Une adaptation inspirée de la très célèbre pièce de Shakespeare dans laquelle Orson Welles non content de la réaliser en studio et avec des moyens limités ne fait rien en plus pour le cacher où jouant à fond dessus pour en faire une oeuvre baroque qui évite totalement l'écueil de théâtre filmé. Pour cela il s'appuie aussi bien sur un onirisme visuel qui ressort de l'artifice des moyens techniques et des décors, voir même plus, pour exprimer les tourments qui agitent sans cesse les deux principaux personnages que sur le texte et l'interprétation des comédiens. Les dernières scènes jouent remarquablement bien sur le vide des décors pour montrer l'isolement et la solitude du félon. En plus Orson Welles ne trahit jamais l'esprit shakespearien tout en évitant de se trahir lui-même, un joli petit tour de force.
Connaissant les œuvres de Shakespeare principalement par les adaptations cinématographiques qui on étés réalisés je ne peux pas me prononcer sur la qualité de l’adaptation, c’est le cas pour Macbeth. Si le film ne me semble pas s’éloigner de la pièce de Shakespeare, on remarque surtout « l’empreinte » Orson Welles qui domine se film. En effet, dès le début du film le ton est donné, sombre, froid et pesant. Les costumes et les décors donnent un ton très onirique au film tandis que le jeu des acteurs et l’utilisation des ombres/lumières rappellent l’époque du muet et de l’expressionisme allemand. Les acteurs sont très bons à commencé par Welles lui-même qui prouve une nouvelle fois qu’il aussi bon acteur que réalisateur. De ce coté là d’ailleurs, on n’est pas dépaysé car Welles nous gratifie de multiples plongée/contre-plongée violents et autres mouvements de caméras qui différencient ses films des autres. Bref, Macbeth est un film réussi.
Kurosawa réussira avec Le chateau de l'araignée une brillante adaptation de MacBeth. Welles, probablement trop respectueux de Shakespeare, a semble-t-il eu peur de l'adaptation, se contentant d'élaguer par-ci par-là. Alors deux problèmes se posent. Tout d'abord, sans être du théâtre filmé, ce n'est pas vraiment du cinéma. Pourtant le film regorge de plans géniaux, plongées et contre-plongées chères à Welles, et un jeu diabolique sur les ombres, comme ce plan sur la fin où, avec sa couronne et son arme, MacBeth paraît satanique. Mais Welles sacrifie la fluidité et l'autheticité générale pour une démonstrativité théâtrale, qui jure un peu par moment. De plus les scènes sont aussi bavardes qu'au théâtre alors qu'avec la mise en scène et l'interprétation, beaucoup de choses n'avaient pas besoin d'être dites. Il faut reconnaître que le grand Orson incarne parfaitement cet homme dévoré par l'ambition, tétanisé par sa future chute. Le discours de Shakespeare est parfaitement transmis. Une oeuvre qui explore la noirceur humaine, donc.
OPERATION SHAKESPEARE. Orson Welles habité et dément, un magnifique noir et blanc, un jeu d'ombres et de lumières, mais alors à regarder, c'est pas le pied.
Je n’ai malheureusement toujours pas lu l’œuvre de Shakespeare, mais cette adaptation réalisé par le grand Orson Welles me donne clairement envie de la découvrir, notamment parce que j’ai trouvé l’histoire bien passionnante. De plus, la mise en scène du réalisateur de Citizen Kane est magnifique et nous propose des prises de vues comme lui seul en avait le secret. Sa performance dans le rôle-titre est également remarquable et la photographie que l’on doit à John L. Russell est assez envoûtante car rendant le film assez étrange (l’œuvre est souvent et étonnamment plonger dans le brouillard). "MacBeth" est donc un grand film de plus à mettre à l’actif d’Orson Welles !
Un film totalement aboutit! Une maitrise incroyable de la mise en scène et de la lumière loin du théâtre filmé Macbeth prend vie devant nous même dans ses apartés! Un Orson Welles acteur au sommet de sa forme digne du troisième homme ou de Citizen Kane!
tout simplement magnifique, welles rend bien la folie de son personnage, ce film permet de comprendre pourquoi welles est considéré comme l'un des meilleurs réalisateur. L'histoire est fidèle à la pièce et la réalisation est effrayante, intense et ne laisse pas le spectateur le temps de s'ennuyer.
Après l’avoir adapté sur scène en 1936 (avec son Macbeth vaudou situé à Haïti et interprété par des acteurs noirs) et à la radio en 1940, Orson Welles se voit offrir l’occasion de porter à l’écran Macbeth. Bénéficiant d’un faible budget, il décide de le rejouer sur scène essentiellement avec les comédiens qui seront dans le film pour qu’ils connaissent parfaitement leurs rôles et, en bon expérimentateur, choisit de leur faire enregistrer les dialogues en amont du tournage (les comédiens bougeant les lèvres en fonction d’indications sonores) afin que le tournage ne perde pas de temps à cause du son. Cela permet à Welles de boucler celui-ci dans les temps et en respectant le budget, chose rare pour lui. Hélas, tournant juste après en Europe, il dirige le montage de loin et l’accueil est catastrophique. Il faut dire que, contrairement à un Laurence Olivier qui sort au même moment son Hamlet, il se permet de modifier le texte de Shakespeare à sa guise en le réduisant, en modifiant l’ordre des scènes ou des répliques, en attribuant parfois ces dernières à d’autres protagonistes ou en créant un personnage absent de la pièce. En outre, il ne cache jamais la faiblesse de son budget en jouant sur l’aspect théâtral de ses décors voire en les dépouillant de tout artifice. Il traite ainsi la pièce avec autant de libertés que William Shakespeare en prenait avec la réalité historique. Enfin, il se permet de faire adopter l'accent écossais à tous les personnages afin de souligner le lieu de l’action. Cela amènera une très mauvaise réception lors des premières diffusions qui engendra un raccourcissement et un redoublage du film afin d’offrir des dialogues "compréhensibles" par le public américain. La version longue est ainsi plus ou moins conforme aux désirs premiers du cinéaste et possède une narration légèrement mieux structurée car plus complète et la version courte présente par contre l’avantage d’être plus rythmée. Quoiqu’il en soit, Macbeth vu par Welles reste un grand moment de cinéma. En effet, malgré son faible budget, le cinéaste offre une œuvre visuellement magnifique ou chaque plan pourrait être accroché au mur comme un tableau et réussit à nouveau à nous livrer des fulgurances de mise en scène avec notamment le plan-séquence d’une dizaine de minutes tournant autour de l’assassinat de Duncan (même si celui-ci est remonté dans la version courte). Il fait également encore preuve d'une attention toute particulière sur le travail du son (même si l’aspect expérimental de celui-ci a été diminué sur la seconde version). Enfin, Welles choisit des comédiens de talent issus essentiellement de sa troupe (même si ce ne sont pas les stars de celle-ci) et le personnage démesuré de Macbeth semble parfaitement taillé pour lui-même. Ainsi, même s’il fut à nouveau un revers commercial pour Orson Welles, Macbeth est une œuvre marquante du 7ème Art que ce soit dans ses deux versions qui laisse de multiples images en tête. Ainsi, même si certains pourront avoir du mal avec l’aspect théâtral assumé de l’ensemble, il est difficile de ne pas y voir un chef-d’œuvre.
Macbeth, noble écossais devenant Roi d'Écosse après avoir assassiné Duncan après machination fomentée par Lady Macbeth. Tyran et despote, mais aussi rendu dingue par la culpabilité, il ne pourra périr que par l'épée d'un homme n'étant pas né d'une femme. Cela paraît complètement paradoxal et pourtant c'est bien le cas : ce "Macbeth", c'est bien pour les anglophones (de naissance, je le précise) qu'il est le plus difficile à appréhender. Pourquoi ? Déjà parce que Welles, soucieux de coller le plus possible à l'oeuvre de Shakespeare exige de tous ses personnages qu'ils imitent le mieux possible l'accent écossais. En ressort quelque chose de très particulier, notamment des R étrangement roulés, rappelant des sonorités de l'Europe de l'Est. Donc des dialogues pas toujours facilement intelligibles. Ensuite, ces mêmes dialogues : s'ils usent d'un anglais moderne et populaire, font aussi appel à un anglais soit littéraire (shall) soit archaïque (thee, thou). Et enfin, et les Britanniques ont eu du mal à l'accepter étant donné leur attachement viscéral au théâtre, "Macbeth", dans la forme, n'est pas du théâtre, mais bel et bien du cinéma jusqu'au bout des ongles ! Par économie de moyens et obligation de faire vite, Welles ne dispose que de deux ou trois décors, mais faut voir ce qu'il en fait ! Jamais pièce de théâtre n'avait été adaptée de la sorte à l'écran ! Que ce soit au niveau de l'exploitation du décor, du noir et blanc, de l'utilisation intensive de la plongée et contre-plongée et d'artifices relevant simplement de l'inventivité, c'est un véritable récital visuel que nous avons là.
Du sheckspeare adapté par Orson Welles c'est du grand cru qu'on décuste. Mais si on n'apprécie pas le style c'est du foutu pour foutu. C'est risqué comme choix mais il faut reconnanaitre qu'en dehors de ça la mise en scène est époustouflante, le tout rien qu'en restant en studio.
Orson Welles parvient malgré peu de moyens à restituer toute l’ampleur de la tragédie de Shakespeare grâce à une mise en scène baroque, parvenant de façon très inventive à faire oublier ses piteux décors en carton-pâte et ses acteurs de seconde zone au casting. Un film certes ardu du fait des dialogues tirés de la pièce et ce peu aidé par l’affreux accent écossais dont font usage les acteurs à l’écran. Pour autant, avec son aspect brumeux, sordide et fantomatique qui vont conférer au récit une dimension toute particulière.
Une belle version condensée de 'Macbeth', avec d'intéressants choix de mise en scène et une atmosphère expressionniste parfaitement adaptée à l'univers créé par Shakespeare. Dommage que Jeanette Nolan manque tant de charisme en Lady Macbeth.
Le plus sombre des œuvres théâtrales Shakespeariennes, un chef-d’œuvre incommensurable bien évidemment. J’en ai des frissons, où cela peut conduire ces dialogues crépusculaires de ce noble prétendant au trône de l’ancienne écosse, ambitieux follement meurtrier, à contrarier les princesses dans leurs abîmes d’intrigue de grotte château. J’aime beaucoup avec Hamlet, ces doux princiers fous fous foutus dans leurs complots imaginaires à intriguer les rivaux jalousement. Un beau film en noir et blanc remasterisé, que demander de plus ? C’est magnifique, les personnages costumés style viking, ça fait un peu influence des seigneurs Tatars Khans, il y a du Game of Thrones avant l’heure, avec ces pratiques barbares sauvages fin de l’Antiquité devenue christianisée. Dévoré dans son propre jeu machiavélique, pourchasser par l’ambiguë prophétie qui ne peut inexorablement se réaliser, Macbeth roi usurpateur courra à sa perte, encerclé par ses ennemis qui n’attendent que le moment venu, prendre ce pouvoir d’ambition. The King is dead, hail to the new King, a long live pour des générations futures assurées.
Si cette oeuvre aux relants de super-production produit largement de quoi passioner, éblouir et même marquer profondément (le jeu d'O.Welles, les décors, l'athmosphère pesante), elle doit bien trop à Shakespeare pour se distinguer véritablement.
"Macbeth" comme bon nombre de films de Monsieur Orson Welles, est un chef d'œuvre. Film très théâtral, réalisé avec un budget minable, "Macbeth" est beau et donne à la pièce incontournable de Shakespeare une dimension cinématographique époustouflante. Le texte est entièrement respecté, Welles y est exceptionnel, la mise en scène, très proche du théâtre, par ses grands espaces, ses plans larges, le jeu de ses acteurs, est formidable. Respect Monsieur Welles.