Quelques années après le drame judiciaire («Dark Waters»), le réalisateur Todd Haynes nous revient avec cette étude de mœurs trop en surface et manquant d'une certaine subtilité pour convaincre comme il faudrait.
Cette histoire d'une actrice cherchant à coller au plus près de la femme qu'elle va incarner, quitte à s'immiscer toujours un peu plus dans son quotidien et son intimité, à creuser, à déranger, et chercher à faire ressurgir une éventuelle culpabilité liée au passé tumultueux de cette dernière, et ce pour capter et retranscrire la "vérité" de son personnage, ne manque pas d'intérêt dans les sujets qu'elle aborde (le réel et la fiction, le déni et la duplicité, les zones grises). Malheureusement, son exécution narrative manque clairement de tension et de rythme, ce dernier ne décollant jamais vraiment, jusqu'à aboutir à une conclusion assez frustrante (tout ça pour ça ?).
Un film qui finit par tourner en rond, et au centre duquel deux actrices douées se complètent tout en se faisant face : Julianne Moore, cherchant à garder intacte la vie de famille (pourtant fragile) qu'elle a pu se construire au fil du temps, malgré ce passé qui continue de la talonner chaque jour, et Natalie Portman (malgré un jeu parfois un peu trop maniériste) qui, par devoir de recherche et d'incarnation, cherche à la confronter à cette vérité qu'elle veut ignorer.
Une œuvre avec du potentiel pour un film finalement en demi-teinte, et ma première petite déception vis-à-vis d'un film de Haynes.
À trop vouloir brouiller les piste, jouer l’originalité et se faire passer pour complexe, le film ce Tobb Haynes en devient distant et perd en intérêt. Restent les performances magistrales des acteurs. Moore et Portman bien sur mais Melton n’est pas en reste.
Sublimes Natalie Portman et Julianne Moore Contrairement aux critiques que j ai pu lire avant de voir le film, aucun ennui on ne voit pas le temps passer. Esthétiquement le film est très beau, la lumière sublime le décor et l ambiance. Je voulais le voir pour les 2 actrices et je suis sortie bouleversée par leur jeu d actrice. Très beau film qui ne peut pas laisser indifférent.
Duo de haute volée dans le dernier film de Todd Haynes avec Natalie Portman s'immisçant peu à peu dans la vie de Julianne Moore. Cette dernière est en couple avec un ancien élève de cinquième qui a maintenant 36 ans. Cette différence d'âge qui donne lieu au titre du film ne semble pas gêner l'équilibre du couple et de leurs enfants, dans un premier temps... Comme il y a le film dans le film, on retrouve ici l'actrice qui joue l'actrice, brillamment interprétée par Natalie Portman. Todd Haynes fait briller ses interprètes par la délicatesse qu'il apporte à son récit qui au fil des minutes va se transformer en une analyse fine sur les barrières de la morale. Un très bon film.
Deux femmes qui s'observent à travers le beau travail cinématographique de Todd Haynes pour retranscrire une histoire vraie qui défraya la chronique aux USA quelques décades avant. La femme mûre, Julianne Moore, qui tomba amoureuse d'un adolescent plus de vingt ans plus tôt reçoit une jeune femme, Nathalie Portman, qui doit interpréter à l'écran son personnage. Psychologies qui s'affrontent tout en délicatesse alors que l'une cherche à approcher au plus près la vérité, tandis que l'autre semble chercher à éluder tout monde réel. Le jeune mari parait fragile, dans une situation paradoxale de père de famille tout en étant presque plus enfantin que ses enfants avec naïveté. A voir !
Film lent et mou sans intérêt. Le texte est creux. La principale réplique de Nathalie Portman est « thank you » mielleux. On ne voit pas où le film veut en venir. Pas d’action. On a hésité à partir au bout d’1/2 heure en se disant qu’il allait se passer quelque chose, eh bien : non, rien jusqu’au bout. À fuir !
Un sujet de départ intéressant mais le scénario glisse sur l'histoire sans jamais réellement chercher à dépasser le vernis. Dommage pour les 2 actrices
Film fascinant. Un casting de folie dans un climat pesant ou chaque personnage englué dans cette histoire tente de vivre du mieux qu'il peut. 2 femmes s'affrontent avec une cruauté mentale. L'une actrice doit incarner la seconde dans son prochain film. Elle s'installe donc dans cette famille pour mieux comprendre le personnage. On atteint là des sommets de perversité, de manipulations pour arriver à ses fins là jeune actrice est prête à tout. La musique de Michel Legrand vient souligner l'intrigue et la pression constante.
Images pas terrible... ça commence mal..., histoire tout juste intéressante car déjà largement traitée, jeux d'acteur très moyens, on a du mal à s'installer dans le film..., les acteurs aussi... on s'ennuie ferme au début, un début qui n'en finit pas... tout ça pour accoucher d'un pas grand chose...ou si peu... Lolita est passée par là il y a bien longtemps... bref on n'apprend rien et on oublie vite... ça manque d'inspiration tout ça alors que le thème était majeur. Dommage...
Un très bon thriller psychologique réalisé par Todd Haynes et portées par Natalie Portman et Julianne Moore. Je l'ai vu en avant-première au cinéma grâce au festival Télérama.
May December est une œuvre qui s’inscrit dans cette zone trouble où cohabitent fascination et frustration. Todd Haynes nous livre un film qui, malgré ses qualités indéniables, peine à atteindre le statut de grande œuvre. Il y a quelque chose d’authentiquement captivant dans le récit de cette relation controversée, mais le traitement qu’en fait le film laisse un goût d’inachevé.
L’histoire de Gracie Atherton-Yoo (Julianne Moore) et Joe Yoo (Charles Melton) aurait pu être une exploration nuancée et profonde des dynamiques de pouvoir et du traumatisme, mais au lieu de cela, elle semble parfois stagner dans une ambiguïté artificielle. Gracie est dépeinte comme une figure énigmatique et manipulatrice, mais le film n’explore jamais réellement les véritables conséquences psychologiques de ses actes. Il préfère s’attarder sur des scènes qui semblent trop stylisées pour provoquer une véritable émotion.
Natalie Portman incarne Elizabeth Berry, une actrice qui s’immerge dans la vie de Gracie pour mieux la comprendre et la jouer à l’écran. Si Portman est techniquement irréprochable, son personnage semble détaché de la réalité, comme s’il évoluait dans une bulle de narcissisme artistique. Par moments, elle est fascinante à regarder, mais l’on se demande si son rôle ne se prend pas trop au sérieux dans une histoire qui, par ailleurs, flirte souvent avec le ridicule involontaire.
La performance de Charles Melton est sans doute l’aspect le plus intéressant du film. Son Joe Yoo est à la fois victime et complice d’une relation qui a façonné toute sa vie. Melton apporte une vulnérabilité sincère à son personnage, mais il semble parfois écrasé par une mise en scène qui veut constamment souligner le malaise sans jamais offrir de véritable catharsis.
Visuellement, le film est impeccable. La photographie est soignée, la lumière magnifie chaque cadre, mais cette perfection formelle finit par trahir une certaine froideur. On sent que Todd Haynes veut faire un film « important », mais cette volonté semble trop présente, trop consciente d’elle-même. Le résultat est un film esthétiquement réussi, mais émotionnellement distant.
La musique de Marcelo Zarvos, bien que techniquement bien exécutée, tombe souvent dans l’excès. Il y a une lourdeur dans l’utilisation de la bande-son qui vient parfois alourdir des scènes déjà chargées de tension. Ce qui aurait pu être une bande-son subtile devient un élément presque écrasant, accentuant le côté « fabriqué » du film.
L’histoire aurait gagné à être plus directe, plus ancrée dans le réel. L’obsession pour le kitsch et l’ironie affaiblit le propos du film. May December tente de jongler avec plusieurs tons – drame, satire, étude de personnage – mais ne réussit pleinement dans aucun de ces registres. Au final, le film laisse une impression mitigée, comme une expérience cinématographique à moitié aboutie.
En résumé, May December est un film qui oscille constamment entre le fascinant et l’agaçant. Il y a des moments de grâce indéniables, des performances solides, mais aussi une volonté d’en faire trop, de trop en dire sans jamais vraiment offrir une lecture claire. C’est une œuvre qui mérite d’être vue pour ses qualités, mais qui souffre d’une approche trop consciente de sa propre importance. Un film intéressant, mais imparfait, à la fois audacieux et frustrant.
Un film atmosphérique formidable, le duo Portman-Moore fonctionne à merveille et nous maintient en haleine tout le film. Aurait mérité un prix de la réalisation à Cannes.