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Gonzague Steenkiste
30 abonnés
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5,0
Publiée le 16 avril 2025
Emmanuel Finkiel, le réalisateur de la série "En Thérapie" et du film "La Douleur", adapte ici le roman d'Aharon Appelfeld "La Chambre de Mariana". Mais quelle est cette chambre et qui est Mariana? Appelfeld a écrit un roman inspiré partiellement de sa jeunesse. Déporté, il s'évade d'un camp à la frontière ukrainienne en 1942 et se cache dans les forêts pendant trois ans. Il est également hébergé dans une maison close à Tchernivtsi (Czernowitz en Polonais) et c'est cette expérience, vécue alors qu'il avait 12 ans, qui fait l'objet du film. Hugo (Artem Kyrik) connait cette expérience étonnante: se retrouver à vivre caché dans un réduit dans la chambre de Mariana (Mélanie Thierry), une prostituée. Le film est un huis clos de 2 heures 11 mais qui passe très vite tant on est imprégné des sensations et des sentiments de ces deux personnages (les bruits, les musiques sourdes, les conversations étouffées). Le réalisateur a voulu non pas adapter le livre (il dit qu'un livre en contient autant qu'il a de lecteurs) mais faire le film comme un flacon, en faire humer les parfums, qui se mêlent telles des fragrances que chacun perçoit à sa manière. Je retiens deux phrases extraites du film qui l'expriment le mieux peut-être : celle dite par la jeune amie d'Hugo qu'il revoit en flash ("on est libre quand on imagine...") et une autre prononcée par sa mère lors d'un émouvant autre flash (le film entremêle souvenirs et vie quotidienne) : "Le désespoir est une défaite". La langue et le langage sont très importants pour Appelfeld puisqu'il parlait allemand avec ses parents (dans les familles de la bourgeoisie ukrainienne c'était la langue parlée) et ukrainien le reste du temps. A la séparation de ses parents, il devint mutique. C'est seulement après son exil en Israël qu'il parla à nouveau, mais uniquement le yiddish. Mélanie Laurent, exceptionnelle, a appris l'ukrainien pendant deux ans pour incarner son personnage. Elle est comme une virtuose, nous envoutant de tous les registres d'une mélopée. Nous ne pouvons oublier aussi ce si beau personnage de femme. Les femmes qui après les guerres souffrent souvent doublement. Alors que les hommes vaincus sont éliminés, les femmes, avant d'être tuées, sont souvent utilisées, humiliées et violées. Le film est d'autant plus étonnant que, très impressionniste par les sensations qu'il procure, il nous laisse cependant une forte impression et nous ne pouvons pas nous empêcher de le voir comme une allégorie politique de l'Europe et de sa fragilité.
Film vu en avant première en présence du réalisateur à l’UGC Lille Il est rare que j’ai envie de partager une critique de film … mais comment ne pas vous donner envie d’aller voir ce film ??? Après la Douleur, une nouvelle réussite , toujours à partir d’une histoire forte … Tout est réussi : - la performance XL de Mélanie Thiery, en version originale ukrainien, rayonnante, aimante, désespérée, perdue .. quelle actrice incroyable et toujours inattendue - la lumière et le cadre incroyablement irisés, mouvants alors que bcp de scènes se jouent dans là chambre ou dans l’armoire … - le jeune adolescent et son regard inoubliable - le scénario et le montage ciselés, précis Et bien sûr la narration qui ne va pas toujours vers L’évidence Vous l’aurez compris : ne vous fiez pas au Pitch et laissez vous porter par ce film original, qui porte un regard nouveau sur des thèmes historiques connus et parviendra à vous émouvoir par surprise, lorsque vous ne vous y attendrez pas…. De la belle ouvrage … vraiment !
Beaucoup d’émotions. Par la qualité des images par le jeu, de Mélanie t LAURENT et du gamin, tout à fait exceptionnel. le réalisateur fait un travail remarquable pour exprimer ce passage de l’enfance à l’adolescence, filmé dans le cagibi de la chambre d’une prostituée qui reçoit des allemands pendant la guerre. Et pour filmer avec beaucoup de justesse le thème de l’antisémitisme.
J'ai eu la chance de voir ce film en avant première avec la présence du producteur et du réalisateur. Ce film est vraiment touchant, donne une autre approche, un autre point de vue de ce qu'ont vécu les gens pendant la seconde GM. Un film très bien raconté, on ne voit pas les 2h passer tant la cadence des scènes et de l'histoire est maîtrisée.
Le film en version originale est d’une authenticité absolue , Mélanie Thierry époustouflante avec une maîtrise de l’ukrainien impressionnante. Emmanuel Finkiel excelle de nouveau , Le public avertit était dithyrambique lors de l’avant première .
Adapté du Roman d'Aharon Appelfeld , Emmanuel Finkiel livre là un film intéressant chargé de tension à travers cette terrible histoire d'un enfant Juif caché dans une maison close en Ukraine occupée et plongeant le spectateur dans l’expérience sensorielle du jeune garçon caché dans un placard ! Mélanie Thierry , d’une grande justesse , incarne Mariana avec une intensité bouleversante , son personnage étant tiraillé entre la culpabilité , la peur et un instinct maternel naissant !
C'est une autre guerre qui est passée par l'Ukraine et qui l'a puissamment marqué, de l'occupation allemande à la "libération" soviétique. Adapté du roman de Aharon Appelfeld, La chambre de Mariana raconte une histoire familière, hélas, jusqu'à un certain point, spoiler: celle d'un garçon juif de 12 ans, Hugo, caché dans une maison close, et plus précisément dans la chambre d'une prostituée, amie d'enfance de sa mère qui lui a choisi ce refuge. La caméra d'Emmanuel Finkiel ne regarde que ce que le garçon, qui ressemble à un ange, voit. Le réalisateur de Voyages et de La Douleur, connu pour sa sensibilité et sa capacité à saisir les tremblements de l'intime, est à son affaire pour livrer un récit épuré, d'une force peu commune pour nous faire sentir la tension mais aussispoiler: illustrer la complicité naissante entre un adolescent en devenir et une femme à la fois protectrice et fragile. Bien d'autres œuvres cinématographiques ont montré les horreurs de la seconde guerre mondiale mais peu ont finalement réussi à nous les faire ressentir de façon viscérale, sans la montrer de manière frontale. La chambre de Mariana, avec une magnifique économie de moyens, y parvient sans pathos. Il faut dire qu'à côté du jeune et remarquable Artem Kyryk, Mélanie Thierry éblouit par une performance hors normes, sans doute la plus forte de sa carrière.