les cinéastes iraniens n'ont pas d'équivalent quand il s'agit de développer toute une dramaturgie à l'intérieur d'une voiture). Ce beau road movie se déroule dans des paysages magnifiques, qui donnent au film une tonalité profonde et vitale.
Bon, j'avoue j'ai pas accroché. Lent, très lent, voire immobile, un comble pour un film qui se veut " on the road"; uels beaux plans, statiques ne sauvent pas un scénario écrit sur un ticket de métro. En le gamin ( au fait fille ou garçon ? je vais me faire huer par tous inclusif réunis) est insupportable et à couper en rondelles du début à la fin. Bref, critiques dithyrambiques, comme d'habitude, à fuir.
Road movie iranien. Prendre la route avec cette famille. Peu vraisemblable que ce soit pour un départ en vacances ? Trop de regards croisés tristement cachés derrière des sourires, des regards perdus. Une Fuite ? Une nouvelle vie ? On ne sait pas , on peut imaginer, deviner, compte tenu du contexte politique en Iran... On ressent une tension omniprésente où les secrets, les non-dits transpirent. Frimousse de l'enfant déluré, trop vivant pour être vrai : que ne veut il pas comprendre ou voir ? La douce tendresse, la beauté de la mère qui chante pour oublier sa peine et transformer ce périple en en moments joyeux et se créer des souvenirs. Une vraie gueule, ce père bourru, maladroit, dépassé qui ne peut que clopiner à la limite du déséquilibre. Tristesse du frère paumé qui est celui qui conduit mais subit. Et le chien calme présence symbolique d'une vie passée pour quel avenir? Des huis clos dans la voiture, des paysages sublimes, parfois aperçus par la vitre dessinée, des rencontres, des situations du quotidien qui deviennent improbables, des scènes intimes en pleine nature, je pense entre autre au duo mère-fils assis sur un muret et cette cigarette partagée ou au duo père-fils au bord du torrent et cette pomme partagée . Je pense à la scène presque finale prise de vue lointaine les arbres, les pleurs les cris toute cette douleur. Je pense à la si jolie scène poétique dans la nuit étoilée. Je pense ... je vous laisse les découvrir. Les images sont très soignées ; le choix du réalisateur pour son photographe est une vraie réussite La bande son alterne musique classique, instrumental piano et chansons de la variété pop iranienne . On sourit, on pleure, on vit dans la voiture avec eux sur la route.
Film merveilleusement sensible avec un jeu d’acteurs subtil et excellent. Le pathos est traité avec finesse et chaque personnage est attachant. Il dégage de ce film une tendresse exprimée par la dérision . On y croit tout de suite et on vibre avec eux !!
Je ne connaissais vraiment pas bien le cinéma iranien, mais ce film m'a définitivement conquis vis à vis de ce dernier ! Entre son humour subtil, ses dialogues aussi drôle qu'intelligent, ses scènes émouvantes et ses paysages somptueux, Hit The Road est l'un des film les plus beaux que je n'ai pu jamais voir dans cette période covid. Et qu'est-ce que j'en avais besoin !! Le scénario est magistral, la réalisation parfaite, d'autant plus qu'il s'agit là d'un premier film ! Un immense bravo à Panah Panahi qui démarre sa carrière avec une bonne avance ! Bref, Hit The Road est film magnifique, qui j'avoue, m'a fait lâcher une larme spoiler: lors de la scène dans laquelle le père, portant son plus jeune fils, allongé dans l'herbe, sanglote en se remémorant son fils parti. Soi disant passant, le fils turbulent m'a fait hurler de rire. Film à voir, qui selon moi ne présente aucuns défauts, et ne laissera personne indifférent.
Joli film sur l'idée de la perte : ici le départ du foyer du grand frère (et le décès du chien). La "perte" d'un enfant, son émancipation, peut-être vue comme un décès pour les parents (le décès de la part d'enfance). Je salue la performance de la comédienne Pantea Panahiha qui joue incroyablement la mère de la famille.
Assez difficile de rentrer dans le film en raison d'un manque de mise en contexte. Il faut être très attentif aux détails pour réussir à tout comprendre. L'histoire n'en reste pas moins émouvante mais on sort de la séance quelque peu frustrés.
Autant je trouve parfois le cinéma de Jafar Panahi trop intimiste et....franchouillard, autant j'ai adoré le film de Panah. Ce film est plein de poésie, de pudeur, d'humour, de profondeur, d'amour. Sans compter la beauté des paysages. Mais pourquoi le générique de fin indique- t-il une musique de Schubert, identifiée comme telle par le critique du Monde et d'autres contributeurs sur ce site ? Il s'agit du concerto italien de Bach, autant que ma culture musicale puisse en juger. Ce serait bien de rectifier cette erreur...
Le fils de Panah Panahi est fidèle au cinéma intimiste de son père mais y distille une légèreté voire un onirisme bienvenus. Ce road movie faussement rassurant et aux zones d'ombre appréciables est un grand moment d'humanité et de cinéma.
Un premier film réussi (de belles trouvailles de mise en scène intérieure et extérieure (plans serrés avec une parfaite maîtrise pour libérer l'émotion de ses héros, plans larges pour filmer les beaux paysages Iraniens en contraste avec cette atmosphère pesante installée). Le réalisateur contourne ainsi avec dextérité les limites de l'habitacle et alterne des temps drôles et tragiques. Ses comédiens sont parfaits et Rayan Sarlak dans le rôle du petit garçon est extraordinaire. Ne pas raconter le pourquoi de cette chevauchée ou ne pas donner plus de clés aux spectateurs, même si c'est le parti pris revendiqué du cinéaste, semble nuire à cette histoire qui aurait pu être un chef d'œuvre mais qui a de petites longueurs On attend un prochain film avec impatience !
Dans ce récit qui sciemment dissimule le pourquoi de l’aventure, tout en laissant des petits cailloux blancs , de peu d’utilité, on assiste surtout à des confrontations verbales, allusives, drôles parfois, mais qui ne font qu’infirmer le principe de base de cette histoire : en dire le moins possible tout en déliant le parcours de séquences amusantes, mais sans gravité pour le fond du problème. Qui semble être très important selon les conversations rapportées par bribes ( on parle de tribunal , d’une saisie possible, d’un départ dissimulé … ) mais toujours dans l’allusion et le doute. Panah Panahi qui cherche à se démarquer de ses aînés, joue donc la carte de l’originalité scénaristique. Mais très à l’aise derrière la caméra, il nous laisse pour l’heure l’empreinte d’un bon réalisateur . Et là c’est immanquable , le coup d’œil de Kiarostami ne lui a pas échappé Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com