Gros succès en Allemagne, nommé à l’Oscar du film international la semaine dernière et des bons retours, La salle des profs avait donc suscité mon intérêt. J’ai trouvé l’ensemble très bien fait. Belle mise en scène, scénario bien écrit, le tout se passant exclusivement dans le collège, jamais on ne voit la vie extérieure des protagonistes. Les deux nous donnent une atmosphère assez étouffante dès le début et un suspens qui monte crescendo. L’interprétation est aussi un sans faute, et pour tout le casting. Belle révélation de Leonie Benesch qui est de quasi toutes les scènes et tient tout le film sur ses épaules. Le problème est que je n’ai pas du tout aimé la fin. D’ailleurs il n’y en a pas vraiment. Un peu en queue de poisson comme si les scénaristes n’avaient pas su comment terminer leur récit. Dommage. Un sentiment d’inachevé donc pour moi.
Le contraire d un Feel Good Movie. La salle des profs est un thriller prenant car terriblement réaliste. On va suivre une jeune professeur, visiblement idéaliste s enliser dans des sables mouvants. Plus elle va se débattre pour aider les autres plus elle va s enfoncer dans des situations inextricables. Refusant le manichéisme, jouant tout le long du métrage sur les zones grises et montrant la complexité de situations parfois très banales, c est une œuvre atypique dans le genre du film scolaire mais qui mérite d être découverte.
Un thriller moral captivant et tendu qui explore avec finesse les dilemmes éthiques auxquels sont confrontés les profs ajd dans l’univers scolaire, porté par l’interprétation impressionnante de Leonie Benesc.
Un film qui démarre comme une petite production à thématique sociale , la gentille prof qui arrive dans un nouveau collège, pleine d’illusions et prête à pratiquer une pédagogie moderne, participative, à l’écoute. On se dit « déjà vu », ce que l’on voit souvent dans le cinéma français, un peu condescendant avec le milieu enseignant. Et puis très vite le film prend une autre tournure, comme un cauchemar éveillé. Un climat angoissant, étouffant terrible, tant on sent la jeune femme se faire prendre dans un filet, dans un piège terrifiant, par les élèves, par le système, par la bienpensance, dans la résolution d’une énigme autour de vols commis à l’intérieur du collège. Tout y est : la manipulation des masses, le rôle du bouc émissaire, la vision moderne néo-wokiste du pouvoir du jeunisme. Je ne connaissais pas ce réalisateur allemand d’origine turc, mais il faut lui reconnaître un vrai talent dans sa réalisation intense, à la fois tentaculaire et machiavélique. A suivre de près même si on peut regretter une fin, très ouverte voir floue, mais manquant de panache, un peu light et trop facile.
Le film est plutôt haletant, la mise en scène est au cordeau et l'actrice principale est épatante dans le rôle de cette prof prise malgré elle dans cette situation ubuesque. C'est volontairement ambigu, ce qui est vraiment positif, mais à la longue on ne voit pas trop où le film veut en venir. Et cette manie de laisser une fin complètement ouverte, c'est un peu la solution de facilité quand on ne sait pas comment conclure.
"La salle des profs" n’est pas le premier film a abordé les conflits entre adolescents et adultes au sein de l’institution scolaire. Mais avec une telle intensité de thriller, c’est assez inédit. Plus que la quête du coupable des larcins, ce sont les tensions qu’elle va faire naître, brisant la belle mécanique de façade du collège, qui rendent le film si réussi.
Répertorié drame mais c’est aussi une forme de thriller (catégorie dans laquelle émargeait le scénario de « Anatomie d’une chute » avec lequel de nombreux parallèles narratifs sont faits). L’ambiance d’abord d’un collège allemand. On y retrouve l’ordre, la rigueur, la place laissée à l’initiative et à l’expression des élèves. Ambiance scolaire intéressante et peut-être un modèle pour le spectateur d’ici. Les spectateurs rompus aux sciences de l’éducation (tiens on dirait qu’il y a pas mal d’enseignants dans la salle) sauront apprécier et décoder cette ambiance. Et puis, pour tout le monde ensuite, une intrigue. Des vols en salle des professeurs. Un élève plus suspect que d’autres de par ses origines. Des vieux démons qui ressurgissent. Et cette enseignante héroïne (elle-même d’origine polonaise avec ce que ça peut comporter de distanciation aussi) qui va s’adonner à enquêter avec des méthodes que la loyauté juridique des mode d’investigation réprouve. Il en sortira une vérité, au cas d’espèce pas la bienvenue et donc pas bonne à dire. Le spectateur ne cessera de douter de cette vérité et sera ainsi tenu en haleine.
Actrice principale très bien , mise en scene sobre mais efficace , metier difficile pour gérer les enfants mais aussi les parents ou collègue , pas très drôle. Intéressant de voir le système éducatif allemand.
Il y a des films dont le succès unanime reste pour moi un mystère, comme " la zone d’intérêt " ou encore " Autonomie d'une chute " et puis il a des films récompensés à juste titre comme " la salle des profs " par l'oscar du meilleur film étranger. Le sujet, difficile et filmé sans fioriture, absence de musique, caméra au plus près du visage de Leonie Benesch, l'immense collège dont le décor est un personnage tentaculaire à lui seul, glacent le sang du spectateur en distillant une ambiance malaisante tinté de paranoïa. L'actrice, excellente dans la série " Babylon Berlin", livre une partition tout en finesse, offrant au spectateur de façon brute, ses doutes, ses angoisses, ses suspicions, sa culpabilité... Subtil, le film ne porte aucun jugement, et laisse au spectateur, le choix d'interpréter sa réalité. Brillant.
Ilker Çatak le réalisateur dont on devine, à travers son nom, l'origine allogène dans une Allemagne encore marquée par sa mauvaise conscience à propos de son traitement naguère des "non-aryens", attaque bille en tête les bons sentiments, le racisme latent et l'hypocrisie de la bonne conscience des classes a priori progressistes de son pays. Dans un collège allemand dont on devine qu'il s'inscrit dans une ville moyenne de la moyenne Allemagne, les profs, les élèves et leurs parents sont confrontés à un mini-drame (quelques vols) qui va prendre d'énormes proportions en raison de son traitement par chacune de ces catégories concernées. Le psychodrame commence tout doucement puis prend de plus en plus d'ampleur, alimenté par les hypocrisies et les non-dits. Magistralement interprété notamment par Leonie Benesch en professeur empathique et maladroite, ce film au scénario remarquable souffre d'une progression parfois trop scolaire (!) ainsi que d'une musique par trop dérangeante. Pour autant, représentant l'Allemagne aux Oscars, il tient la dragée haute à notre prétendant national, Anatomie d'une chute, autre thriller européen...
Tournee en format 4/3 et au plus pres des visages, La Salle des Profs impose tout de suite son idee d'un fim oppressant et stressant dans un quasi huis-clos, celle d'un collège ou se cotoient profs et eleves, direction et parents d'eleves. Comment, en voulant trouver une solution une jeune professeure va ébranler un fragile edifice humain et révéler les difficultés pour faire sortir des vérités la ou tant d'honneurs sont en jeu. Histoire éternelle sûrement, avec des enjeux énormes, réputation, rapport parents enfants, préjugés, intérêts personnels et communs, l'homme est t-il libre au milieu de la cacophonie, de la rumeur et du mensonge ? a une époque où tout le monde s'autojustifie ? le film montre bien l'emballement dans une époque ou la rumeur et ses cohortes d'accusations vont vite. Sujet passionnant et bien traité. Léonie Benesch ne quitte presque pas l'écran et s'avere très juste
Une excellente surprise, je suis tombé dessus complètement par hasard et je ne regrette pas du tout. Tout d'abord, l'actrice principale est tout bonnement incroyable et le reste du casting l'est tout autant. L'histoire nous parle car c'est un phénomène de société et tout est vraiment réaliste, ça fait plaisir de voir ça surtout de nos jours. Le rythme est soutenu et ça monte en puissance au fil des minutes, il y a une vraie tension palpable. La bande son est en accord parfait et certains plans sont très efficaces, c'est du très bon boulot. Bon, comme vous devez le deviner, il y a quand même quelques petits défauts mais légers. Vers le dénouement, je trouve qu'il y a 2/3 incohérences et je regrette aussi le fait que la fin soit pas plus "rentre dedans" sans rien vous dévoiler bien sûr. Dans l'ensemble, très bonne découverte que je recommande à tout le monde. 14/20.
Un film où règne une belle tension , même si je pense qu’au vu du scénario, le début est surexposé, pour avoir une telle ambiance pesante. Efficace et vivement recommandable.
Transformer des péripéties au sein d’un collège en un thriller angoissant et captivant, c’est la prouesse de ce film. Avec en sous couches des thématiques sociétales fortes, des interprètes adultes et enfants extrêmement sobres et justes.